Les Chroniques des Lames Perdues

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Macros le Mer 9 Jan 2008 - 18:46

Hop, ton post m'a fourni un boost d'inspiration, j'ai donc décider de rédiger dans la foulée le discours du graaaaand méchant! En espérant que ca convienne à tous...



Le maître des lieux savait comment faire monter la tension. J’avais travaillé avec assez de bons metteurs en scènes pour reconnaître une mise en scène réussie quand j’en voyais une… La salle aux proportions imposantes, la présence menaçante de sortes d’armures vivantes, jusqu’aux grincements des portes… Apparemment, notre hôte aimait se mettre en valeur.

-Quelle étrange compagnie que la votre ! J’avoue que depuis que je me suis rendu compte de votre présence sur mon domaine, j’ai pris grand plaisir à vous observer de loin… Dites moi, qu’est ce qui vous amène sur ces terres désolées, si éloignées de la civilisation ?

Je passais mon tour de parole, toujours incommodé par mon nez cassé, dont les saignements ne semblaient guère vouloir s’arrêter. Ce fut Alastar qui répondit le premier.

-Nous sommes venu secourir la jeune femme que vous avez enlevée ! Rendez la nous immédiatement !

Gurdil apporta un soutien bruyant à la requête.

-Sinon, j’vous promt que vous allez tous avoir droit à un botage de fesses bien senti, magillon !

Bien joué, héros. Je suis sûr qu’il est convaincu, maintenant… De fait, le sorcier ne paraissait que modérément impressionné par la tirade. Il affecta une expression ennuyée.

-Je crains d’avoir besoin de davantage de précisions… Voyez vous, il trouve que j’ai fait enlever un certain nombres de personnes, ces derniers temps…

D’un geste de la main, il désigna les sept personnes placées en cercle dans un coin de la salle. Toutes étaient vêtues d’une robe blanche, et avaient le regard vague, comme si elles n’avaient plus conscience de ce qui se passait autour d’eux. Pas besoin d’être un expert pour deviner qu’il y avait de la magie dans l’air… Anaelya arborait une expression intriguée. J’imagine que la scène devait piquer sa… curiosité professionnelle.

-Pourquoi avoir fait enlever ces gens ? Qu’ont-ils de particulier ?

Le sorcier arbora un sourire ravi. Nul doute que c’était exactement la question qu’il attendait que nous posions…

-Ah, c’est une longue histoire… Fort heureusement, j’ai du temps libre en attendant la cérémonie, et vous… eh bien, ce n’est pas comme si vous aviez grand-chose d’autre à faire.
-Rends moi ma hache et descend d’ce trône, et j’te montrerais, si j’ai rien d’autre à faire !
-Allons, patience, maître nain… Votre race est supposée respecter ses aînés, je crois ? Et je puis vous assurer être assez âgé pour mériter ce qualificatif… Voyez vous, la dernière fois que j’ai fait le compte, j’approchais du demi-millénaire…

Hmmmph, bien conservé, pour son âge… Si ce n’est pas du pipeau. Difficile de croire que j’étais face à quelqu’un qui avait vécu à l’époque des rois Godderick et Carollan, ou qui avait pu assister aux guerres de l’Hérésie Acturienne.

-J’étais autrefois comme vous, un simple mortel pratiquant des arcanes, toujours soucieux de développer mon art, d’accroître mes connaissances… Je crois que tout magicien ressent ses besoins au cours de sa vie. N’est ce pas, jeune fille ?

La remarque s’adressait bien entendu à Anaelya. Génial, encore quelque chose dont j’avais besoin, considérer un membre de notre bande de tarés – et de loin la plus convenable, de mon point de vue - comme une psychopathe en puissance. Cette dernière répondit par une remarque acerbe.

-J’aimerais que vous évitiez de nous comparer, à l’avenir, si ça ne vous dérange pas trop.

L’autre se contenta de rire légèrement à la pique.

-Oh, ne vous inquiétez pas, je n’en avais nullement l’intention. J’ai atteint des sommets de pouvoir, bien plus que tout ce vous auriez pu rêver, quand bien même votre existence devait se prolonger au-delà de cette journée.

Au moins, il n’y va pas par quatre chemins.

-Comment j’ai atteint cette puissance, ça ne vous concerne pas. Sachez juste que j’étais bien proche de devenir une divinité. Après tout, notre panthéon raconte que certains dieux ont commencés mortels… Pour un être tel que moi, qui m’était élevé si haut et si vite, la tâche ne paraissait pas insurmontable. Et j’y serais parvenu sans cette maudite bande de héros de pacotille… Une cérémonie aussi majeure que celle mon Ascension n’aurait su passer inaperçue, et plusieurs personnes se mirent en tête de l’arrêter, soucieux des destructions qu’un tel évènement ne peut manquer de produire. Ces insectes ne comprenaient pas ce qu’ils faisaient ! Qu’importe quelques morts quand il s’agit de l’accession au statut de dieu !

Je murmurais à Linyia, qui se trouvait être la personne la plus proche.

-C’est rassurant, j’avais peur qu’il soit juste mégalomane.

Elle se contenta d’un sourire un peu gêné. Il est vrai que notre situation ne prêtait guère à rire… Même si j’aimais en considérer les points les plus positifs.

-Leur complot n’a que trop bien réussi. Il n’était pas en leur pouvoir de me tuer, bien sûr, j’avais acquis trop de pouvoir pour ça. Mais ils m’ont dépossédés de la majeure partie de ma puissance avant de la sceller en ces lieux même, se servant de leur sang pour m’en barrer à jamais l’accès. Moi-même fut projeté dans un autre plan, dont il me fallut deux siècles entiers pour revenir. Bien entendu, une fois revenu, ma première préoccupation fut de retrouver le lieu de la bataille… J’ai donc choisi ce lieu comme demeure, me laissant tout le temps nécessaire pour étudier de plus près ce sceau m’empêchant de retrouver tous mes pouvoirs. Durant mon temps libre, j’ai recruté quelques serviteurs, une main d’œuvre servile pouvant toujours s’avérer utile, à l’occasion.

Il désigna les armures géantes de métal, figées dans une immobilité quasi-totale.

-J’avoue être très fier de ces golems, en particulier. Mais pour en revenir au sceau… J’avoue avoir éprouvé une sensation de désespoir lorsque j’ai découvert qu’ils avaient utilisés leur sang pour la finition. Chacun d’entre eux était désormais mort et enterré, et de ce fait hors de ma portée. Même les faire revenir sous forme de zombies, tels que ceux que vous avez pu croiser, je crois ? Même ça aurait été vain. Mais imaginez mon ravissement lorsque je découvris que leur lignée ne s’était pas éteinte !

L’elfe ne put contenir un hoquet de surprise.

-Vous voulez dire que ces gens…
-Bien sûr. Ces gens en apparence tout ce qu’il y a plus ordinaire ne sont autre que les descendants de ceux qui ont jadis contrecarrés mes projets. Je me demande ce qu’ils diraient en voyant que leurs rejetons seront à présent la clé qui me permettra de reprendre du début. Au final, ma défaite n’aura été qu’un simple contretemps.

Gurdil cracha par terre.

-Peuh ! Toutes ces histoires de dieu, de magie et de pouvoir… Tout c’que j’vois, c’est un pauvre humain se cachant derrière ses mignons et ressassant une vengeance envers des types morts et enterrés. Rassure toi, mon gars, le tranchant de ma hache te soulagera de ta peine très bientôt.

Le sourire du sorcier s’effaça, et il fixa du haut de son trône le nain bravache.

-De braves paroles, maître nain. Mais vous n’aurez pas l’occasion de mettre vos menaces à exécution, j’en ai bien peur…
-Qui sait, l’ami, qui sait…

Alastar intervint rapidement, avant que l’autre se décide à déclencher de quelconques représailles.

-Dites moi, pourquoi nous raconter tout ça ?
-Pourquoi ? Eh bien, disons que le rituel visant à me restaurer ne peut commencer avant plusieurs heures, et qu’il me fallait trouver une manière de tuer le temps, en attendant… Je voulais également vous annoncer que je compte vous faire l’honneur d’être les premiers à mourir dès que je serais à nouveau investi de la totalité de mes pouvoirs. Croyez moi, j’attends ce moment avec impatience…

Cette fois, c’en était trop pour moi. Je ne pus réprimer un éclat de rire sonore, qui résonna à travers toute la pièce. Une des brutes en armure fit un geste pour m’administrer un nouveau coup, mais le sorcier l’arrêta d’un geste, avant de tourner la tête vers moi pour la première fois.

-Je vous en prie, vagabond, faites nous donc partager cette plaisanterie que vous gardez fort peu généreusement pour votre seul esprit…
-Non, c’est juste que… franchement, ce spectacle, ce discours ! On voit que vous avez du passer beaucoup de temps dessus. J’imagine que vous comptez devenir plus tard dieu du théâtre ? Dieu du mauvais théâtre, bien sûr.

J’entendis Alastar grogner.

-Reyan, fermez la, avant…
-Non, non, je suis ravi de constater qu’au moins l’un d’entre vous partage ma bonne humeur. Autre chose à ajouter, acteur ?

Puisqu’en plus, on m’invite à poursuivre…

-Non, sérieusement. On joue des pièces avec des méchants si ringards, ridicules, stupides et cinglés qu’on se dit que ça ne peut pas exister en vrai. Et pourtant vous êtes là… Mes plus sincères félicitations !

Un sourire poli flotta sur les lèvres de mon interlocuteur, qui leva nonchalamment une main.

-Bien parlé… Tant que nous y sommes, j’imagine que les… méchants auxquels vous faites allusion ont pour coutume de faire quelque chose dans ce goût là ?

