Les Chroniques des Lames Perdues 2

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Message par Starman le Jeu 25 Déc 2008 - 21:49

A la fin de la réunion, il fut convenue que nous partirions le lendemain matin, aux lueurs de l’aube. J’aurais préféré attendre une heure ou deux de plus, mais j’imagine que chercher à imposer mon avis nuirait à l’image de bon à rien sans défense que j’essaie d’imposer au reste du groupe.

Bah ! Tu n’as pas trop à te forcer n’est-ce pas ? Enfin, je suggère que nous fassions le tour des tavernes locales. Je suis sur que leur bière est d’un très bon goût.

Hors de question. Je ne sais pas monsieur, mais moi, si je veux me lever à l’aube, je me couche tôt. D’ailleurs, la nuit tombe, je mange à l’auberge, et au lit.

Hoooo, allez, quoi ! Juste une chopine !

Tu rêves.
Décidant de ne plus tenir compte des protestations de ce barbare, je me dirige vers le ré-de -chaussé , et commande un repas léger, tout en essayant de protéger son contenu de l’espèce de sauvageon que ce gnome trimballe avec lui, tandis que ce dernier discutait d’une sombre histoire de singes légendaires venue d’une autre dimension à laquelle je ne comprenais pas un traître mot. Je tente avec un bonheur mitigé de feindre un intérêt poli, mais fort heureusement, il semble que ma participation à la conversation ne soit pas nécessaire, donc peu m’importe.

Surtout que les autres ne te parlent pas.

C’est vrai, les autres ne me tolèrent que modérément. Raison de plus pour ne pas leur donner une bonne raison de me mettre à la porte. Des filons à âmes comme ces gens ne doivent pas me filer entre les doigts. Il me reste de moins en moins de temps. C’est avec cette sombre pensée en tête que je monte me coucher, sans oublier de saluer la compagnie qui me répond sans vraiment y faire attention (sauf bien sur le gosse qui lance sa nourriture dans les cheveux d’une des dames, et le gnome qui continue sur sa lancée sans remarquer mon départ.). Je m’endort assez vite. Le voyage risque d’être long et périlleux.

……..

Ca y’est ? Il dort ? On dirait bien. Tant mieux, je vais enfin pouvoir agir sans qu’il tente de m’en empêcher. Dans le fond, c’est assez étrange que de partager le corps d’un autre. Alors que lui ressent la fatigue physique du voyage (sans oublier elle intellectuelle pour me retenir), moi je me sens en pleine forme. L’état idéal pour une petite fournée de boissons alcoolisées. Je redescend les escaliers comme si c’était ma première sortie (et c’est la première depuis longtemps en effet), et admire la vue d’un bar bondé en pleine effervescence. Haaaa, cette odeur d’alcool frelaté, de vomi séché, de sueur perlant sur les visages, depuis combien de siècles en ai-je été privé ? Difficile à dire. Je me dirige vers le bar, et m’accoude à ce dernier , sous le regard surpris du tavernier.
« Vous n’étiez pas parti vous coucher monseigneur ?
-T’occupe, et envoie-moi ta meilleure bière, mon gars Et ses sœurs, qu’elle se sente moins seule.
-Mais…Bien, le client est roi.
-T’as tout compris. »
Il me sert promptement, et c’est avec mes nouvelles amies que je me dirige vers la table où festoient mes nouveaux compagnons.
« Haaa, bon appétit messieurs-mesdames.
-Vous n’étiez pas couchés, demande l’espèce d’apprentie magicienne encore plus minable que mon hôte.
-Oui, mais au final, je me suis dit qu’il était dommage de laisser seul aussi agréable compagnie.
-Heu…Vous avez l’air…différent ?
-Ha, peut être, mais si changement il y’a eu, je suis persuadé que c’est pour le mieux. »
Et je m’avale une chopine cul sec, sous les yeux incrédules de mes « amis ».
« Bien bonne, dites-moi, cette bière. Certes j’ai connu mieux, mais bah ! Celle-ci n’est pas mauvaise malgré tout. »
Je me retourne vers le gnome et lui bonne une bonne tape sur l’épaule.
« Alors, mon petit gars. Toujours pas vu tes singes flottants.
-Pas encore hélas. Il faut reconnaître qu’ils sont très habiles lorsqu’il s’agit de dissimuler leurs traces , mais je pense qu’avec un peux d’acharnement…
-Ouais, ouais, très intéressant… »
Et je vide ma deuxième bière. Et soudain je remarque qu’avec nous est également installée celle qui est toujours collée aux chausses de monsieur « J’ai tous les malheurs du monde, mais alala, comme je fait face de manière digne et noble » (une attitude pathétique si vous voulez mon avis). Mmmmmmm. Pas mal. Certes, je les préfère avec plus de rondeurs là où il faut, mais si je m’avale ma dernière chope, celle-ci pourrait me convenir. Une fois la dose d’alcool nécessaire ingurgitée, je me tourne vers la p’tite dame.
« Dites-moi, où est votre ami, Messire « J’ai oublié comment on s’amuse , et accessoirement comment bronzer ?
-Pardon ,répond-elle, choquée.
-Le type qu’est pas causant, avec la saucisse sur pattes. Pas celui qui parle à son épée, l’autre.
-Alastar est parti prendre l’air avec Jorel.
-Ha ha. Bien, bien, on ne devrait pas être dérangé dans ce cas là.
-Quoi ?
-Vous savez, on peut jouer a « je te vois, je te vois plus » avec…vous saisissez ?
-Vous êtes ignobles !
-Hé, vous êtes pas non plus le summum des beautés nordiques , hein. Mais bon, pour une nuit , vous êtes plus que convenables.
-Ca va pas, non ? Je voyais bien que vous étiez cinglé, mais je pensais que vous saviez où vous vous trouviez sur l’échelle de la virilité. »
J’éclate de rire, ce qui n’est visiblement pas l’effet escompté. Si l’autre gringalet entendait ça, il en cracherait son lait pasteurisé.
« Qu’est-ce qui vous fait rire ?
-Je reste persuadé qu’un peu d’ingéniosité palliera sans difficulté ce léger problème.
-Je crois que vous avez trop bu, fait la voix du coincé dans mon dos. »
Je me retourne et le toise de ce qui aurait été un regard impressionnant si j’avais mon corps de barbare.
« Retourne saluer les fantômes dehors, mon gars.
-Pas tant que vous ne vous serez pas excusé.
-Ha, si tu tiens tant que ça à des excuses, reviens demain matin, là j’aurais des raisons de m’excuser. »
Il me saisis par l’épaule, je réplique par un formidable coup de poing au visage qui l’envoie direct au tapis. Du moins, cela aurait été le cas si l’assaillant n’avait pas été un gringalet d’1m 70 sur la pointe des pieds . Mais cela a apparemment suffit pour le forcer à reculer. Cherchant à profiter de mon avantage tant que je le possédait , je bondis sur le type et le met au sol. Il se dégage rapidement et commence à ce mettre en garde , ce à quoi je répond par un autre coup dans le pif. Visiblement, malgré tout son attirail et son attitude arrogante, il n’était pas le genre à se bagarrer dans les bars, sinon il saurait que l’adversaire n’attend pas que l’autre soit prêt. Il riposte, je commence à esquiver mais, sous-estimant les capacités physiques du petit, je me prend le coup en pleine tête et tombe au sol. Je sans un léger filet de sang couler de son nez. Halala, vais me faire crier dessus au réveil, moi.
« J’attend toujours ces excuses, me sort l’autre crétin. »
M’excuser ? Moi ? Alors que c’est ma première bagarre depuis des mois ? Pour toute réponse , je riposte d’un coup de pied dans les parties sensibles. Il s’effondre, tordu de douleur, visiblement ignorant des légendaires techniques barbares pour renforcer ces parties (consistant principalement à rester plusieurs heures nu dehors en pleine tempête de neige hivernale. C’était le bon temps.) . Je me relève, prêt à combattre de nouveau. Ca y’est, enfin, je me sens moi-même, pris dans une rixe idiote pour des raisons que j’ai déjà oublié. Je me sens revivre, je suis enfin à ma place, prêt à…

Mmmmm. Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

Ho non, pas maintenant.

Korgul. Qu’est-ce que t’as encore fait ?

Un instant, gringalet, je suis à toi dans une secon….
Le grincheux profite de ma distraction pour m’étaler . Dans ma chute, je percute la table , la renversant avec moi, et je perd connaissance.


….

Tandis que je reprend possession de mon corps, l’horrible vérité se fait jour. Qu’est-ce que je fais en pleine rixe contre Alastar, le leader du groupe, celui que tout le monde écoute ? Non, non, ne me dites pas que cet imbécile à toit gâché. Il faut faire quelque chose. Me relevant avec peine, je lève la main en signe d’apaisement. Aïe, j’ai mal partout.
« Heu…pourparlers ? »

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Mélanie Mustang le Sam 27 Déc 2008 - 17:50

Je m’apprêtais à sortir mon épée pour en finir avec cet avorton qui se prenait pour je ne sais quoi… Mais son regard changea brusquement et il bégaya :
-Heu… pourparlers ?
-Pourparlers ? manquai-je de m’étrangler. Tu te fiches de moi ? Je te passerais bien mon épée dans le ventre en guise de pourparlers !
-Ecoutez… Je… Je… Je suis vraiment désolé… Je ne sais pas ce qui m’a pris…
Je vis son regard errer vers la table qu’il avait quittée.
-Je suis sincèrement désolé… Je ne tiens pas l’alcool et ça a tendance à me… rendre un peu bizarre… je… Je n’avais vraiment pas l’intention de vous blesser ou…
-Me blesser moi ? La bière, en plus de te rendre détestable te rend amnésique on dirait.
-Je… Ecoutez… je… C’est vrai, je ne sais plus trop ce qu’il s’est passé, mais je vous en prie, ne m’en tenez pas rigueur.
-Si ça ne tenait qu’à moi, je te livrerais aux Chevaliers qui nous poursuivent.
Je le vis déglutir avec difficulté. Linyia vint se poster à côté de moi et posa doucement une main sur mon épaule.
-C’est à elle que tu dois des excuses, lui dis-je en désignant Linyia. Tu t’es montré plus que grossier et je ne tolèrerai pas un comportement de ce genre une fois de plus.
Le gringalet s’excusa, bafouillant et Linyia dit que ça suffisait. Mais je voyais à son regard qu’elle était légèrement inquiète. Je lâchai la garde de mon épée.
-Je propose que nous allions nous coucher, dis-je sévèrement. Demain, nous partons à l’aube et nous avons une longue route à faire.
Les autres acquiescèrent. Je montai dans notre chambre, suivi de Linyia et Jorel. Lorsque j’eus fermé la porte à clé, je me mis à la fenêtre. Je n’étais pas calmé, loin de là. Lorsque je m’étais approché et que j’avais entendu les paroles de ce type… mon sang n’avait fait qu’un tour et il m’avait fallu tout mon sang-froid pour ne pas l’éjecter de sa chaise sans même prévenir.
-Alastar…
Linyia était près de moi, elle semblait inquiète.
-Ca va ?
-C’est plutôt moi qui devrais te demander ça, soupirai-je.
-Ca va… Ne t’inquiète pas… J’ai… enfin… J’ai l’habitude de ce genre de comportement, on va dire.
-Ca n’excuse pas ce qu’il a fait. Et encore moins pour toi, justement. Tu es loin de tout ça. Ca n’est plus la vie que tu dois avoir. Tu mérites mieux.
Elle eut un pauvre sourire.
-Merci.
-Ne me remercie pas… J’étais furieux… Et je crois que… c’était aussi pour moi que j’étais en colère.
-Pour toi ?
-Linyia… T’avoir près de moi… et ne pas pouvoir ne serait-ce que te serrer dans mes bras, ça me torture… Tu n’as pas idée…
Elle baissa les yeux sans rien dire.
-Désolée… murmura-t-elle.
Je frôlai sa joue de mes doigts et je la vis fermes les yeux. Sa peau était douce… C’en était douloureux.
-Ne t’excuse pas. Tu n’y peux rien…
Je retirai ma main et me tournai à nouveau vers la fenêtre.
-On devrait dormir maintenant, dis-je.
Elle acquiesça silencieusement et nous nous couchâmes, chacun dans un lit. Je restai éveillé pendant encore au moins une heure. J’apercevais le corps de Linyia allongé, à peine à deux mètres de moi.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Starman le Sam 31 Jan 2009 - 21:49

Bon, j'ai écrit un petit truc, ca fazit rien avancer, mais c'est pour relancer la machine. Par contre, ce serait pas mal qu'on ait une idée d'où on va et que va-t-on vivre sur le court terme^^.

