Les Chroniques des Lames Perdues 2

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Message par Elladan le Dim 25 Avr 2010 - 20:37

Nous étions finalement sortit du duché de Torgas , nous avions faillit être emprisonné et exécuté puis dévoré par un monstre protecteur de la cité sans parler de ce fantôme qui à voulus un fille de joie ainsi qu’une semi elfe barde chantant en même temps, sans compter les nouveaux pouvoirs de notre ami et le fait que le Talisman ressemblait plus à un mythe qu'à une réalité …

Ces dernières heures avaient été vraiment spécial et je commençais à croire que jamais nous ne pourrions réaliser notre quête . Nous marchions maintenant depuis plusieurs heures dans la forêt quand nous aperçûmes une auberge au bord de la route . Celle-ci avait l’air assez accueillante et il ne fallut forcer personne à y rentrer . Lorsque nous nous renseignâmes à l’aubergiste pour des chambres il nous expliqua qu’il lui en restait une grande ou il y avait assez de place pour nous tous . Nous payâmes alors chacun notre part et nous nous installâmes à une table afin de manger et de boire . Je commanda un morceau de sanglier avec une bonne bière .

- He Exall , tu sais je ne tient pas à te trouver à quatre patte près d’un arbre en train de rendre ton repas .
- Nan pas de soucis Alastar , je n’en prend qu’une seul , ce n’est pas bien grave .


Il eu un léger sourire , heureusement que je supportais bien l’alcool sinon j’aurais eu le droit à des moqueries tout le reste de notre voyage. Enfin si on arrive à ne pas se faire tuer avant la fin de la soirée avec la chance que nous avons eu depuis le début …

- Navet Navet !

Le gamin venait de passer juste à côté de moi et de chiper ma bière , j’eus à peine le temps de commencer à parler qu’il l’avait déjà descendu toute la choppe. Le gamin avait une sacré descente pour son âge …

- Hum , he bien il me rappel mon arrière petit cousin , Erman , il avait but tout les tonneau de bière de la fête de récolte minière alors qu’il n’avait que dix ans et il n’a pas vomit le moindre centilitre de bière . Ma fois il lui faut maintenant sa ration quotidienne et il fait bien la taille d’un éléphant mais bon il reste tout de même un gnome .


Un gnome de la taille d’un éléphant , à mon avis Arkanis avait lui aussi un sacré coups dans le nez . Le repas se finit et tout le monde remonta dans la chambre , la nuit semblait froide et obscure mais je me décida tout de même à aller dormir sur le toit juste au dessus d’un des fenêtre de la chambre . La fenêtre était ouverte c’était le lit de Norris qui se situait juste en dessous . Je pus entendre quelque brique de conversation :

- Bas qu’est ce qui la le gamin en manque d’action , il fait la tête pour aller dormir à la belle étoile ?
- C’est vrai , il dort tout le temps sur le toit des auberges ça me rappel mon grand oncle …
- A mon avis si il fait cela c’est qu’il à ses raisons , comme nous tous pour chaque petite manie que nous avons .


La sorcière vieille de plusieurs centaine d’année avait vu juste et plus personne ne parla . Les bougies furent vite soufflées et tout le monde s’endormi rapidement ce qui était logique car nos aventures devenait plutôt épuisante . Je commença à m’assoupir quand j’eu une sensation de frisson dans mon dos . J’avais froid, bien trop froid pour la saison . Quelque chose ne tournait pas rond . J’ouvrit les yeux et ce que je vis me glaça le sang . Un visage dans une forme brumeuse et tout aussi sombre que la nuit . Elle me tenait par la gorge ce qui m’empêchait de crier et je me rendis vite compte que j’étais au dessus du vide . L’ombre allait me lâcher au sol et ensuite m’achever .Avec un peut de chance je pouvais m’en sortir . Ma gorge me serais et j’avais une affreuse sensation de manque d’air .

- Alors c’est toi le chevalier dragon , je t’aurais vu plus balèze en faite . Je m’attendais à quelqu’un comme Hélio, assez robuste et vivace . Mais bon tu es encore jeune tu aurais eu le temps de t’amélioré si tu n’étais pas tomber sur moi .

L’ombre me lança au sol , j’atterrit dans un bruit sourd j’avais mal au dos et à mon avis j’aurais un peut de mal à me lever tout de suite il fallait que je trouve un moyen de gagner du temps . L’ombre descendit du toit , il flottait dans les airs et il arriva à quelques mètres de moi. Mon cœur battait la chamade , et des tonnes de questions se bousculaient dans ma tête . Comment pouvais je tuer quelques chose qui était sois disant immortel ? Je m’attendais à subir un autre assaut mais à ma grande joie une intervention arriva à temps :

- Hey toi la le truc qui ressemble au fantômes des contes pour enfants !
- Cette voie ?


L’ombre se retourna comme si je n’avais plus aucune importance il fixait maintenant Alastar qui était descendu par la fenêtre de la chambre .

- Geoffroy Atalasion ? Mais le rois t’avait déclaré mort ?
- Geoffroy ? je crois que …
- Bon ce n’est pas grave , je vais corriger cette erreur et m’occuper de toi !

L’ombre sauta sur Alastar qui l’esquiva de justesse , il était tout aussi impuissant que moi sur se coups là . Les ombres étaient bien les pires adversaires que nous puissions rencontrer dans tout Karia . Les bougies dans la chambre se rallumèrent et je put apercevoir des ombres bouger .

- Je ne suis pas Geoffroy ! Je suis son fils Alastar !
- Son fils dis tu ? Quel menteur tu es devenu mon vieille ami , tu étais célibataire et affrété à la garde rapproché de … Haa serait il possible que ?


Que voulait il dire , je ne comprenais rien à se charabia mais je sentais que je pouvais bouger . Alastar se situait maintenant à ma gauche quand l’ombre sortit quelque chose de l’obscurité de sa brume . Une hache de Guerre reluisante d’une aura violette . C’était son arme lorsqu’il était chevalier . Il fendit sur Alastar et j’eu à peine le temps de sauté en dégainant Surion . Les fer s’entrechoqua et je me trouva face à se visage flottant dans les ténèbres .

- Hum alors comme ça puisque nous avons retrouvé Hélio tu à pris son fils pour te protéger Geoffroy , les Marenis sont ils tous de fervent protecteur des Atalasion ?
- Mais je ne suis pas Geo…
- Vous avez retrouvé Hélio ?
- Oui j’ai mené les chevaliers noirs jusqu’à lui il y à de cela quelques années . Mais je ne savais pas qu’ils n’avaient pas finit le travail alors je m’occupe du ménage .

Je repoussa sa hache tout en repoussant la monstruosité que cet ancien chevalier était devenue. Mon épéé fendit à nouveau les airs mais cette fois il contra mon attaque et me désarma . Je me retrouva au sol et je crus que cette fois tout était finit quand j’aperçu se point faible . Une chaine magique reliait son arme à ce qui pouvait se faire connaître comme son cœur . Si l’arme était détruite alors l’ombre aussi serais détruite . Il n’était donc pas immortel . Du moins je l’espérais…

- Il nous en aura fallut du temps pour nous débarrasser de cette lignée mais au moins le travail sera achevé .


Cet enfoiré , il était fautif de tout ce qui m’était arriver , cette nuit là n’aurais jamais été la même si il n’avait pas trahis son serment . Le froid que je ressentais depuis tout à l’heure se dissipa et laissa place à une chaleur , plus forte que tout les fièvre que j’eu connu jusque là . Mes yeux me brulaient mais bizarrement je ne souffrais pas , j’avais la sensation que tout mon sang bouillait en moi . J’ouvrit alors mes yeux ,et ce fut la meilleur chose que j’avais fait jusqu’à maintenant . Au même moment la hache s’abattit sur moi et je l’esquiva en roulant sur la côté . Je récupéra Surion tout en me relevant .

- Ces yeux , rouge comme le feux , rouge comme le sang je les ais déjà vu mais ils n’ont pas sauvé ton père .


Je planta l’épée dans le sol , elle était maintenant entouré de flamme rouge et orange . puis je posa mes mains sur la garde et je le fixa des yeux .
Un grand silence s’installa dans la nuit , le calme était agréable mais il n’allait pas durer . J’avais vu mon père faire ça une fois et je savais que je n’avais pas le droit à l’erreur .Alors que l’ombre se mit à ricaner de la fumée se dégagea du sol ce qui le calma sur le champ . Il me fonça dessus et Alastar s’interposa avec son épée. Les fers s’entrechoquaient mais l’ombre gagnait du terrain. Les autres commençaient à descendre de la chambre si il arrivait en bas nous serions trop nombreux et nous serions tous tué. L’épée était de plus en plus chaude et l’ombre était maintenant a portée. Je verrouilla ma garde et je pris la décision d’agir.

-Alastar pousse toi !

Alastar s’écarta à temps et la partie pu alors commencer.
Des cordes de flammes sortirent du sol de tout côté et se mirent à voler tout autour de l’ombre. Celui si avait l’air paniqué comme si il connaissait sont sort alors que rien était encore joué.

- Tu es fou, ces technique demande de l’entrainement et beaucoup d’énergie tu n’arrivera jamais à l’utiliser sans donner ta vie en échange !

Un ricanement sortit de ma bouche et je ne put le retenir.

- Ma vie dis tu . Tu me la prise lorsque tu as trahis mon père , la vengeance n’est pas dans les règles de la chevalerie mais elle me soulagera surement.
Les cordes de flammes fondirent alors sur l’ombre qui essayait de monter plus haut pour les éviter mais il faut attraper et entourer par toutes les cordes brulantes. Il était tomber au sol mais il avait l’air sur de lui.
- Et maintenant chevalier dragon , que compte tu faire ? As-tu déjà oublié je suis immortel !
- Immortel, c’est ce que les gens disait des chevalier de Karia car il ne connaissait jamais la défaite ! A partir de ce jour les gens seront que les ombres ne sont pas immortels .Alastar sa hache détruit là je ne tiendrais pas longtemps !
- A … Alastar ? Alors Geoffroy est bien mort mais … De qui es tu le fils ?


Au même moment Alastar frappa un grand coups d’épée sur la hache , une étincelle d’un rouge pas très naturel se fit et la hache se brisa . En quelques secondes l’ombre se transforma en une grosse flaque d’eau noir et un crâne tomba dedans . Quand à la hache elle disparu en poussière sous nos yeux . Je tomba à genoux, je toussota et je me rendis compte que je venais de cracher un peut de sang. Je n’étais pas encore assez fort pour utiliser la magie , j’aurais du m’en douter. Je peina à me relever et je regarda Alastar un instant je crus voir quelque chose de nouveau dans ses yeux puis je retomba à terre , je n’arriverais pas à remonter dans la chambre tout seul . Il s’approcha alors de moi et me fit s’appuyer sur son épaule, j’avais mal partout mais je réussi à lui dire quelque mots.

- la garde rapproché de … Qui es tu vraiment … Atalasion pour le sang de ton père et …

L’homme me fit bouger un moment sur son épaule me faisant comprendre de me taire…

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Mélanie Mustang le Mar 27 Avr 2010 - 11:21

Je fis un léger mouvement d’épaule pour signifier à Exall de ne pas parler d’avantage. J’étais trop préoccupé par ce qui venait de se passer pour avoir envie de m’expliquer. Mais c’était trop tard. Les bruits de combats avaient attirés tous nos compagnons ainsi que les autres occupants de l’auberge.
Si les personnes que nous ne connaissions pas retournaient maintenant à leurs occupations sans avoir l’air de se préoccuper d’avantage de nous, nos compagnons de route nous regardaient avec insistance. En voyant les regards qu’ils nous lançaient, je sus qu’il nous faudrait nous expliquer.
-On dirait qu’il n’y a pas que Norris qui cache des choses, dit Aenerys.
-Qu’est-ce c’était ce truc ? demanda notre amie rôdeuse.
Je soupirai. Les explications devraient avoir lieu ce soir apparemment…
-Si ça ne vous dérange pas, nous en discuterons à l’intérieur. Ramenons Exall dans notre chambre et ensuite j’essaierai de vous expliquer.
Cela sembla aller à tout le monde. J’aidai Exall à monter jusqu’à notre chambre. Je croisai le regard inquiet de Linyia et essayai de lui faire un léger sourire, en vain. L’avantage de tout expliquer ce soir était que cela allait me permettre de me remettre les idées en ordre. Et Exall pourrait compléter s’il y avait des choses que je ne comprenais pas bien ou que j’ignorais.
Une fois le jeune homme allongé sur un des lits pour reprendre des forces, tout le monde s’installa comme possible dans la pièce. J’essayai de réfléchir à la meilleure manière de commencer. Je ne savais pas vraiment par où débuter mes explications. Le problème fut réglé par Caelina.
-Cette créature… Qu’est-ce que c’était ?
-Un Ombre… murmura Exall.
-Mais je croyais qu’il ne s’agissait que de légendes… dit Linyia.
Exall essaya de se redresser mais je le forçai à rester allongé. Il continua ses explications cependant.
-Les Ombres ne sont pas des légendes. Ils existent. Celui là en particulier est né il y a quelques années… lorsque le roi Karimos a ordonné l’exécution des Chevaliers déchus. Certains Chevaliers furent tués par les hommes du Roi. Mais la plupart acceptèrent de servir le Roi et de renier leurs serments de fidélité à Karia. Ceux-là devinrent des Ombres. Des créature non humaines, dont les pouvoirs avaient augmenté.
-Celui-ci avait l’air de vous connaître, fit remarquer la jeune magicienne.
-Oui… continua Exall. Je suis le fils d’un des Chevaliers de Karia. L’un des Chevaliers qui a refusé de se rendre et qui est mort. Depuis que j’ai la force de porter mon épée, je me bats contre le Roi et contre ses hommes. Alors c’est normal qu’il me connaisse. Surtout que j’ai déjà tué un des leurs.
-On n’est pas sortis de l’auberge, on dirait, dit Arkanis en riant. Sans vouloir faire de mauvais jeu de mots. Mon grand-oncle…
-Et pourquoi, coupa Aenerys, avait-il l’air également de connaître Alastar ?
-Enfin il l’a surtout pris pour quelqu’un d’autre. Un certain Geoffroy d’après ce que j’ai entendu… dit la rôdeuse.
Je soupirai. C’était à mon tour. Mais peut-être pourrais-je éviter d’expliquer certaines choses trop sensibles… Si Korgul et Norris ne disaient rien du moins…
-Cet Ombre m’a pris pour mon père. Il s’appelait Geoffroy Atalasion. Autrefois, il était le Premier Chevalier de Karia.
Je sentis Exall se raidir sur le lit.
-Vous êtes sérieux ? demanda Aenerys.
-Oui. Il était la personne la plus proche du Roi Daïsidor. Au bout de quelques années de règne, le roi a décidé de se marier. Avec plusieurs Chevaliers, dont mon père, il s’est rendu en Mérith pour rencontrer la fille aînée du Roi. Adarielle de Mérith. Les bardes ont chanté sa beauté et sa générosité longtemps après sa mort. Ils la chantent encore.
La barde muette du groupe acquiesça doucement.
-Le Roi en tomba amoureux dès qu’il la vit… Et mon père aussi. Mais il cacha ses sentiments au Roi et à la Princesse qui quelques mois plus tard devint Reine de Karia. Au bout de quelques années cependant, Adarielle avoua ses sentiments à mon père. Des sentiments d’amour pour lui. Au départ, mon père la repoussa. Mais finalement il lui avoua également son amour. Ils consommèrent leur amour pendant plusieurs mois avant d’être découverts par un officier de la garde de Daïsidor qui alla les dénoncer dès qu’il n’eut plus aucun doute.
Je me tus quelques secondes.
-Mon père fut condamné à mort. Mais lorsque Adarielle le supplia de l’épargner parce qu’elle attendait un enfant de lui, Daïsidor reconsidéra son jugement et le fit enfermer. Adarielle fut cloîtrée dans ses appartements. Je ne connais pas les détails, si ce n’est que Daisidor fit croire à mon père que Adarielle avait perdu la vie en accouchant.
-Si je me souviens bien, c’est de maladie qu’elle est morte…
-C’est ce qui a été dit, en effet, quelques années après son accouchement. Mon père et moi fûmes exilés dans la forêt de Rinor. Mon père reçut l’interdiction de contacter ses anciens camarades et de revenir à Varanis.
Ce fut le silence pendant un moment.
-Et votre père, qu’est-il devenu depuis ? demanda Aenerys.
-Il est mort d’une fièvre en hiver, il y a plusieurs années de cela. Je l’ai enterré et suis parti sur les routes pour découvrir le royaume, mentis-je.
-Qui est le roi actuel ? demanda Aenerys.
Je ne répondis pas. Je n’avais pas envie d’aller plus loin dans cette discussion.
-Il se nomme Karimos, répliqua Caelina. C’était l’un des seigneurs de Karia pendant le règne de Daïsidor. Il a pris sa place après un vote des différentes régions du royaume. Il fut élu à l’unanimité.
-Je vois, dit Aenerys. Je comprends mieux pourquoi vous avez décidé de partir à la recherche du Talisman d’Erkandor.
Je fronçai les sourcils. Qu’est-ce que le Talisman avait à faire avec tout cela ?
-Ne faites pas l’innocent. Vous voulez retrouver le Talisman pour reprendre le trône à celui que vous jugez être un usurpateur, dit-elle avec un air de triomphe.
-Je n’ai jamais eu l’intention de réclamer le trône de Karia. Je suis parti à la recherche du Talisman d’Erkandor parce qu’il y avait une juteuse prime à la clé. Certainement pas pour devenir Roi de Karia !
-Ce serait pourtant votre place si tout ce que vous nous avez dit est vrai.
-Mais, il n’est que le fils de l’ancienne Reine, qui était elle-même princesse d’une autre contrée… dit Norris.
-Mais qui comme le veut la tradition a très certainement juré de servir Karia et son peuple, reprit Aenerys. Or les règles de succession sont on ne peut plus claires. Toute personne de sang royal peut prétendre au trône. Ce qui fait de Alastar la personne la plus en droit de diriger le Royaume.
-Je refuse de devenir Roi de Karia ! m’exclamai-je en me levant. Je ne dois rien à ce Royaume ! Rien du tout ! Le trône de Karia m’a pris tout ce que j’avais. Mes parents, mon identité et mon honneur ! Je laisse le trône à qui le veut !
-Vous êtes un imbécile doublé d’un irresponsable ! rétorqua Aenerys. Vous ne pensez qu’à vous… Ces raisons ne sont pas valables pour refuser de prendre vos responsabilités.
-Et une malédiction, est-ce que c’est une raison assez valable pour vous ? demanda Linyia d’un ton de défi.
Je tournai le visage vers elle, le souffle coupé. Comment pouvait-elle leur dire ? Comment pouvait-elle faire ça sans me le demander avant ? Je sentis mon cœur se serrer… Lorsque Linyia croisa mon regard, je vis la surprise dans le sien.
-Mais de quoi est-ce que vous parlez, enfin ? demanda Anaerys.
Je détournai le regard de Linyia et me rassis sur le lit, baissant le visage, refusant de croiser à nouveau le regard de celle qui venait de me planter un poignard dans le cœur. Je ne répondis pas à la question de Anaerys. Puisque Linyia avait commencé, autant qu’elle finisse d’expliquer. Moi, je ne m’en sentais pas le courage.
-Alastar a été maudit lorsqu’il était bébé, sur ordre du Roi Daïsidor. Lorsqu’ils ont été envoyés en exil, un mage accompagnait l’escorte et Alastar a été maudit. Il ne peut aimer une femme sans lui faire du mal physiquement.
Ce fut le silence pendant un instant. Je gardai les poings et les dents serrés. C’était la dernière chose dont j’avais envie de leur parler. J’aurais cru que ce serait Norris, à cause des découvertes de Korgul, qui en parlerait… mais c’était Linyia…
-Je crois qu’il vaut mieux que nous retournions nous coucher pour assimiler toutes ces informations, dit Caelina.
-Moi, je vais emmener notre jeune ami prendre un peu l’air, dit Arkanis. Une petite balade au clair de lune lui fera le plus grand bien après les émotions qu’il a eues ce soir pendant le combat. Allez, venez Exall.
Arkanis força le jeune homme à se lever et un par un, nos compagnons de route quittèrent la chambre. Même Jorel sortit, refermant la porte derrière lui. Je restai silencieux, immobile.
-Alastar… murmura Linyia.
-Pourquoi leur en as-tu parlé ? dis-je la voix étranglée.
-Il le fallait… Tu…
-Non, dis-je en me levant. Non. Ce n’était pas nécessaire.
-Anaerys aurait continué à te traiter d’égoïste et de…
-Ce n’était pas une raison ! dis-je en la regardant à nouveau droit dans les yeux. La décision m’appartenais de leur parler ou non de ma malédiction, Linyia. Tu n’aurais jamais dû t’arroger ce droit. Jamais. Je me moque de ce que les gens peuvent penser de moi en apprenant que je suis le fils d’Adarielle de Karia. Il y a longtemps que j’ai pris ma décision à ce sujet et je ne le regrette pas. Mais ça… Ca ne regarde que moi et moi seul.
-Mais je voulais simplement t’aider…
-En criant sur les toits que je suis maudit ? Dans ce cas, abstient toi de m’aider, Linyia.
Je me dirigeai vers la fenêtre et appuyai mes mains sur le montant, essayant de me calmer. J’entendis Linyia avancer vers moi… Elle posa sa main dans mon dos…
-Je suis désolée…
-Pas autant que moi. Tu ferais mieux de dormir. Demain, nous prenons la route de bonne heure. Nous avons du chemin à faire avant d’arriver à l’antre de ce nécromancien, dis-je sèchement.
Je sentis les doigts de Linyia se crisper sur la chemise… Puis, elle alla se coucher et je n’entendis plus que le bruit étouffé de ses sanglots. Je regardai un instant la lune, laissant mes propres larmes couler. C’était probablement mieux ainsi…