Une salve d’éclairs noirs vola dans la direction, me frappant de plein fouet. Au cours de mon existence, j’avais reçu plus que ma part de coups et de blessures, mais je ne savais pas qu’il était possible de ressentir autant de souffrance. C’était comme si tous les nerfs de ma peau avaient été mis à nu d’un seul coup… Incapable de rester debout, je me tordais de douleur en hurlant à pleins poumons, incapable de formuler la moindre pensée cohérente. Un seul désir, que ça s’arrête. Même après que mon bourreau ait cessé sa magie, il fallut quelques instants qui me parurent une éternité pour que je m’en rende compte. Tout mon corps était à présent en sueur, et aucun de mes muscles ne semblait en mesure de répondre à mes ordres. Une voix lointaine parvint à mes oreilles.

-Vous avouerez que je ne lésine pas sur les effets spéciaux. Quelque chose à ajouter ?

Le ton arrogant de l’homme suffit à accroître ma colère, au point d’en oublier tout danger de représailles. Pas question de lui laisser le dernier mot !

-Juste que vous pouvez prendre votre pouvoir divin et toutes les conneries qui vont avec et vous le fourrer dans le…

La douleur revint, encore plus vivace, cette fois ci. Après quelques secondes de torture, je fis la seule chose qui pouvait me permettre d’y échapper : je perdis connaissance.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Starman le Sam 12 Jan 2008 - 13:42

Je reste immobile, attendant la fin, et que je meure étouffé par la terre molle qui me submerge. A quoi bon lutter? J'ai été vaincu,réduit à l'impuissance. Ma seule possibilité est d'attendre la mort en espérant qu'elle ne mettre pas trop de temps à se montrer. Tout ce chemin parcouru pour en arriver là. J'ai vécu des anées dans l'espoir de le retrouver et de me venger, lui faire payer la mort orchestrée de mon père, de ma mère, et cette flèche plantée dans le dos de ma demi-soeur. Tout ça pour mourir entouré sous terre, encore plus aveugle qu'auparavant. Soudain, je ne sais pas si c'est mon imagination ou non, mais j'entend comme un murmure indistinct qui devient de plus en plus précis au fur et à mesure que les minutes passent.
"Viens, soufflent-ils. Abandonne. La mort est si douce."
Je sens mes muscles se détendre. Je commence à partir.
"Non, puis-je entendre. Ne cesse pas le combat. Venge-nous."
Cette voix...Mon Père?
"Nous ne connaîtrons le repos qu'une fois vengé. Relève-toi."
Il a raison. Je ne peux pas mourir maintenant, et laisser leur âmes errer
à jamais. Levant les bras, je creuse avec toute la force du désespoir, tentant de sortir de ce trou avant de mourir étouffé. Ne sachant même pas si je suis dans le bonne direction, je dois me fier à la texture de la terre, creusant là où cela paraît le plus mou. J'enlève la terre, m'accroche à la moindre petite brindille que mes mains peuvent trouver, encore et encore. J'ai l'impression que je creuse depuis une éternité. Mes bras me font mal, la boue s'infiltre dans ma bouche et dans mes orbites. je manque d'air. Je ne vais pas y arriver. Non! Je n'ai pas le droit de dire ça! Je refuse d'abandonner maintenant. Peu importe comment, je sortirai d'ici. Et je tuerai mon frère, pour l'honneur que j'ai perdu il y'a si longtemps. Mon corps me brûle, je l'ignore. Quand enfin, alors que j'ai l'impression d'être arrivé au bout de mes forces, alors que tout espoir semblait perdu, je sens ma le souffle du vent sur une de mes mains. La sortie. Enfin. Je réussis à me dégager complètement, avant de tomber à genou, puis de m'allonger par terre. Ma respiration me semble tellement bruyante que j'ai peur qu'elle attire d'autres créatures. Je tente de me relever, avant de vomir la terre ingurgité par mon corps. Je suis vivant. Et aveugle ou non, vue magique ou pas, j'aurai ma vengeance.
Soudain, une main me touche. par réflexe, je l'attrappe et plaque son possesseur au sol.
"Haaaa, fit-il. Pas faire maaaal, pas faiire maaal.
-Jorel?
-Ouiii, ouiii."
Je le lâche, et l'entend s'écarter de moi.
"Excuse-moi,dis-je, mais je ne vois plus.
-Tu ne voiiis pluuuus?
-Non. Qu'est-il arrivé aux autres?
-Emmennééééééé. Veeers chateauuu."
Bon, au moins ils sont vivants. Tout n'est pas encore perdu. Je me relève avec peine, et tend la main vers là où je crois être Jorel.
"Ecoutes-moi. J'ai besoin de ton aide.
-Tu veuuuux quoiiii?
-Guides-moi au chateau."

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Starman le Dim 24 Fév 2008 - 22:16

Bon, double post, mais c'est pour la bonne cause, faut bien avancé.
"Nous sommes encore loin, Jorel?
-Chateeauuu juuuste devant."
Effectivement, même si je ne le vois pas, je peux ressentir les pulsations négatives de là où je suis. Bon, il va falloir réfléchir à un plan. Je ne peux pas décemment m'attaquer tout seul à cet endroit, qui plus est étant donné mon...récent handicap. Cependant, trop tarder pourrait causer la perte de mes compagnons. Je pouvais me diriger plus ou moins convenablement, mais je ne m'imaginais pas me battre . Soudain, j'entend des bruits de pas, de plus en plus proche.
"Quelqu'un veniiir.
-Où est-il?
-Derrièrre."
Jorel se retourne en direction des pas. L'être hostile est tout prêt. Il va falloir agir, mais comment?
"Jorel! Dis moi où il est. A gauche ou à droite?
-Droiiiiite."
Je me retourne vivement et décoche le plus de flèches possibles dans la direction indiquée par mon allié. La seule réaction audible de mon adversaire...est de rire bruyamment. Un doute horrible m'assaille.
"Ma droite ou ta droite?
-Maaaa droiiite."
Heureusement pour moi, l'homme (car au rire c'en est bien un) est trop hilare pour réagir. Aussi décochais-je une autre flèche , me guidant au son de son esclaffement. Contrairement aux fois précédentes, je perçois très distinctement son rire devenir un râle étouffé, et son corps s'effondrer au sol. J'ai eu de la chance. Je m'approche de son cadavre , et essaie de déterminer au toucher à quoi j'avais affaire. C'était un soldat en armure, et qui heureusement porte un casque recouvrant l'intégralité de son visage, à l'exception de la bouche. Bon, je ne peut probablement pas prendre cette forteresse d'assaut, mais je peut peut être réussir à m'y infiltrer malgré tout. J'enlève son armure, avant de la vêtir tant bien que mal. Je remarque également qu'il avait une corde sur lui, probablement pour capturer d'éventuels prisonniers. Peut être était-il à la recherche de Jorel. Cela va grandement me servir.
"Jorel, viens ici."
Le petit être approche, mais dès que je fais mine de l'attacher, il se débat violemment, ce qui provoque une sorte de réaction magique qui me fais tomber à la renverse. Qu'est-ce que?
"Pas faire maaal à Joreel.
-Jorel, écoutes-moi, tu dois m'aider.
-Pas meeetre coorde. Cooorde moordre. Faiiire maaal.
-Jorel, c'est le seul moyen de les aider. Rappelles-toi. Ils t'ont pris sous ta protection. Alastar et Linya, tu te souviens?
-Euuux aiiider Jorel?
-Oui. Je peux entrer et les sortir de là. Mais j'ai besoin de ton aide. Tu comprend?"
Il hésite encore un peu, puis, quand j'approche la corde de nouveau, il se laisse faire.

Nous nous approchons du chateau. Du moins je l'espère. Je ne sais pas si Jorel et moi sommes des gardes et des prisonniers très convaincants, surtout que de fait, c'est lui qui me guide, mais durant mes années d'errance avant d'obtenir ma vision magique, j'ai appris à donner l'illusion que je savais où je me dirigeais.
"Tout va comme tu veux, me demande un garde.
-J'ai trouvé cette créature et je l'ai capturé. Je pense qu'elle faisait partie de ce groupe que nous avons capturé.
-Ouais je vois. Bon, ben , emmène-là aux donjons avec les autres.
C'était bien mon intention.
-T'es sur que ca va? T'as l'air bizarre.
-En fait, il a fait une sorte de tour de passe passe tout à l'heure et depuis j'ai la vue qui baisse, disons.
-Ha ouais. Saloperie de magie.
-Tu devrais faire attention à ce que le client ne t'entende pas. Je ne pense pas qu'il soit du genre à apprécier d'être conspuer.
-Ouais, t'as raison.Bon si t'as du mal à voir, je vais t'y emmener. Reniel! Monte la garde à ma place. Par ici."
Je suis tant bien que mal mon guide, mais ce dernier a la décence de m'attendre, ponctuant parfois le silence de "saloperie de magie" à la vue de mes piètres performances . Nous cheminons un long moment, j'en avait presque oublié à quel point le temps paraît long sans repères visuels, comme si l'on était noyé dans un bref instant d'éternité, un cauchemar sans fin.
"Voila, on y est.
-Jorel,répond effectivement Alastar.
-Pas souciiis. Nous veniiir sauveer vouuuus. Nouuus avoir plaann."
Ho non, il n'a quand même pas dit ça?
"Comment ça," venir les sauver", dit l'homme qui m'a ammené ici."
Voyons, il y'a quelques minutes, il était juste à côté de moi. Je tend le bras dans sa supposée direction, et le saisit aussi vite que possible, puis je sors une flèche de mon carquois imprové qu'est ma jambière, puis l'égorge.
"Bouges plus, dit une créature que je n'arrive pas à identifier à l'ouïe, mais qui ne parait pas très maline, mais qui avait l'avantage de la surprise .Bouge trop rapidement et je te fracasse le crâne.."
Je fais mine de mettre mes mains derrière la tête, puis j'enlève mon casque, lentement, pour qu'il n'ai pas de raison de tirer. Puis, tout aussi lentement, je pose mes mains sur mon bandeau, avant de l'enlever.
"Regarde-moi dans les yeux, dis-je, puis tue-moi."
Je l'entend étouffer un cri de stupéfaction, me donnant ainsi une idée de sa position. Je plonge au sol, sors mon arc de sa cachette et tire dans sa direction. La flèche rebondit contre quelque chose en cuir, probablementune sorte de protection. Dommage. Il se rappoche avec vélocité et me plaque contre le mur. Il est trop fort. je n'arrive pas à me dégager.
"Vous lui f'rez pas mallll, hurle Jorel."
Soudain j'entend comme une sorte de décharge magique, et le geolier s'effondre au sol. Etrange. Je croyais que les pouvoirs de Jorel avaient été bloquées. Je verrais cela plus tard. Fouillant le cadavre, je finis par trouver un objet rond, servant de support à d'autres objets qui pendouillent. Les clés.
"Bien joué, dit Anaëlya, maintenant sors-nous de là.
"Quelqu'un aurait l'obligeance de m'indiquer où vous êtes, repris-je?
-Comment ca?
-Disons que les circonstances font que ma vue magique est bloquée, et que je suis vraiment aveugle.
-Comment ca bloqué, s'exclame Gurdil. V'la aut'chose. Et tu sors d'où? De chez les taupes? T'es crade on dirait que tu sors de sous terre.
-C'est plus ou moins le cas. Maintenant, où êtes-vous?"
Bon, pas le post du siècle mais faut bien relancer la fic.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Macros le Dim 2 Mar 2008 - 20:26

Et voilà la suite: ambiance, ambiance...