« Vous devriez vous lever. Alastar commence déjà à préparer les affaires. »
Mmmmf. Je sors péniblement de mon lit de fortune, avec l’impression qu’une colonie de taupes avait élue domicile dans mon crâne (j’ignore si les taupes vivent en colonie mais qu’importe.). Le monde st trouble aujourd’hui, quoique ça doit plutôt être ma vue qui a quelques problèmes. Fichue bière. Je lève la tête vers mon interlocuteur, que je met quelques secondes à identifier comme étant la fille des bois là, Ca…Ca…Calina ? Tant pis , cela me reviendra quand l’alcool cessera de faire effet.
« Il est quelle heure, demandais-je ?
-Environ six heures du matin. »
Ce qui m’a fait environ….Quatre heures de sommeil. Ivre, en plus. Saleté de Korgul, la prochaine fois que je me couche, je m’attache.

….

Ce qui me fait penser que je ne l’ai pas encore entendu. Il doit encore être sous l’effet du choc avec la table. Tant mieux, cela me laissera un instant de répit. Quand j’aurais réglé cette histoire de pacte, il faudra que je trouve un moyen de me débarrasser de cet imbécile. Enfin, le plus étonnant est que, pour la première fois depuis longtemps, je n’ai fait aucun rêve cette nuit. D’habitude, je rêve de combats épiques dans des lieux qui me sont inconnus, à affronter des créatures mortes depuis plusieurs siècles, ce qui m’a fait supposer que je revivais en songe les aventures de ce rustre de barbare.
« Vous devriez vous dépêcher, reprend mon interlocutrice. Je ne pense pas qu’Alastar soit du genre à tolérer les retards, et après votre numéro d’hier soir, il ne doit pas beaucoup vous apprécier.
-Que…Que s’est-il passé, hier soir ?
-Vous avez proposé à son amie de coucher avec vous avant de vous battre avec lui. »
Ho. Non. Je n’y crois pas. Korgul, à quoi tu penses ? En es-tu seulement capable ?
« Ha oui. Effectivement, il y’a des chances qu’il m’en veuille.
-C’est sur.
-Bon, maintenant si vous voulez bien sortir de ma chambre, il faut que je m’ha… »
Je sens mon estomac se tordre, ainsi que quelque chose de chaud et liquide remonter vers ma bouche. J’ai peine le temps de me pencher vers le seau que j’avais prévu, que je vomis le repas d’hier soir.
« Hé bien. Ce n’est pas beau à voir.
-Je ne supporte pas l’alcool.
-Pourquoi en avoir bu, alors ?
-Si seulement je savais. »
Elle acquiesce en silence, avant de sortir de ma chambre, le temps de me préparer. Il faut que je fasse quelque chose pour compenser mon état. Avec peine, je fais quelques gestes avant de prononcer une formule magique.
« Alh Namek’ Ner’zhul. »
Une lumière violette apparaît autour de moi, tandis que je sens les effets de l’alcool se dissiper au fur et à mesure. Bon, voilà qui est fait. A présent, préparons-nous avant qu’ils ne décident de partir sans moi.


Cela fait à présent plusieurs heures que nous avons quitté la ville, à la recherche de cet objet mystérieux, caché dans le duché de Jerul. A vrai dire, je n’avais que faire de ces soi-disant pouvoirs mystérieux. Outre le fait qu’un nécromancien ayant un pacte avec un démon pour se retrouver avec l’âme d’un barbare dont la panacée était « écraser ses ennemis, les voir traîner devant soi, et leur piquer leurs dessous-de-plat » ne devait pas correspondre au profil type de « l’élu », j’avais appris à mes dépends que vouloir utiliser des pouvoirs hors de sa portée n’amenait rien de bon. Ceci dit, je commence à me poser des questions au sujet de cette Aenerys. Comment pouvait-elle savoir autant de choses sur cet artefact ? Surtout que, pour elle, cela semblait évident. Cela plus ce mystérieux dieu inconnu. Je ne connaissais ni l’un ni l’autre au-delà du nom, pourtant je m’y connais plus que la majorité des gens en matière d’artefacts, même ceux qui ne relèvent pas de la magie noire. Et pourtant…Je me demande si…

Mmmmm.

Ho non, l’autre se réveille.

Mouaaaaaaaaaa. J’ai bien dormi. Que s’est-il passé ?

Ho rien, Alastar a failli nous découper en rondelles, j’ai dû passer pour un alcoolique pour m’en sortir vivant, je me suis réveillé avec la gueule de bois, tout le monde me regarde encore plus comme un pestiféré qu’avant, sinon rien.

Haha, ça avait amusant, dommage que j’ai raté ça.

Amusant ? Je manque de m’étouffer sous l’indignation. Tu as failli nous faire tuer espèce de crétin ! Est-ce que tu as la moindre idée de ce qu’il nous arriverait si on mourrait avant d’en avoir fini avec le pacte ?

Heu…On serait…Mort ?

Ce serait trop beau. Dans ce cas-là, Ulyaoth enverra nos âmes dans les Portes Infernales où l’on subira pour l’éternité des tourments à la fois physiques et mentaux. C’est ça que tu veux ?

Hé, c’est toi qui m’as mis dans ce corps, moi je n’ai rien demandé. Bon, je suis loin de m’en plaindre, mais…

Je décide de ne plus écouter ses idioties. En tout cas, hors de question que je lui laisse le contrôle la prochaine fois. Même si pour cela il faut que je m’attache par les pieds à un arbre. Poussant un soupir, je constate que la compagnie commence à prendre de l’avance sur moi. Pressant le pas, je parviens malgré tout à revenir assez vite à leur hauteur. En tête, ce parvenu d’Alastar et sa greluche pavanent d’aise, profitant de leur supériorité sur cette bande de bras cassés, suivit de près par l’autre avec son épée magique. Tssss ! Ils ont de la chance que je soit dans l’obligation de jouer les débiles, je pourrais les tuer d’un seul sort. Par contre, la bestiole qui les suit partout est…intéressante. Je sens un grand pouvoir , mais qui est bloqué par un verrou magique. Visiblement, c’est une création nécromancienne, bien supérieure à ce dont je serais capable en matière de complexité. Peut être que, lorsque je n’aurais plus besoin d’eux, je pourrais utiliser cette chose pour m’en débarrasser. Mais pour l’instant , il me faut attendre.
Le moment venu, je m’occuperais personnellement de leur cas.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Macros le Ven 6 Fév 2009 - 10:05

Hop, voilà mon post, finalement laissé pratiquement tel quel (à part les deux dernières lignes). Donc en gros, ca fait strictement rien avancer, puisque je reviens même en arrière, mais j'espère compenser en faisant sourire, au moins...


-Oh, et il va aussi nous falloir ça pour le voyage.
-C’est quoi ?
-Je ne sais pas, mais on en a besoin
-D’accord…

L’aube commençait à poindre. Je parcourais les rues d’Arwal’ec en compagnie de Caely, à la recherche des dernières choses qui risquaient de s’avérer indispensable durant notre périple. Et de toute évidence, cet assortiment hétéroclite de rouages mécaniques en faisait partie. Même si ils ne semblaient pas avoir d’autre utilité immédiate que de se faire tourner les uns les autres. Ravi de ma trouvaille, je payais la poignée de pièces de bronze qu’en réclamait son propriétaire, avant de la ranger dans ma besace, en compagnie de toutes mes autres acquisitions de la matinée... ou devrais-je dire de la nuit ? Mais ma jeune amie ne semblait pas partager mon enthousiasme, semblant hésiter entre l’irritation et l’apathie.

-Arkanis, ça va faire le dixième machin inutile que tu achètes. Je ne comprend pas pourquoi tu tiens tant à te surcharger de ces bricoles…
-Aaah, ma chère, je vois que tu me connais encore bien mal. Là ou tu ne vois que des « machins inutiles », comme tu dis, je vois moi des possibilités infinies. Ces courbes, ces agencements, ces mécanismes… Ce serait une vraie honte de passer à côté de telles merveilles. Je crois que je devrais pouvoir bricoler quelques choses avec ceci comme inspiration…
-Oh, très bien, comme tu veux. Du moment que tu ne nous fais pas exploser pendant notre sommeil avec tes inventions.
-Pure calomnie diffusée par la concurrence ! Cette malheureuse histoire de fabrique de fromage était un simple malentendu, et je persiste à penser que personne n’aurait pu éviter la déflagration qui s’en est suivie.
-Que… non, ne dis rien, je ne veux rien savoir.
-Tu ne sais pas ce que tu manques.

Nous poursuivîmes notre route, moi farfouillant dans mon sac pour faire l’inventaire de tous mes objets trouvés, émettant des hypothèses sur leurs usages possibles, et réfléchissant aux possibles créations qu’ils pouvaient m’inspirer, elle bénissant le ciel que cela suffise à me faire taire momentanément. C’était dans ces moments que je regrettais la présence de Navet. J’avais pu remarquer au cours de ces journées passées en sa compagnie que sa fascination pour les objets curieux, mécaniques et bizarres était pratiquement égale à la mienne. Bien sûr, il fallait généralement le convaincre au préalable que ce n’était pas comestible, mais ce préliminaire franchi, nous étions assurés de passer ensemble des heures à démonter et ausculter consciencieusement l’article. Malheureusement, il était pour l’heure resté à l’auberge, sous la garde de Sherry et Liny, qui se faisaient fortes de lui faire prendre un bain avant notre départ. Je leur souhaitais bien du courage.


***


Nous étions de retour au bout d’une heure d’errance, pour constater que le reste de la fine équipe était déjà rassemblée. Le temps s’était écoulé incroyablement vite, alors que moi et Caely allions de merveille en merveille. Même si cette dernière n’en était pas encore pleinement convaincue. Et qu’elle avait fait l’essentiel du chemin en baillant. Tout le monde semblait sur le pied de guerre, même si quelques mines fatiguées venaient gâcher l’impression d’ensemble de cette héroïque compagnie en route vers moult exploits. Je ne pus également m’empêcher de noter que Navet, en plus d’être trempé jusqu’à l’os, se tenait à distance très respectable des deux jeunes femmes ayant pris sur elles de le laver. A noter que leurs vêtements trempés et leurs mines moroses attestaient de la lutte acharnée qu’elles avaient sans aucun doute dû mener. Mais de tout cela, Alsty semblait n’en avoir cure.