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Starman le Ven 21 Mai 2010 - 22:46

Le matin se lève à peine que je suis déjà debout, la soupe qui sert de petit déjeuner à moitié finie. Je suis le premier debout pour l’instant. Non pas que j’en ait très envie : la seule chose qui m’empêche de m’allonger sur la table est la peur de vomir, ce qui n’arrange pas mon humeur. Fichue gueule de bois.

Boah, allez , c’est pas s’y terrible.

Pas si terrible ? J’étais en train de dormir et quand j’ai ouvert les yeux, tu étais torse nu en train de taper sur des assiettes avec des cuillères en bois, et à chanter des trucs que je ne comprenais même pas ! L’aubergiste devait être ravi.

Ouais, j’ai le rythme dans la peau, je sais. Quand à l’aubergiste, bah, disons que je lui ait tapé dans l’œil. Littéralement.. Et n’appelle pas la complainte de la Route vers l’Enfer « trucs ».

La complainte de la Route des Enfers? C’est quoi, ça, un chant barbare imbécile ? Et pourquoi torse nu, d’abord ?

Non, non, on n’a pas ce genre de trucs , nous. C’est un machin que j’ai entendu une fois il y’a longtemps, j’aime bien c’est tout. Quand au torse nu, bah ! J’aime pas porter des trucs sur le dos.

Encore heureux que j’ai évité le slip en peau de bête alors.
Je passe sous silence les protestations comme quoi il s’agit de calomnies et qu’il a toujours porté le pantalon, sauf cette fois à Shardizar où il a du affronter les gardes d’un mari jaloux juste devant le lit de la donzelle, distrait par l’arrivée en bas de l’auberge d’un deuxième membre de la Communauté, en l’occurrence la chasse gardée d’Alastar, Linya. Elle n’a pas l’air en grande forme.

Ouais, héhé. Avec la malédiction de l’autre, elle doit pas s’amuser tous les jours en même temps, même pas de bagatelle ni rien . Tu crois que si je lui demande gentiment , elle et moi on pourrait…

Tu en as assez fait pour aujourd’hui. Elle prend son bol de soupe et s’installe juste en face de moi.
« Mal dormi, me risquais-je , bien conscient qu’elle ne « m’avait pas à la bonne », comme dirait mon encombrant locataire.
-Ho, ça va, vous, retournez à vos tours de passe-passe et mêlez-vous de vos affaires ! »

Elle t’a mouchée. Tu sais vraiment pas t’y prendre avec les femmes. Ce qu’elles veulent, c’est de la fermeté. Je suis sur que l’autre crétin la tient comme ça, elles aiment sentir qu’elles sont dominées et….

J’isole son discours sans intérêt et me laisse aller à un sourire, tandis que les autres membres du groupe finissent par descendre et vont chercher leur propre gamelle.
« Mes tours de passe-passe. Ben voyons.
-Oui. N’allez pas croire que parce que la discussion a dérivée sur Alastar, on vous a oublié. »
Je sens que les autres s’approchent de la table , sans doute attirés par la conversation.
« Vous feriez sans doute mieux, « d’oublier », repris-je, agacé par son ton méprisant.
-Ha ? Et pourquoi cela ?
-Ho, je ne sais pas…..Peut être parce qu’ un des ces quatre matins, vous aurez juste du mal à vous lever. »
Elle se raidit, et de même qu’Alastar , qui visiblement prend mal que l’on parle à sa favorite sur ce ton. Peu importe je ne suis pas d’humeur aujourd’hui.

Bas-ton, bas-ton !

« C’est une menace, intervient-il, la main posée sur la garde de son épée.
-Ho, je n’ai pas du être assez clair. Difficile quand on parle à des macaques. Toi continuer embêter moi, moi massacrer toi. Toi y’en a comprendre ? »
J’ai à peine le temps de voir l’épée sortir de son fourreau. Je n’ai pas le temps de faire un geste, que soudainement, je me jette du ban, esquivant l’attaque supposée me fracasser le crâne, tout en saisissant une chope vide qui traîne. Me relevant d’une roulade en arrière, je lance la chope sur Alastar, qui la reçoit de plein fouet. Je profite alors de l’occasion pour lancer une incantation.

« Strändj H’euhlcq Cyttorak. »

Soudain , des sortes de menottes d’énergie mystique se forment autour des jambes et des poignets d’Alastar, le mettant à genou. Il essaie de se débattre, mais c’est peine perdue. Déjà les chaînes pourpres de Cyttorak s’unissent, l’empêchant de se relever.
« Lâches-moi espèce de sale petit….
-Désolé mais non. »

Oùla, il s’est passé quoi, là ? J’ai vaguement pensé éviter le coupe-chou de l’autre là, et t’as bougé ? Je ne te connaissais pas d’aussi bons réflexes, petit.

Il a raison. Korgul n’a pas eu le temps d’intervenir, et nous n’avons de toute façon jamais échangé nos places aussi rapidement. Que se passe-t-il ?
Je suis interrompu dans nos réflexions par le reste du groupe qui commence à se lever pour intervenir. Je lève la main vers eux, index et majeur pliés prêt à lancer un autre sortilège. La menace et la distance les dissuadent. Je lis sur leurs regards une expression que je connais très bien : la peur.
« Quelqu’un d’autre a des questions sur mes « tours de passe-passe » ? »
Seul le silence répond à mes paroles.
« Bien ce qu’il me semblait. »
D’un geste, je dissipe les Chaînes Pourpres de Cyttorak, laissant Alastar s’effondre au sol, à bout de souffle. Sans ajouter un mot, je monte les escaliers préparer mes affaires. C’est bien ma veine.

Je crois que tu t’es fait de nouveaux amis, mon gars.

J’aurais de la chance s’ils ne prennent pas la fuite dans la minute oui. Il va falloir que je réfléchisse au tour des évènements. Mes préparatifs furent vite terminés, je n’avait pas grand chose sur moi de toute façon. Du coup, je pense beaucoup à ce qui vient de m’arriver. Si je connaissais des cas théoriques de partage de corps, aucun n’avait duré aussi longtemps que Korgul et moi.

Et ouais on en a fait du chemin ensemble. On est comme un vieux couple. Toujours à se tirer dans les pattes.

En général le possédé se suicidait vite, s’il n’était pas brûlé par la populace. Du coup, je ne sais pas s’il y’a des effets secondaires dû à un partage trop long du même corps par deux âmes.

Comment ça des effets secondaires ?

Je ne sais pas justement. Peut être que maintenant , tu peux prendre le contrôle par réflexe, peut être que nous nous partageons nos expériences. Ou alors peut être que nos deux âmes sont en train de se mêler et commencent à n’en faire qu’une.

Ha ouais ? Marrant.

Non, ce n’est pas marrant. Qui sait jusqu’où ça peut aller. Peut être qu’un corps ne peut pas supporter longtemps la présence de deux éléments qui devraient n’être qu’en un seul exemplaire et que nous allons finir par mourir.

M’en fiche, je suis déjà mort. Mais je comprend que ça te pose problème ceci dit. Ha, qu’il est libérateur d’être mort une fois.

Soudain, je sens une présence dans mon dos. Quoi, Alastar a déjà envie de me tuer dans le dos ? Je tourne la tête, et constate qu’il ne s’agit que de la soi-disant prêtresse d’Anator, Aenerys.
« Quoi donc, fis-je , essayant de ne pas paraître trop agacé, tout en reprenant le tri de mes affaires.
-C’est une belle prestation que vous avez livré en bas, ainsi que l’autre jour.
-Ha oui ? Et tu veux quoi, m’égorger ?
-Pas exactement. Je me demandais juste …. »
Je me retourne une fois de plus , intrigué. Elle semble s’efforcer de paraître le plus aimable possible.
« Vous vous demandez quoi ?
-Je me demandais juste si…. Vous pourriez m’apprendre ? »

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Lena le Mar 29 Juin 2010 - 21:50

La prêtresse attendait la réponse, s’efforçant toujours de paraître aimable. Elle détestait être dans une position où elle demandait une faveur. Et où, bien entendu, la faveur pouvait lui être refusée.

« Pourquoi je ferais ça ? »

Et ça n’avait pas raté. La prêtresse se mordit les lèvres. Elle avait failli dire « parce que je vous l’ordonne. » C’était sans doute la dernière chose à faire pour obtenir ce qu’elle désirait. Elle prit quelques instants avant de répondre, cherchant le meilleur moyen de convaincre le nécromancien. N’en trouvant aucun, elle avança la première idée qui lui passa par la tête, soudain consciente d’avoir quelques lacunes dans le domaine de l’argumentation.

« Pourquoi vous ne le feriez pas ?
- Ferme la !
- Pardon ? »

La jeune femme avait ouvert de grands yeux et il lui avait fallu faire preuve d’une maîtrise d’elle-même dont elle ne se serait jamais crue capable pour ne pas envoyer promener l’insolent.

« Pas à vous que je parle.
- Ah...lui. Bien je préfère cela. Alors ? Qu’en est-il de ma requête ? M’apprendrez-vous votre magie ?
- Je ne sais pas. Ça risque d’être une perte de temps pour vous et pour moi. La plupart des gens ne possèdent même pas les capacités pour manipuler les énergies magiques. »

Piquée au vif, la jeune femme rétorqua, beaucoup plus sèchement :

« Squik ! J’ai eu des pouvoirs que vous n’imaginez pas !
- Des mots. »

Elle sentait la colère monter en elle. C’était une chose dont elle n’aurait jamais eu à faire l’expérience, avant : voir sa propre parole remise en doute. C’était...intolérable ! La prêtresse imagina un instant le plaisir qu’elle aurait à foudroyer le nécromancien sur place pour l’encourager à lui obéir et grimaça. L’idée avait un côté ironique assez désagréable. Il allait falloir qu’elle apprenne à faire preuve de tact pour se faire entendre désormais. Elle réprima une autre grimace. Elle avait toujours détesté l’art de la diplomatie.

« Je suis capable de manipuler les énergies magiques. De toute façon, vous n’avez pas grand-chose à y perdre.
- J’y réfléchirai. »

Aenerys ouvrit la bouche pour réclamer une réponse immédiate. Réalisant que c’était sans doute là le meilleur moyen d’obtenir une réponse négative, elle se contenta d’acquiescer et repartit vers sa chambre pour y faire ses paquets. Cette entrevue ne s’était pas déroulée comme prévue. Elle en gardait une sensation de frustration assez pénible qu’elle arrivait à peine à repousser en songeant qu’au moins, elle ne s'était pas heurtée à un refus d’emblée catégorique.

Lorsque, une bonne demi-heure plus tard, elle arriva dans la salle commune, la frustration s’était à peine atténuée. C’est à peine si elle remarqua les paquets et autres sacs des autres membres du groupe, empilés dans un coin de la salle, prêts à être emportés. Leurs propriétaires étaient assis autour d’une table, sur laquelle avait été étalée une carte. En s’approchant, la jeune femme reconnu les contours d’Anatidia. Lorsqu’elle fut à hauteur de la table, elle réalisa que les frontières avaient bien changé, à l’intérieur du continent. Karia avait gagné en importance, tandis que l’empire d’Osyhria et les terres goranaises avaient considérablement diminués.

« Moi je vous assure qu’il n’y a pas besoin de prendre ce pont. En cette saison, on peut traverser à gué à des dizaines d’endroits le long du fleuve.
- Et ça change quoi en fait ?
- Ça nous fait gagner cinq jours au moins !
- En prenant des risques.
- Aucun risque. Il n’y a rien de moins traître que le fleuve Neoptera en été. Ça me rappelle cette histoire que mon oncle, Astor Pehrk, nous racontait. Il voyageait beaucoup. Une fois il...
- Bon ça suffit ! Très bien Caelina, nous prendrons le gué. Est-ce que vous pouvez m’indiquer le plus proche sur la carte ? »

Le teint de la rôdeuse vira à l’écarlate.