Ma première vision lorsque je repris connaissance fut un visage difforme à quelques centimètres de mon nez m’observant avec des yeux ronds. Cela suffit à me réveiller d’un seul coup, me redressant soudainement.

-Foutredieu !

La créature poussa un cri de terreur avant de bondir en arrière, manquant de tomber à la renverse dans la manœuvre. Il me fallut un ou deux instants encore pour reconnaître cette bestiole qui avait accompagné notre compagnie depuis ce fichu village maudit. Un coup d’œil rapide me révéla que nous étions de nouveau dans nos cellules… Mais avec leurs portes grandes ouvertes. Et apparemment, l’aveugle était à nouveau avec nous.

-Ah, vous êtes réveillé, Reyan ?

Je grimaçais, avant de répondre à Alastar.

-Non, je fais semblant. Qu’est ce qui s’est passé ici ? Les geôliers se sont mis en grève ?
-Aaron et Jorel sont venus nous libérer. Dépêchez vous, maintenant, il faut arrêter ce sorcier avant qu’il ne parvienne à ses fins.

Mon premier réflexe fut d’ouvrir la bouche pour protester. Aller affronter des mages surpuissants capable de me tuer d’un seul geste me paraissait peu propice à l’allongement de mon espérance de vie. Néanmoins, d’après le discours qu’il nous avait tenu, il était probable qu’il vienne de toute manière s’occuper de notre cas, et j’imagine que si il était aussi puissant qu’il le proclamait, nous ne risquions pas d’aller bien loin avant qu’il ne nous retombe dessus… Autant s’occuper de son cas avant qu’il ne fasse son… truc… enfin, le machin pour regagner ses pouvoirs. Surmontant l’appréhension qui était en train de me gagner, je m’efforçais d’adopter un ton léger.

-Ok, allons donc nous occuper du grand vilain mage. Je lui dois quelques intérêts de la dernière fois…

Je me remettais difficilement d’aplomb, encore un peu sonné par le traitement que j’avais subi auparavant, avant de me tourner vers l’aveugle.

-Eh, content que vous ne soyez pas mort, vous.
-On ne se débarrasse pas de moi si facilement.
-Oui, j’imagine…

Le groupe quitta la cellule où nous avions déjà passé trop de temps, avant de se diriger vers la salle où le maître des lieux nous avait accordé son « audience », non sans avoir au passage récupéré nos armes rangées dans la remise des geôles du château. Curieusement, les couloirs étaient déserts, et seul le silence accompagnait notre progression. Linyia fut l’une des premières à le rompre, alors même que nous arrivions devant les portes de la pièce en question.

-Euh, juste pour savoir… Une fois qu’on a rejoint ce cinglé, on fait quoi ?
-Quelle question ! On lui marave la face et on en parle plus !

Je poussais un soupir silencieux. La vie semblait décidément bien plus simple, vue par un nain… Ce fut au tour d’Anaelya d’interrompre.

-Non, il faut préparer une stratégie décente, sinon, c’est le carnage assuré.
-Ah, je veux ! Va pas en rester grand-chose, du magillon, quand j’en aurais fini avec lui.
-De toute façon, on a pas le temps de préparer un plan. Il doit déjà être en train d’accomplir son rituel.

Alastar avait rejoint la conversation, bientôt suivi par l’elfe.

-Mais… Cet homme… Il a l’air plutôt dangereux, non ?
-Bah, rien qu’une grande gueule. Y’a pas de magie dont du bon acier nain ne puisse venir à bout !
-Oh, oui, se moqua Linyia. Onsait tous que c’est ta spécialité, de trucider des archimages multi-centenaires.
-Il y a un début à tout, camarade. T’as pas les foies, j’espère ?

Je me joignis à mon tour dont le ton continuait à monter.

-C’est ridicule. On ne va quand même pas foncer dans le tas et serrer les dents pour limiter la casse ?
-Vous avez un meilleur plan à proposer, Reyan ?
-Tout plutôt que celui qu’on s’apprête à suivre ! Ce n’est pas vous qui avez eu droit à une décharge d’éclairs magiques…
-Ca ne serait pas arrivé si vous l’aviez bouclée, pour changer, Kercyan. Essayez de m’écouter, de temps en…
-Et pourquoi je ferais ça ? Je ne me souviens pas que vous ayez jamais été désigné comme leader, Atalasion.
-Vous croyez vraiment que c’est le moment de…
-Arrêtez, tous les deux ! intervint Anaëlya. C’est maintenant qu’il faut se montrer solidaire, au lieu d’échanger des insultes…

Je ricanais.

-Ca n’arriverait pas si il n’était pas un orgueilleux s’estimant accablé de tous les malheurs du monde et convaincu que le destin du Royaume gravite essentiellement autour de sa personne.
-Ecoutez qui parle, un hypocrite égocentrique dont la stupidité n’est égalée que par sa grande gueule…
-Pfff, plus j’vous côtoie, et plus mon opinion des humains à tendance à descendre, j’dois dire…
-Au moins, on peut enlever ses bottes sans vider toute une pièce… Et voir plus loin que le brin d’herbe devant nous.
-Hein ? Répète un peu ça, voleuse ? Je ne permet pas qu’une humaine n’ayant aucune idée de ce que signifie le mot « honneur » se permette de critiquer une des races les plus anciennes de cette terre !

Les choses n’allaient pas en s’améliorant. Anaëlya et Aria contemplaient la scène d’un air désappointé, partagées entre le désir de faire cesser la dispute et la prudence leur soufflant de s’en tenir à l’écart. L’elfe, dans un élan de bravoure, chercha timidement ses mots.

-Ce… ce n’est pas nécéssaire de…
-Ta gueule, bouffeuse de salade, c’est pas à toi que j’cause !
-Ah, tu parlais ? J’avais plus l’impression que tu éructais, même si les sons avaient du mal à atteindre mes oreilles… Il faut dire qu’ils partent de si bas…
-Si vous n’êtes pas content, Reyan, vous pouvez toujours fuir la queue entre les jambes, comme vous le faites à chaque fois que vous avez un problème ! Ce n’est pas comme si vous manqueriez à grand monde ici…
-Ben voyons ! J’imagine que le sens commun ne trouve pas grâce aux yeux de quelqu’un souffrant de tendances suicidaires et ayant décidé d’entraîner tout le monde dans la tombe avec lui ! Tout le monde n’a pas un esprit étroit que le votre !
-Vous ne savez rien de moi, Reyan, alors abstenez vous de ce genre de remarques condescendantes.
-Amusant… Parce que vous pensez être plus apte à me comprendre ? Revenez dans vingt ans, pour voir…
-Eeeeeeeeeuuuuuuuuuuh…

La voix incongrue de Jorel eut pour effet inattendu de tous nous réduire au silence durant un instant.

-Qu’est c’qu’elle veut, la bestiole…
-Aarooon… Pluuuuuuuus là.
-Hein ?!

De fait, l’aveugle avait disparu, bien que nul n’eut pût dire si il l’avait fait avant ou pendant la dispute générale. L’homme des bois pouvait être discret, quant il voulait…

-Eh merde, dans quelles emmerdes il s’est encore fourré !
-Pas le temps de s’en occuper, on peut juste espérer qu’il nous rejoindra à temps, sinon, on fera sans lui.
-Mais vous êtes incorrigible ! Vous voulez toujours foncer dans le tas ?!
-Ca ne va pas re…

Un grincement sourd et sinistre tua dans l’œuf toute reprise des hostilités verbales. La porte s’ouvrit en grand, nous laissant face à un spectacle pour le moins saisissant. Le sorcier flottait à plusieurs mètres du sol, enveloppé d’un halo lumineux, visiblement inconscient des évènements se déroulant à l’extérieur. Les prisonniers étaient en transe, disposés selon un shéma étudié sur une sorte de cercle visiblement magique, faisant sans doute partie intégrante du rituel. Et surtout, une dizaine d’hommes portant heaumes, armures et épées noires, nous fixaient d’un air peu engageant, flanqués de deux silhouettes métalliques de trois mètres de haut, qui commencèrent à se diriger lentement vers nous. Je déglutissais bruyamment, sortant ma rapière d’un geste lent.

-Ce n’est pas trop tard pour un plan, alors ?

Le visage d’Alastar avait perdu des couleurs, et c’est d’une voix blanche qu’il répondit.

-Essayez juste de ne pas mourir.
-Ca me va.

Puis l’affrontement commenca.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Lena le Mer 12 Mar 2008 - 20:31

La peur est plus tranchante qu’aucune épée…

C’était peut être la seule chose que j’avais retenu de notre maître d’arme. Cette simple phrase qu’il répétait sans arrêt, aussi bien à mon attention qu’à celle de mon frère. Je regrettais soudain de ne pas avoir été plus attentive à ses cours, de ne pas avoir travaillé davantage. Peut être alors n’aurais-je pas eu la sensation que ce simple bâton entre mes mains était à peu près aussi utile qu’une plume contre ces créatures.