-Bon, vous êtes là. Vous êtes tous prêts ?
-Oui.
-Ouais…
-Hmmm…
-Zzzz…

Par les pantoufles de Garaudon ! Ou est donc l’enthousiasme de début de quête nécessaire à l’accomplissement de toute quête épique ? Il était visiblement de mon devoir, en tant que gnome sage et avisé, de donner au groupe un coup de pouce vers la bonne direction.

-Allons, grandes gens, de l’entrain ! Aujourd’hui marque un grand jour ! Nous partons accomplir une quête noble et héroïque, écrivant un nouveau chapitre dans l’histoire de la lutte séculaire du Bien contre le Mal…
-Noble et héroïque ? On allait pas chercher une babiole en échange de beaucoup d’or ?
-Et si j’ai bien suivi, on n’est même pas du bon côté de la Loi…
-Détails, que tout cela ! Jarnidieu, c’est le genre d’opportunité qui ne se présente qu’une fois dans une vie ! Ce que nous allons faire peut nous apporter tout ce dont nous rêvons, que ce soit la richesse, la gloire, des réponses ou des raviolis ! Et malheur à quiconque se dressera sur notre route, car la Compagnie des illustres découvreurs anonymes est en route !
-Illustres découvreurs anonymes ?
-On travaillera le nom plus tard. Pour l’heure, en avant, vers la plus grande aventure de notre vie !

Assez étonnamment, mon discours semblait avoir eu un certain effet. C’était un changement agréable, si l’on comparait ça avec la tendance habituelle à m’ignorer poliment. Caely marmonna.

-J’arrive pas à croire que je dise ça, mais il n’a pas tout à fait tort.
-Eh bien, ça risque d’être une sacrée aventure, pas vrai ?
-Allez, c’est maintenant que ça commence !
-Aventure ! Avec Lelf, et Arkanis, et Navet !

Ravi des diverses réactions, je poursuivais sur mon élan, pointant du doigt l’horizon, en direction du soleil levant.

-En route ! Notre destinée nous attend !

Notre petit groupe s’ébranla, dans un concert de « Bien dit ! », « On y va ! », « Navet ! » et autres « Montjoie ! ». Même Andy et son épée géante semblait être gagné par l’excitation du moment. Même Anny et sa mine sévère s’était adoucie et se joignait à la marche joyeuse. C’est alors que nous remarquâmes qu’un seul n’avait pas suivi. Chucky se retourna pour héler Alsty, qui curieusement ne nous avait pas emboîté le pas.

-Vous ne venez pas, Alastar ?

Ce dernier haussa les épaules, mi amusé, mi consterné.

-Je voudrais bien, mais… c’est dans l’autre sens.

Un ange passa.


***

Je me remémorais avec nostalgie de la façon dont notre départ s’était déroulé.

Aaaah… le bon temps.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Heg le Sam 7 Fév 2009 - 22:54

Un grand fracas retentit dans le ciel, et, à peine eut-il le temps de rentrer la tête dans les épaules, que déjà des trombes d’eau s’abattirent sur Navet. Déjà la deuxième fois de la journée que le garçon se retrouvait en milieu liquide, et c’était quelque chose qu’il tentait, ordinairement, d’éviter le plus possible, sauf s’il était question d’attraper quelques poissons. Navet, qui possédait pourtant la merveilleuse capacité de chasser ses soucis d’un revers de main, surtout quand des choses passionnantes comme une bestiole ou un repas imminent venaient lui changer les idées, ne réussissait pourtant pas à échapper à la morosité ambiante, et ce bien qu’il eut l’estomac plein. En peu de temps, il avait bien changé, et cela, lui-même s’en rendait compte.
Quelques unes des autres personnes esquissèrent un geste pour s’abriter sous les arbres qui bordaient la route, mais on aurait dit que, même pour s’arrêter de marcher, l’énergie leur manquait. Navet, qui avait eu cette remarque pour lui-même, s’étonna de la contradiction. Certes, il était assez souvent confronté à ces contradictions et quantités de situations inextricables et problèmes insolubles provoqués par les autres personnes, mais c’était bien la première fois qu’il réussissait à mettre des mots dessus. Par habitude, il sortit quelques fois du chemin pour se rouler dans les flaques de boue qui remplissaient les fossés, mais le cœur n’y était pas, même si, au moins, cette détestable odeur de savon qui lui collait à la peau depuis le matin tendait à disparaitre.

En quelques bonds, il rejoignit la troupe, et se planta à coté de Linyia. Elle dégageait une sorte de tristesse molle, son visage était assombri par l’ombre du grand capuchon qui la protégeait de la pluie, et ses cheveux, mouillés et alourdis, perdaient leur teinte orange pour une nuance de brun sombre, et lui collaient aux joues. Elle ralentit le pas et porta la main jusqu’au front de Navet, où elle recueillit un peu de boue. Puis elle fit un petit bruit de bouche.
- Sale mioche. Tu ne perds rien pour attendre.
« Mioch ». Le mot était revenu souvent le matin même. Navet la regarda intensément. Au bout d’une seconde, il répondit :
- Sal Linya. Tunpe’rien pourattend’.
La réplique de Navet avait eu l’effet escompté. La jeune femme se rembrunit encore d’avantage, et sans doute avait elle ressentit le même petit pincement dans le ventre que celui que le garçon avait eu quand elle s’était adressé à lui. Navet venait de comprendre une chose essentielle, qui devait lui servir de grand principe pour le restant de ses jours. Dans la vie, l’essentiel n’était pas de comprendre ce que l’on disait, mais de faire en sorte que l’autre, lui, croit fermement que c’était le cas.

Encore quelques bonds, et Navet fut à la hauteur d’Alastar. Alastar était différent. De Linyia, de Lelf, de Arkanis. Il se moquait bien que Navet soit propre ou sale, mouillé ou sec, affamé ou rassasié. Quand Navet était face à Alastar, l’homme regardait toujours droit vers le lointain, et ne baissait pas les yeux vers le garçon, pas plus qu’il ne lui prêtait attention à cet instant précis. Celui-ci repensa à ce qu’il avait ressenti la première fois qu’il avait vu l’homme, dans la clairière aux lapins. Depuis, il avait bien changé d’avis, et lorsqu’il y pensait, le pincement revenait dans son ventre. Pour l’instant, il ne voyait aucun moyen de rendre ce pincement à Alastar, mais il se promit de trouver quelque chose pour y parvenir.
Toujours indifférent, Alastar essuya son visage ruisselant d’eau et se tourna vers le garçon à la grande épée :
- Ce satané temps ! On va tous se retrouver trempés jusqu’aux os, et, avec la chance qu’on a, la moitié d’entre nous va tomber malade.
- Ce ne serait peut être pas si gênant que ça, répondit le garçon, qui, lui, n’avait pris aucune précaution pour se protéger de la pluie. Si au moins ça nous donne une bonne occasion de semer les bons à rien qui nous collent au train.
D’un coup de tête, il désigna le reste de la troupe, qui marchait à leur suite. Linyia, qui n’était pas loin derrière, fronça les sourcils. Alastar ne répondit rien, mais eut un furtif hochement de tête. Il mit la main en visière. Soudain, il sortit du chemin et s’enfonça de quelques mètres dans la forêt.

En quelques instants, toute la troupe l’avait rejoint et s’émerveillait qu’il eu pu distinguer une entrée de grotte aussi étroite, dans la pénombre du sous bois et par ce temps de cochon. Tous s’y engouffrèrent, accordant un désintérêt poli aux runes gravées tout autour de ladite entrée. Navet, qui trouvait les dessins rigolos, s’attarda quelques instants à les suivre du doigt, mais fut bientôt appelé à l’intérieur par Arkanis qui agitait dans sa direction une de ses habituelles fioles à l’odeur si agréable. Avec Arkanis, pas de pincement au ventre, mais beaucoup de satisfactions gustatives. A un pas de là, Lelf faisait une nouvelle tentative de feu de camp. Le gnome intervint :
- Chère Caely, votre bonne volonté est évidente, mais il faut bien reconnaitre que vous possédez encore quelques défaillances dans le noble art de faire jaillir le feu par temps pluvieux. Laissez moi vous prêter une poudre – à base de navets, naturellement – qui a des effets prodigieux quand il s’agit de sécher le bois, et, aussi étonnant que cela puisse paraître, de faire repousser les cheveux.
- Oh, vous, mêlez vous de vos affaires, hein ! J’y arrive très bien !
Elle entrechoquait furieusement deux morceaux de silex, sans résultat pour le moment.
- Si vous n’avez pas confiance dans les navets, je peux aussi tenter un petit sort, et…
La dame au grand bâton se tut devant le regard furieux que Lelf lui lança.
- Comment ça, pas confiance dans les navets ? Mon grand oncle Balgrus a fait cette regrettable erreur une fois, mais je peux vous promettre que cela ne s’est pas répété, d’ailleurs…

A quelques mètres de là, la dame à la peau de bestiole semblait ragaillardie d’être abritée de la pluie. Elle inspectait les murs avec précaution. A l’intérieur aussi se trouvait visiblement une riche littérature en bas-relief, qui captait toute son attention. Tout comme l’avait fait Navet, elle suivait les caractères du bout du doigt, marmonnant dans une langue encore plus inconnue que celle qu’utilisaient les gens d’habitude, s’interrompait de temps à autres pour murmurer : « Fascinant, vraiment fascinant ». Agenouillé non loin d’elle, le Norris tout maigre observait tantôt la femme, tantôt les murs, le visage tendu. Puis il cligna plusieurs fois les yeux, son expression se contracta d’avantage, et il se passa plusieurs fois la main en travers du visage. Ce n’était pas la première fois que Navet remarquait le visage du Norris, qui présentait des nuances assez rares dans la contraction. A présent, le garçon se sentait assez d’expérience du milieu social pour tenter d’avantage de déchiffrage, mais son attention, ainsi que celle de toutes les autres personnes présentes, fut détournée par la voix du garçon à l’épée.
- Héhé ! Regardez tous ce que j’ai trouvé !
Il venait de surgir du fond de la grotte, où la lumière du jour n’arrivait pratiquement plus. Il reprit :
- Il y a par là un boyau qui s’enfonce assez profondément. J’ai été l’inspecter et j’ai trouvé ça ! Il y en a encore pas mal d’autres…
Il brandit plusieurs objets métalliques, qui projetèrent un éclat diffus au plafond de la grotte. Ses yeux paraissaient noirs dans l’obscurité.
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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Elladan le Lun 16 Fév 2009 - 19:26