« J’ai jamais rien compris aux cartes. Mais je reconnaîtrai quand nous y serons ! »

Avec un soupir, l’auto-désigné chef du groupe regarda la carte un instant. Il finit par acquiescer, marmonnant qu’ils ne perdaient pas grand-chose à essayer. Puis il plia la carte et suggéra que l’on se mette en route sans tarder. Chacun des membres du groupe se leva pour aller chercher son sac. La prêtresse fronça les sourcils.

« Et le nécro…et Norris ? L’avez-vous prévenu du départ ? »

Elle eut droit pour seule réponse à un silence embarrassé, plus éloquent que n’importe quelle parole. Une brève pensée vint effleurer son esprit, lui arrachant un sourire.

« Je vois. M’attendrez-vous ? Mes affaires sont prêtes, je n’en ai que pour quelques secondes. »

Joignant le geste à la parole, elle se dirigea d’un pas rapide vers les escaliers. Toutefois, au lieu de se diriger vers sa chambre, elle alla directement frapper contre celle du nécromancien. Après une bonne minute, il consentit à venir ouvrir, avec l’air caractéristique de celui qui vient de se réveiller.

« Les autres sont sur le point de partir. Si vous voulez être du voyage, vous avez intérêt à vous dépêcher. »

***

La journée se déroula sans incident notable. Aenerys avait profité du voyage pour réitérer sa demande auprès du nécromancien, arguant qu’il lui devait bien ça, que sans elle il se serait retrouvé à voyager seul. L’issue de l’échange fut, cette fois, nettement plus acceptable. La jeune femme avait failli se vexer, lorsque Norris lui avait proposé de lui donner un ou deux cours et de voir alors comment elle s’en sortait. Mais elle n’avait rien dit, songeant qu’elle pourrait lui montrer très rapidement de quoi elle était capable. Ragaillardie par la perspective de bientôt retrouver des pouvoirs, la prêtresse n’avait fait aucun commentaire sur la longueur du trajet, ni sur cette douleur dans les pieds qui rendait la marche fort désagréable. Elle s’était montrée d’une compagnie presque plaisante, du moins de son propre point de vue, et ce jusqu’à ce que le groupe s’arrête pour la nuit.

Après un repas rapide, plusieurs membres du groupe se réunirent autour du foyer, momentanément éteint, pour discuter. Il sembla à Aenerys que la barde muette s’était mise à...émettre de la lumière, d’une manière étrange, discontinue. Elle regarda mieux, songeant un instant que, peut-être, ses yeux lui avaient joué un tour. De fait, le phénomène, quel qu’il soit, s’était interrompu. Elle avisa Alastar, qui avait choisit de se mettre à l’écart et qui, rapidement, fut rejoint par la voleuse. Puis elle aperçut le nécromancien, seul également, et occupé à lire un épais volume. La prêtresse fut prise d’inquiétude à l’idée qui lui faudrait peut-être lire plusieurs de ces livres avant d’être capable de lancer le moindre sort, mais chassa rapidement cette idée. Ça n’avait pas été le cas lorsqu’elle avait appris à utiliser les dons d’Anator, il n’y avait pas de raison pour que cette fois soit différente. Sans hésitation, elle se dirigea vers son futur professeur.

« Alors, ce cours ? »

Après quelques secondes, l’homme leva le nez de son livre.

« Maintenant ?
- Non, le mois prochain. A votre avis ? »

La prêtresse regretta aussitôt ses paroles. Il pouvait encore refuser, ou choisir de remettre le cours à plus tard, ce dont elle n’avait aucune envie. Finalement, à son grand soulagement, il ferma son livre et l’invita à s’assoire.

« Alors pour commencer, il faut que tu saches qu’utiliser la magie peut être dangereux. Tu ne dois pas lancer un sort si tu ne sais pas exactement ce qu’il produira.
- J’en suis parfaitement consciente, venez-en aux faits.
- De plus, il ne faut jamais oublier que la magie, c’est pour les lâches. »

La remarque fit taire l’impatience de la jeune femme pendant quelques instants. Le nécromancien paraissait troublé par ce qu’il venait de dire.

« Pardon ?
- Je...rien. Donc, vous savez que la magie est un art difficile. Deux choses y sont primordiales : la source du pouvoir et ce que vous faites de cette source. Certains choisissent d’utiliser leur propre corps comme source d’énergie. A moins de posséder des dons exceptionnels, c’est une méthode qui requiert énormément de travail, pour des résultats souvent assez faibles. Pour ces...magiciens, il sera notamment très difficile, voire impossible de lancer deux sorts à la suite sans en subir des conséquences très désagréables. Ce n’est pas la source que j’utilise, mais j’y reviendrai. »

La prêtresse réprima une grimace. Si ce n’était pas la source qu’il utilisait, à quoi bon lui expliquer tout cela ? Elle le savait déjà. Elle avait déjà pratiqué la magie et savait pertinemment que les mages utilisant leur énergie comme source n’allaient jamais très loin. Et elle-même utilisait avant des pouvoirs de source divine, issus du dieu de la magie lui-même. Autant dire qu’alors ses pouvoirs étaient, virtuellement, illimités.

« Tu n’écoutes pas.
- Pardon ? Bien sûr que si ! Vous parliez des...sources de magie.
- Alors tu peux me dire quelles sont les sources propres à la nécromancie ? »

La jeune femme baissa les yeux et balaya du revers de la main une poussière imaginaire de sa robe. Elle crut entendre son professeur improvisé soupirer mais ne releva pas la tête pour vérifier. Plusieurs secondes s’écoulèrent avant qu’il se décide à reprendre, d’une voix où perçait l’agacement :

« Il existe neuf seigneurs infernaux qui émettent de la magie plus ou moins volontairement. Le nécromancien se connecte à l’un d’entre eux pour y puiser l’énergie du sort dont il a besoin. »

La prêtresse faillit pousser l’audace jusqu’à ponctuer l’explication par un ‘j’allais le dire’. Elle se contenta d’hocher la tête, encourageant Norris à continuer.

« Lorsqu’il lance un sort pour la première fois, le nécromancien passe une sorte de contrat avec un seigneur infernal, dont il tirera tous ses pouvoirs. »

Le professeur sortit un livre de son sac.

« Tu trouveras dans les premières pages de ce livre une description de chacun des neuf seigneurs. La première chose que tu devras faire, c’est en choisir un. C’est un choix important, tu peux y passer plusieurs jours, si nécessaire. Je ne peux plus rien pour toi tant que ce ne sera pas fait. »

La jeune femme soupira, attrapa le volume et commença à le feuilleter. Comment choisir ? Les illustrations étaient toutes plus hideuses les unes que les autres. Celui –ou celle- qui avait dessiné ces êtres démoniaques n’avait absolument aucun style. Et que dire des noms des neuf seigneurs ? Ils étaient imprononçables, ou simplement moches : Xel’naga, Axolotl, Theki’toi. Le pire était sans doute celui-là : Mxyzptlk. Elle avait survolé les descriptions, elles se ressemblaient toutes beaucoup. Comment choisir autrement qu’au hasard ?

La prêtresse leva les yeux vers son professeur. Il avait repris la lecture qu’elle avait interrompue en arrivant. Elle s’éclaircit la gorge, espérant qu’il lèverait les yeux et lui proposerait son aide. Mais plusieurs minutes s’écoulèrent sans que le nécromancien fasse seulement mine de l’avoir entendue. La jeune femme grimaça. Alors ce serait tout pour cette fois. C’était tout de même nettement moins intéressant que prévu. Il ne lui restait plus qu’à prendre son mal en patience, et souhaiter que le prochain cours soit un peu plus constructif. Avec un soupir, elle commença à lire les descriptions avec un peu plus d’attention. Mxyzptlk...

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Scieszka le Mar 2 Nov 2010 - 22:30

Cela faisait plusieurs heures que nous chevauchions sous une pluie battante, pataugeant dans la boue qui bordait la rivière. Chacun commençait à regretter qu’Alastar ait fait confiance à Caelina, toute rôdeuse qu’elle soit. Les détours avaient été nombreux avant d’atteindre le cours d’eau, qui s’était révélé infranchissable. Pour ma part, j’étais persuadée que, si nous avions fait le détour par la route pour rejoindre le pont, nous n’aurions pas perdu de temps. J’avais la fâcheuse impression que les souvenirs de notre guide improvisée n’étaient pas très fiables, ou qu’ils étaient très anciens. Notre seule consolation était d’avoir pu garder les chevaux, et de ne pas être enfoncés jusqu’aux mollets dans la gadoue. Cependant, nous avancions lentement, et le moral général était au plus bas, sans compter le fait qu’un certain malaise s’était instauré dans le groupe depuis qu’Alastar et Lynia avaient insisté pour partir en catimini sans Norris, ce que nous aurions fait si Aenerys ne s’était pas mêlée de le prévenir. Depuis, elle était devenue son élève en magie noire, ce qui n’avait guère contribué à dissiper la tension.

Cela faisait maintenant huit jours que nous avions quitté l’auberge. Nous avions profité de notre passage dans un lieu habité pour regarnir nos fontes de provisions autant que possible. Nous ne savions pas combien de temps s’écoulerait avant de traverser à nouveau un village. Une fois sortis du pays de forêt, nous avions coupé à travers des landes plus ou moins marécageuses, où nous avions progressé avec la plus grande prudence de peur qu’un des chevaux se blesse. Nous avions ensuite rejoint une piste qui permettait d’entrer dans une petite chaine de collines à travers un défilé qui ressemblait terriblement à un coupe-gorge. Heureusement, rien de fâcheux ne nous était arrivé. Après un certain nombre d’escalades sur des chemins plus ou moins tracés où les chevaux pouvaient à peine passer et où nous avions dû démonter, autant de descentes, toujours à pied, quelques cols et beaucoup de sueur, nous étions arrivés de l’autre côté. En redescendant des collines, nous avions aperçu au loin la rivière. Ce jour-là, l’humeur générale s’était un peu améliorée : au moins, nous avions la sensation d’avoir presque accompli la première étape de ce voyage.

Cela n’avait malheureusement pas duré : en fin de journée, le ciel s’était assombri, et une pluie abondante s’était mise à tomber sans discontinuer. C’était la deuxième matinée que nous subissions ce déluge, et, outre le fait d’être trempé jusqu’aux os et de n’avoir pu allumer de feu pour le camp deux soirées consécutives, le terrain qui descendait en pente douce vers la rivière s’était peu à peu transformé en bourbier. Lorsque nous avions atteint la rivière, nous n’étions évidemment pas encore parvenus au gué, et nous avions décidé de la longer, ce qui n’arrangeait rien à l’humidité ambiante. Nous étions terriblement sales, détrempés et frigorifiés malgré la température relativement clémente de cette fin d’été.

Seuls Arkanis et Navet semblaient échapper au climat morose. Le jeune garçon semblait indifférent à la pluie et enthousiaste comme toujours à l’écoute des curieuses leçons de son maître autoproclamé. Ce dernier était présentement en train de lui expliquer les propriétés de certains navets bien particuliers qu’on ne trouvait que dans des endroits bien précis du Pays Gnome, et qui avaient prodigué les plus grands bienfaits à divers membres de son innombrable famille.

« Vois-tu, mon jeune ami, le Pays Gnome est invisible et indétectable pour le commun des mortels. Pour le découvrir, il faut être accompagné d’un authentique gnome – ce que, sans vouloir trop rajouter à mes remarquables qualités, je suis tout à fait. Si tu veux, un jour, je t’emmènerai.
- Mènerai ?
- Oui, mon brave Navet. Et ce merveilleux tubercule dont je t’entretenais tantôt se trouve là. Mon grand-oncle Culbert en cultivait ; cela lui a d’ailleurs permis de bâtir une immense fortune, car ils sont fort rares et recherchés.
- Forrarérecherchés.
- Tout à fait. Sais-tu ce que ma grande cousine Athénaïs fit lorsque son fils se trouva sérieusement malade d’une pneumonie pour avoir tenu l’audacieux pari de plonger dans la mare aux canards derrière la ferme en plein hiver ?
- Navet ?
- Exactement mon garçon ! Tu apprends vite ! Elle en fit une décoction qu’elle lui fit inhaler puis la lui appliqua sur la poitrine pendant trois jours. Au bout de ce temps, l’enfant crachait du feu, mais il était guéri. Il suffit de lui faire avaler une soupe au navet de Ghûn pour faire disparaître le petit effet secondaire.
- Sekonnéféterre, sekonnéféterre, a pus ?
- Mais tout à fait, mon excellent Navet. Et mon cousin Chrodegang, lui… »

Il fut interrompu dans sa logorrhée par un cri de la rôdeuse. Tout le monde sursauta ; Alastar et Exall eurent le réflexe de dégainer leurs armes. Caelina était descendue de cheval ; un immense sourire barrait son visage. Chacun soupira de soulagement, nos deux chevaliers blancs rangèrent leur coupe-chou, et tout le monde se sentit plus détendu quand elle annonça qu’elle reconnaissait l’endroit et que nous n’étions plus qu’à quelques pas de ce fameux gué. Nous nous hâtâmes vers l’endroit qu’elle nous désignait.

Évidemment, étant donné que le ciel continuait à se déverser sur nos têtes, le niveau du cours d’eau avait sérieusement augmenté. Là où le gué était ordinairement très facilement traversable avec de l’eau jusqu’aux cuisses et un courant assez faible, l’eau atteignait maintenant les épaules d’Alastar, et le courant avait forci. Cependant, la rôdeuse n’avait pas menti quand elle disait que la rivière n’était guère traître : le sol semblait ferme et sûr sous le flot, et le courant n’avait rien de celui d’un torrent. Nous prîmes cependant la décision de passer à cheval pour plus de sécurité. Cela s’annonçait facile. Nous nous offrîmes le luxe d’attendre avant de nous engager : comme nous étions désormais au milieu de la journée, nous cherchâmes le meilleur abri possible sous les frondaisons pour déjeuner.

Le repas ne fut guère chaleureux. Nos vivres commençaient à diminuer sérieusement, et l’humidité ambiante nous interdisait d’allumer le moindre feu, malgré les navrantes tentatives de ce charlatan de gnome, qui essaya même d’enflammer quelques brindilles détrempées qu’il avait maladroitement empilées à l’aide d’une de ses maudites potions à base de navet. Son échec l’entraîna dans un long discours que personne n’écouta, hormis l’enfant sauvage. Le spectacle était désolant. Pour couronner le tout, nous étions inquiets de l’état du bras d’Exall : la blessure qu’il avait récoltée lors de l’extravagant sauvetage des prostituées s’était plutôt bien soignée, mais il avait toujours une gêne, et tenait son bras en écharpe. Depuis que la pluie avait commencé de tomber, il s’était mis à se plaindre de douleurs, et était devenu plus pâle. Il était à craindre que l’humidité provoque une infection de sa blessure pas tout à fait guérie. Le jeune homme avait accueilli avec scepticisme la proposition de remède-miracle d’Arkanis, et, étrangement, ce dernier n’avait pas insisté. Peut-être avait-il, pour une fois, compris la signification peu amicale du regard appuyé que plusieurs membres de la compagnie lui avaient adressé lorsqu’il avait formulé sa suggestion.

Aenerys était de plus méchante humeur encore que de coutume, ce jour-là. Je ne savais si elle avait essuyé des échecs inattendus au cours de son nouvel apprentissage, ou si cela était seulement dû à l’état lamentable de sa garde-robe, comme ses fréquents marmonnements pouvaient le laisser penser :

« Me faire porter ces frusques, à moi… Et bleues, en plus, bleues… Je ne sais pas si je dois me réjouir que la boue en cache la couleur, maintenant… Mon royaume pour un bain !... C’est vrai que je n’ai plus de royaume… Mais par Anator, pourquoi bleues ? Squiiik… Encore heureux que je sois à cheval, mais cette satanée boue… »

C’est dans cet état d’esprit que nous entreprîmes de traverser la rivière. Alastar, prenant comme toujours la direction des opérations, nous fit mettre en file indienne. Personne n’était d’humeur à contester : pour une fois, nous étions unanimes dans notre envie d’avancer le plus loin possible et si possible laisser cette pluie incessante derrière nous. Il entra le premier dans l’eau, droit sur son cheval, la tête haute, fier comme un paon, avec en croupe Lynia, qui s’accrochait plus fort à lui que la situation ne l’exigeait, et la créature qui les accompagnait, toujours aussi indifférente à ce qui l’entourait. Tous le suivirent, menant prudemment les chevaux dans le gué.