Les autres s’étaient déjà lancés dans la bataille, qui frappant de front, qui esquivant les attaques dans le simple but de survivre suffisamment longtemps pour…pour quoi ? Pour voir ce sorcier triompher ? Le rituel était probablement loin d’être terminé. Pourtant il émanait déjà de lui une telle puissance…Plus grande encore que tout ce que j’avais pu imaginer. C’était…à la fois terrifiant. Et fascinant.

Tout mage ressent au cours de sa vie le besoin de développer son art, d’accroître ses connaissances. Ses pouvoirs. J’avais moi aussi ressenti ce besoin. C’était la raison qui m’avait poussée à partir à la recherche de ce sorcier. Ou de son antre, du moins. Et des nombreux parchemins et artefacts qu’il devait posséder et qui pouvaient…qui auraient pu…

« Anaëlya !! Attention !! »

Le cri me ramena brutalement à la réalité. J’avais l’impression que de longues minutes s’étaient déjà écoulées depuis que la porte s’était ouverte. Pourtant, il n’avait pas du se passer plus de quelques secondes. Je n’aurais pu rester immobile si longtemps, sans qu’aucun de nos ennemis ne s’en rende compte. Et de fait, un de ces chevaliers noirs commençait à s’approcher de moi. Je le regardais s’avancer, tétanisée.

La peur est plus tranchante qu’aucune épée.

Ces paroles prenaient soudain tout leur sens. Ce n’était pas mon inaptitude à tenir une arme qui allait causer ma perte. Mais bel et bien cette peur. Pas la peur de cet homme qui s’avançait vers moi, menaçant. Ni celle de l’épée qui d’un instant à l’autre allait s’abattre. Mais celle de ce sorcier. De ce qu’il allait être capable de faire sans que nous ne puissions rien faire pour l’en empêcher.
Comment peut-on ressentir un tel sentiment d’impuissance…

L’homme n’était plus qu’à quelques pas de moi. Je n’avais toujours pas esquissé le moindre mouvement. Un sourire malveillant se mit à flotter sur son visage. Une cible facile. C’est tout ce que je serais. Une cible facile. Mais peut être valait-il mieux ne plus être là quand…

Soudain, l’homme s’arrêta. Une flèche venait de lui traverser la gorge. Un râle presque grotesque s’échappa de sa bouche en même temps qu’un mince filet de sang. Puis il s’effondra dans un bruit sourd. Je n’avais toujours pas bougé.

« Utilisez votre magie ! Faites quelque chose, ou vous allez vous faire tuer ! »

Je tournais lentement la tête vers un Reyan qui faisait de son mieux pour rester en vie, tandis que l’une de ces énormes silhouettes métalliques s’acharnait à vouloir lui défoncer le crâne à grand coups de poings.

« Il est…tellement puissant…
- Et ça veut dire que nous devrions nous laisser tuer sans réagir ? _il esquiva l’énorme poing qui menaçait de s’abattre sur lui, puis passa sous les jambes de la créature, disparaissant un instant de son champ de vision_ Ressaisissez vous bon sang ! »

Mon regard passa de Reyan au rituel. Puis du rituel à mes autres compagnons. Tous étaient en train de se battre pour tenter d’arriver jusqu’au sorcier. L’elfe essayait de l'atteindre avec ses flèches, tout en se déplaçant entre chaque tir pour échapper à nos adversaires. Et inlassablement, les flèches se heurtaient à une barrière invisible, à quelques centimètres à peine de leur cible, quelque soit l'angle choisi.

La peur est plus tranchante qu’aucune épée.

Peut-être était-ce ça l’idée…ne pas penser à ce qui risquait d’arriver. Faire abstraction de cette puissance écrasante. Se concentrer sur un objectif. Et survivre le plus longtemps possible.
Comment ? Déjà deux autres chevaliers s’approchaient de moi _une cible immobile…pourquoi se compliquer la vie hein…_. Je fouillais dans ma mémoire, à la recherche d’une formule. Une idée venait de germer dans mon esprit. J’espérais avoir le temps de la mettre en pratique.
Rapidement, l’incantation me revint en mémoire, et je la prononçais à voix basse. Les deux chevaliers s’arrêtèrent, interdits. Et pour cause, je venais tout bonnement de disparaître devant eux. Je savais pertinemment que j’étais loin de maîtriser parfaitement ce sortilège, et qu’il ne durerait pas plus de quelques secondes _quelques minutes si j’avais de la chance_. Je profitais néanmoins de ce moment de répit pour courir vers les prisonniers.

Sur place, je remarquais que mon sortilège commençait déjà à faiblir. Si je voulais trouver un moyen d’interrompre ce rituel, je devais le faire rapidement. Je commençais à observer la scène avec attention. De nombreux signes avaient été dessinés sur le sol, mais s’ils m’étaient pour certains vaguement familiers, je n’aurais pu en saisir la teneur exacte à moins de travailler dessus pendant des années. Ce rituel était une merveille de complexité.
Mais comme pour toute forme de magie, une modification, même minime, pouvait tout faire échouer. C’était la première chose à savoir lorsque l’on voulait pratiquer les arcanes. Alors sur quoi pouvais-je interférer ? J’étais loin de posséder le niveau suffisant pour contrecarrer directement le rituel. Mais je pouvais…peut-être...les prisonniers…

Je jetai un coup d’œil vers la bataille qui faisait rage derrière moi. L’un des chevaliers tourna la tête dans ma direction juste à ce moment là, me faisant prendre conscience que mon sortilège ne devait déjà plus faire effet. Peu importait. J’espérais juste que les autres pourraient l’arrêter avant qu’il ne me tombe dessus.

Sans me préoccuper davantage de ce danger potentiel, j’attrapai le bras du prisonnier le plus proche, et commençai à le tirer vers moi…


Hop…bon pas très long comme post, on essaie de faire avancer un peu les choses…

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Starman le Sam 12 Avr 2008 - 21:40

Je passe la porte, ne sachant pas vraiment ou je me dirige. Peu importe. Je n'ai pas besoin de chercher Heinrich. Dès qu'il saura que les prisonniers se sont échappés, il comprendra et il me trouvera. Il ne me reste qu'à espérer que je ne rencontre personne auparavant. Avec ma cécité persistante, je ne suis pas dans les meilleures conditions pour me battre. C'est sans doute stupide de chercher l'affrontement dans mon état, mais cela fait trop longtemps que ma vengeance attend son heure. De plus, je doit le vaincre si je veut récupérer la "vue" un jour. Je n'ai donc pas le choix. Je suis navré d'avoir laissé les autres affronter le sorcier seul, mais je ne leur aurait pas été d'une grande utilité de toute façon.
"Tu sais que tu es complètement fou, fais une voix bien connue derrière moi. Je n'arrive pas à croire que tu te sois mis à l'écart des autres prisonniers sans pouvoir te diriger tout seul. Chapeau, ceci dit. Je ne pensais pas te revoir vivant.
-Peu importe combien de fois tu essaieras de me tuer, tu ne te débarassera pas de moi.
-Dit l'aveugle sous la menace d'une arbalète. Tant pis, laissons de côté les tortures raffinées et finissons-en.
-Je suis d'accord."
Je fais volte-face , décochant une flèche, qui finis sa course contre un mur de pierre. Soudain, je sens une douleur au niveau de l'estomac. Un carreau m'a atteint, et je tombe au sol. C'est inutile . Je ne peux pas le surpasser de cette façon. J'entend ses pas de plus en fort. Il s'approche de moi, puis se met sur ses genoux. J'ai encore une chance. Avec lenteur, espérant qu'il regarde ailleurs, je plonge ma main dans ma botte, ou se trouve un petit couteau qui me sert en général à couper la viande. Mon frère me saisit par le col et me soulève. Sentant un léger souffle d'air, j'en déduit qu'il bouge sa main devant mes yeux.
"Alors, demande-t-il. Tu vois quelque chose de plaisant?"
A cet instant, je plante mon couteau au niveau de sa gorge. Me lâchant, il s'effondre au sol dans un râle. Tombant à genou, il crache bruyamment son sang sur mes bottes. Le tenant à la tête, je pose son couteau sur sa gorge.
"Non, répondis-je, avant de l'égorger."
Comme je m'y attendais, ma vision magique revient peu à peu, et je distingue le cadavre de Heinrich se vider de son sang sur le sol. C'est étrange, mais je ne ressent nulle joie particulière à l'avoir tué, alors que je rêve de ce moment depuis des années. Néanmoins, j'ai fait ce que j'avais à faire. Soulevant ma tunique, je laisse tomber la plaque en fer cachée dessous au sol, avec le carreau qu'elle a bloquée. Le problème de mon frère, c'est qu'il a toujours pensé que tout devait lui être servi sur un plateau. Ca l'a rendu...arrogant. Bon, je n'ai pas le temps de traîner ici, si je me dépêche, je devrais pouvoir rejoindre les autres avant qu'ils ne soient tous morts. Je fais quelques pas, avant de me retourner vers le corps mort.
"Adieu, mon frère."
Puis je m'élance par où je suis venu. Il n'y a pas de temps à perdre. Le sorcier est sans aucun doute d'une puissance redoutable, mais tant que j'ai ma vue magique, je ne crains ni dieu ni démon.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Macros le Lun 21 Avr 2008 - 16:29

La situation n’était pas brillante. Notre groupe était en infériorité numérique flagrante, même si on ne prenait pas en compte les deux armures géantes qui paraissaient littéralement invulnérables. La seule bonne nouvelle, c’était que le maître des lieux semblait ne pas avoir conscience de la scène qui se déroulait autour de lui, étant apparemment plongé dans une sorte de transe… L’elfe tenta d’en profiter en décochant une flèche dans sa direction, mais le trait disparut en plein vol, se heurtant apparemment à une barrière magique quelconque… Je n’étais pas un expert, mais ce spectacle me dissuada de chercher à m’approcher plus avant du mage, de peur de subir le même sort. De toute manière, nous ne pouvions pas nous plaindre de manquer de travail.