Allez un petit peut d'action bien que sa tourne à la comédie ^^

-Hé regardez ! c’est un bout d’armure ! Il y en a plein là bas venez !
Toute la troupe se mit debout et regarda le jeune homme à l’épée avec un air inquiet .
-Mais Venez je vous dit !
Le groupe le suivit dans la grotte qui s’obscurcissait et qui prenait la forme d’un labyrinthe de roche humide et d’obscurité .Puis ils arrivèrent dans une zone au plafond plus haut et à l’éclairage plutôt clair par rapport au reste de la grotte. Une dizaine d’armures se tenait en cercle dans la petite zone tel un conseil d’une secte . Je pris alors le reste de l’armure et commençai à l’enfiler avec difficulté quand Alastar me stoppa :
-Tu ne devrais pas enfilé ça comme ça .
- Mais si , de toute façon si on veut savoir à quoi elles servent faut bien les essayer .
Le torse de l’armure était enfilé , je mis les jambières avec difficulté , l’armure était sûrement ancienne . Quand le taré de service se mit à parler .
-Ha ces armures je les ai déjà vues en dessins , chez mon arrière arrière grand oncle qui habite au fin fond de …
-Mais on s’en fiche pas mal de tes histoires !
-Mais c’est important …
J’enfilai alors les bottes et les gants sans aucune difficulté ce qui me plut . Navet avait pris un casque sur une des armures et il arriva derrière son acolyte de taille similaire et lui enfourna la tête dans le casque d’un cou sec et un bruit tel un « plop » en suivit et le gnome lança le casque . Navet eu le droit à une leçon de morale pendant une dizaine de minutes ce qui énerva tout le monde vu que Caelina tapait sur l’épaule du gnome en lui disant qu’il avait sûrement compris et Navet rajouta « SUREMENT SUREMENT » . Je mis alors un casque sur ma tête et un grand silence puis mon poing alla s’écraser dans le ventre d’Alastar , je venais de voir mon poing bouger mais je n’avais rien pu faire , puis je recommençai mais cette fois Alastar évita le poing en roulant sur le côté . Je ne contrôlais plus mes mouvements , ça m’apprendra à essayer des armures comme ça . Puis j’entendis le gnome :
- Ca y’est je me souviens ! Ces armures prennent possessions des corps de leurs porteurs , ce sont les armures des dix sanglants , des assassins qui avaient rasées des villes entières .
Au même moment le poing s’approcha d’Arkanis mais Navet me sauta sur le bras et évita au gnome de prendre un coup . Puis Linyia essaya de me parler mais je ne compris pas tout .
Puis j’entendis « COUREZ » , je vis que je ramassais une épée , qui se trouvait au sol , une lame noir qui brillait d’un bleu apaisant . Le groupe se dispersa dans les grottes , la magicienne en carton était avec Caelina , je les suivis mais je ne les trouvai pas , puis j’entendis « Mon dieu pourrait le sortir de cette armure » , Je passai par un petit passage dans les cavernes , sans savoir pourquoi mais ça avait l’air d’être un raccourci, je me retrouvai face aux deux femmes , mon épée allait s’abattre sur l’une d’elle , je fermai mes yeux par reflex de peur de voir la scène que je redoutais mais la lame ne retomba pas , j’ouvris les yeux et regarda au dessus de moi , l’épée était coincé dans la roche ,l’âme qui possède cette armure est encore plus abrutie que Navet il n’y a pas de doute , je vis les deux femmes repartir en courant , au moins elle n’auront rien , espérons qu’ils trouvent comment me sortir de ce merdier et vite , je n’ai pas envie de tuer un de mes compagnons de route . Puis l’armure se mit à courir dans la caverne , et d’un coup je me retrouvai allongé au sol , lorsque l’armure se releva je vis un bras , celui d’Alastar sans aucun doute , je m’étais étalé au sol comme un débutant , au moins il s’est vengé pour le coup de poing . Mais l’armure eut à peine commencer à avancer qu’il était déjà parti . Par contre je ne contrôlais pas mon corps mais la douleur elle était belle et bien présente . L’armure déambula encore dans la grotte pendant quelques minutes puis toujours personne je commençais à m’inquiéter et j’espérais qu’ils ne me laisseraient pas là . Puis j’entendis la vieille mage ,Caelina n’était pas très loin , il ne valait mieux pas que l’armure aille par là , la grotte avait l’air étroite . ETROITE c’est tout à fait ça il faut qu’il bloque l’armure dans un coin pour pouvoir me sortir de là il faut espérer que l’un d’entre eux aura cette idée . Je n’ai pas envie de me faire canarder de potions du gnome qui risque plus de me faire devenir extrêmement poilu ou au contraire de perdre mes cheveux . La vieille folle elle va tenter de faire un sort et va se trouver ridicule . Et Alastar serait capable de faire croire à cette armure qu’elle n’a plus de bijoux de famille. Je commençai à somnoler dans l’armure , je repensai alors au rêve que je faisais de plus en plus , cette pièce blanche , ces gens en armure argentée et dorée , cet homme pour qui nous sommes tous à genoux . Je ne comprenais plus rien , toute cette histoire devenait compliquée et je n’imaginais pas le pire des scénario , entre les hommes de main du roi et les chevaliers noirs, ainsi que les ombres qui me suivent . Les ennuis iraient en grandissant à mon avis . Vivement que l’on me sorte de là , il commence à faire chaud dans cette armure , d’ailleurs elle se retourna et regarda en bas , je vis Navet avec une torche il était en train de chauffer l’armure , je sentais la chaleur au niveau de mes jambes , ce gamin était vraiment un cas . Puis il repartit à une vitesse fulgurante en criant « NAVET BRULER NAVET GAGNE » , en plus il prenait ça pour un jeux . Maintenant il ne me restait plus qu’à attendre.
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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Mélanie Mustang le Ven 20 Fév 2009 - 6:04

Nous avions été obligés de nous séparer. J’avais réussi à ralentir un peu Exall, mais j’étais vite reparti. Je retrouvai rapidement Linyia et Jorel. Coincé dans cette grotte, j’avais l’horrible impression d’être revenu quelques mois en arrière, lorsque nous essayions d’échapper aux morts-vivants de la forteresse…
Lorsqu’on aurait sorti Exall de cette satanée armure, il allait regretter de l’avoir enfilée.
-Alors ? demanda Linyia à voix basse. Une idée de comment faire ?
-Non, aucune… Il faudrait qu’on retrouve les autres… A nous chercher, Exall risque de se fatiguer, mais pas l’armure… Je commence à avoir un peu peur de ce qu’elle peut lui faire… Avec ce genre d’objets, on ne sait jamais…
-Mais comment c’est possible que…
-Des armures magiques. J’en ai déjà entendu parler, dans les contes… Une fois, mon père m’a raconté l’histoire d’un guerrier extrêmement puissant, ancien maître des elfes… Ne me demande pas les noms, je ne m’en souviens plus… Il m’a raconté que, à la mort de ce guerrier, son armure avait gardé en elle le souvenir de l’être qui la portait et que celui qui la mettait prenait le risque de perdre sa propre personnalité au profit de celle du guerrier mort. Apparemment, c’est ce qui arrive à Exall… Mais je pensais que ce genre d’histoire n’était fait que pour me faire passer le temps…
-Il faut trouver un moyen…
-Le gnome… Le gnome a essayé de nous prévenir… Pour une fois, il pourrait être utile. Il faut le retrouver et lui faire dire ce qu’il sait de ces armures… Sans qu’il se lance dans une histoire à dormir debout…
Nous quittâmes immédiatement notre cachette, prenant garde de ne pas faire trop de bruit. J’avais pris mon épée en main, au cas où. Je n’avais pas envie de m’en servir, mais si Exall se montrait trop dangereux, je n’aurais pas le choix…
Je commençai à entendre des bruits de voix et de pas précipités. Ils arrivaient dans notre direction. Je reconnus alors la voix de Navet… Il criait, semblant plus amusé qu’effrayé. Je le vis alors déboucher d’un coude, suivi de près par Exall dans son armure. Malgré la rapidité du gamin et l’étroitesse des couloirs, Exall se rapprochait dangereusement et le garçon serait bientôt à portée d’épée.
Je vis alors le pied du petit glisser. Son visage ne reflétait plus du tout l’amusement. Il tomba à terre, se cognant le menton contre les rochers. Exall n’était plus qu’à un mètre de lui, levant déjà son épée.
Mon sang ne fit qu’un tour. Levant mon épée, je me précipitai en hurlant vers Exall et arrêtai sa lame à quelques centimètres du corps de Navet. Le petit garçon restait immobile au sol, nous regardant les yeux écarquillés, alors que nos deux lames rivalisaient pour tenir le coup.
-Sauve-toi, Navet, dis-je en serrant les dents sans quitter Exall des yeux.
Le garçon resta un instant immobile, puis il rampa entre mes jambes et alla se réfugier près de Linyia.
-Exall, arrête… dis-je.
Il ne répondit pas et me repoussa violemment. A nouveau nos lames résonnèrent l’une contre l’autre. J’esquivai un coup, puis un autre et arrêtai sa lame de la mienne. Ses coups étaient puissants. Nul doute que l’armure augmentait sa force…
-Linyia ! Va trouver le gnome ! Trouve le moyen d’arranger la situation ! Je vais le retenir ici !
-Alastar je…
-Fais ce que je te dis ! hurlai-je.
Je repoussai Exall et tentai de le frapper, mais il esquiva. J’entendis dans mon dos Linyia s’en aller en courant avec Jorel et Navet.
-Exall… Je te promets que quand on t’aura enlevé cette armure, je vais te donner une bonne correction…
Exall lança une nouvelle attaque. J’esquivai de justesse, mais sa lame me toucha au bras. Je hurlai de douleur en le repoussant, réussissant à le faire tomber à terre. Je profitai de ce moment de répit pour regarder ma blessure. Mon bras était bien entaillé… Le sang coulait et la douleur était forte. Par tous les dieux, faites que le gnome sache comment se débarrasser de cette armure maudite… Et surtout, qu’il ne perde pas de temps en palabres inutiles… Je ne tiendrais pas indéfiniment à ce rythme… pensai-je en parant un nouveau coup d’épée de Exall.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Macros le Jeu 5 Mar 2009 - 21:02

-Par mes aïeux, quelle aventure !

Adossé à une paroi rocheuse, je m'efforçais tant bien que mal de reprendre mon souffle. Ma course m'avait entrainé dans une série de galeries étroites ou apparemment ce pauvre Andy ne m'avait pas suivi. Ce qui, à la réflexion, était une bonne chose, puisque le but même de ma course. Cependant, le fait que personne d'autre non plus ne m'ait suivi était plus problématique. Tout comme le fait de ne pas être entièrement certain de savoir où je me trouvais. Sous terre, sans doute. Ce qui ne m'avançait pas beaucoup. Non, décidément, j'avais déjà été dans des situations plus brillantes...

Mais aussi dans des pires. Après tout, la fois où j'ai été avalé tout rond par une wyverne génate, ça n'a pas été du gâteau non plus.

La première chose à faire, décidais-je, était de faire le point. J'avais assez de navets, de biscuits aux navets, de potage de navet en poudre, pour tenir pendant des mois. Bon, pas une goutte d'eau, par contre. Mais il en faudrait plus pour démoraliser l'illustre Arkanis Jansen !

Bah, il reste le jus de navet.

L'étape suivante était de se repérer. Dans ce domaine, j'avais un avantage indéniable : l'origine de la grande race gnome comme créatures troglodytes, même si nous nous étions installés depuis belle lurette parmi les humains, pour la plupart d'entre nous. Plus distrayant. Mais nous n'en conservions pas moins une vision particulièrement acérée dans les plus noires ténèbres. Pas de lune ou d'étoiles pour venir éblouir mes pupilles ici, juste une obscurité familière et rassurante. En revanche, voir où l'on peut aller ne signifiait pas savoir ou on doit aller. Mû par une soudaine inspiration, je sortais de ma poche un objet rond fait de métal et de verre avec une aiguille en son centre appelé « boussole », une récente invention que j'avais acquise lors d'un voyage au port d'Athakla. Malheureusement, au plus profond des entrailles de la terre, dans cette ancienne mine regorgeant encore de métaux, l'objet était inutile, la pointe tourbillonnant en tout sens comme un méphite lâché dans un magasin de porcelaine. Il allait falloir trouver autre chose.