Alastar était aux trois quarts de la traversée, et nous étions tous entrés dans l’eau lorsque cela se produisit. Avant que nous puissions comprendre ce qui se passait, héros, dulcinée, créature et cheval furent culbutés et se trouvèrent à patauger lamentablement tout en essayant de lutter contre le courant. Une sorte de lutin géant avait surgi brusquement de l’eau, sans prévenir. Il s’en prit ensuite à la monture que je partageais toujours avec Exall, aux cris de « Kishnouuuuu ! ». Surpris, nous n’eûmes pas le temps de nous défendre, et nous fûmes désarçonnés et précipités dans l’eau. Sous nos yeux médusés, l’elfe s’en prit ensuite au cheval monté par Aenerys. Il bondit sur elle, toujours en vociférant le nom de sa déesse bien-aimée, et fut reçu par le pied de la prêtresse, qui lui donna un grand coup. Il tomba à la renverse, à moitié assommé, tandis que notre compagne s’emportait :

« Ah, ça suffit maintenant ! J’en ai assez, assez, assez ! Squiiiiiik ! Comme si la journée n’était pas assez mauvaise comme ça ! Allez, ouste!»

A notre grande surprise, l’elfe, ne demandant pas son reste, obéit à son injonction, et disparut. Nous reprîmes nos esprits, et achevâmes de traverser le cours d’eau. Le bilan n’était guère fameux : le niveau des vivres était bas, la pluie martelait toujours, nous étions plusieurs à être trempés jusqu’aux sous-vêtements, sans pouvoir nous sécher ni nous changer, mon luth commençait à souffrir sérieusement de l’humidité, et pour couronner le tout, Exall, fragilisé par sa blessure, s’était démis l’épaule en tombant de cheval. Cependant, nous avions franchi une étape de notre voyage : la rivière était passée. Nous touchions presque au but.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Mélanie Mustang le Sam 6 Nov 2010 - 20:56

Une fois la rivière traversée et l’épaule de Exall remise en place, nous prîmes la décision de marcher pendant encore une heure afin de nous en écarter. Le ciel lâchait toujours des trombes d’eau, nous empêchant de nous sécher après notre bain forcé.
Certainement comme la plupart de mes compagnons, la traversée de la rivière n’avait pas arrangé mon humeur. J’étais trempé et fatigué physiquement et mentalement. Heureusement, nous arrivâmes à une grotte dont le sol était sec.
Le visage de tous s’éclaira lorsque je proposai de s’arrêter pour ce jour-là. Aucun ne se fit prier pour se mettre à l’abri et s’asseoir. Mais la bonne humeur retomba lorsque nous nous rendîmes compte que nous passerions la nuit sans feu. Nulle part il n’y avait de bois sec. Nous nous résignâmes donc à manger froid.
Puis nous instaurâmes un tour de garde pendant la nuit. Je décidai de prendre le premier quart, et personne ne protesta. Je m’installai à l’entrée de la grotte, restant au sec, pendant que les autres s’éparpillaient dans la grotte pour se reposer.
La pluie tombait inlassablement et je l’observai pendant un long moment. Sans vraiment faire attention, observant l’extérieur, je me mis à faire tourner la bague de mon père autour de mon doigt. Son contact me réconfortait, me réchauffait, dans toutes les circonstances. Grâce à elle, j’avais l’impression que mon père était toujours près de moi. Non pas que je crois particulièrement aux esprits, mais penser que mon père pouvait veiller sur moi malgré tout était réconfortant.
-Je peux m’asseoir près de toi ?
Je tournai la tête vers ma gauche pour voir Exall, debout à mes côtés.
-Si tu veux, dis-je. Mais tu ferais mieux de te reposer. Tu as mauvaise mine.
-Je ne suis pas fatigué, mentit-il en s’asseillant.
-Comment va ton bras ?
-Ca peut aller… C’est douloureux, mais ça ira mieux demain…
Nous restâmes silencieux un moment en regardant la pluie tomber.
-C’était la bague du Chevalier Atalasion, n’est-ce pas ?
Je posai les yeux sur la chevalière qui arborait le symbole des Chevaliers de Karia.
-Oui. Avec mon épée, c’est la dernière chose qu’il me reste de mon père.
-Moi aussi je n’ai plus que son épée. Tu sais… mon père a toujours été fidèle à la mémoire du Premier Chevalier et…
-Exall.
Le jeune homme se tut.
-Nous avons déjà eu ce genre de conversation. Et tu sais déjà comment cela se terminera. Inutile d’aller plus loin.
-A cause de ta malédiction ?
Je serrai les mâchoires, agacé de devoir expliquer mes raisons.
-En partie. Ecoute, ce royaume a rejeté les Chevaliers de Karia. J’ai entendu les gens parler après les exécutions. Tous pensent que le Roi a eu raison de démanteler l’Ordre et de faire exécuter les Chevaliers. Ils n’ont pas besoin que nous reformions cet Ordre. Et même si tu arrivais à le reformer, je n’ai aucunement l’intention d’en prendre la tête, même si nous retrouvons le Talisman d’Erkandor.
-Alors, pourquoi le chercher ? Ne me dis pas que tu as l’intention de le remettre au commanditaire qui va payer la somme pour laquelle nous sommes tous partis ? Tu ne peux pas remettre cet objet sacré à…
-Calme-toi, Exall, dis-je en parvenant à sourire légèrement. Autrefois, nos pères ont juré de retrouver le Talisman et de le mettre en sécurité jusqu’à ce que le vrai descendant d’Erkandor se fasse connaître. Je n’ai pas l’intention de bafouer leur vœu. Mais j’ai besoin du Talisman pour me débarrasser de ma malédiction.
-Tu penses pouvoir l’utiliser ?
-Je suis descendant d’un Chevalier de Karia. J’espère pouvoir l’utiliser, en effet.
-Et si tu n’y parviens pas ?
-Alors, je trouverai un autre moyen…
Nous restâmes silencieux un moment. Je sentais la déception de Exall face à mon entêtement à refuser les responsabilités de mon père. Mais ma décision était prise. L’Ordre de Karia avait disparu en même temps que le dernier descendant d’Erkandor. Et cet homme serait le seul aujourd’hui capable de me convaincre de prendre la suite de mon père. Mais il n’y avait aucune chance pour qu’il se fasse connaître maintenant s’il existait.
-Tu sais, Exall, je suis content de t’avoir rencontré.
-Tu es sérieux ?
-Oui. Parce que grâce à toi, je sais que tous les Chevaliers n’avaient pas abandonné mon père. Et cela me réchauffe le cœur. Et je sais qu’il en serait de même pour lui s’il était toujours de ce monde. Mais je te demande d’être plus prudent si nous venons à rencontre d’autres Ombres. Ne me refais pas le même coup que l’autre fois, s’il te plait. Si tu veux reformer l’Ordre de Karia, il faut que tu reste en vie. Et te sacrifier maintenant ne t’aidera pas à atteindre ton but.
-Oui… Tu as raison… Désolé.
-Tu es encore jeune. Tu dois juste gagner en sagesse. Cela viendra avec le temps.
-Merci, Alastar.
Je regardai ma chevalière.
-Qu’est-ce que tu compte en faire lorsque tu seras libéré de ta malédiction ?
Je souris.
-Je demanderai à Linyia de m’épouser. Et nous fonderons une famille. Je la transmettrai à mes enfants et leur raconterai comment leur grand-père était, quel héros il fut. Peut-être l’un d’eux voudra-t-il te suivre lorsqu’il sera adulte… je ne l’en empêcherai pas. Ce sera son choix. Et cette chevalière lui reviendra à ce moment-là.
-J’espère que d’ici là, j’aurai quand même réussi à reformer l’Ordre de Karia et réussi à te faire changer d’avis.
Je ne pus m’empêcher de sourire devant l’espoir du jeune homme.
-Je crois qu’il faudrait un miracle pour que j’accepte de prendre mes « responsabilités » quant au trône de Karia, Exall. Bon. Est-ce que tu te sens d’attaque pour prendre la suite de la garde ? demandai-je pour couper court à la discussion.
-Tu peux compter sur moi.
-S’il y a quoi que ce soit de suspect, vient me prévenir.
Exall acquiesça et je me dirigeai vers le fond de la grotte. Linya était allongée, tournée vers la paroi. J’hésitai un instant, puis, constatant que tous nos camarades dormaient, je m’approchai d’elle et m’agenouillai. Je l’observai dormir un instant et constatai que sa respiration était devenue plus irrégulière.
Je souris pour moi-même en me rendant compte qu’elle ne dormait pas. J’approchai ma bouche de son oreille et murmurai :
-Pardon.
Puis, je déposai un rapide baiser sur son front et m’éloignai de quelques pas pour aller m’allonger à mon tour.

Le lendemain matin, lorsque nous nous réveillâmes, nous vîmes avec plaisir que, malgré le ciel gris, il ne pleuvait plus. Au moment de partir, Linyia s’approcha de moi et plaça pendant quelques secondes sa main dans la mienne, me souriant. Je souris à mon tour, puis nous prîmes la route.
Réconcilié avec Linyia, je me sentais de meilleure humeure et le ciel gris ne put entamer mon optimisme quant à la suite de notre quête.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Macros le Dim 21 Nov 2010 - 23:47

La fin de la pluie rasséréna quelque peu l’ensemble de notre compagnie. Je devais bien admettre que ça n’était pas des conditions dans lesquelles un honnête gnome pouvait voyager, même si mon jeune camarade semblait s’être tout à fait accommodé de la situation. Le bain qui lui avait été administré de haute lutte à Torgas paraissait maintenant bien loin ! Pour être honnête, son état n’était guère pire que le mien, ou que celui de n’importe qui d’autre ici présent. Néanmoins, tout le monde semblait de meilleure humeur qu’auparavant, certains s’essayant même à plaisanter Aenerys sur sa ferme gestion du sympathique, mais turbulent elfe dévot. Et malgré ses réponses bourrues, il était assez facile de remarquer que l’épisode semblait l’avoir hautement satisfaite. J’imagine que mon petit neveu Childebert avait raison, il n’y a pas de problème qu’un bon coup de pied au visage de quelqu’un ne puisse régler. Ce qui était plus simple pour lui et son mètre cinquante que pour le gnome de constitution moyenne, il faut bien le dire.

Pour l’heure, Alsty était plongé dans une grande discussion avec Caelina, débattant du chemin à suivre. Me désintéressant de la discussion, je portais mon regard vers Norris, le seul à avoir encore la tête de quelqu’un ayant avalé un poisson à la fraicheur douteuse. En fait, maintenant que j’y pensais, cela faisait un petit moment qu’on ne l’avait plus entendu, occupé qu’il était à broyer du noir. Ce qui n’allait pas du tout.

« Eh bien, Chucky, comment ça se passe, l’enseignement ? »

Le regard qu’il me lança mêlait surprise et résignation.

« Ah. Cela fait donc une deuxième personne qui semble encore capable de m’adresser la parole. Ne me dites pas que vous voulez apprendre la nécromancie, vous aussi. »

J’écartais l’idée d’un geste de la main.

« Oh, par le Grand Horloger, non ! J’ai déjà beaucoup trop à faire pour me lancer dans un sujet aussi vaste. Et puis, ce genre d’affaire à tendance à finir tragiquement, mon cousin Nabérius n’est plus là pour en témoigner. Enfin, j’imagine qu’invoquer simultanément l’intégralité des avatars des seigneurs infernaux pour leur proposer une partie de poker n’était pas la meilleure des idées. Surtout quand ils se sont rendus compte qu’il trichait. »

Le magicien se contenta de secouer la tête, une expression d’incrédulité polie sur le visage.

« J’imagine aisément. Dites moi, ça n’a pas l’air de beaucoup vous déranger de voyager avec un nécromant possédé. Généralement, ça donne au moins à réfléchir. Un peu. Et surtout, les gens évitent de trop les ennuyer. C’est plus prudent. »

La dernière tirade avait été prononcé sur un ton on ne peut plus sinistre, résonnant d‘un étrange écho, accompagné d’un œil changeant brièvement de couleur pour devenir entièrement noir, alors que la température chutait de plusieurs degrés. J’observais le phénomène d’un air intéressé.

« Tiens, ça me rappelle la fois ou l’arrière grand père de mon beau frère a avalé un champignon enchanté. Il est littéralement devenu fluorescent pendant plusieurs semaines avant qu’on ne puisse… 
- Assez ! Tous les deux ! »

Le phénomène était passé, ne laissant qu’un jeune homme passablement exaspéré se couvrant le visage de la main. Apparemment, son invité ne le ménageait pas, et c’est d’une voix qui paraissait particulièrement lasse qu’il poursuivit.

« Parfois, je me demande si vous croyez vraiment à tout ce que vous racontez, ou si vous ne voulez pas rendre tout le monde fou autour de vous. 
-Bien sûr que j’y crois ! Je ne parle que de faits documentés qui ont ponctués la longue histoire du clan Jansen. Bon gnome ne saurait mentir ! Pour un magicien, je te trouve étonnamment sceptique. 
-Mais c’est absurde ! Vous voudriez me faire croire que des évènements aussi invraisemblables…
-Ah, c’est le drame de la famille Jansen, que d’être sans cesse confrontés à des esprits incrédules. Dis moi, Chucky, que penserais tu alors de ça : quand un de mes arrière-arrière petit neveu racontera à ses camarades que son lointain ancêtre a connu de près un nécromancien possédé, un roi en exil maudit, une barde sans voix, une prêtresse projetée des siècles dans le futur ou un chevalier avec une épée parlante, qu’il a organisé un rendez vous galant entre un fantôme et une prostituée, qu’il a découvert des membres d’un peuple antique et mystérieux réputé disparu, et les dieux seuls savent ce que nous réserve la suite… A ton avis, Chucky, que diront les gens ? »

L’intéressé resta silencieux, auquel je répondis par un sourire presque triste.

« A peu près ce que tu viens de dire, en fait. Mais nous savons tous les deux que c’est arrivé quand même, pas vrai ? Ce monde est rempli de mystère, Chucky, et les gnomes sont bénis d’une nature curieuse, qualité que les Jansen ont développé à leur paroxysme. Naturellement, cela nous pousse vers des situations incongrues, qu’il serait vraiment dommage de garder pour soi. Et même quand l’histoire finit mal, elle peut au moins valoir d’exemple. Mourir dans son lit, voilà qui serait incroyablement ennuyeux, n’est-ce pas ? Je ne suis pas pressé de rejoindre le Grand Horloger, mais je serais heureux que ma fin soit assez distrayante pour que les générations futures de jeunes gnomes continuent à l’évoquer. »

Norris garda le silence, me dévisageant d’un œil nouveau, avant de maugréer quelque chose qui ressemblait furieusement à un « tous cinglés ». Je lui adressais un clin d’œil.

« Et parfois, la vérité gagne à être embellie un petit peu, n’est-ce pas ? Quand je parlerais de ce voyage, je ne pense pas que j’évoquerais la boue, pouah ! »

***

Le périple se poursuivit à travers les sous-bois pendant plusieurs heures, sans que nous ne croisions âme qui vive, à l’exception de quelques cerfs effarouchés. Alastar semblait ressentir le besoin de demander toutes les demi-heures si Caelina était certaine du chemin, ce qui entrainait généralement une réponse affirmative exaspérée, suivie d’un subtil changement de direction, arrachant un profond soupir à notre intrépide dirigeant. Le décor commençait néanmoins à changer, les bois laissant place à une vaste plaine, à la végétation clairsemée. Etonnamment, les lieux semblaient ne pas entièrement être déserts, une chaumière isolée au milieu d’une petite parcelle de terre labourée venant rompre la monotonie du paysage. Après un bref conciliabule, nous décidâmes de rendre au propriétaire des lieux, si il était présent, une courte visite. Comme le résuma Alastar à Caelina, « ce n’est pas que je n’ai pas confiance, mais j’aimerais vraiment une seconde opinion ». Et ce fut donc avec les grommellements de cette dernière et les paris à échangés à voix basse entre Linyia et la magicienne en herbe pour savoir sur quel type de créature improbable nous allions encore tomber, et sur les chances que la rencontre finisse avec un ou plusieurs coups échangés.

Au léger désappointement des deux jeunes femmes, la personne qui vivait en ces lieux était on ne peut plus humaine, avec pour seules déformations un visage plissé par les rides et pour seule mutation une chute prononcée des cheveux. Il se présenta comme le vieux Tobias, venu s’installer dans ces régions désolées il y a une vingtaine d’années déjà - une sombre histoire de voisinage et d’usage de saxophone s’étant visiblement mal passé. Le vieil homme offrit d’ailleurs une démonstration, mais Alastar refusa, avec une hâte presque indécente dont notre hôte ne parut pas s’offusquer, pour détourner la conversation sur la raison originelle de notre venue.

« Nous cherchons une tour abandonnée, qui devrait se situer dans la région, mais nous ne sommes pas totalement certains…
-Hmph !
- … pas totalement certains, donc, de son emplacement. Est-ce que vous pourriez nous indiquer le chemin ? »

Le vieil ermite se gratta la tête, l’air perplexe.