Pour l’heure, j’étais en train de ferrailler avec deux gardes en armure, trop occupé à chercher à rester en vie pour tenter d’établir un plan génial afin de pénétrer les défenses de leur maître. Une lame m’effleura le bras gauche, quelques gouttes de sang giclant au passage, avant que je ne batte précipitamment en retraite vers le mur le plus proche pour gagner quelques instants de répit. Les bougres connaissaient leur affaire ! Un bref coup d’œil m’informa que mes chances de recevoir de l’aide étaient minimes. Alastar faisait face à deux autres ennemis, Linyia s’efforcait de sortir du champ de vision de l’un des golems de métal, Gurdil s’était jeté au beau milieu d’un groupe d’adversaires, les contraignant à garder leurs distances à grands renforts d’amples coups de haches, Arya avait été contrainte de lâcher son arc pour affronter un guerrier en armure s’étant précipité sur elle, et Anaelya… avait disparue, pour ce que je pouvais en dire.

Bon sang, quand je lui ai dit de faire quelque chose, j’espérais quand même que ce serait autre chose que se sauver !
Cela dit, peut être était elle celle qui faisait preuve du plus de bon sens ? Je n’avais aucune envie de mourir ici, et prendre la fuite ne m’avait jamais posé de problème par le passé. J’étais venu ici en quête d’argent facile pour m’aider à disparaître, pas affronter un sorcier archi-centenaire et sa clique ! Sur le moment, je n’avais guère hésiter à me jeter dans la mêlée, en partie motivé par mon désir de rendre au mage la monnaie de sa pièce pour l’autre fois. Mais maintenant… Foutredieu, nous allions tous y passer sans même qu’il ait eu conscience de notre pitoyable tentative !

Déjà, les deux silhouettes en armure sombre revenaient sur moi, me faisant reculer assaut après assaut. Je tentais de saisir un bref intervalle dans leurs attaques pour frapper, mais la pointe de ma rapière dérapa sur le plastron d’acier, tandis que l’homme répliquait d’un revers de la main, m’envoyant au tapis d’un coup du pommeau de son épée. J’eus la présence d’esprit de rouler immédiatement sur le côté, évitant de me faire épingler au sol comme un papillon lorsque la pointe d’une épée heurta le dallage de pierre. L’autre guerrier fondit su moi, pressé d’en finir. Trop pressé, en fait, puisqu’il ne vit que trop tard ma jambe tendue, lui faisant perdre l’équilibre et l’envoyant me rejoindre au sol. Je me jetais sur lui, tout en tirant la dague à ma ceinture, mais il était très nettement plus fort que moi, bloquant sans effort mon poignet. Comme je l’avais espéré. Je lâchais le poignard tout en dégageant mon autre main, rattrapant la poignée au vol et plongeant la lame dans sa gorge d’un mouvement rapide, une giclée de sang éclaboussant mon visage. Je marquais un instant d’hésitation en croisant le regard de l’homme mourant, son visage à quelques centimètres du mien…

Je n’eus néanmoins guère le loisir d’analyser mes propres sentiments lorsque je reçu un violent coup de pied dans l’abdomen, m’envoyant rouler à quelques mètres, mon élan m’entraînant dans les pieds d’un nouveau protagoniste surpris par ce contact inattendu. Il me fallut un instant pour me rendre compte qu’il s’agissait d’Anaelya.

-Vous ? Je croyais que vous vous étiez sau…

Je n’eus pas le loisir d’achever ma question, mon agresseur faisant preuve d’une indélicatesse pour le moins flagrante en reprenant les choses là ou il les avait laissées, à savoir chercher par tous les moyens à m’embrocher. Sautant en arrière, je prenais soudain conscience que mes mains étaient horriblement vides, ma rapière et ma dague gisant au sol à quelques mètres… Après avoir esquivé le coup suivant, qui manqua de peu de m’ouvrir le ventre, je me précipitais sur lui, lui agrippant le bras et me servant de mon élan pour l’entraîner au sol, l’empêchant de se servir de son arme. Néanmoins, ce qui m’avait paru une bonne idée se révéla vite être une erreur tactique : l’homme n’eut aucun mal à prendre le dessus sur moi, me bloquant au sol grâce au poids de son armure avant de tirer sa propre dague, visiblement prêt pour la mise à mort. J’arrêtais sa main à quelques millimètres de ma jugulaire, transpirant sous l’effort pour maintenir la pointe d’acier éloignée de ma chair… Répit de courte durée lorsque de sa main valide, il me saisit à la gorge, son gant d’acier serrant de toutes ses forces, m’empêchant de respirer. Je tentais en vain de desserrer l’étreinte, ruant des quatre fers pour le déséquilibrer, mais peine perdue. Mes force déclinaient chaque seconde, et je n’avais aucun moyen de lui faire lâcher prise. Le seul choix qui me restait était apparemment de savoir si je voulais périr par le poignard ou par étranglement…

Puis les yeux de l’homme s’écarquillèrent, avant que son corps ne devienne subitement flasque, s’effondrant tel un pantin désarticulé. Anaelya se tenait derrière lui, une dague à la main, visiblement encore choquée par ce qu’elle venait de faire. Elle finit par lâcher l’arme comme si il s’était agi d’un serpent venimeux avant de me tendre la main pour m’aider à me relever. Ma tentative d’exprimer un remerciement quelconque mourut au milieu d’une quinte de toux, l’air commençant à nouveau à affluer dans mes poumons.

-Vite, aidez moi ! Il faut déplacer les prisonniers avant qu’il ne soit trop tard…

J’hésitais un instant, la question « pourquoi ? » me brûlant les lèvres. Malheureusement, ma gorge me brûlait davantage, et je ne préférais pas mettre mes cordes vocales tout de suite à l’épreuve. Et après tout, il ne paraissait pas déraisonnable de lui faire confiance dans une affaire où la magie semblait omniprésente… Je saisissais la personne la plus proche, un adolescent de quelques années mon cadet, avant de la tirer vers l’extrêmité la plus proche de la salle. Apparemment, la magicienne avait déjà déplacé un autre de ces pauvres bougres, et je voyais que l’elfe s’efforcait de faire de même, la tâche n’étant pas facilitée par le nombre d’adversaires dans la salle… Le golem était à présent en train de chercher à réduire le nain à l’état de pulpe sanguinolante, ce dernier ne devant sa survie qu’à une chance qui frisait le miracle. Il doit y avoir un dieu pour les buveurs de bière. Un détail me revint alors en mémoire, comme je me tournais vers Anaelya.

-Au fait, il n’y avait pas deux golems ?
-…
-… Il est juste derrière moi, pas vrai ?

Préférant ne pas attendre la réponse, je plongeais sur le côté, échappant de peu au poing massif de la créature.

Un bon point pour m… uh oh.

Je venais de constater que mes pieds venaient de décoller du sol et que je m’élevais à une vitesse alarmante… Apparemment, la main était parvenue à saisir ma cape au passage, comme en attestait le tiraillement que je ressentais au niveau du col. Je défaisais l’agrafe de façon expéditive, abandonnant au monstre l’étoffe de tissu, échappant de peu à une gifle monumentale qui m’aurait sans doute projeté à travers les murs du château si elle avait atteint sa cible. Retrouvant la terre ferme, je fis volte face, contemplant avec une inquiétude non dissimulée le poing gigantesque qui s’élevait une nouvelle fois…

Mais le coup ne partit jamais. Les deux golems semblaient en proie à des tressaillements incontrôlés, et finirent par tomber au sol, leurs composants se disloquant dans leur chute. Apparemment, ce n’était pas le seul évènement imprévisible… Le sorcier semblait commencer à s’animer, une grimace de douleur sur le visage, tandis que l’aura lumineuse autour de lui se distordait à vue d’œil, avant de disparaître complètement. Les guerriers à ses ordres cessèrent le combat durant un instant, désemparés devant le spectacle offert par leur maître. Ce dernier semblait reprendre ses esprits, sa voix étant marquée par l’effort.

-Vous… Vous ! Vous osez me déranger maintenant ? Je vais m’assurer que vous souffriez mille morts pour ce que vous venez de faire, vermines !

Pour une fois, je décidais de sauter l’étape consistant à lancer une répartie sarcastique, me contentant de bondir dans sa direction. Si je pouvais le tuer avant qu’il ne reprenne pour de bon ses esprits… Au dernier moment, il leva une main, et je me heurtais à un mur crépitant d’énergie, me projetant à l’autre extrémité de la salle. Encore sous le choc, j’entendis la voix du sorcier.

-J’ai encore assez de pouvoir pour m’occuper d’une poignée d’insectes tels que vous ! Sentez ma puissance !