Je pourrais m'orienter en observant de quel côté du tronc la mousse pousse sur les arbres... Attends, non, ça c'est idiot. Ou alors selon la position des étoiles... non. C'est idiot aussi.

Finalement, en attendant de trouver une idée plus brillante, je pris tout simplement le parti de marcher droit devant moi, en essayant de retracer mon itinéraire dans le sens opposé. Remontant les tunnels de granit, j'espérais simplement ne pas tomber nez à nez avec cette grande gens animée de frénésie meurtrière. Ce serait à coup sûr désagréable. Et comment pouvaient bien s'en sortir les autres, d'ailleurs ? Andy avait bien l'air décidé à tous les occire, et certains de mes jeunes compagnons feraient des proies tellement faciles ! Ce pauvre Chucky, par exemple, au teint blafard et à la santé fragile, si frêle et sans défense face à son solide gaillard d'assaillant ! Ou encore cette chère Caely, toujours un peu lente intellectuellement, et d'un bruyant, avec ça ! Nul doute qu'elle allait guider le maniaque berserker droit sur elle. Ou alors...

Navet.

Je sentis mon cœur se glacer soudainement à cette seule pensée, et accélérais soudainement le pas. L'idée qu'un enfant si prometteur puisse être menacé en quoi que ce soit par une brute épaisse mue par une folie homicide était tout simplement insupportable. Par les dents de Shorag, voilà que je ne parvenais plus à passer d'une pensée à l'autre, maintenant ! Je n'avais plus qu'un seul objectif, retrouver mon jeune pupille et le mettre en sécurité. C'est alors qu'au détour d'un tunnel, j'aperçus un visage familier. Chucky scrutait l'obscurité, cherchant à s'orienter dans cette noire pénombre. Il parut déceler ma présence, bien qu'il ne voie sans doute qu'une vague silhouette.

-Euh... Jorel ?

Je me retournais brusquement, cherchant du regard la fascinante créature.

-Hein ? Où ça ?
-Oh. C'est toi.
-Je pense bien ! Enfin je crois. Peut être suis je un doppleganger ayant adopté l'apparence d'Arkanis Jansen et ayant si parfaitement intégré ses pensées que j'en suis venu à croire que j'étais lui ? Oh mes aïeux. C'est atroce. Cette révélation fendrait le coeur de ma pauvre mère, si elle venait à l'apprendre. Enfin, sa mère. Qui est la mienne, dans mes pensées. Mais en fait non. Tiens, est ce que les dopplegangers ont une mère ? Je ne sais pas, mais j'ai dû le savoir à une époque, avant que...
-Non, non, je crois que tu es bien Arkanis, inutile de continuer.

J'aurais juré qu'il avait levé les yeux au ciel.

-Vraiment ? C'est un soulagement. Mais tu es tout seul, Chucky ?
-Pas vraiment, en fait, je...
-Grands dieux, encore ce gnome. Etais-ce trop demander qu'il finisse empalé sur un quelconque objet pointu ?
-Moi aussi je suis content de te revoir, Anny, dis-je avec une sincérité absolue.

Elle marmonna un commentaire incompréhensible, mais visiblement peu enthousiaste. C'est alors que Liny déboula en trombe dans le tunnel, manquant de renverser Chucky dans son élan.

-C'est vous ! Vite ! Alastar est en danger...

La remarque ne suscita pas le fourmillement d'activités espéré, tout juste un « vraiment ? » interrogatif.

-Exall l'a rattrapé ! Il doit bien y avoir un moyen de faire cesser ça, non ?

Anny eut un petit ricanement.

-Oh, oui, il y a bien un moyen, effectivement.
-Lequel ?
-Le talisman d'Erkandor. En tout cas, c'est ce qui a été utilisé la dernière fois que quelqu'un a revêtu ce genre d'armure.
-Ooooh, oooh! C'est justement ce qu'on est parti chercher !

Mon commentaire me valut quelques regards amusé, et un désespéré.

-Il doit bien y avoir autre chose !

Chucky avait un air vaguement pensif.

-Je me demande... Si un esprit à pris possession de son corps, il y a des moyens pour les contraindre...
-Oui, bien sûr ! Si l'esprit est chassé, l'armure deviendra momentanément un simple bout de métal sans valeur.

Anny semblait s'être soudainement animée, avant de jeter un regard curieux à Chucky.

-Une déduction plutôt pertinente, je suis surprise.

L'autre semblait sur le point de rougir, évitant le regard de la femme.

-Ce n'est rien...
-Peu importe. Voyons, il y a plusieurs produits qui pourraient faire l'affaire, comme de la poudre de Faërix, ou encore un onguent de feunèvère... Mais je vois mal où nous pourrions en trouver par ici.
-De la poudre de Faërix ? J'en ai, moi.

Trois paires d'yeux se braquèrent sur moi.

-Vous en avez ? Sur vous ?

Je tirais de ma tunique une petite fiole de cristal remplie d'une poudre bleutée.

-Bien sûr. Les produits Jansen offrent une gamme de choix inégalable par la concurrence. En plus, c'est un excellent laxatif.
-Donc... On va pouvoir libérer Exall ?
-Mmmh... Il y a juste un problème.
-Quoi ?
-Il va falloir la lui faire avaler.
-Et alors ?
-Qui a le physique d'un pilier défensif pour le maintenir au sol pendant qu'on fait ça ?

Nous échangeâmes un regard. L'affaire était loin d'être gagnée...

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Starman le Sam 4 Avr 2009 - 20:27

« Heu…Vous êtes sur que ça va marcher ? »
Seul un silence un peu gêné répond à la question de Linyia, tandis que nous finissons de tendre de chaque côté de la paroi la corde que le gnome avait fournie.
« Mais bien entendu, répondit celui-ci. N’avez-vous donc jamais entendu parlé du légendaire récit….
-Ho, non , ça recommence.
-….D’Iolaf le Farceur, qui défit plus de soixante-douze barbare en tendant une corde en filin sur leur route. »

C’est de la calomnie.

Plaît-il ?

On était pas plus de dix.

Ignorant les divagations de Korgul, j’observe le piège sommaire posé. En fait de filin, la corde du gnome était faite d’épaisses fibres fabriquées par les gnomes, que même un oliphant ne manquerait pas.
« Il va la voir, rétorqua Aanerys. Même possédé, cet Exall est sans doute moins stupide que nombre des membres de notre côterie.
-Hé, personne vous a demandé de nous rejoindre hein ?
-Je me demande bien ou vous en seriez sans moi, jeune impertinente.
-N’importe quoi, ce n’est pas ma première aventure et je m’en sortait très bien sans votre aide.
-Mesdemoiselles, inutile de nous livrer une variante sur le thème de la dispute entre deux trolls pour un caillou plat et ainsi….
-Ca va toi, le gnome , hein.
-Non, répondis-je, en réalité je suis assez d’accord. Nous devrions…
-Et toi, le pervers alcoolique tu t’écrases. »
Je pousse un soupir. Korgul, si je t’entend ricaner, je me cogne.

Ca y’est. Tout de suite c’est ma faute.

Nos réflexions sont interrompues par un bruit de course. Visiblement , quelqu’un se dirige par ici.
« Vite, fis Linyia, tout en place. Nous devons sauver Alastar. »
Et c’est grave parce que ? Enfin, nous nous mettons de chaque côté du couloir afin de nous préparer à tendre la corde au moment opportun, l’idée étant de faire dévaler Exall en bas de la pente en espérant qu’il s’assomme.
« Le tout est d’attendre le moment propice, se remit à jacasser Arkanis, la précision est primordiale , ainsi que l’a chroniquée Olaf dans son récit « Allez et Retour : Voyage d’un farceur par…
-Mais chut ! Il vient ! «
En effet, les pas se rapprochent de plus en plus. Il nous faut agir au plus vite.
« Attention, fis-je, à trois. Un ! Deux !… »

C’est un plan stupide. Il n’ aucune chance de marcher. Ce serait déjà un miracle que vous n’esquintiez pas…
« Trois ! »
Nous tirons sur la corde de toutes nos forces…Pour voir un Alastar à bout de souffle tomber en plein dans notre piège

…Ce type là.

Pris de court, Alastar tombe à la renverse et dévale la pente dans un tintamarre retentissant. Décidément, celui-là, que des gaffes. En plus, il n’avait même pas été fichu de tenir et avait dû prendre la fuite face à l’autre brute.
« Ha ben, bravo, s’énerve sa petite amie. Chouette idée, vous tous.
-Ho, ça va, hein. Qui aurait imaginée que le Grrrrand Alastar fuirait face à l’ennemi, répondis-je, un peu agacé.
-Tu lui en veux juste de t’avoir mis une raclée l’autre soir au bar.
-Heu…Dites…
-Je ne me rappelle pas de ça.
-Hé…
-C’est ça, une défaite pareille je m’en souviendrais , moi. Ou alors tu essaie de sauver ce qui te reste de virilité masculine ?
-Le type en armure…
-C’est toujours pareille avec vous, les femmes ! Vous attaquez toujours en dessous de la ceinture. C’est une obsession.
-…Il est là, voyez-vous. »
Me retournant par réflexe, je vois une centaine de kilos tout en armure me rentrer dedans sans me voir. Puis, le néant.