« Ben… y’a ben la tour du nécromant, mais…
- Oui, c’est exactement ça ! Vous savez ou elle est ? 
- Crénom oui ! C’est pas ben loin, si vous continuez plein nord, vous finirez par tomber d’sus dans quèqu‘z‘heures…
- Là ! Là ! Je vous avais dit de me faire confiance ! Mais non, sous prétexte que je ne sais pas lire une carte, je me trompe forcément…
- Oui, bon, désolé, Caelina. Et merci à vous, maître Tobias, pour ces informations, nous ne vous dérangerons pas plus longtemps.
- Euh… de rin, j’suppose. Mais savez qu’elle est comme qui dirait pas abandonnée, vot’tour ?
- Plait-il ?
- Ben s’appelle pas la tour du nécromant pour rin, vous voyez ? »

***

Quelques explications plus tard, il apparut que le propriétaire original de la tour ne l’avait vraisemblablement jamais quitté, continuant à habiter les lieux sous forme de liche avec ses sbires. Tobias n’en savait pas beaucoup plus, ses voisins ayant tendance à se montrer relativement discrets. S’ensuivit une discussion animée sur l’opportunité de continuer la quête. L’affaire risquait en effet de se révéler plus dangereuse que prévu, sans parler que certains avaient des scrupules à envahir la demeure de quelqu’un qui, bien que souffrant de graves problèmes de peau et pratiquant une magie douteuse, n’avait, à leur connaissance, rien fait de mal.

« Si ca peut vous donner bonne conscience, j’ai entendu dire qu’il a fait des actes terribles, à une époque. Terribles ! Il a brûlé des villages, tué et zombifié ses habitants, pollué leurs terres, et triché sur sa déclaration fiscale. Le diable en personne, vindiou ! »

La déclaration péremptoire parut quelque peu apaiser les scrupules naissants. Alastar arborait néanmoins une mine sombre, et c’est sur un ton grave qu’il prit la parole.

« Ecoutez, il est clair que cette mission vient de devenir bien plus dangereuse que nous ne le pensions au départ. Cette quête est mienne, et je comprendrais si vous ne désiriez plus poursuivre…
- Oh, ça va, bien sûr qu’on continue ! »

La remarque sèche d’Aenerys lui valut un regard estomaqué de la part d’Alastar, et approbateur de la part de tous les autres membres du groupe - à part Navet, trop occupé à découvrir les secrets qui pouvaient bien se dissimuler sous un lit. Ce fut Norris qui prit le relais pour préciser la pensée commune.

« Franchement. Si nous faisions demi-tour maintenant, ça voudrait dire que tout ça n’a été qu’une immense perte de temps. Et puis fuir, c’est bon pour les tafioles. »

La dernière remarque sembla le surprendre lui-même, et lui fit perdre le fil de la conversation actuelle pour entamer un énième échange mental. Je pris donc sur moi de poursuivre la démonstration.

« Dis donc, Alsty, tu imagines si après un récit interminable, les personnages d’une histoire faisaient demi tour au dernier moment ? Il y aurait des lecteurs mécontents, c’est moi qui te le dit. »

La barde muette finit d’enfoncer le clou en hochant vigoureusement la tête à chaque intervention, même si la mienne fut marquée d’un froncement de sourcils prolongé. Je me demande bien pourquoi elle serait de mauvaise humeur… Quoi qu’il en soit, notre leader improvisé capitula, même si toujours visiblement confus de la facilité avec laquelle tout le monde s’apprêtait à le suivre dans la gueule du loup.

« Eh bien… merci. Je crois. »

***

Les indications du vieux Tobias s’avérèrent exactes, et après seulement trois heures de marche pleines d’entrain, nous nous trouvions dans une clairière lugubre, au milieu d’arbres morts et desséchés, et au sein de laquelle s’élevait une gigantesque tour sombre dont le sommet semblait disparaitre dans la brume, défiant toutes les lois de l’équilibre et de l’architecture. Le vent hurlait tout autour de nous, comme relayant les complaintes des âmes damnées hantant ces lieux. Qui que soit ce nécromancien, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il savait soigner l’ambiance. Alastar parvint à arracher son regard à la contemplation de l’édifice pour se tourner vers nous, avant de commencer sa déclamation d’une voix solennelle.

« Mes amis, nous voilà donc devant l’antre du Mal Absolu où… »
°°°
Au même instant, au sommet de la dite antre, Von Ridikulus songeait aux mesures qu’il instaurerait lorsqu’il serait devenu maitre du monde. Pour le moment, il n’avait réussi à se décider que sur l’interdiction de la natation synchronisée, petite vengeance sur une carrière tuée dans l’œuf il y avait maintenant des siècles. Si elle en avait été capable, la liche aurait soupiré de son manque d‘imagination. Être maléfique venait plus facilement à certains qu’à d’autres…
°°°
« … nous ne bénéficieront que d’un seul avantage : la surprise. »
°°°
Von Ridikulus commençait sérieusement à s’impatienter. Qu’est-ce qui pouvait prendre tant de temps à ces aventuriers pour arriver ? Il consulta une nouvelle fois sa boule de cristal, pour voir l’un d’entre eux haranguer les autres dans une pose qui se voulait héroïque. Il hocha la tête. Après tout, la tradition était la tradition.
°°°
« J’ignore quels ennemis redoutables ces lieux recèlent… »
°°°
Weenog entra dans la pièce pour recueillir les dernières instructions de son maître. Et accessoirement, servir de voix de la raison et du bon sens quand le besoin s’en faisait sentir. C’est-à-dire tout le temps.

« Et tonc, che feux que le tragon squelette soit préparé pour…
- Monsieur, je suis au regret de vous informer qu’il s’est avéré au montage qu’il manquait à notre dragon squelette une patte, une aile et la mâchoire inférieure. Je vous avais mis en garde contre les achats d’occasion.
- Ah ? Pon, ce n’est pas grafe, nous prentront les golems de fer qui…
- Ils ont rouillés par manque d’entretien.
- Was ? Alors les tigres-garous feront l’affaire. Che les gardais affamés pour ce chenre t’occasion…
- Oui, un peu trop, même, ils sont tous morts de faim. Je crois que je vous avais signalé les failles de ce genre de plan il y a deux ans, maintenant.
- Schweine Hunde ! Qu’est-ce qu’il nous reste, alors ?
- Euh… des zombies et des gobelins. Beaucoup de zombies et de gobelins. »

°°°
« … mais soyez sûrs qu’ils seront unis dans un seul but, nous détruire ! »
°°°
La bande de gobelins échangèrent des congratulations en contemplant leur ouvrage. Les délais avaient faillis ne pas être tenus, mais le hall d’entrée avait été convenablement aménagé. Le sol avait été nettoyé, les fenêtres astiquées, les chaises disposées, le thé et les gâteaux mis en évidence sur la table pour accueillir les futurs arrivants. Ils étaient par-dessus tout fiers de la banderole confectionnée par leurs soins ou pouvait se lire en grosses lettres et dans une orthographe approximative : biunvenu o avanturiés.
°°°
« Nous triompherons néanmoins de tout obstacle, quel que soit sa difficulté… »
°°°
« Bon, donc le maître dit que le plan, c’est d’abord de les laisser passer sans difficultés pour les mettre en confiance.
- Et pourquoi on a sorti le troll, alors ?
- Oh, ça ? Si c’était trop facile, ils se méfieraient. Et aussi, je crois que le maître pensait que ce serait drôle. »

°°°
« … unis et solidaires, comme nous l’avons toujours été. »
°°°
Von Ridikulus décida de tuer le temps en revisionnant sur sa boule de cristal les meilleurs moments du voyage de la bande de bras cassés à sa porte. Une scène en particulier le faisait toujours rire, la bagarre entre le maigrichon et le brun ténébreux. Impayable.
°°°
« Navet, quand l’action commencera, cache toi dans un coin. Personne ne devrait faire attention à toi. »
°°°
« Et souvenez vous ! Le maître dit qu’il se fiche des autres, mais qu’il faut à tout pris lui ramener le plus petit. Enfin le plus petit qui n’a pas de barbe. Rien d’autre n’a d’importance ! »
°°°
« … et à présent que tout est dit, je ne vois pas ce qui pourrait mal tourner ! »
°°°
« … et à présent que tout est prêt, che ne fois pas ce qui pourrait mal tourner ! »

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Lena le Mar 5 Juil 2011 - 23:31

Sans que personne ne s’en soit approché, la lourde porte d’entrée de l’antre de la liche s’entrouvrit, comme pour inviter les aventuriers. Aenerys s’arrêta, sceptique.

«Ça sent le piège à plein nez. »

L’amie du masqué, la magicienne et le nécromancien s’étaient également arrêté. La masqué et le gamin à l’épée eux-mêmes ne semblaient pas particulièrement rassurés par le phénomène. Le gamin, en revanche, n’avait visiblement pas été impressionné et fut le premier à entrer dans la tour, suivit de près par le gnome, puis par la rôdeuse. Au bout de quelques instants, les autres prirent la décision de les suivre. Bon gré, mal gré, Aenerys suivit le mouvement. Elle ne tenait pas à rester seule dans cet endroit sinistre.

La porte donnait sur un couloir, long de quelques mètres, qui lui-même menait à une intersection qui elle-même, quelque soit la direction choisie, menait à une nouvelle intersection. Après plusieurs minutes de marche, la rôdeuse énonça une vérité que tout le monde, ou presque, avait au bord des lèvres sans oser la prononcer.

« C’est un labyrinthe.
- La tour n’est pas très large, ce labyrinthe ne doit pas l’être non plus. Nous en serons vite sortis. »

Alastar avait rétorqué, sèchement, se voulant sans doute rassurant. La prêtresse le toisa un instant, une expression plus que dubitative sur le visage. Personne ne remettant en cause ce raisonnement, le groupe poursuivit néanmoins sa route et Aenerys se contenta de marmonner un vague « ça va mal se terminer » en reprenant sa marche.

Plusieurs heures plus tard, la prédiction du masqué ne semblait décidemment pas vouloir se réaliser. A chaque nouveau tournant, Aenerys poussait un soupir un peu plus exaspéré. Il lui semblait que des jours s’étaient écoulés depuis qu’ils étaient entrés dans cette tour. Elle avait faim, elle avait soif, elle avait mal aux pieds et, surtout, elle était fatiguée. Un nouveau choix de direction s’offrit à eux. Ils prirent à droite, au hasard. Ils n’étaient vraiment pas prêts de sortir de là.

« Qu’est ce qu’il y a encore ? »

La jeune prêtresse mit quelques secondes avant de s’apercevoir que le...Alastar s’adressait à elle, et que plusieurs de ses compagnons s’étaient tournés vers elle. Avec un nouveau soupir, elle haussa les épaules.

« Pourrions-nous nous arrêter quelques minutes ?
- C’est hors de question ! Nous ne devons plus être loin de la sortie maintenant. »

Contre toute attente, le gnome, la magicienne, la rôdeuse et même la ‘petite amie’ du masqué commençaient à abonder dans le sens d’Aenerys. Ragaillardie par cet appui inespéré, la jeune femme se redressa et planta son regard dans celui de l’autoproclamé chef de groupe.

« La majorité a parlé semble-t-il » lança-t-elle, narquoise.

Les autres ne semblant pas vouloir s’oppose au projet, Alastar finit par capituler, maugréant quelque chose qui pouvait passer pour un « pas plus d’une demi-heure. »
Satisfaite, Aenerys chercha un endroit un peu moins inconfortable que les autres pour pouvoir s’assoir. Elle jeta son dévolu sur une dalle, dans un coin, recouverte d’une épaisse couche de mousse. Elle avait connu mieux, cela allait sans dire, mais la pause était la bienvenue et pourrait peut-être lui permettre de mettre son plan à exécution. La prêtresse chercha une gourde dans son sac et but une première gorgée. Elle s’arrêta pour grimacer. L’eau était terriblement tiède. Mais elle avait soif, épouvantablement soif. Rassemblant son courage, elle porta de nouveau le goulot à ses lèvres et but plusieurs gorgées. Elle se remit ensuite à fouiller dans son sac et en sortit son grimoire. Elle avait choisit l’un des neuf seigneurs infernaux des heures plus tôt. La description l’avait séduite. D’une puissante incommensurable, il n’était que peu choisi car rares étaient les nécromanciens capables de l’invoquer. Depuis, elle avait à plusieurs reprises tenté de se concentrer suffisamment pour sentir le lien se former entre elle et Mxyzptlk. En vain. Peu disposée à abandonner et profitant du temps qui lui était imparti, elle ferma les yeux et se mit à nouveau à invoquer mentalement le seigneur infernal.

Une vingtaine de minutes plus tard, fulminant, elle baissa la tête et ouvrit les yeux. Sur ses genoux, le livre était ouvert sur une vue d’artiste de Mxyzptlk. Il semblait la narguer. Elle referma le livre d’un geste vif et le lança devant elle. Ce seigneur ne valait rien. Il devait être bien trop minable pour être invoqué, voilà qui était bien plus plausible. Et puis, ce nom ne ressemblait à rien. Mxyzptlk. Il aurait autant de sens prononcé à l’envers. Kltpzyxm. Au moment précis où le nom lui traversait l’esprit, elle sentit quelque chose, comme un écho au plus profond d’elle-même. Elle mit quelques instants à réaliser puis murmura le nom. Kltpzyxm. Le doute n’était plus permis. Elle avait trouvé. Elle avait compris. Habituée à ce genre d’exercice, il ne lui fallut ensuite que quelques minutes de concentration supplémentaire pour établir un premier lien entre elle et le seigneur infernal. Elle jeta ensuite un coup d’œil en direction de son « maître », hésita un instant et haussa les épaules. Elle n’avait pas vraiment besoin de son aide, elle savait parfaitement lancer un sortilège. Afin de se le prouver, et alors qu’Alastar commençait à inviter les autres à se préparer au départ, elle posa les yeux sur le grimoire et lança une formule basique de lévitation pour le faire revenir :

« Levih’to saalbouh k’un vitaaa…squik ! »

Le grimoire, qui avait commencé à se soulever, retomba brutalement. Aenerys sentit comme une bourrasque partir d’elle et envahir toute la zone. En quelques secondes, toutes les têtes s’étaient tournées vers elle. Et toutes avaient pris une teinte bleutée. Leurs bras et leurs jambes aussi. Tous étaient devenus bleus, avec de grands yeux jaunes et des oreilles pointues. La prêtresse écarquilla les yeux et, soudain inquiète, regarda son bras.

« Non…nonnonnonnon NOOON !
- C’est quoi ça ?!
- Tiens c’est amusant, ça me rappelle une histoire que m’avait raconté la cousine par alliance de la sœur de mon beau-frère, Ron Kamé, sur des êtres à la peau bleue et...
- La ferme, le gnome. »

Au bord de la panique, c’est à peine si la prêtresse écoutait ses compagnons discuter entre eux. Elle ne parvenait pas à décrocher son regard de son bras et de cette peau si...si bleue. C’était abominable.

« Comment tu as fait ça ? »

Avec une grimace à mi-chemin entre la terreur et l’écœurement, Aenerys se tourna vers le nécromancien qui s’était approché. Lui aussi avait viré au bleu. La jeune femme eut un haut-le-cœur.

« Je...je ne sais pas ce qui s’est passé. J’ai commencé à incanter et je me suis trom... un de ces maudits squiks s’est glissé dans ma formule.
- Tu as établi un lien ?
- Oui...
- Tu aurais du venir me voir.
- Je sais.
- J’ai toujours dit que la magie n’attirait que des ennuis. »

La prêtresse ne releva pas. Elle fixait le sol avec une attention redoublée. Elle entendit vaguement le nécromancien prononcer quelques mots. Lorsqu’il eut fini, elle releva la tête. Son visage et ses bras avaient reprit une teinte et une apparence normale. La jeune femme balaya la zone du regard et constata que les autres aussi. Soulagée, elle baissa les yeux, pour constater que son bras, lui, était resté bleu.

« J’ai lancé un sortilège d’annulation sur tout le monde, sauf sur toi. Ça t’aidera à y réfléchir à deux fois avant de lancer un sortilège. »

La prêtresse ravala, de justesse, une flopée d’insultes. Si elle s’était souvenue du sort d’annulation, elle ne s’en serait pas gênée, mais elle avait besoin du nécromancien pour lever le sortilège. Elle marmonna donc quelque chose qui ressemblait à un « bien. », rangea son livre dans son sac et se leva, décidée à ignorer toutes les remarques qu’elle pourrait entendre. A quelques mètres de là, le gamin à l’épée donnait l’ordre du départ.

Il ne leur fallut guère plus d’une demi-heure pour enfin quitter le labyrinthe et entrer dans une salle immense. Le sol était recouvert de dalles de pierre et de poussière. Il n’y avait aucune fenêtre, ni même une simple meurtrière. La faible lumière émanait d’un lustre d’un goût douteux, suspendu à un plafond excessivement haut. Au centre de la salle, une sorte d’arène rectangulaire délimitée par des barrières de corde avait été aménagée. La pièce ne comportait aucune autre porte que celle par laquelle le groupe était entré, mais personne n’eut le temps de s’en inquiéter. Surgissant d’un recoin plus sombre que les autres, un troll gigantesque se rapprocha de l’arène, une massue gigantesque dans une main, un sourire béat sur les lèvres.