C’est pas gagné…

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Starman le Mar 13 Mai 2008 - 21:04

Je me cache derrière un pilier, tandis que deux gardes traversent la salle en courant.
"Allez, dépêchons-nous. Le maître est attaqué dans la salle du rituel par les aventuriers que nous avons capturés tantôt.
-Bah, il y'a déjà du monde chargé de protéger le maître, pas de soucis.
-Apparemment, ils posent plus de difficultées que prévu. Alors tu te tais et tu suis le mouvem..."
Il est interompu par la flèche que je décoche dans son gosier. S'effondrant dans un râle, il ne met que quelques secondes à mourir. L'autre homme se retourne, épée au poing, prêt à me réduire en charpie à la première occasion. Son armure le recouvre intégralement, et elle est trop épaisse pour que mes flèches la brise. A moins que... Me focalisant sur ma cible, je repère une légère ouverture au niveau du cou, sans doute pour faciliter la respiration. Tandis qu'il me charge, je roule sur le côté afin de m'éloigner le plus possible de lui. Puis je prend une flèche dans mon carquois et tire. Une fois encore, il ne met que quelques instants à périr. C'est loin d'être le premier groupe de gardes que je rencontre qui se dirigent dans cette direction. ceux que je cherche ne doivent pas être loin. Je me demande un instant si chercher l'affronterment avec ce sorcier est vraiment une bonne idée. Après, je ne suis pas parti à la recherche de cette jeune fille, et la récompense n'a aucun intérêt à mes yeux. Cependant, bien que tout cela ne me concerne pas, j'ai une dette envers ces gens. Grâce à eux, j'ai pu assouvir une vengeance qui n'a que trop attendue. Il est donc juste que je leur vienne en aide à mon tour. Prenant la dircetion qu'ils s'apprétaient à emprunter avant de trépasser, je m'élance en courant dans le couloir, tout en me concentrant à mon maximum afin de repérer un bruit qui me permettrait de les localiser. Après quelques minutes infructueuses, j'entend des bruits d'affrontement quelques salles plus loin. Ils ne sont pas très discrets. Après avoir trouvé la salle correspondante, je pénètre à l'intérieur. la première chose qui me frappe, c'est l'aura de puissance qui se dégage au centre de la salle, là où visiblement se trouve le sorcier. Un tel pouvoir, est-ce possible? Reprenant mes esprits, je remarque que le groupe est principalement aux prises avec des combattants en armure, mais que tous fixaient le sorcier, comme si ce dernier venait subitement d'agir.
"J’ai encore assez de pouvoir pour m’occuper d’une poignée d’insectes tels que vous ! Sentez ma puissance !"
Profitant du fait que personne ne m'a vu, je prend mon arc et décoche une flèche en direction du sorcier. Malheureusement, ce dernier semble alerté par le bruit de la corde qui se tent, et crée un bouclier pour stopper cette dernière.
"Qui donc ose une fois de plus lever la main sur moi, rugit le sorcier.
-Aaron, s'écrie Alastar.
-Peu importe. Un insecte de plus ou de moins ne fait aucune différence. je vous écraserai tous et profanerait vos cadavres!"
Il tend la main, et je sens l'espace d'un seconde l'énergie qui s'accumule dans sa paume. Me doutant que j'étais la cible de cette assaut, je plonge au sol, avant qu'il n'ait pu la lancer. J'ai bien fait, car le sortilège traversa la salle à une telle vitesse qu'une seconde d'hésitation m'aurait sans doute été fatale.
Je riposte d'une autre flèche, sans plus de succès. Il doit y avoir un moyen. Il nous surpasse en puissance, mais peut être qu'avec le nombre, nous pouvons le déborder. L'espoir est mince, mais qui souhaite être immortel?

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Mélanie Mustang le Ven 16 Mai 2008 - 10:59

Notre petite Yoko est un peu démoralisée en ce moment parce qu'elle n'a pas trop d'idées... Allez,voilà la suite (et surtout la fin du sorcier). Enjoy!

Nous avions donc commencé à nous battre, chacun essayant de se frayer un chemin vers le sorcier pour le déconcentrer au maximum. Parfois, l’un de nous parvenait à l’atteindre, mais les coups ne semblaient pas lui faire grand-chose.
Soudain, alors que Anaëlya était en train de déplacer les différents otages du sorcier, l’une des jeunes femmes, que je reconnus comme étant la mariée, ouvrit les yeux, écartant violemment les personnes qui se trouvaient près d’elle… Le sorcier lui-même semblait quelque peu déstabilisé par le réveil de son futur sacrifice.
Je profitai de ce moment d’inattention de sa part pour me tailler un chemin vers le sorcier. Saisissant l’occasion, je m’engouffrai dans la faille, épée en avant.
Soudain, je fus stoppé dans mon élan, comme paralysé. J’essayai de bouger, sans succès. Le sorcier se tourna vers moi, fixant ses yeux de feu aux miens. Je le sentis pénétrer mon esprit… C’était une sensation hautement désagréable.
-Alastar Atalasion, dit le sorcier de sa voix grave. Veux-tu me tuer ? Ce serait une erreur. Je peux t’aider…
-Je n’ai… pas… besoin… d’aide… parvins-je à dire malgré la paralysie.
Le mage rit.
-Vraiment ? Je suis sûr du contraire. Tu as besoin d’aide, Alastar… Pour lever la malédiction qui pèse sur toi. Et je peux t’aider.
M’aider… Pouvait-il vraiment m’aider ? Non… Et pourtant…
-Tu doutes de mes pouvoirs ? Tu as pourtant vu de quoi je suis capable… Tu as vu ce que j’ai pu faire dans la forteresse. J’ai pu faire cela avec les pouvoirs que j’ai pour le moment… Imagine ce qu’il me serait possible de faire une fois que j’aurai récupéré mes pouvoirs d’antan. Je pourrai te libérer…
-Alastar ! s’écria Anaëlya près de la bulle de protection qui entourait les futurs sacrificiés. Ne l’écoutez pas ! Il ment !
-Je mens ? Ne l’écoute donc pas, Alastar. Que peux savoir une magicienne de bas étage comme elle des pouvoirs d’un sorcier de mon envergure ? Que peut-elle même savoir des malédictions et de la manière de les faire disparaître ? Accepte de m’aider… et tu pourras enfin être libre…
La liberté ? En l’aidant ? En abandonnant les autres…
-Tu pourras enfin aimer Linyia comme elle le mérite… N’est-ce pas ce que tu veux plus que tout ?
Linyia… Sans cette malédiction, il n’y aurait plus aucune barrière entre nous…
-Alors, que décides-tu ? M’aider représente pour toi la seule voie possible vers la liberté.
-Non… Mensonge… murmurai-je entre mes dents, le cœur serré.
Usant de toute ma volonté, je parvins à me libérer du maléfice qui entravait mes mouvements. Je me jetai sur lui, épée en avant, prêt à l’embrocher. Et alors que j’abattais ma lame sur lui, je fus violemment projeté à l’autre bout de la salle.
Je me relevai et un cri de rage et de douleur ébranla la salle, faisant trembler les murs. Les golems s’immobilisèrent et se mirent à trembler avant d’exploser, projetant des morceaux de métal dans toute la salle.
Les soldats du sorcier s’immobilisèrent également, pris de cours par ce qu’il se passait et mes compagnons et moi-même ne perdîmes pas de temps. Nous tuâmes nos adversaires, trop surpris par ce qu’il venait de se passer pour agir rapidement.
Enfin, lorsque nous nous tournâmes vers les tables de rituel où se tenait le sorcier, nous découvrîmes son corps à terre, coupé en deux au niveau de la taille. Une mare de sang envahissait le sol à ses côtés alors qu’il s’immobilisait dans une dernière convulsion.
A côté du corps, se tenait un Gurdil tâché de sang, la hache rouge fermement tenue dans ses mains.
Le corps du sorcier commença à se désagréger pour devenir un simple tas de cendre. Nous restâmes immobiles, silencieux, attendant avec crainte d’entendre le rire sinistre du sorcier se moquant de notre impudence.
Mais aucun son, aucune voix ne se fit entendre.
-Eh bien, s’exclama Reyan, un grand sourire élargissant lentement ses lèvres. Si je m’étais attendu à cette fin, j’aurais signé sans hésitation rien que pour voir ce que je viens de voir !
La jeune elfe se jeta au cou de Gurdil et le serra fort, le faisant rougir plus par gêne que par manque d’air.
-Gurdil, tu es le meilleur !
-C’est bon, Arya, tu vas m’étouffer !
-Oh, pardon !
Arya lâcha Gurdil en lui déposant un rapide baiser sur la joue, ce qui eut pour résultat de le faire rougir davantage… Amusé, je me dis intérieurement que même soul, il n’avait jamais dû être aussi rouge.
Je me dirigeai vers les victimes allongées, mais elles ne répondaient à aucune des questions que je leur posais.
-Ils sont en état de choc, dit Anaëlya en observant la jeune mariée. Ils vont avoir besoin de repos avant de reprendre la route, histoire de se remettre de ce qui leur est arrivé… Et nous aussi.
Je regardai mes compagnons et remarquai pour la première fois l’état inquiétant dans lequel nous nous trouvions tous. En effet, nous avions besoin de repos… Et pas seulement d’une journée.
Repensant à ce qu’il s’était passé pendant mon face à face avec le sorcier, je me dirigeai vers la sortie de la salle. Je sentis quelqu’un me tirer par la manche. Lorsque je me retournai, je découvris Linyia à côté de moi.
-Alastar…
-Laisse-moi.
Je me dégageai et sans un mot, ni un regard pour mes compagnons, je quittai la salle. Je trouvai sans trop de difficulté la sortie de la forteresse et m’avançai jusqu’à la forêt qui se trouvait à quelques mètres.
Lorsque je fus enfin à l’abri des arbres, je laissai éclater ma frustration et ma rage. Rage contre moi-même qui avais failli céder à la tentation de faire confiance à ce mage.
Je frappai un tronc d’arbre de mes poings, en hurlant à la fois de douleur et de colère.
-Alastar.
-Laisse-moi, Anaëlya. Laisse-moi seul.
-Pour que vous passiez votre rage sur tous les pauvres arbres de cette forêt ?
-Je ne te savais pas protectrice des arbres.
-Venez nous rejoindre. Nous avons trouvé de la nourriture mangeable et Gurdil a déjà entamé les boissons.
-Pour voir vos regards à tous ?
-Nos regards ? Oh, Alastar…
-J’ai failli tous vous laisser tomber…
-Ce que vous n’avez pas fait.
-Mais…
-Alastar, arrêtez de vous torturer pour ça. Nous avons tous compris pourquoi vous avez hésité. Nous avons tous compris que cette malédiction vous pèse horriblement.
-Et s’il avait dit la vérité, Anaëlya, dis-je toujours tourné vers l’arbre. S’il avait vraiment pu me libérer ?
-Il n’aurait pas pu. Ca aurait été beaucoup trop risqué, même pour lui.
-Qu’est-ce que tu en sais, hein ?
Anaëlya soupira.
-Je vois qu’il a vraiment réussi à vous déstabiliser…
-Je ne suis pas déstabilisé… Je suis… Je suis…
-Tu n’es qu’un imbécile !
Je me retournai en entendant la voix de Linyia. Elle avait les poings serrés et des larmes coulaient sur ses joues.
-Tu crois que j’aurais voulu que tu nous sacrifies tous ?
-C’est toi qui voulais que je fasse des efforts, je te rappelle !
-Pas ce genre d’effort ! Tu crois que j’aurais pu encore t’aimer en sachant que tu aurais sacrifié les autres pour rompre ta malédiction ?
Je me tournai à nouveau pour essayer de me calmer. Après un moment, je sentis les mains et le front de Linyia se poser contre mon dos.
-Désolée de t’avoir parlé comme ça, Alastar.
-Non… Tu as raison… Je ne suis qu’un idiot… un idiot égoïste. Je ne voyais que ma malédiction, dis-je en me tournant vers elle. Malgré tout ce qu’il avait fait, j’étais prêt à l’écouter, seulement pour l’espoir d’être libéré de ma malédiction. Simplement pour moi… Pardon…
Je fermai les yeux en baissant légèrement la tête. Je sentis alors le doux contact de la main de Linyia sur ma joue… si agréable…
Mais je me reculai vivement en rouvrant les yeux.
-Pardon… C’est juste que…
-Tu ne veux pas prendre de risque, dit Linyia en souriant faiblement. Je sais… On devrait rejoindre les autres… Je commence à avoir faim… Et si on ne se dépêche pas, Gurdil aura bu tout ce qu’il y a dans la réserve.
-Oui… Tu as raison… Allons-y.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Starman le Mer 4 Juin 2008 - 21:30