Je me relève avec peine. Abruti de nabot, quelle idée de ce disputer avec cette donzelle en plein territoire ennemi. Moi, je lui aurait mis une claque et ça lui aurait appris qui était le maître ici.
Regardant autour de moi, je constate que j’ai dévalé la pente, comme l’atteste le corps inanimé de l’autre imbécile. Visiblement, si le choc suffit à étourdir Norris, je prend le relais. Je remarque également que la dite-pente menait aux trésors qu’avait trouvé imbécile numéro deux. En haut, j’entend un bruit de débandade, tout le monde devant tenter d’échapper au maniaque de l’épée. Bon, puisque je suis là…Autant regarder ce qu’il y’a d’intéressant. Je n’ai pas l’intention de laisser un aussi joli combat me passer sous le nez, mais il me faudrait une arme. Farfouillant dans une série de babioles sans intérêt, je finis par dégotter quelque chose d’utile : un fouet. Cela me rappelle le siège de Shardizar. J’avais du apprendre à m’en servir en très peu de temps car c’était la seule arme que possédait les assaillants. En plus, étant donné la constitution de mon hôte, autant prendre une arme permettant d’attaquer de loin. Prêt à en découdre, je remonte la pente. A peine arrivé, je constate que je tombe à pic car le groupe s’est fait acculé contre une paroi, laissant à l’autre imbécile tout loisir de les découper en rondelles. Bandes d’amateurs.
« Hé, hurlais-je pour attirer son attention. L’idiot du village. Viens donc deéfiaer quelqu’un à ta taille.
-Les dieux soient loués, fait la coincée. Alastar est là, on est… »
C’est à ce moment précis que je sors de l’ombre, me révélant aux yeux des victimes.
« Ho, c’est pas vrai, termine-t-elle. »
L’autre fille a une réaction similaire, seul le gnome accueille mon arrivé d’un « Chucky » amical, quoique peu concerné.
« Enfin, façon de parler, terminais-je. »
Le fou en armure me regarde d’un air surpris, tandis que son corps fonce vers moi sans plus de réflexion. Je fais une roulade sur le côté , esquivant l’épée qui s’abat sur moi.
« Trop lent petit, ma grand-mère aurait évité ce coup »
Il porte un deuxième coup, mais il me suffit de me décaler sur le côté pour me mettre à l’abri.
« Bien tenté. Tu aurais manqué un oliphant dans un couloir mais bien tenté mon gars. »
Esquivant un troisième assaut, j’enroule mon fouet autour de sa jambe, avant de glisser entre ses jambes. Malgré ma faible force, cela suffit pour le déséquilibrer et le faire tomber à la renverse. Profitant de mon avantage, je lui porte un violent coup de fouet au niveau de l’ouverture de son casque.
« Ca c’est un coup rapide. »
Mais cela ne n’empêche pas de se relever peu après. Il semble que, étant donné que l’armure a sa volonté propre, il ne suffit pas de porter un coup à même d’assommer son porteur pour en finir. Et je commence à fatiguer, car ma façon de combattre est trop intensive pour le corps de ce faiblard de Norris. Mais peu importe. Le fracas de la bataille, où se joue la vie et la mort, cela me manquait depuis trop longtemps. Utilisant mon arme pour le maintenir à distance de par de multiples moulinets, je gagne du temps histoire de reprendre mon souffle. Esquivant mon fouet de justesse, il plonge en ma direction, lame en avant. Surpris par la manœuvre, j’esquive trop tardivement, et la lame me frôle les côtes, laissant une légère cicatrice. Je riposte d’un coup de poing en plein visage. Dans mon corps, il aurait été de taille à lui briser toutes ses vilaines petites dents, mais là, il est à peine suffisant pour le repousser.
« Je n’en crois pas mes yeux, fais une des donzelles derrière nous. »
Même le gnome ne disait rien, chose rare s’il en est.
Faisant face à mon adversaire, je fais claquer mon fouet une nouvelle fois en signe de défi, tout en souriant à pleines dents. Je me sens revivre. Que Krom observe ce combat, car son plus grand fidèle est de retour, et s’il doit mourir de nouveau, il fera honneur à son dieu.
« Amènes-toi, lançais-je avec ardeur. On a à peine commencé à s’amuser, tous les deux. »

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Mélanie Mustang le Sam 25 Avr 2009 - 9:17

Allez, voilà un petit post pour essayer de faire bouger un peu les choses. C'est pas tout de voir Exall se battre contre tout le monde, mais il faudrait peut-être qu'on avance vers le duché de Torgas (ou Jerul, je sais plus à force^^)

Le talisman fut ainsi donné au premier roi de Karia. Et il porte depuis son nom : le talisman d’Erkandor…
J’ouvris les yeux dans la semi-obscurité de la caverne. Le talisman d’Erkandor… Comment avais-je pu oublier tout cela… Comment avais-je pu oublier ce que mon père m’avait dit à ce sujet ? Cela avait représenté tellement pour lui…
Je fus sorti de mes pensées par des bruits de combat.
-Amènes-toi ! On a à peine commencé à s’amuser, tous les deux.
Je pris appui sur mes bras pour me relever et le regrettai aussitôt. Ma blessure se rappela à mon bon souvenir. Je retins un cri de douleur et finis de me redresser. Comment étais-je tombé ? Je ne le savais pas, mais j’avais la désagréable sensation que le gnome n’y était pas étranger… Je réglerais ce point plus tard. Pour le moment, il fallait arrêter Exall.
Ma tête me faisait un mal de chien et j’avais l’impression que chaque pas empirait la douleur. J’arrivai finalement à remonter pour voir un spectacle pour le moins surprenant. Exall, dans son armure possédée, se battait contre…
-Norris ? murmurai-je pour moi-même.
-Alastar ! Ca va ? s’exclama Linyia en s’approchant de moi.
Elle avait l’air sincèrement inquiet.
-Oui… J’ai l’impression d’être passé sous un oliphant, mais ça va…
Arkanis et Anaerys s’approchèrent également, s’éloignant stratégiquement du combat qui faisait rage entre les deux hommes…
-Où sont Navet et Jorel ? demandai-je en regardant les alentours.
-Je les ai caché pendant que cherchai Arkanis, dit Linyia. Ils sont en sécurité près de l’entrée de la grotte.
-Bien. Arkanis, vous avez dit que vous connaissiez l’histoire de cette armure. Une idée de la manière d’arrêter Exall ?
En souriant, le gnome leva une fiole de poudre bleutée.
-Qu’est-ce que c’est ? demandai-je méfiant.
-De la poudre de Faërix, dit-il. Un excellent produit de la gamme Jensen et…
-Un des seuls moyens d’arrêter votre jeune ami, dit Anaerys d’un ton las.
-Bien, dis-je. Comment on fait pour s’en servir ?
-Il faut immobiliser Exall et lui faire avaler la poudre, dit Linyia. Ca fera disparaître les esprits de l’armure, d’après ce que j’ai compris…
-C’est à peu près ça, concéda Anaerys en fronçant le nez. Cela nous laissera en tout cas un peu de temps pour enlever cette armure au jeune homme et nous en débarrasser.
-Bien. Inutile de perdre du temps, dis-je en voyant Norris en difficulté.
Visiblement, notre camarade fatiguait, ce qui n’était pas le cas de l’armure magique. Pas la peine de se jeter dans un nouveau combat. Je n’attendis donc pas que Exall tourne son attention vers nous et courus vers lui. Avec la vitesse, je parvins à le faire tomber au sol. Il me donna un violent coup de poing dans les côtes, mais, retenant un cri, j’immobilisai ses poignets et ses jambes, prenant garde de garder ma tête assez éloignée de la sienne pour ne pas prendre un coup alors qu’il se démenait. S’il n’avait pas eu ce casque, je l’aurais assommé, mais là, c’était risqué pour moi…
-Dépêchez-vous ! hurlai-je. Venez lui donner la poudre !
Mes trois compagnons s’approchèrent rapidement et Anaerys prit la fiole des mains de Arkanis. Pendant que Linyia et le gnome forçaient Exall à ouvrir la bouche, Anaerys versa la poudre dans sa gorge.
Une fois la fiole entièrement vidée, ils se reculèrent. Tous mes muscles me faisaient souffrir, mais je tins bon pendant que Exall continuait de se débattre. Au bout d’un moment qui me parut durer une éternité, il cessa enfin de bouger.
-La poudre a fait effet, dit Anaerys. Enlevez-lui son armure, maintenant, avant que la magie ne se soit dissipée.
Je commençai à enlever le casque, puis les coudières, les jambières, et enfin la partie principale de l’armure. Exall était évanoui et je sentais que je n’étais pas loin de faire la même chose. Je regardai mon bras, il continuait de saigner… Je me relevai et soulevai Exall comme je le pouvais.
-Retournons à l’entrée de la grotte, maintenant, proposai-je.
Norris se releva également, faisant la grimace de douleurs, semblant quelque peu perturbé. Il regarda avec étonnement le fouet qu’il tenait en main et le jeta avec un haussement d’épaules. Nous retournâmes tous les six vers l’entrée de la grotte et retrouvâmes nos autres compagnons en chemin.
Lorsque Jorel et Navet nous virent arriver à l’entrée, ils sourirent et le petit garçon se mit à sauter dans tous les sens en criant son nom. Je lâchai, plus que je ne posai, Exall dans un coin et allai à l’entrée de la grotte. Il pleuvait toujours.
Je restai quelques secondes sous la pluie pour nettoyer le sang qui coulait sur mes bras, fronçant les sourcils et serrant les mâchoires sous la douleur de ma blessure et de mes muscles brûlants. Enfin, je retournai dans la grotte et me laissai tomber dans un coin, fermant les yeux.
Le talisman fut remis au premier enfant né de Erkandor, et il en fut ainsi jusqu’à il y a près de cinq siècles… Le talisman disparut pendant une guerre où le roi de Karia mourut sans descendant connu… Lorsque le corps fut ramené au palais, le médaillon avait disparu et personne ne sut où il était…
J’ouvris les yeux. Machinalement, je regardai mon bras. La blessure avait été bandée…
-Ca va ?
Je relevai le visage et vis Linyia s’approcher de moi.
-Ca va… C’est toi qui a fait le bandage ?
Elle acquiesça et me tendit un bol avec une ration de nourriture.
-J’ai pensé que tu aurais faim… en te réveillant.
-Et tu as bien pensé. Merci.
Je mangeai en regardant mes camarades. La plupart dormaient déjà. Seule Anaerys était encore éveillée et examinait avec attention les parois de la grotte.
-Exall a repris conscience ? demandai-je.
-Non, pas encore.
-Combien de temps ai-je dormi ?
-Deux heures. J’ai… j’ai eu peur, Alastar…
Elle croisa ses bras autour d’elle en baissant les yeux. Plus que jamais j’aurais voulu pouvoir la prendre dans mes bras et la serrer contre moi.
-Moi aussi, avouai-je. Mais c’est fini, maintenant… Et puis, on a déjà connu des situations pires que ça.
-Oui… C’est vrai que quand Jorel avait encore ses pouvoirs hallucinogènes, ça n’a pas été très drôle…
-Ou quand on s’est retrouvé bloqués dans la forteresse remplie de morts-vivants…
Nous restâmes silencieux un instant.
-J’ai déjà entendu parler du talisman d’Erkandor avant, dis-je finalement en posant mon bol.
-Pourquoi tu n’en as pas parlé ?
-Je ne me souvenais pas… Ca m’est revenu tout à l’heure, dans la grotte… Quand je me suis réveillé après être tombé. Au fait, qu’est-ce qui s’est passé ?
-Arkanis a proposé de tendre un piège pour faire tomber Exall et lui fourrer la poudre dans le gosier. Il a donc proposé de tendre une corde en plein milieu du passage pour qu’il se prenne les pieds dedans… Seulement, il n’avait pas prévu que ce serait toi le premier à passer…
Je fermai les yeux un instant, à moitié agacé et à moitié amusé par les idées saugrenues du gnome.
-J’ai dû battre en retraite. Exall était trop fort avec l’armure qui le possédait. Et avec ma blessure, je ne pouvais plus tenir très longtemps… Si je n’avais pas pris la fuite, il m’aurait taillé en pièces.
Je tournai le regard vers Anaerys. Elle savait des choses sur le talisman. Mon père ne savait pas grand-chose, si ce n’est que le talisman ne fut revu qu’une seule fois après sa disparition, mais qu’il ne fut jamais retrouvé. Il m’avait raconté l’histoire de Karia, comme son père la lui avait raconté lorsqu’il était enfant…
Je me redressai en grimaçant, les muscles raides, et m’approchai d’Anaerys, accompagné de Linyia.
-Vous êtes remis on dirait, dit-elle sans quitter les parois des yeux.
-J’ai connu mieux… Vous avez dit que le talisman d’Erkandor était lié à la famille royale de Karia.
-En effet, dit-elle en regardant toujours les murs.
-Il s’agit bien du talisman qui symbolise la lignée royale ? Celui qui se transmet au premier enfant né ?
Cette fois, Anaerys tourna son regard vers lui en fronçant les sourcils.
-Comment savez-vous ça ?
-Mon père m’a raconté l’histoire de Karia lorsque j’étais enfant.
-Qui était votre père ?
-Pourquoi cette question ?
-Seuls les Chevaliers, le Roi de Karia, les grands prêtres et plus rarement les mages les plus puissants, sont au courant de ce genre de détail concernant le talisman. Cette histoire, comme les artefacts des Chevaliers et du Roi, se transmettent de génération en génération dans les familles concernées. Votre père était un Chevalier, n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas avoir pris sa place dans l’Ordre de Karia ?
Je me mordis la langue. Quel idiot… Mon père n’avait jamais mentionné ce détail… Mais elle n’avait pas l’air de savoir en quelle année nous nous trouvions… Je me demandais intérieurement depuis combien de temps elle était restée sur son pied d’estale dans la forêt.
-Anaerys, qui est le roi de Karia pour vous ?
-Merin le Juste, bien évidemment…
-Merin le Juste est mort il y a près de quatre-cents ans, maintenant.
Anaerys me regarda avec de grands yeux.
-Vous plaisantez ?
-Pas du tout. Le Roi actuel se nomme Karimos. Successeur illégitime de Daïsidor qui démantela l’Ordre des Chevaliers de Karia après que l’un de ses Chevaliers et son épouse ait consommé leur amour. Le Chevalier fut tué et la Reine mourut quelques années plus tard de chagrin. Mais l’Ordre de Karia n’existe plus. C’est pour cette raison que je n’ai pas pris la place de mon père. Il n’y a plus de place à prendre.
-Quatre-cents ans… répéta Anaerys. J’ai été pétrifiée quatre-cents ans… Par Anator… Non, vous devez vous tromper…
Je fronçai les sourcils.
-Je ne me trompe pas. Je sais quand même qui est le Roi actuel de Karia…
-Eh bien peut-être n’êtes-vous pas totalement remis de votre combat, après tout. Maintenant, si ça ne vous dérange pas, j’ai des choses plus importantes à faire que discuter de la Royauté de Karia.
Et avant même que j’ai pu ouvrir la bouche pour dire un mot supplémentaire, Anaerys se tourna vers le mur, les sourcils froncés. Agacé par son entêtement, je fis demi-tour et retournai me rasseoir. Cette Anaerys m’exaspérait, mais j’avais tout de même obtenu confirmation de mes doutes. Le talisman que nous recherchions était bien celui que mon père avait recherché pendant de longues années.
Les paroles d’Exall me revinrent en mémoire. Peut-être était-ce cela que mon père n’avait pas pu finir et que je devais terminer à sa place…