« Bonjour vous aventuriers. Moi m’appeler Minidou. Si vous vouloir passer, vous devoir me battre... »

_________________
"Nous étions entrés dans un endroit idyllique, par un après-midi merveilleux. Cela aurait été dommage de le maculer de sang, surtout si ce devait être le mien." (Corwin)

Règle n°1 : le MJ a toujours raison.
Règle n°2 : si le MJ a tort, se référer à la règle n°1.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Starman le Dim 10 Juil 2011 - 22:03

Bon, ben puisque faut s'y remettre, voici un post.

« Oùla, il vient de dire quoi le mastodonte? »
Cette réplique d'un de mes compagnons est assez représentative de la réaction provoquée par l'intervention du troll nommé Minidou au sein de notre groupe. Ce dernier nous regarde avec un sourire béât au lèvres, qui ne laisse pour ainsi dire aucun doute sur la faible étendue de son coefficient mental. Je serais presque tenté de ne pas le prendre au sérieux si ce n'est ses trois mètres cinquante tout en roche et sa masse qui faisait bien la taille de son bras.

Bof, j'en ai vu des plus gros. Et puis, si tu veux mon avis, il compense pour quelque chose, avec sa masse.

Toi, peut être, mais au vu des regards apeurés de la plupart de mes compagnons, tu doit être le seul. Même ceux que nous avons affrontés lors du sacrifice des prostituées étaient plus petit. Il me faudrait un plus gros sortilège.
« Pas de panique, commence Alastar. Il est un peu gros, mais si nous travaillons en équipe...
-Ça pas possible, intervient « Minidou ».
-Pardon?
-Vous devoir me battre en combat singulier, à armes égales, de façon sportive. Sinon porte pas s'ouvrir.
-Sportive, demande Elladan, un brin intrigué.
-Oui. Vous poser armes, moi poser massue, vous monter dans ring , et nous nous battre comme êtres civilisés. Pas ruses. Pas armes. Talent contre talent. »
Un ring? Tu crois qu'il parle de l'espèce d'arène dans lequel il se trouve?

Ouais, c'est un terme antique, pour désigner ce genre de trucs. Surtout utilisé pour un vieux sport qui était à la mode quand j'étais jeune, où deux types se mettait des pains dans la gueule jusqu'à ce que l'un d'entre eux ne se relève pas.

« Et, heu....si nous refusons de nous battre, propose timidement Linya.
-Moi lancer gros rochers sur vous et fracasser crânes. »
Après un bref silence permettant à la plupart d'entre nous de considérer les conséquences d'un tel refus, nous nous mettons en cercle afin de déterminer la démarche à suivre.
Cette discussion pourrait se résumer à une question d'Elladan:
« Bon, qui y va en premier? »


L'on ne peut pas dire que les choses se passaient tout à fait comme prévu. Alastar, premier à relever le défi, fût envoyé au tapis d'une droite bien placée de Minidou à la fin du 1er round. Un gobelin a compté jusqu'à dix (sans doute une sous règle obscure de ce sport barbare), mais cette précaution n'était pas nécessaire, vu qu'on a du le traîner hors de l'arène en le tirant par les pieds. Puis, on est passé à Elladan , qui n'a pas fait mieux, avant d'enchaîner sur Linya, l'amie des bêtes, la barde muette (elle s'appelle comment, elle, déjà?), et même ma nouvelle disciple. Sans grand résultat.

Ha, quand même, quand la p'tite Aenerys a essayé de lui mordre les noix en hurlant « Squiiiiiiiiiik », ça l'a surpris.

C'est vrai qu'il avait l'air stupéfait en lui saisissant la jambe et en la balançant à l'autre bout de la salle en hurlant « coup dessous ceinture ». Le gnome,lui, passait son temps à hurler quelque chose au sujet de « dj'abz », de « jeux de jambe », et « d'avoir l'œil du tigre », mais personne ne comprenait ce qu'il voulait dire.
Enfin bref, tout ça pour dire que je viens d'être désigné nouveau « volontaire » au jeu de massacre du troll. Il faut dire qu'à ce stade, plus personne n'y croit vraiment.

Attend, laisse-moi faire ,et ton troll je le massacre.

Je ne veux pas paraître sceptique, mais je SUIS sceptique.

Tu rigole? J'ai affronté un dragon avec une dague, un monstre chauve souris avec une cuillère à soupe, et j'ai assommé un ours d'un coup de poing.

Bon, je laisse la place alors. Sans trop y croire malgré tout.


Et c'est avec assurance que je monte sur le ring. Ce sport je connais . Deux cultures seulement pratiquent ce noble art: les trolls et les barbares. J'enfile mes gants, fais quelques mouvements d'échauffement, et je suis parti.
« H'adri'ayyyyyyyyyyyyyyne, hurlais en m'élançant vers lui, invoquant les faveurs de la déesse barbare du pugilat et de la détermination. Il tente un coup dans la tête, mais j'esquive avec prestance, avant de lui porter un coup dans le ventre. Bien sur, l'effet est limité, mais c'est comme ça qu'on gagne un combat: en affaiblissant progressivement l'adversaire. Le troll essaie à nouveau de m'aligner, mais je suis trop rapide. Les coups suivants ne portent pas non plus, tandis que chacune de ses tentatives sont suivies d'une riposte fulgurante. Je suis le maître de l'arène , dansant comme un papillon, et cognant comme un moustique.

Pas très impressionnant , comme métaphore. Et puis, je veux pas dire, mais tu lui fait pas trop de dégâts non plus, avec tes pichenettes.

Ouais, ben ça, c'est parce que je suis trop occupé à faire des dégâts à ta mère.

Et puéril avec ça. Ce ne me surprend guère.

Je décide d'ignorer le gringalet. J'ai assez joué avec ce troll. Il est temps d'en finir.
« Je vais te montrer, gros tas de cailloux minable, pourquoi les femmes me voulaient et les hommes voulaient me ressembler. »
Il me regarde d'un air vide, ce sourire stupide toujours fixé aux lèvres. Patience mon gars. Dans deux minutes, tu va arrêter de sourire.
Il essaie à nouveau de m'étaler d'un coup dans la tête , mais je plonge sous son attaque.
« Mouvements trop amples mon gars, rétorquais-je. Ça va te coûter cher. »
Je me met en position: jambes fléchies, mon poing droit en retrait, afin de canaliser toute mon énergie, je m'apprêtais à sortir ma technique secrète, celle qui avait fait de moi le champion incontesté de la rixe de bar sur toute la côte ouest de ce continent.
« PHALK'ON..........PAWNCH! »
Toute ma puissance concentrée dans mon poing, je le frappe dans les tripes d'un coup dévastateur. Je sens le temps se figer autour de moi. Ça y' est, je l'avais emporté. Il ne peut pas avoir réchappé à cette atta....
« Ça être tout, fait la voix du troll juste au dessus de moi. »
Je lève la tête, et constate qu'il n'a pas bougé d'un pouce. Inconcevable! C'est tout bonnement, simplement, et de toute autre manière, inconceva....
Je me sens soudain de nombreux points commun avec les taupes tandis qu'il m'enfonçait par terre d'un coup bien placé.

Je me relève avec peine, constatant que le sol n'est plus aussi stable qu'autrefois, à moins que ce ne soit juste moi. Je me demande combien de temps je suis resté inconscient, et qui d'autre a eu le temps de se faire étalé par le bien nommé Minidou pendant ce temps là. C'est en voyant les gants fixé sur mes mains que je me rend compte que je suis toujours dans l'arène. Je lève la tête, juste à temps pour observer le troll me regarder avec un grand sourire stupide sur son visage.
« Ho, fais chi...... »
Je suis interrompu par un retentissant crochet du droit qui me fait sombré à nouveau dans l'inconscience. Quête stupide.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Heg le Mar 12 Juil 2011 - 23:32

« Bien, Navet. A situation désespérée, mesure désespérée ! Je vais maintenant tenter de nous débarrasser de ce maraud de troll. »

La créature en question venait d’assommer le Norris. Tout à sa joie, il parcourait la pièce des yeux, certainement en quête d’une nouvelle victime. Son regard s’arrêta sur Arkanis et Navet, qui étaient les seuls encore debout. Le gnome sortit une fine baguette de la poche intérieure de son veston violet. Peut être du chêne, ou du sureau.

« Cet instrument ne paye pas de mine, je te l’accorde, dit-il en reculant prudemment. Mais si anodin paraisse-t-il, il a été spécialement conçu pour les occasions de ce genre.
- Tuer Troll ?
- Je n’irais pas jusque là, mon petit. Mais la sagesse ancienne des manuscrits de Jikaër nous enseigne que la bête, malgré son allure menaçante, est affligée d’un point faible. Voyons voir si la sagesse ancienne dit vrai. »

En quelques enjambées, Minidou avait parcouru toute la distance qui le séparait d’eux. Il s’était accroupi, peut être bien pour avoir une meilleure vue de ses nouvelles proies. Arkanis et Navet, acculés, se tenaient immobile. Malgré le danger, Navet avait foi en la détermination d’Arkanis. Il fallait voir avec quelle vaillance le gnome avait brandi le morceau de bois entre son visage et celui du troll. Certes, il fermait les yeux et semblait ne pas pouvoir contenir le tremblement de ses mains. Mais la peur n’était-elle pas ce qui séparait le vrai courage de l’inconscience ? Navet fut surpris par le fil de ses propres pensées. Il ne savait pas vraiment d’où ses dernières réflexions lui étaient venues. Peut être d’Alastar, lors de l’un ou l’autre de ses discours.

Le garçon, cependant, n’eut guerre le temps de méditer la question en profondeur. Après quelques tâtonnements bien compréhensibles, Arkanis venait de mettre sa baguette dans la narine droite de Minidou. Pesant de tout son poids, il avait réussi à introduire l’instrument sur presque toute sa longueur. Le vieux gnome ouvrit un œil, pour découvrir que son adversaire semblait assez peu troublé par cette intrusion nasale, et affichait même un sourire sardonique. Arkanis était alors dangereusement près de Minidou, et il semblait que son petit corps pouvait tenir en entier dans la gueule monstrueuse du troll.

« Ca pas marcher, gnome. Rumeur être infondée.
- Damnation, répondit Arkanis, qui suait à grosse gouttes. Les prêtes de Jikaër ont pourtant fait fortune avec leur Manuel de Défense Contre les Créatures Magiques. Ce pourrait-il qu’ils aient menti ?
- Dommage toi acheter… »

Une lueur de sincère compassion traversa l’œil vitreux de Minidou, tandis qu’il prenait une profonde inspiration. Puis il éternua violement, envoyant Arkanis valdinguer contre le mur le plus proche dans une gerbe de mucus. Le corps de son compagnon tomba au sol, inerte. Navet en fut frappé d’horreur. Le garçon avait déjà vu des créatures recevoir des chocs violents, ou tomber de grandes hauteurs, pour demeurer ensuite dans une immobilité semblable. Ca ne l’avait jamais affecté plus que ça. Parfois même, quand il s’agissait d’un lapin, d’un glanosk ou d’un écureuil, il avait pu en tirer profit en mangeant ce qui restait de la créature. Mais Navet était à peu près sûr de ne pas vouloir goûter à Arkanis. Le Grand Horloger. Tout à coup, le garçon crut comprendre quelque chose à propos du Grand Horloger dont son maître lui avait parlé. La gorge de Navet se serra, ses yeux se mirent à piquer.

Pendant ce temps, Minidou avait fini de lécher le mucus qui s’était répandu sur le bas de son visage, aussi reporta-t-il son attention sur Navet. Le drame que vivait ce dernier lui passait totalement au dessus de la tête, qu’il avait d’ailleurs fort épaisse. Les larmes du garçon étaient impossibles à différencier du mélange de morve et de bave qui le recouvrait. Et quand bien même les aurait-il vues, il n’aurait sans doute pas pu les interpréter. Les trolls ne pleuraient pas.

« A ton tour, deuxième petit gnome ! »

Peu de gens le savent, mais les trolls ont une vue extrêmement basse. C’est d’ailleurs là une des causes de leur préférence pour des techniques de combat plutôt grossières - en plus d’un goût fort prononcé pour le maniement du marteau de guerre ou du fléau d’armes. Minidou se pencha pour examiner la petite créature, qui se tenait curieusement immobile et silencieuse. Quelque chose clochait. Peut être était-ce les yeux noirs du gnome dont émanaient une rage froide, peut être simplement quelque chose dans sa physionomie. Soudain, l’horrible vérité s’imposa à Minidou.

« Mais… toi pas gnome. Toi petit garçon ! »

Le troll se figea. La terreur l’envahissait par vagues, tandis que lui revenait les paroles de sa mère : « Minidou sage, sinon petit garçon venir le dévorer. Maintenant, Minidou finir haricots. » En cet instant précis, Minidou regrettait amèrement de ne pas avoir suivi les conseils maternels et de s’être embauché dans les légions infernales. Ils payaient bien, mais tout cela en valait-il la peine ?

« Minidou méchant. TRES MECHANT ! »

L’instant était suspendu. Il semblait que la barde humaine, sortie de l’inconscience, jouait un air d’harmonica particulièrement dramatique. Un autre sifflait. Une boule d’herbe sèche, venue d’on ne savait où, roula entre le gnome et le garçon, poussée par un des nombreux courants d’air qui parcouraient la tour. Minidou esquissa un pas en arrière. Tout alla alors très vite. Le petit garçon se rua sur lui en poussant des cris inarticulés. Le troll trébucha, et le garçon en profita pour s’accrocher à son pagne. En quelques bons habiles, l’infâme créature s’était hissée sur ses épaules massives. Elle hurlait.

« BEEERRRSEEEEERK ! »

Minidou courut et se tordit dans tous les sens, mais son assaillant tenait bon, car il s’accrochait fermement aux longs poils de son dos, mordant et griffant. Navet savait que ses dents et ses ongles étaient d’une piètre efficacité contre le cuir épais de Minidou. Il décida alors d’ajouter un nouveau volet à sa stratégie. S’agrippant d’une main, il se mit de l’autre à arracher de grosses touffes de poil au troll. Celui-ci hurla de plus belle, le suppliant d’arrêter. Bientôt, le colosse s’effondra au sol, sanglotant.

Ce jour là, Minidou apprit que même les trolls pouvaient pleurer.



Ben, ça, si c'est pas épique...

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Macros le Mar 9 Aoû 2011 - 23:42

First part ! (finalement, version pas tellement modifiée, à toi la suite, sciezka !)

« Nom d’un halfelin borgne ! Quelqu’un a vu le griffon qui m’est passé dessus ? »

Reprenant difficilement connaissance, je n’étais plus trop sûr d’où j’étais, ni de ce qui c’était passé, mais tout mon corps donnait l’impression d’être passé dans un pressoir à vin, et dans ce genre de cas, l’expérience montrait qu’on risquait rarement de se tromper en blâmant un griffon. J’étais également recouvert d’une substance gluante et verdâtre, sentant relativement fort, ce qui était plutôt inhabituel. Toutefois, le cours de mes pensées fut interrompu par une masse poilue et un rien odorante qui se catapulta littéralement sur moi, me renvoyant illico au sol.

« Arkanis ! »

Cet assaut imprévu était l’œuvre de Navet, qui me fixait avec des yeux humides et grands comme des soucoupes, tout en me secouant le bras avec une vigueur indéniable. Je n’étais toujours pas très sûr de ce qui m’était arrivé, mais la détresse apparente de mon jeune protégé avait priorité, et c’est d’une façon que je devais bien qualifier de maladroite que je m’efforçais de le réconforter, lui administrant de ma main libres de petites tapes dans le dos.

« Allons, mon garçon, tout va bien… Il n’y a plus rien à craindre du… »

Par les pustules de Gyriax l’Anachorète ! Le troll ! Tout me revenait à présent, l’épreuve de pugilat dans laquelle mes compagnons n’avaient obtenus que des résultats décevants, puis ce fiasco en appliquant les méthodes décrites par Jikaër. Ca m’apprendra à suivre les conseils d’un livre écrit par un humain, tiens. Celui là n’avait pourtant pas l’air dénué de sagesse, mais au final, j’imagine qu’il était tout aussi farfelu que ses congénères… Je fouillais la pièce du regard, à la recherche de la créature, pour la trouver recroquevillée dans un coin de la salle, parcourue de soubresauts et émettant des gémissements lugubres. Curieux. Une soudaine crise morale ? Ou se pouvait-il que le livre ait dit vrai, et ait simplement oublié de mentionner que les effets étaient à retardement ? Désormais tout à fait conscient, je me redressais tant bien que mal, je reportais mon attention sur Navet, soudainement très inquiet. Ce dernier avait dû rester seul avec la brute pendant un temps indéterminé, elle ne lui avait pas fait de mal, non ? Mais il ne semblait nullement blessé, se cramponnant simplement à sa tunique en n’ayant apparemment nullement l’intention de lâcher.