C'en est fini. Le sorcier n'est plus, abattu dans le dos par la hache de Gurdil le guerrier nain. Etrange destin, pour un être d'une telle puissance. Tout en méditant là dessus, je boit une gorgée de l'alccol se trouvant dans ma choppe. Le sorcier n'est plus, et mon, frère maudit l'accompagne. A présent, il me reste une décision à prendre: Que faire à présent? Quel but suivre? Dois-je retourner là d'où je viens, dans la forêt? J'entend mes compagnons discuter avec les prisonniers du sorcier. Visiblement, ils ont trouvé celle qu'ils cherchaient et vont la rammener chez elle dès le lendemain. Dois-je venir avec eux, alors que je n'ai cure de la récompense? De manière plus générale, dois-je rester avec eux? Je ne sais que faire. Des années durant, je me caché au monde, disgracié, honteux. Puis, ils sont venus, et m'ont faire sortir de ma cachette. Et j'ai redécouvert la fierté. Je n'ai pas honte de ce que je suis. Je suis Aaron Von Kinterheim. Fils illégitime du Vicomte de Kinterheim. Ignoré de son géniteur jusqu'à ce que quelque acte de folie le pousse à me proclamer héritier , au détriment de son vrai fils. Victime de jeux de pouvoirs qui me dépasse. Aveugle, de mes propres mains. Humilié, vivant une vie de mendicité et de misères, avant de se réfugier dans la forêt, comme une bête. Voila qui je suis. Voila ma fierté. Et il est temps que je l'assume.
Me levant avec lenteur, je m'éloigne des festivitées de victoire. Sur mon chemin, je croise Anaëlya, Alastar, et Linya, qui cheminent en sens inverse.
"Toujours aussi morose, demande la magicienne d'un ton légèrement moqueur, sans pour autant être sarcastique.
-Je suis en quête de solitude,répondis-je. J'ai...beaucoup de choses à penser.
-Tiens donc? Et ca ne peut pas attendre demain j'imagine.
-Je ne suis pas à l'aise dans les fêtes. Je ne m'y sens pas à ma place.
-Tu vas nous accompagner lors du voyage de retour, demande l'épeiste qui autrefois portait un masque.
-Je...Non. Je ne me suis pas joint à vous pour l'argent. En vous accompagnant, j'ai pu faire une chose qui devait être faite, et je vous en remercie. Mais, à présent, je dois partir.
-Je vois. Et bien, bonne chance alors.
-Merci. De votre côté, j'espère que vous trouverez ce que vous cherchez.
-Moi aussi.
-Anaëlya, j'imagine que vous trouverez votre bonheur dans la bibliothèque de notre ennemi.
-Je n'en doute pas. Vous restez cette nuit?
-Non. J'ai une longue route devant moi.
-Pour aller où?
-Chez moi. Adieu."
Et je commence à partir, avant de m'arrêter de nouveau.
"Alastar?
-Oui?
-Vivre avec un handicap nécessite une adaptation, comme toute chose. Cependant, en fin de compte, ce n'est pas si terrible.
-Je saurai m'en souvenir."
Ce point étant éclairci, je reprend ma route. Adieu, aventuriers. Il est peu probable que nous nous croisions de nouveau. A présent, je rentre au bercail, accomplir la volonté d'un vieil homme. Je sais qui je suis, et j'en suis fier. Je le Vicomte Aaron Von Kinterheim.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Macros le Sam 7 Juin 2008 - 16:29

Après le départ d'Aaron et une période durant laquelle Anaelya sembla consciencieusement mettre à sac la demeure de notre ennemi vaincu, l'heure du départ finit par arriver. Le voyage de retour fut incroyablement calme, compte tenu des mésaventures que nous avions connues pour nous frayer un chemin vers la forteresse… Il fallait avouer que le fait de savoir ou l’on allait, et l’absence de cadavres ambulants ou de créatures magiques quelconques était pour beaucoup dans cette tranquillité nouvelle… Le début de la route avait été fait avec l’ensemble des captifs du sorcier, qui nous quittèrent un à un au fur et à mesure que leurs directions divergeaient de la notre. Finalement, lorsque nous arrivâmes au village ou tout avait commencé, il ne restait plus que celle pour laquelle nous avions parcourus la moitié de ce pays… Le moins qu’on puisse dire, c’est que plus d’un mois plus tard, les villageois ne s’attendaient plus à son retour… Ou au notre, d’ailleurs.

Néanmoins, ces hameaux de campagne semblent avoir des prédispositions pour organiser des festivités en un temps record, et le soir même de notre arrivée, notre petite compagnie était conviée à un banquet dont nous étions devenus les hôtes d’honneur, au cours de laquelle nous fut remise notre récompense en espèces sonnantes et trébuchantes. Je ne pus contenir un sourire amusé en remarquant que malgré le dédain affiché par certains, nul ne prit la peine de refuser sa part… Le mois qui venait de s’écouler n’avait pas été de tout repos, mais il s’était avéré enrichissant, et pas seulement sur le plan financier. Les choses me paraissaient plus claires, à présent…

La fête se poursuivit jusqu’à tard dans la nuit. Gurdil la finit sous la table, soul comme une barrique, et j’avais moi-même bu davantage de vin qu’à l’accoutumée… surtout depuis que j’étais un homme traqué. Mais rien ne semblait pouvoir arriver de fâcheux en cette soirée, même si le lendemain matin, je n’en avais plus qu’un souvenir assez flou. Je me souvenais vaguement d’une discussion plutôt décousue avec Anaelya sur l’origine des Mots de Pouvoir, incluant à un moment ou à un autre un archimage ayant fait une consommation excessive de substances aux effets secondaires douteux, un moment ou Linyia chercha à faire les poches de la statue trônant au centre de la place du village (avec un succès limité, doit-on le préciser ?), un concours de chansons paillardes que Gurdil remporta haut la main (j’essayais de me souvenir si j’étais arrivé deuxième ou troisième), et même Alastar s’y mit après le quatrième verre de vin, s’improvisant narrateur d’un conte ou il était question de hamsters et de bottes, l’alcool se chargeant de pallier au manque de sens de l’histoire. Je fus l’un des derniers à finir par m’endormir, avant de finir par rendre les armes et à céder à la gravité en regagnant une position horizontale…

***


-Alors, vous êtes sûr que vous voulez partir, Reyan ?

J’avais annoncé ma décision au groupe le lendemain en début d’après midi, le temps que tout le monde, moi le premier, ait à nouveau les idées claires. Je souffrais d’un léger mal de crâne, mais j’avais connu bien pire au cours d’une jeunesse ponctuée de soirées tout aussi arrosées que la précédente, et parfois bien plus mouvementées. Adressant un sourire presque désolé aux membres du groupe s’étant rassemblés à l’entrée du village, je répondis.

-J’y ai réfléchi pendant tout le voyage du retour… Je ne peux pas continuer à courir de royaume en royaume jusqu’à ce qu’un assassin ou un chasseur de primes finisse par me débusquer. Je vais donc aller régler cette histoire une bonne fois pour toute… d’une façon où d’une autre.
-Et comment comptez vous accomplir ce miracle ?
-Je trouverais bien quelque chose. Je m’en suis toujours tiré jusqu’ici, non ?

Alastar avait une mine qui pouvait passer pour de l’inquiétude, ce que je trouvais assez… ironique. Je m’attendais à moitié à ce qui l’accueille la nouvelle de mon départ avec un soulagement non dissimulé…

-Un de ces jours, vous allez finir par tirer une fois de trop sur la corde, Reyan.
-Plus qu’à espérer que le nœud soit solide, alors.
-Bonne chance à toi, l’ami, alors.

Cette fois, c’était Gurdil qui avait parlé. L’image de ce nain m’ayant percuté au détour d’une ruelle me revint en mémoire. Du temps avait passé, depuis… Et même si ça n’avait pas été facile tous les jours, il était peut être l’une des seules personnes que je puisse considérer comme un ami. Un ami ivrogne, radin, grossier et puant, mais un ami malgré tout.

-Ouais… Quelque chose me dit que je risque d’en avoir besoin. Oh, et avant tout…

Je me tournais vers Anaelya, lui adressant mon sourire le plus charmeur.

-Si d’aventure vous passez par Athakla, je serais ravi de vous servir de guide… Qui sait, peut être pourrons nous en profiter pour faire plus ample connaissance ?

Un air mi-amusé, mi-excédée, elle se contenta de botter en touche.

-Essayez d’abord de ne pas vous faire tuer, et j’y penserais peut être…
-Ah, Dame, comment pourrais-je mourir si je sais qu’une telle perspective vous déplairait ? Sur ce…

J’adressais un dernier salut à Linyia et Arya.

-Mesdemoiselles.