Dernière édition par Mélanie Mustang le Ven 8 Mai 2009 - 7:38, édité 1 fois

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Starman le Sam 25 Avr 2009 - 15:37

Tandis que les autres membres de notre coterie improvisée se dirigent vers la sortie de la grotte, je jette un coup d’œil à l’armure en pièces à mes pieds. C’est bien ce que je pensais. Il y’a bel et bien une âme à l’intérieur, prenant possession de ceux qui avaient la bêtise de l’enfiler . Je l’entend murmurer à l’intérieur de ma tête, tentant de m’insinuer des idées que je n’ai jamais eu, m’incitant à la porter. Tu perds ton temps, esprit imbécile. Cela a peut être marché pour cet idiot d’Exal, peut être pour Alastar, mais il faudra faire mieux pour m’avoir moi. Et tu n’en auras pas l’occasion. Murmurant une incantation gutturale, j’extrait de force l’antique âme de sa prison de fer pour la placer avec les autres amassées au cours de mon périple. Tant qu’elle avait un porteur, je ne pouvais rien faire, sans compter le fait qu’il aurait fallu pratiquer ma magie devant les autres. Mais là, elle est à la merci du premier nécromancien venu, et une âme d’une telle puissance et datant d’un âge ancien en vaudra bien quatre ou cinq du petit peuple.
«Vous venez Chucky ? Je crains fort qu’il ne soit plus guère utile de rester dans ces galeries, bien que l’on puisse y faire des découvertes intéressantes, comme l’a appris mon oncle aîné….
-J’arrive tout de suite »
Me relevant, je me dirige vers la sortie, passant à côté du fouet que je tenais en main quand je suis revenu à moi.

Hé, ramasses-le

Pourquoi donc ?


Parce que la prochaine fois que je devrais te sauver les miches, j’aime autant avoir déjà une arme.


Bien qu’espérant vivement que cela n’ait pas à se reproduire, je ramasse le fouet, que j’enroule avant de l’accrocher à ma ceinture.


A mon arrivée , les quelques membres dont nous étions sans nouvelle avaient rejoint le reste du groupe. La femme avec l’arc manque de s’évanouir en voyant le sang séché sur le bras de notre « grand héros »,et il avait fallu le soutien de notre « magicienne » et du jeune garçon pour l’empêcher de se faire mal en tombant au sol. Alastar discute avec notre « sculpture », suivi par ses deux animaux de compagnie, Exal était toujours inconscient, et Arkanis harcelait de questions Navet, allant des plus sensées de la part d’un tuteur inquiet aux plus farfelues, sous le regard gêné du reste de la bande. Les ignorant, je m’assis sur un rocher pour reprendre mon souffle. Le combat que Korgul a dû mener m’a ruiné la santé. Ce sera un miracle si je n’ai pas de courbatures au réveil. Etrangement, ma main me fait plus mal que le reste, comme si j’avais cogné quelque chose de toutes mes forces.


Et bien ,techniquement parlant…


Non, je ne veux même pas savoir. Actuellement, la seule chose que j’espère, c’est que Alastar, Exal, et Arkanis occupent suffisamment leur attention pour ne pas avoir à justifier comment diable je me suis débrouillé pour.
« Hé, vous, là, le maigrichon, enfin truc…
-Il s’appelle Norris, hein. »
Aïe. Bien ce que je craignais.

Je sens que je vais bien me marrer.

« Comment vous avez fait pour tenir tête à Exal tout à l’heure ? Vous n’étiez pas censé être trop faible pour vous battre, m’interroge la servante d’Alastar.
-J’avoue que je suis également curieux, fais ce dernier, se détournant un moment de sa discussion.
-Ho, il n’y a rien de si extraordinaire, ajoute Jansen. Mon arrière petit cousin, une fois, a vaincu à lui tout seul une armée de Ratons Laveurs Cannibales, il a prétendu avoir été possédé par l’esprit d’un grand chasseur de ratons qui….
-Assez, le gnome. »
Tiens, ce charabia me donne une idée. Je vais dire la vérité, ou du moins une partie.
« Oui, commençais-je en prenant un air abattu (ce qui à vrai dire, n’était pas très difficile à l’heure actuelle). Pour être franc, je ne vous ai pas tout dit.
-Non, ironisa encore cette… Linya.
-En fait, le gnome n’est pas très loin de la vérité. Contrairement à ce que j’ai raconté, je n’ai pas échappé aux gardes du Roi de Karia. Convaincu que j’étais un traître, il m’a capturé et enfermé dans un cachot. Persuadé d’un complot contre lui, ce qui était peut être vrai, il a tenté de me faire parler.
-Vous, commence la magicienne, vous voulez dire… »
Je laisse un silence, comme si tous ces souvenirs m’étaient pénibles.
« Oui, continuais-je. Il m’a torturé, à la fois physiquement qu’à l’aide de sortilèges. Je…Je ne sais pas combien de temps exactement cela à durer. Des jours, peut être des semaines. Ils m’ont maintenu en vie le plus longtemps possible, car j’étais leur seul prisonnier. »
Je jette un œil à mon public. Nombre d’entre eux sont suspendus à mes lèvres (à part ce « Navet » qui, de toutes façon, ne devait pas comprendre un traître mot). Seul Alastar semblait dubitatif. Peu importe.
« Comment vous êtes vous échappé, demande l’archère.
-Hé bien…Je ne saurais trop dire comment. A vrai dire, il semble qu’à un moment, mon esprit se soit fragmenté en deux, libérant une sorte de seconde personnalité.
-Seconde personnalité ?
-Oui. C’est un phénomène qui peut se produire, sous l’influence de certains sortilèges, paraît-il.
-C’est vrai, reprend la magicienne. Je me rappelle vaguement qu’on en avait parlé dans un cours.
-En effet, reprend Anaerys. Certains sortilèges de l’ordre d’Anathor pouvaient rendre un homme fou , écrasé par de multiples facettes de sa personnalité.
-Voilà. Apparemment, lors d’une torture, mon esprit a crée une autre personnalité qui, je l’ai appris bien plus tard par un compagnon de voyage, se faisait appeler Korgul de Cimer.
-Korgul de Cimer, reprend la prêtresse d’Anathor. Il me semble que l’une des histoires de notre ordre fasse référence à un barbare du même nom qui avait massacré nombre de nos prêtres il y’a….fort longtemps. »
Je me retiens de sourire. Décidément, elle est en train de me faciliter le travail, celle-là.
« En effet, c’est un barbare légendaire dont je lisais les aventures enfant. J’imagine que mon esprit a choisi de l’imiter car il est tout ce que je ne suis pas. Fort, courageux, impitoyable, sur de lui avec les femmes, continuais-je en me tournant vers Linya. Il arrive, généralement quand je suis en danger, qu’il prenne ma place, mais je ne me souviens pas de ce qu’il a fait.
-Alors, c’est pour ça qu’à la taverne vous ne vous souveniez plus de rien.
-En effet. Je ne contrôle pas ce que je fais quand je suis ainsi. Mais c’est grâce à lui que je suis en vie donc, je fais avec. »
Je cesse de parler un moment pour les jauger une fois de plus. Alastar continue de se poser des questions, mais les autres semblent marcher.
« Excusez-moi, fis-je en retenant du mieux que je peux un sanglot. J’ai essayé d’oublier ce qui s’est passé là-bas et, de tout remettre sur le tapis ainsi, ç’est… C’est dur. »

Je crois que je vais pleurer.

Tais-toi.
« Hmmm, il y’a quelque chose qui cloche avec cette histoire, commence Alastar.
-Ho, ça va, sans cœur, l’interrompt l’archère, au bord des larmes. Comment osez-vous accabler ce pauvre homme ?
-Pauvre homme c’est vite dit. Qui nous prouve qu’il dit la vérité ?
-C’est vrai, repris-je attirant ainsi de nouveau l’attention sur moi. Je ne peux prouver que je souffre d’un cas de dédoublement de personnalité, mis à part le fait que vous avez tous été témoin de ses actions. Cependant… »
Je me lève, et enlève ma veste, montrant aux autres membres du groupe les cicatrices et scarifications que m’ont infligés la « torture » (en vérité, résultats de la cérémonie de pacte que j’avais conclu, il me fallait beaucoup de sang). Je vois l’archère tourner de l’œil, manquant une fois encore de tomber au sol. Je finis par remettre ma veste.
« Cela me gêne un peu, mais je préférais éviter d’en parler. Mes précédents compagnons m’ont abandonnés quand ils s’en sont rendus compte. S’il vous plaît, ne faites pas pareil. Ne me laissez pas tout seul. S’ils me capturent encore, je sais que je n’y survivrais pas. »
Je sens les larmes couler sur ma joue. Mon paternel disait que je savais susciter l’apitoiement quand cela m’était nécessaire . Il avait raison. Je regarde leurs visages et je sais que j’ai gagné. Même Alastar n’est plus sur que je ment.