Je n’étais pas le seul à reprendre connaissance. Un à un, nos compagnons reprenaient leurs esprits dans un concert de gémissements, se souvenant à grand-peine des évènements ayant précédé leur brutale perte de connaissance. Chucky était dans un particulièrement mauvais état, ayant récolté double ration au cours de la rixe, et Anny décida quant à elle que le sol était un endroit très confortable, merci beaucoup, et qu’elle ne se relèverait que quand elle le déciderait, ou quand ses muscles se remettraient à fonctionner, au choix. Mais ce fut la vue de l’état lamentable du sieur Minidou qui suscita le plus de commentaires, chacun y allant de sa conjecture.

« Quelqu’un peut me dire ce qui s’est passé ? 
- Cas de conscience ?
- Deus ex machina ?
- Réalisation de la vacuité de sa place dans l’univers ?
- Effet retard du Phal’Kon Pawnch ?
- Il a une poussière dans l’œil ?
- Schizophrénie ?
- Deus ex machina ?
- On l’a déjà dit.
- Oh, pardon.
- Il a glissé et s’est fait très mal au coccyx ? »

Malgré nos efforts, nous fûmes incapable de parvenir à un consensus sur les causes de l’effondrement de cette masse vivante. Finalement, Caely décida que « on s’en fout, on a gagné », et il ne se trouva personne pour la contredire. C’est alors que le gobelin arbitrant l’évènement se rappela à notre bon souvenir, saisissant d’autorité Navet par le bras, avant de le lever en l’air et de proclamer d’une voix forte - du moins, aussi forte qu’il le pouvait - « le vainqueur ! ». Personne ne sembla très bien comprendre, Navet encore moins que les autres. Néanmoins, il considéra avec un mécontentement certain le fait d’être ainsi saisi contre sa volonté, et répliqua selon son habitude : en mordant le coupable jusqu’au sang. Ce dernier poussa un glapissement strident, relâchant instantanément son captif avant de se mettre à sautiller sur place en poussant de petits cris de douleurs. Il lui fallut une bonne minute pour regagner un semblant de dignité, et c’est avec un regard un rien apeuré à l’égard du jeune garçon qu’il poursuivit son office.

« Bon, euh, vous avez triomphé du champion, vous pouvez continuer, du coup.
- Ben… merci, je crois. »

Et sur ce nouvel exploit, qui irait bientôt enrichir la légende du clan Jansen, notre compagnie d’éclopés se prépara à reprendre la route…

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Scieszka le Mer 10 Aoû 2011 - 0:25

Bon, bin... second part. J'ai un peu retravaillé le début pour soigner le raccord. Bonus: faut deviner ce qui est de Macros et ce qui est de moi là-dedans!

Personne n’avait vraiment compris ce qui s’était passé, et il était très probable que nous n’en sachions jamais rien. Au moment où le gobelin avait saisi le poignet de Navet et prononcé le mot « vainqueur », de lourdes portes de pierre s’était théâtralement ouvertes au fond de la salle. Le troll, relevant la tête, vit l’ouverture et en profita pour décamper sans demander son reste, grommelant quelques mots qui ressemblaient à « Maman » et « haricots ». Lorsque je tournai les yeux vers lui, le gobelin avait disparu. Nous étions de nouveau seuls. J’avais épouvantablement mal à la tête et je me sentais franchement vaseuse.

Chacun prit les armes dont il disposait à la main et, Alastar comme toujours en tête, nous nous dirigeâmes en clopinant mais néanmoins avec précaution vers les portes. Par un accord presque tacite, le groupe se divisa en deux pour se placer de part et d’autre au cas où une nouvelle menace se présenterait. Après quelques minutes d’un silence profond, où la tour tout entière semblait désertée, nous nous engageâmes dans le passage : un long couloir désert.

Marchant maintenant sur la pointe des pieds, nous efforçant de ne pas faire un bruit, nous arrivâmes au bout du passage, qui débouchait au pied d’un escalier en colimaçon. Manifestement, nous étions arrivés au cœur de la tour. Nous touchions presque notre objectif. Constatant qu’il ne semblait toujours pas y avoir d’autre embûche sur notre route que le troll, nous commençâmes à gravir l’escalier pas à pas, testant chaque marche avant de nous engager, redoutant un piège. Arrivés en haut de l’escalier, nous n’avions toujours rencontré aucun obstacle. Si le troll ne nous avait pas arrêtés, nous aurions pu croire le vieux Tobias simplement crédule, entourant d’un aura de superstition une vieille tour abandonnée qui avait peut-être appartenu dans le passé à un seigneur particulièrement redoutable, dont ne persistait aujourd’hui qu’un souvenir déformé par le temps et transformé en légende locale. Je ne pus m’empêcher de me dire que cela aurait pu faire un bon sujet de chanson, si j’avais été en mesure de pratiquer mon art. A ce point de ma réflexion, je me retournai et fusillai Arkanis du regard. Si jamais nous nous sortions indemnes de cette situation imbécile, je me jurai de l’emmener chez un médecin à la ville la plus proche, en lui mettant mon couteau sous la gorge si nécessaire.

En haut de l’escalier, une seule porte, assez étroite, s’offrait à nous. Je sentis l’excitation monter parmi ceux qui s’intéressaient vraiment au talisman que nous étions censés venir chercher. Peut-être était-il juste derrière le battant de bois ouvert devant nous, qui semblait presque nous inviter. Il ne se présentait toujours aucune menace. Nous franchîmes tous la porte, pour nous trouver dans un grand hall, haut de plafond, avec un dallage aux motifs qui s’entrelaçaient en un dessin compliqué. ll n’y avait plus trace de la moindre poussière : tout cela avait été nettoyé soigneusement très peu de temps auparavant.

Mais ce n’était pas là la plus grande surprise qui nous attendait : au centre de la pièce, une table avait été dressée et arrangée avec soin. Il y avait onze chaises, onze assiettes et onze tasses à thé. Nous étions manifestement attendus, et même la créature qui accompagnait partout notre grand chef et sa dulcinée avait sa place. Une théière fumante et un plateau garni de petits gâteaux appétissants à souhait avaient été disposés de la façon la plus tentante. L’ensemble était complété par un bouquet de fleurs du plus bel effet au centre de la table et surmonté d’une banderole colorée, portant ce message en grosses lettres : « biunvenu o avanturiés ».

Un peu plus loin dans la pièce se trouvait une autre table, basse, rectangulaire, vide, et sans chaise. Tout au fond, un feu ronflait paisiblement dans une cheminée ornée d’un beau manteau de marbre de différentes couleurs. Sur celui-ci étaient disposés divers objets précieux. L’un d’eux particulièrement attira l’attention de mes compagnons d’aventure : un objet rond et sculpté, comme un médaillon. D’après une exclamation d’Exall, c’était là le fameux talisman d’Erkandor.

La banderole semblait réjouir le gnome au plus haut point. Il ne cessait de la fixer des yeux, et, malgré les regards hostiles de tous ses compagnons, il commença à exprimer à voix haute son ravissement :

« Quel accueil ! Je suis sûr que nous sommes ici chez des gens parfaitement respectables. Nous n’avons sans doute rien à craindre. C’est formidable ! Tiens, cela me rappelle une histoire qu’on a longtemps raconté dans la famille Jansen… Figurez-vous que mon arrière-grand-tante du côté de la mère de mon père, Halys Opéhiddaimèrvey, a suivi un jour un lapin blanc dans le jardin de ses parents quand elle était petite… »

Il s’interrompit à la vue d’un petit message posé en évidence sur la table, juste à côté du vase de fleurs. A son exclamation, tout le monde se groupa autour de lui. Alastar, en essayant de passer devant pour mieux voir, faillit se faire piétiner. Les runes qui composaient le message étaient anciennes, et je ne les connaissais pas.

« Alors, ça dit quoi ?
- …
- Attendez, c’est à moitié illisible, et je ne reconnais pas la langue…
- Du moriak ancien, affirma la prêtresse avec autorité. Voyons, ça fait longtemps que je n’en ai plus pratiqué… »

Elle passa quelques minutes à marmonner divers commentaires, avant de froncer les sourcils.

« Si je ne me trompe pas – et je ne me trompe jamais – ça dit, en très mal orthographié, quelque chose du style : ah ah ah, on vous a bien eus.
- Mais ça veut dire quoi, ça ?
- …
- Mais alors… c’est un piège ! »

Alastar avait mis quelques secondes de réflexion à formuler ce que presque tout le monde avait saisi au moment où la prêtresse avait traduit le message, si je pouvais en juger par l’expression du visage de chacun. Je sentis comme une légère inquiétude se répandre dans notre compagnie.

« Sans blague, pensais-je… Comme s’il ne fallait pas s’y attendre… »

A ce moment-là, celui qui semblait être le propriétaire de ces lieux, venait d’apparaître devant nous. C’était une sorte de squelette, vêtu d’une longue robe noire ornée de motifs mystérieux, et dont les orbites brillaient d’une inquiétante lueur rouge. A ses côtés, un gobelin verdâtre, portant lunettes et tenant parchemin, disposait artistiquement les plis de sa robe violette, l’air satisfait. Il avait l’air plus éveillé que la majorité des soldats, gobelins eux aussi, qui venaient de prendre position tout autour de la salle. Nous étions cernés. Une fois de plus, cette histoire idiote nous avait embarqués dans une situation improbable. Je jetai un coup d’œil vers le gnome, qui ne put s’empêcher de proférer une énième sottise :

« Oooh, cher monsieur, quel goût ! Votre teint tout vert sied à merveille à votre tenue ! Si je puis me permettre, vous devriez faire comme mon arrière-cousin, ce cher Abdenago, qui avait trouvé une manière de teindre… »

Il se tut en remarquant soudain que les yeux de l’ensemble des membres du groupe, à l’exception notable de Navet, étaient tournés vers lui d’un air mauvais. Notre « hôte », à ce spectacle, eut l’air de s’amuser grandement. Il sourit en un grand rictus un brin moqueur, en tendant un métacarpe vers la table servie :

« Bienfenue à vous, ô noples affenturiers. Fous s’arriffez chuste à l’heure pour le thé. Brenez blace, che fous prie ! »

Méfiant, notre leader autoproclamé nous suggéra de rester groupés et de nous tenir sur nos gardes, ce qui était d’ailleurs parfaitement inutile puisqu’à la vue de la liche, nous nous étions tous instinctivement rapprochés en un groupe compact. Chacun agrippa ses armes.

« Pien, pien ! Puisque c’est comme ça, nous s’allons passer tout de suite aux réchouissances préffues ! »

Avant que nous ayons pu esquisser le moindre geste, une sorte de papier collant vert fluorescent s’enroula autour de nous, nous emprisonnant de fait, à l’exception de Navet qui s’était réfugié sous la table. Sur un geste de notre adversaire, nos armes nous tombèrent des mains. Nos efforts pour nous libérer ne faisaient que nous empêtrer davantage dans le papier collant. Exall, en se contorsionnant pour essayer de saisir sa grande épée, s’englua tellement dans le piège où nous étions tombés qu’il ne pouvait plus faire un geste. La seule réaction d’Aenerys fut de s’exclamer :

« Le sortilège d’attrape-mouche ! Je le croyais perdu depuis des siècles !
- Ja, ja, ja, ces nigauds sont tompés tans le panneau, se réjouit le nécromant.
- Incroyable, ça a marché ! Enfin, je veux dire, bien sûr que ça a marché, maaaaître.
- Ja, mes plans sont apsolument infailliples ! Maintenant, Feenog !
- Certainement, attendez, je l’ai là quelque part… »

Celui qui était manifestement un assistant, peut-être un scribe ou un intendant, farfouilla dans ses robes, parcourant une demi-douzaine de parchemins avant de finir par mettre la main sur celui qui l’intéressait. Tout en le déroulant, il s’éclaircit la gorge et déclama son texte d’une voix théâtrale et vaguement nasillarde.

« Intrus, sachez que vous avez troublé le repos du terrible Von Riddikulus, mage noir de première catégorie, nécromant de la Lune Blafarde, chevalier de l’ordre du Caveau Pestiféré, membre honoraire du club des Revenants Sans Causes, élu trois fois Squelette le plus sexy de la décennie et de façon générale personne peu fréquentable. Sachez que cette transgression ne saurait être payée qu’avec vos vies, qui s’achèveront de la façon la plus distrayante que nous puissions trouver, après quoi nous nous servirons de votre sang comme apéritif par les chaudes après-midi d’été, et nous transformerons vos restes en osselets pour le plus grand amusement des plus jeunes d’entre nous. Car tel est le bon vouloir de Von Riddikulus, mage noir de première catégorie, nécromant de la Lune Blafarde, et caetera, et caetera. Hiark hiark hiaaak hiark ! »

Norris résuma la situation.

« Et merde de putain de bordel à putes ! »

A notre grande horreur, nous pûmes constater que Navet n’avait pas été oublié : toute une garde de gobelins se saisit de lui et l’attacha solidement à la table dégarnie que nous avions aperçue. La liche, la mâchoire inférieure tordue en un affreux rictus, se dirigea vers le malheureux enfant, un couteau à la main.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Starman le Sam 27 Aoû 2011 - 22:30

Si on m'avait dit que je mourrais piégé dans un papier tue mouche vert fluo géant. Bon sang, et ce malade qui se détourne de nous comme si de rien n'était, pour aller...poignarder à mort?....le petit Navet. Sans compter, bien entendu, le pire de tout, le summum du summum...

...par les ribaudes engorgées de Shadizar, je vais arracher cette saleté de merde, et la lui faire bouffer, à cet abruti squelettique, avec de la crème an.....
Cet abruti qui n'arrête pas de déblatérer des insultes depuis tout à l'heure! Un peu de silence, laisse moi mourir tranquille! C'est pas vrai!

Mourir? Tu parles que j'vais mourir! Des nases dans son genre, je me les fais en hors d'œuvre! Laisse-moi cinq minutes et....
Bon, ça suffit! Quand bien même j'accepterais l'idée que tu en sois capable à ton époque de gloire, tu as l'air d'oublier que tu n'es plus qu'un spectre dans MON corps! Donc, tu va arrêter de ME prendre la tête dans MON esprit à l'instant même ou bien....
« Ou bien je fous ton âme putride dans le cadavre d'un gnoll crevé en plein soleil et à moitié pourri par les moustiques, tu as compris?
-Was?

Heu.... tu l'as dit à voix haute là, et je crois que le...

-Je vous ai pas sonné , vous, alors fermez là, avant que je ne vous crève comme un vieux gobelin paraplégique! »
Et c'est à peu près à ce moment là que je réalise que je viens d'insulter celui qui avait capturé toute notre coterie en environ cinq secondes.

Ouais , j'ai essayé de te prévenir qu'il s'était retourné pour voir pourquoi tu faisais tout ce boucan. Bien envoyé , soit dit en passant.
Levant la tête, je peux voir à son regard (étonnamment expressif pour deux orbites vides) que son esprit hésite encore entre la stupéfaction pure et la rage devant l'impertinence dont je viens de faire preuve.
« Heu...écoutez, fis-je d'un ton se voulant conciliateur, tout ceci est un simple malentendu et je suis sur qu'une discussion saine et civilisée nous permettrait de....
-Alors komme ça, fous allez me krever komme un kopelin paraplégik, ja? Fous rendez-fous kompte tu manque te respect ke vous fous montrez enfers le korps kopelinesque?
-Heu...je vous demande pardon?
- Tes trafailleurs ekceptionnels, touchours polis, touchours serviables, alors ke che les traite komme tes bons à rien, tes inkacaples. On ne les paie pas, on les transforme en serfiteurs morts fifants, et touchours ils restent fidèles....
-Non mais, vous savez maître, commence son...assistant dirais-je faute de mieux.... ce n'est pas la peine de prendre notre défense, nous en avons vu d'autres.
-Silence Feenok! Che me tébarasse de cet impécile et tout ceci sera ouplié.
-Maî.....maître, je...
-Shhhh, murmure-t-il en lui posant la main sur l'épaule. Tout fa bien, mon petit. »
La scène vient juste de prendre une tournure surréaliste. Si je n'étais pas en danger de mort, je crois que j'éclaterais de rire.

Hahahahaha, ha la crise, hé. Tiens, la main du bonhomme brille t'as vu?
Ho ca va, pas la peine d'en...elle quoi?
Pris de panique, je constate effectivement que sa main droite commence à s'illuminer d'une lueur bleuâtre. Il va utiliser la main de Tot'âmon, et m'arracher mon âme avec. Vite, il faut que je trouve un truc. Un truc , un truc, un truc, un.....

Il se rapproche là, hein.