Tout était dit. Sur un signe de main, je saisissais mon sac de voyage avant de le jeter sur mon épaule. La route allait être longue… Il faudrait sans doute que j’achète un cheval à la première ville digne de ce nom qui se trouverait sur mon chemin… Mais en attendant, mon pas étai étonnamment léger, compte tenu du fait que j’étais sur le point de me jeter au cœur même du danger. Mais pour l’heure, une seule chose m’importait : je retournais enfin chez moi.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Lena le Dim 8 Juin 2008 - 20:01

Je regardai Reyan s’éloigner, un sourire vaguement amusé sur les lèvres. Décidemment, il ne doutait de rien…
Après un dernier regard vers la silhouette qui disparaissait à l’horizon, je me tournai vers les autres.

- Bien…puisque nous en sommes aux adieux…
Alastar me dévisagea un instant, les sourcils froncés. Je lui adressai un sourire.
- Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas partir dans la minute. Je dois encore rassembler mes affaires. Je partirai demain matin.
Il hocha la tête pour toute réponse. Ne voyant pas grand-chose à rajouter, je me dirigeai vers l’auberge.

Le rangement ne me prit que quelques minutes. Après tout, nous n’étions arrivés que la veille. Il ne me restait plus qu’à ranger dans mon sac l’un des livres récupérés chez ce sorcier. Je le posai sur mes genoux, et en survolai les premières pages, songeuse. Leur sens ne s’était pas vraiment éclairci depuis que je les avais lu, un peu plus tôt dans la journée. Oh je comprenais bien deux ou trois choses, certains concepts m’étaient familiers. Mais d’autres dépassaient, et de loin, mon entendement. Je commençais à prendre conscience du chemin qu’il me restait à parcourir avant de devenir une magicienne digne de ce nom.
Mais j’avais rarement était aussi motivée. Le souvenir des jours passés, de ce combat me donnait particulièrement envie d’apprendre et de maîtriser les arcanes. Plus jamais je ne voulais ressentir un tel sentiment d’impuissance…

Des coups brefs frappés contre la porte ouverte me tirèrent de mes pensées. Alastar se tenait sur le pas de la porte, visiblement à peine sorti de l’une de ses réflexions qui avaient le don de le démoraliser.

- Est-ce que je peux…te parler ?
Je lui fis signe d’entrer.
- Pourquoi est-ce que tu as décidé de partir tout à coup ?
J’esquissai un sourire.
- Ne me dites pas que je vais vous manquer…
- Là n’est pas la question Anaëlya. Tu sais très bien de quoi je veux parler.
Oh oui, je le savais…
- J’ai déjà fait tout ce que je pouvais pour vous.
Il fronça les sourcils
- Je n’ai pas l’impression d’être débarrassé de cette malédiction pourtant.
- Je vous ai dit tout ce que vous aviez besoin de savoir. Le reste ne dépend que de vous.
Il allait protester, je repris.
- Je n’ai pas fini. Beaucoup de choses se sont passées depuis notre passage dans ce village. Et je sais maintenant que, quand le moment viendra, vous saurez faire le bon choix.
- C’est une habitude chez les mages de parler par énigme…
J’esquissai un sourire.
- Une pratique très utile. Ainsi, même si ce que nous racontons n’a aucun sens, la plupart des gens méditerons sur nos paroles, tout simplement persuadés qu’elles dépassent leur entendement. Oh ne me regardez pas comme ça ! Je plaisantais…
Je n’obtins pour seule réponse qu’un haussement d’épaules.
- Vous finirez par vaincre cette malédiction Alastar.
- Qu’est ce que tu en sais ?
- Je le sais, c’est tout.
Cette fois, je gardai une expression sérieuse. Il me dévisagea quelques secondes, puis finit par acquiescer.
- Et tu vas faire quoi maintenant ?
- Oh…continuer à faire un peu de tourisme…Barwald m’avait parlé d’une amie à lui vivant à Jay Harla, une mage. Elle pourra peut-être m’apprendre deux ou trois choses…
Il me sembla…mais peut-être n’était-ce qu’une impression…déceler l’espace d’un instant un sourire amusé sur le visage de mon interlocuteur.
- Et puis je crois que…rester quelques temps sans courir les routes, et sans risquer de me faire tuer à chaque coin de rue ne sera pas pour me déplaire…Toutes ces aventures étaient…intéressantes c’est vrai. Mais assez peu propices à l’étude...
- Je comprend…et bien bonne chance alors.
- A vous aussi.
Sur un dernier hochement de tête, l’homme qui autrefois portait un masque tourna les talons et repartit. Je refermai le livre, et le rangeai dans mon sac. Puis, presque à regret, je me levai pour descendre rejoindre les autres pour une dernière soirée.

L’aube n’était pas encore levée le lendemain que je me glissai à l’extérieur de l’auberge, mon sac sur le dos. Le village s’éveillait peu à peu, et je croisai un ou deux villageois à qui j’adressai un signe de la main en même temps qu’un sourire distrait. Je repensais aux quelques jours qui venaient de s’écouler. J'en avais rarement connu d'aussi agités. Sans doute parce que je n'avais pas souvent eu l'occasion de voyager avec tant de personnes à la fois. Je réprimai un sourire amusé. Et encore moins d'aller me battre contre un archimage surpuissant et multi-centenaire. Ah il n'y avait pas à dire, nous avions eu de la chance sur ce coup là. J'espérais que tous s'en sortiraient toujours aussi bien. J'eu une pensée fugace pour Reyan et ses chasseurs de prime. Lui compris. Aussi désagréable puisse-t-il être dans ses mauvais jours, j'avais finit par...l'apprécier. Comme tous les autres, je savais ce qu’un échec dans sa tentative de résoudre son problème signifiait. Et cette simple perspective m’était des plus désagréables.

Balayant ces pensées d’un bref mouvement de tête, je réalisai soudain que je venais tout juste de dépasser l’enceinte du village. Je ne pu m’empêcher de m’arrêter, cédant à la tentation de regarder derrière moi une dernière fois. Puis je repris ma route, mes pensées toujours tournées vers mes compagnons. Mine de rien, je sentais qu’ils allaient me manquer, tous autant qu’ils étaient. Au fond, même si je savais avoir fait le bon choix en partant de mon côté, j’espérais qu’un jour, peut-être, nous finirions par nous retrouver. Pour un temps, aussi court soit-il, pour savoir ce que chacun était devenu. Les chances étaient minces mais…après tout, pourquoi pas ? J’esquissai un sourire. Qui pouvait savoir ce que nous réserverait l’avenir…


Dernière édition par Yoko le Sam 9 Aoû 2008 - 13:27, édité 5 fois

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

Message par Mélanie Mustang le Dim 8 Juin 2008 - 20:36

Je regardai Anaëlya quitter le village, depuis la fenêtre de ma chambre. Il était tôt… Mais je n’avais pas pu dormir de la nuit. Bizarrement, j’avais un étrange pincement au cœur de voir chacun de mes camarades partir de son côté. Même si nous ne nous étions pas toujours entendus, j’avais fini par m’habituer à leur présence et même à les apprécier…
Mais le départ d’Anaëlya était ce qui me démoralisait le plus… J’avais espéré qu’elle m’aiderait à trouver le moyen de me débarrasser de cette fichue malédiction… Mais finalement elle s’en allait aussi, ne me laissant que la comptine de Barwald et une vague promesse que je trouverai moi-même la solution à mon problème…
Les dernières paroles de Aaron me revinrent à l’esprit… Vivre avec un handicap nécessite une adaptation, comme toute chose. Cependant, en fin de compte, ce n'est pas si terrible… Oui… Peut-être avait-il raison… Mais son handicap à lui ne l’empêchait pas d’aimer la femme qu’il voulait…
Lorsque je descendis dans la salle commune pour prendre mon petit déjeuner, je vis Gurdil et Arya, un sac sur le dos, discuter avec Linyia. Je m’approchai.
-Vous partez aussi, tous les deux ?
-Eh oui ! Je vais montrer un peu mon pays à la demoiselle elfe ! Elle va voir que les nains sont beaucoup plus doués que ses congénères.
-Je n’en doute pas, rigola Linyia.
-Bon, eh bien bonne chance à vous deux alors, dis-je en serrant la main de Gurdil.
-Ouais. Toi aussi, Alastar ! Courage !
-Au revoir, Monsieur Alastar ! J’espère qu’on se reverra.
-Qui sait ? Le monde est petit, dis-je.
Nous regardâmes nos deux derniers compagnons s’en aller, discutant gaiement… Qui aurait cru qu’un nain et une elfe puissent s’entendre si bien…
-Où est Jorel ? demandai-je.
-Il est dans ma chambre, il dort. Il a besoin de reprendre des forces.
Je restai silencieux un moment.
-Que comptes-tu faire désormais ? demandai-je.
-Ca tombe sous le sens ! Je vais t’aider à rompre ta malédiction !
Je fermai les yeux en soupirant.
-Tu ne te décourageras donc jamais ? Je t’ai dit qu’il n’y avait quasiment aucun espoir que j’y arrive.
-Quasiment aucun, ça veut dire qu’il y en a un peu. C’est déjà mieux que rien. Et comme on dit, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ! Alors je continue d’espérer !
Tant qu’il y a de la vie… Oui… Mais j’avais l’impression que la vie n’était pas suffisante pour me donner l’espoir dont j’avais besoin…

Lorsque nous eûmes pris notre petit déjeuner et que nos affaire furent prêtes, Jorel, Linyia et moi-même quittâmes une nouvelle fois le village. En franchissant les murs, nous nous retournâmes une dernière fois vers le village…
Une page de notre vie venait de se tourner… Et je savais que malgré mon désespoir, ma vie ne serait plus jamais pareille, maintenant que Linyia était près de moi… Et en un sens, cela me réconfortait…


Voilà!!! Je sais pas si les autres viendront poster ou pas... Je pense pas vu qu'ils viennent déjà pas souvent et que Arya est pas là pendant 3 mois (c'est ça?)
Ah ça fait du bien d'avoir enfin terminé non? lol

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues

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