Je sais qu'il se rapproche! Il me faut un..... je sais!
« Je...je demande à ce que l'offense soit réglée par un duel de sorcellerie, selon les règles établies au cours du grand Concile de Nécromancie et autres Arts Impies de l'an 1552 du Deuxième Âge. »
Il s'arrête en plein mouvement. Visiblement il n'a pas eu beaucoup de demandes en duel ces derniers temps.
« Ach, k'est- ce que c'est ke cette histoire encore?
-En cas de litiges entre nécromanciens, ce dernier doit être réglé par un duel entre les deux. C'est...C'est une des mesures prises lors du Concile de....
-C'est apsurde! Ch'étais présent au Concile tu Teuxième Âche. Et ch'ais peut être tormi prendant toute la réunion, mais che suis sur ke que cette messure n'a chamais été prisse! »
-Heu, à vrai dire maître, d'après ce document... »
Le gobelin s'interrompt une seconde pour saisir un papier de son porte document, et le feuiller.
« Le, ha voilà, le « Pense bête pour les mesures de nécromancie que tout le monde cherche à oublier », une telle mesure à effectivement été prise lors de ce Concile. Alors, page 56, alinéa b.... Je l'ai! « En raison de la tendance des praticiens des arts occultes à l'offense et aux actes de rétribution disproportionnés, il a été convenu que, si jamais un litige devait apparaître entre deux....
-ja , Ja , pas la peine te me lire tout l'achticle! Te toute façon, ces rèkles te nécromancie, c'est plus un kuide k'un féritable kode!
-Malgré tout, je crois, maître, que vous êtes dans l'obligation de l'affronter selon un combat, voyons, ligne 26, « loyal, concernant deux adversaires en pleine possession de leurs moyens ».
-Ja, Ja , chais kompris, ca fa. »
Et, d'un claquement de doigt, le papier gluant se déchire autour de moi, me laissant libre de mes mouvements. Par contre , il aurait pu faire quelque chose pour mes vêtements. Bon, il faut voir le bon côté des choses, j'ai gagné....30 secondes à vivre.

Donc en fait, ton plan génial pour ne pas te faire tuer consistait à le défier en un duel à mort, c'est ça?
… Je me rappelle pas t'avoir entendu proposer des idées.
« Kand fous fous foulez, marmonne Von Ridikulus, agacé par cette perte de temps. »
Je me me face à lui, me demandant comment diable j'allais m'en tirer, quel échappatoire j'avais. Réponse: aucun. Il allait falloir essayer de passer en force.

Tu va faire quoi? Attendre qu'il se change en dragon, puis te changer en organisme microscopique?
Ridicule!


« Q‘AMHEY’AMEY’HAH ! »
C'est avec le Rayon D’énergie Noire de Moothän Loshy que je débute la joute. C'est une attaque rapide, mais efficace, qui devrait s'avérer efficace, à condition qu'il ne connaisse pas le sortilège conçu pour le contrer.....
« Totompa, hurla-t-il à son tour, tandis qu'un faible rayon de force nécrotique stoppait mon assaut dans son élan. »
...c'est à dire celui-là. J'ai à peine le temps d'invoquer le Bouclier Ph'yskaal, qu'il riposte avec une absorption d'énergie du Seigneur Noir Tey'vvey'ha. Je sens le coup passer, mais mon champ protecteur tiens le coup. L'espace d'un instant, je sens le soulagement et j'arrive même à croire que je pourrais tenir un peu. Avant de regarder à mes pieds et de me rendre compte qu'il ne s'agissait que d'une diversion, bien sur.
« Le sort d'invocation des hordes infernales des Ggroop'yies, m'écriais-je, tandis que des dizaines de mains hystériques sortaient du sol pour s'emparer de moi.
-Ja, répondit le mort-vivant, satisfait. Ces kréatures infernales ki se saisissent des mortels et se repaissent de lui, ne laissant d'eux que l'ompre d'eux même. Une façon touloureusse de mourir, parait-il. »
Les horreurs se saisissent de moi et comment à m'attirer en leur royaume infernal. Je n'ai pas une seconde à perdre! Commençant mon invocation, je décide d'utiliser le sortilège du sorcier contre lui. J'aspire leur énergie vitale grâce à un sortilège...

d'aspiration de l'énergie vitale, je parie.
...Voila. Je l'aspire donc , et la concentre en une boule d'énergie dans ma main, avant de le lancer sur Von Ridikulus, qui la reçoit de plein fouet.
« Was, s'écrie-t-il. Le sort du G'henqui d'Ammah? »
Cela n'a pas autant d'effet que je l'aurais souhaité. Tant pis. Sans lui laisser le temps de se remettre, je l'attaque derechef, espérant que celle-ci aura plus d'effet.
« Qu'ienz'han! »
A ces mots, une dizaine de disques d'énergie mystique surgissent de mes mains et se dirigent à pleine vitesse sur lui. Mais c'est peine perdue. Un simple geste de la main lui suffit à les disperser.
« Ces tours te saltimbanke ne m'amussent plus,, ch'en ai pien peur. »
C'est fini. J'ai tout donné. Je ne peux plus rien faire.

Toi, peut être. A mon tour, maintenant.


Mais...




Très bien

...

« Ach, te mon temps, la nékromancie était kand même résserfé à une élite plus prometteu... »
Il est interrompu par le hurlement de rage qui sort de ma bouche, tandis que je me jette sur lui. Avant qu'il ne puisse réagir, je lui assène un violent coup de tête.
« R'haond'haus Qu'ik! »
Je lui assène un violent coup de pied en plein visage qui le fait tomber au sol.
« Phal'kon Pawnch! »
Puis je poursuit l'assaut de la technique ancestrale de mon peuple alors qu'il est à terre. Il se relève tant bien que mal, plus surpris que véritablement blessé. Si seulement j'avais une arme.
« K'est-ce ke c'est ke ces impécilités enko...
-Le Casse-Noisettes! »
Je me met à genou et frappe là où ca fait très mal. Ça aurait pu marché, si mon adversaire n'avait pas connu quelques...pertes avec l'âge. Là, je me contente de le mettre vraiment en colère.
« Ça suffit! »
D'un geste de la main il étouffe, comme une main qui se saisirait de ma gorge. Je tombe à genou. Impuissant. J'ai parcouru ce continent pendant 40 années, j'ai conquis des pays à moi tout seul. Et c'est là première fois que je me sens impuissant comme .

On est fichuuuuuuuuus.
Hé ouais. Hé, le nabot!

Quoi?

Je pensais pas te le dire à voix haute comme ça, enfin...

Tu peux pas parler, t'es qu'un esprit.
La ferme! Je voulais juste dire, tu sais.....Dans le fond..... j 't'aimais bien.

...Ouais. Ouais, moi aussi.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Heg le Dim 16 Oct 2011 - 12:23

Comme on dit, "Vieux motard que jamais".



"Was ? Le sort de G'henqui d'Ammah ?"

La voix du mage squelettique trahissait sa stupeur, permettant à Navet un sursaut d'espoir. Saucissonné comme il l'était, le garçon ne pouvait observer les évènements pourtant cruciaux qui se déroulaient à peine à quelque mètres de lui. Il avait beau se contorsionner à s'en démettre l'épaule, à s'en tordre le cou, ça n'y changeait rien. Heureusement, constata-t-il, qu'il avait fait de réels progrès dans la compréhension des émotions humaines ces temps derniers. Sinon, même son ouïe ne lui aurait été pratiquement d'aucun secours. Navet entendit le Norris hurler une nouvelle invocation, puis des vrombissement ressemblant à ceux de gros insectes.

"Ces tours te saltimbanke ne m'amussent plus, ch'en ai pien peur."

Il fut un temps où Navet aurait pu s'amuser de l'apparence grotesque de leur agresseur. Mais quand Von Ridikulus avait pénétré dans la pièce, le garçon s'était immédiatement senti mal à l'aise. Et maintenant, voilà que son crâne le démangeait plus que jamais, et qu'il ne pouvait même pas plonger les doigts dans sa chevelure touffue pour en déloger un délicieux intrus. La sensation familière de picotement était partie du sommet de sa tête. Elle s'était déplacée lentement vers l'avant, puis, à l'instant où retentissait la voix soudainement rauque du Norris - « R'haond'haus Qu'ik! » - avait continué son chemin vers la tempe gauche du jeune garçon. Navet tourna alors la tête de coté, espérant se soulager en se frottant contre le bois rugueux auquel il était attaché.

"Hiiii !"

Des cris minuscules retentirent contre son oreille. C'était comme-ci des puces soudainement douées de paroles avaient décidé de protester contre le sort qui leur avait été réservé.

" Faites un peu attention, bon sang, mon garçon ! Henri, Joséphine, Kronck, tout va bien ?
- Oui Papa !
- Kronck a une aile froissée.
- Même pas vrai !"

Les petites voix s'atténuèrent tandis que Navet sentait ses démangeaisons reprendre à la base de sa mâchoire, pour remonter à travers sa joue. Il vit finalement de tous petits points noirs se hisser sur le bout de son nez. En louchant, Navet réussit à mieux voir ses visiteurs. Il s'agissait de sortes de moucherons, qui se tenaient sur leur paire de pattes arrière. Le plus grand d'entre eux devait mesurer dans les deux millimètres le la pointe de l'abdomen au sommet de la tête. Il portait un pantalon bleu usé retenu par des bretelles, des bottes de pluie, et était coiffé d'un melon qui rappelait beaucoup celui d'Arkanis, quoiqu'il fut d'une couleur plus sobre. Il portait deux valises à l'aide de ses pattes du milieu. Les trois autres étaient si microscopiques que Navet ne les distinguait pratiquement pas. Le plus grand tourna ses yeux aux multiples facettes vers le garçon, frotta brièvement ses antennes l'une contre l'autre, s'inclina, et enfin mit ses pattes supérieures en cône autour de l'extrémité de sa trompe.

"Bien le bonjour, cher propriétaire !"
De toute évidence, il hurlait. Mais seul un faible écho parvenait à Navet.
"Nous sommes au regret de vous signaler que nous quittons les lieux de façon définitive ce mardi 47 septanvrier 3541/Σ du Troisième âge du monde. Nous avons conscience de ne pas respecter le préavis de trois mois prévu dans le contrat de location. Aussi, nous comprenons que vous souhaitiez garder notre chèque de caution. Néanmoins, certains évènements récents me font dire que ma famille ici présente n'est plus en sécurité dans votre résidence."

Il jeta un coup d'œil nerveux par dessus son épaule, tandis que Von Ridikulus effectuait un vol plané à travers la pièce, sous les huées de l'armée de gobelins.

"Certes, les temps n'ont pas toujours été paisibles. A plusieurs reprises ces dernières semaines, vous avez été confronté à des évènements d'une certaine violence - et nous aussi par la même occasion. Cependant, à notre modeste échelle, ces péripéties ont pour la plupart revêtu un caractère plus distrayant que dangereux. Même le décès d'Arabella, ma regrettée épouse que vous avez malencontreusement ingérée, vous a été pardonné avec bienveillance. Je lui ai dit mille fois de ne pas s'aventurer jusque dans vos sourcils. J'ai d'ailleurs le regret de vous informer que c'est là un voisinage est fort peu recommandable. Bref. C'est pourquoi nous vous sommes jusqu'à présent restés fidèles.
- Même si les poux ont un humour de fiente.
- Kronck !
- Nous craignons malheureusement que ce ne soit plus le cas à l'heure actuelle. Aussi, veuillez accepter nos plus plates excuses, ainsi que l'expression de nos sentiments les plus cordiaux, et cetera, et cetera... Au revoir !"

Les petits locataires battirent des ailes et commencèrent à s'élever au dessus du visage de Navet. Le garçon n'avait jamais eu conscience de leur présence, mais regrettait déjà leur départ. S'ils étaient venus se présenter plus tôt, peut être se serait il senti moins seul.

"Attendez, murmura-t-il, aidez Navet !"
Il agita son poignet retenu par une épaisse sangle de cuir, elle même entravée par un lourd verrou.
"Faufilez dans le trou ! Ouvrez, ouvrez. S'il vous plait ! "
Le père de famille, en vol stationnaire, se tourna une dernière fois vers Navet.

"Je suis navré, jeune homme. Nous pourrions certes nous introduire dans l'orifice que vous désignez, mais jamais nous n'aurions la force de faire tourner la serrure de l'intérieur. Je suis désolé, mais je dois penser avant tout à la sécurité de mes petits.
- Ca suffit !" hurla Von Ridikulus, loin au dessus d'eux.

Les moucherons s'enfuirent à toute vitesse, disparaissant du champ visuel de Navet. Le garçon se retrouva alors seul, et terrifié. Il entendit les derniers gargouillements qui provenaient de la gorge de Norris. Puis la liche vint à lui, une lueur maléfique dans ses orbites vides. Elle approcha sa main osseuse du visage de Navet, et lui caressa la joue. Il aurait pu tenter de la mordre, mais il savait que ce serait sans doute pour lui-même que ce serait le plus douloureux.

"Ach, ach ! Enfin che te tiens, mon cheune ami. Un être au cœur pur. L'incrédient final de ma retoutable potion. Enfin ! Enfin !"

Le squelette éclata alors d'un grand rire sombre, auquel firent écho la nuée de gobelins.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Mélanie Mustang le Sam 21 Avr 2012 - 21:14

Bon! Eh bien en attendant que je trouve l'inspiration pour notre histoire dans le Grand Nord, j'ai eu une petite idée pour notre seconde fic phare... J'espère que ça vous conviendra, sinon, dites-moi et je modifierai ou j'effacerai carrément... J'avoue que j'ai hâte de la finir pour attaquer autre chose^^


Alors que Norris était face à notre ennemi, je tentai veinement de me débarrasser de la chose gluante qui nous entourait mes compagnons et moi-même. Je voyais, sur la table, le pauvre Navet qui tentait lui aussi de se libérer de ses chaînes sans y parvenir.
Norris se trouvait dans une situation de plus en plus délicate. Alors que je continuais de remuer discrètement pour ne pas attirer l’attention des gobelins qui avaient les yeux rivés sur le combat, je parvins à faire remonter l’une de mes mains jusqu’au bandeau gluant. Mais elle ne monta pas plus haut.
Je tentai de la retirer, toujours sans y parvenir, jetant de temps en temps un coup d’œil au combat.
Soudain, je sentis ma bague me brûler et retenai une grimace de douleur. Regardant en direction de ma main, je me rendis compte que la bague commençait à percer la bande qui nous retenait prisonnier. Alors qu’un petit trou était apparu au niveau où se trouvait ma chevalière, je tentai de remonter mon bras pour agrandir la déchirure, mais n’y parvins pas.
Une idée me vint alors. Je tournai la tête en direction d’Exall qui tentait toujours de se dégager.
-Exall, murmurai-je.
-Quoi ? demanda-t-il agacé.
-Essaye de coller la lame de ton épée contre la bande gluante et fait la brûler. C’est le seul moyen de la faire disparaître.
-Tu crois ?
-Essaye, je te dis. On n’a pas beaucoup de temps.
La disparition de Norris de notre formation avait permis de laisser un léger espace dans lequel Exall parvint à bouger légèrement. Il plaqua son dos contre la bande gluante. En quelques secondes, la lame de l’épée devint rouge et commença à brûler la bande.
Je vis Norris s’écrouler définitivement sous le regard satisfait de Von Riddikulus. Puis, notre ennemi se dirigea vers Navet et posa sa main sur sa joue.
-Ach, ach ! Enfin che te tiens, mon cheune ami. Un être au cœur pur. L'incrédient final de ma retoutable potion. Enfin ! Enfin !
Il éclata alors d’un rire effrayant, immité par les gobelins. Il sortit lentement une dague de sa cape.
-Exall, dépêche-toi !
-Ca y est presque… Encore quelques secondes…
-Tu n’en as que deux, dis-je en voyant Von Riddikulus approcher sa dague du pauvre Navet.
-Ca y est !
Au moment même où Exall s’exclamait qu’il était libre, je sentis la bande gluante disparaître entièrement, brûlée par la magie de l’épée de mon camarade. Rapidement, je me précipitai vers notre ennemi, ramassant mon épée au passage. Je parvins à m’approcher assez rapidement et glissai la lame de mon épée entre la peau de Navet la dague qui s’en était terriblement rapproché.
D’un mouvement sec, je parvins à envoyer voler la dague à l’autre bout de la pièce. Von Riddikulus se recula avec une rapidité fulgurante pour un mort-vivant, échappant de justesse à la lame de mon épée.
Mon cœur battait la chamade alors que ma chevalière brûlait toujours à mon doigt, sans pour autant me faire mal.
-Alastar ! s’exclama Navet.
J’entendis la joie et la gratitude dans la voix du petit garçon. Il était hors de question que je laisse ce monstre faire quoi que ce soit à cet enfant.
-Was !
Visiblement, il ne s’était pas attendu à ce que je parvienne à me libérer. Ses gobelins non plus car ils regardaient autour d’eux, se demandant visiblement ce qu’ils devaient faire.
-Si tu veux Navet, il va falloir me passer sur le corps ! m’exclamai-je.

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