Du grand art. Tu leur a fait avalé tout rond une histoire inconcevable.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Lena le Sam 9 Mai 2009 - 22:42

Korgul de Cimer...Il lui semblait entendre encore son précepteur lui ressasser les exploits du barbare. Elle serait bien entendu incapable d’en réciter un seul, mais le nom l’avait marquée. Un nom ridicule, un nom de barbare. Elle haussa les épaules. Si certains admiraient les brutes épaisses ne s’exprimant que par la force de leurs armes, grand bien leur fasse. Elle était au-dessus de ça. Un coup d’œil vers le dénommé Norris lui apprit qu’il avait terminé son histoire. Il s’était tu, des larmes coulaient sur ses joues tandis que son regard, empli d’une profonde détresse, passait de l’un de ses compagnons à l’autre. Un vrai regard de chien battu. Tout le monde lui lançait un regard plus ou moins compatissant, mais personne ne semblait vouloir rompre le silence. Une bonne minute s’écoula, puis elle finit par prendre la parole, une pointe d’agacement dans la voix :

« Vous avez fini ? Bien, peut-être pourrions-nous nous remettre en route maintenant. »

Non pas qu’elle ait quelque chose contre ce...Norris, ç’avait du être terrible...Mais elle avait des choses autrement plus importantes à faire que de rester là à l’écouter. Comme par exemple...se rendre dans le duché de Torgas. L’immonde traître devait certainement se terrer dans le château de son cher père dans la capitale, par peur des représailles. Il avait bien raison de se cacher. La pensée de ce que le dénommé Alastar avait dit un peu plus tôt, des indices sur le temps qu’elle avait passé pétrifiée vint heurter sa conscience, mais elle s’empressa de les en chasser. Ridicule. C’était parfaitement ridicule. Peut-être s’était-il passé un peu plus de temps que ce qu’elle imaginait...50 ans. Peut-être même 100 ans. Les choses pouvaient beaucoup changer, en 100 ans. Et si personne ne connaissait Anator...Bah pourquoi s’interrogeait-elle ? Ce n’était rien de plus que de parfaits ignorants, voilà tout.

« Vous n’avez donc pas de cœur ?! »

Toute à ses réflexions, c’est à peine si la prêtresse entendit la remarque de l’archère. Ce n’est que lorsqu’elle réalisa que tous les regards étaient posés sur elle, et que tout le monde, le gnome compris, s’était tu, qu’elle daigna demander ce qui se passait.

« Un problème ?
- Quoi !? Mais...vous avez entendu ce qu’il a dit ? »

Il lui fallut quelques secondes pour comprendre de quoi l’archère voulait parler, mais un regard vers les autres et vers le dénommé Norris dont les yeux étaient encore baignés de larmes eurent tôt fait de le lui rappeler. Cette histoire de...torture. Elle secoua la tête. Elle ne voulait même pas y penser, ce qu’elle en avait entendu la première fois lui était bien suffisant.

« Ah...si j’ai entendu. Mais...nous n’allons tout de même pas y passer la journée... »

Les regards incendiaires que lui lancèrent la magicienne et l’archère semblaient dire le contraire.

« Si ? Oh je vous en prie, vous n’avez tout de même pas l’intention de vous éterniser dans cet endroit lugubre à écouter des histoires tout aussi lugubre ?
- Mais vous voyez bien qu’il ne va pas bien ! Et vous voulez l’obliger à repartir comme ça ?! Et Exall. Il doit être épuisé après toute cette histoire !
- Personne ne l’a invité à mettre cette armure. Il ne peut s’en prendre qu’à lui-même...
- Eh ! Comment je pouvais savoir qu’elle était maudite moi cette armure ? »

La prêtresse tourna la tête vers l’intéressé, une expression exaspérée sur le visage.

« Dans le doute, il ne fallait pas l’essayer.
- Mon oncle Bufron répétait le contraire sans arrêt. Il vendait des chaussures, ah les chaussures Bufron, vous ne devez pas connaître, vous autres grandes gens, mais elles sont très célèbres par chez nous. Des chaussures faites avec le meilleur cuire, teintes avec les meilleurs colorants, à base de navets bien sûr...
- Oh par Anator, vous ne pourriez pas arrêter avec ça ?!
- Navet ? »

Le gnome avait ignoré consciencieusement l’interruption de la prêtresse mais il gratifia l’enfant sauvage d’un sourire.

« Oui, de navet, mon petit Navet. On n’imagine pas les propriétés étonnantes que possède cette racine au parfum enivrant. Même son odeur d’ailleurs possède des vertus thérapeutiques extraordinaires. C’est d’ailleurs pour cette raison que je ne suis jamais malade, j’ai...
- Est-ce que vous pourriez arrêter deux minutes ?! »

Cette fois, le gnome eut la décence de se taire et de lever les yeux vers celui qui venait de parler, le guerrier au visage à demi bronzé.

« Merci. Bon, je pense que vous serez tous d’accord pour passer la nuit ici et repartir demain ? Il faudrait que nous établissions des tours de garde, ensuite vous pourrez...continuer vos discussions.
- Je pense qu’il serait préférable de partir tout de suite.
- L'après-midi touche à sa fin, et il n’y pas de villages à plusieurs lieux à la ronde. Si nous sortons, nous dormirons dehors. Ici au moins, nous sommes à l’abri.
- Comment pouvez-vous le savoir...
- Nous restons, et c’est mon dernier mot. Mais si vous avez envie de partir, personne ne vous retient...
- Comment osez... »

La jeune femme s’interrompit, regarda autour d’elle. L’archère et la magicienne s’étaient approchées du maigrichon, l’autre guerrier écoutait la conversation sans sembler vouloir s’en mêler, le gnome avait reprit son monologue, avec pour seul spectateur l’enfant sauvage et elle eut l’impression, étrange, déroutante, que ce qu’elle avait à dire, que son sort même ne les intéressait absolument pas. Bien entendu, elle chassa rapidement cette idée, ce ne pouvait être le cas. Toutefois, elle préféra jouer la carte de la prudence, capituler, au moins pour cette fois, et répondit, presque à contrecoeur :

« Très bien. Cela vaudra sans doute mieux que de dormir à la belle étoile je suppose. Au moins serons-nous à l’abri des bêtes sauvages.
- Ah ça, c’est ce que croyait mon grand oncle Golodon l’intrépide. Un grand voyageur, il ne dormait quasiment jamais deux fois au même endroit. Il a tout essayé, il lui est même arrivé de s’endormir sur un tas d’ordures...
- Ah, vous n’allez pas recommencer ! »

Le gnome ne s’arrêta pas, ignorant, sciemment ou non, l’interruption de la prêtresse.

« Bien sûr, il ne s’en est aperçu que le lendemain, quand il s’est retrouvé nez à nez, ou plutôt devrais-je dire nez à truffe avec un énorme molosse. Il devait faire...oh bien un mètre cinquante au garrot. Remarquez, ce n’est rien, comparé à la fois où...»
« Je reste, mais je ne supporterai pas ces...anecdotes toute la soirée ! »

Joignant le geste à la parole, la jeune femme tourna les talons avec toute la dignité qu'il lui restait et commença à se diriger vers l’intérieur de la grotte, bousculant au passage le gnome qui, déséquilibré, s’étala lourdement sur son sac de voyage. La prêtresse s’arrêta, de mauvaise grâce, en entendant un bruit de verre brisé. Tout le monde s’était tourné vers le gnome et vers le sac d’où commençaient à s’échapper plusieurs fumerolles colorées.

« Oh...non...
- Qu’est ce que c’est ?
- Qu’est ce qui se passe ? »

Le gnome se releva, péniblement, et s’éloigna de son sac, d’un pas, puis de deux.

« Sortez.
- Quoi ?
- Sortez de la grotte, tous. »

Obéissant à son ordre, le gnome fit encore quelques pas en direction de la sortie, enjoignant d'un geste l'enfant sauvage à l'imiter. Les autres le regardaient, hésitants, jusqu’au moment où une odeur nauséabonde vint leur chatouiller les narines, les incitant à quitter les lieux eux aussi. Le premier venait tout juste de sortir, lorsqu'une première explosion se fit entendre, suivie du bruit d'une première chute de pierres. Rapidement, chacun commença à accélérer le pas, certains regardant un arrière, cherchant du regard un compagnon, d'autres les yeux rivés vers l'extérieur. Puis une deuxième explosion retentit, les pierres se mirent à pleuvoir dans la grotte et le cheminement vers la sortie, qui jusque là s'effectuait dans un calme relatif, tourna à la débandade...

_________________
"Nous étions entrés dans un endroit idyllique, par un après-midi merveilleux. Cela aurait été dommage de le maculer de sang, surtout si ce devait être le mien." (Corwin)

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Scieszka le Lun 11 Mai 2009 - 17:17

La surprise, la surprise! La fiche du personnage est en début de fil, je l'ai repris avec l'aimable autorisation de Yoko. Je crois que ce n'est pas la peine d'en dire plus, vous avez déjà tous deviné qui revient dans la fiction...

J’étais bien décidée à retrouver le guérisseur de fortune qui m’avait rendue muette. Cela faisait un moment maintenant que j’avais perdu l’usage de la parole par sa faute, et j’avais perdu sa trace en essayant de trouver quelqu’un qui soit capable de me guérir. Malheureusement, tous les mages et médecins à la porte desquels j’avais frappé s’étaient révélés incapables de faire quoi que ce soit pour remédier à mon handicap. J’avais même tenté d’avoir recours à un alchimiste célèbre, qui m’avait été recommandé par l’un des médecins que j’avais consultés, mais cela aussi avait été vain. Il ne me restait plus qu’une solution : il fallait que je remette la main sur ce gnome de malheur, que je lui prenne une fiole de sa maudite potion, pour la faire analyser par quelqu’un de compétent. Et je me disais que quand j’arriverais à lui mettre la main dessus, il m’entendrait… Enfin, façon de parler, si je pouvais m’exprimer ainsi. Quelle poisse !

Évidemment, mes finances s’étaient ressenties de ma mésaventure. Barde muette, en voilà une belle affaire. Je pouvais toujours jouer de la lyre dans les diverses auberges où je m’arrêtais, c’était déjà ça. Mais sans ma voix, impossible de chanter les hauts faits du preux Kilador pour l’amour d’Urgande la Blonde, ou le désespoir du vaillant Cildadant et sa quête pour retrouver son honneur perdu, sans parler de l’histoire de la vengeance du chevalier Florestan contre l’infâme Lisuart le Traître… Et, partant, chacune de mes prestations était bien moins rémunérée. J’enrageais de me retrouver réduite à créer des musiques d’ambiance. Le charlatan m’avait promis la noblesse de Karia à mes pieds… Je n’y avais certes pas cru une seule seconde, mais j’avais eu le tort de penser que sa potion soulagerait un léger mal de gorge naissant. On ne m’y reprendrait pas à deux fois. En plus, elle avait un atroce goût de navet. Moi qui avais toujours détesté l’affreuse soupe de navets que mon oncle avait toujours préparé tous les soirs, aussi loin que je me souvienne…

Je me secouai. Ces pensées, cela faisait des centaines de fois que je les avais ruminées ; elles ne m’apportaient rien de nouveau. Et il fallait que je reste sur mes gardes : voyager seule, surtout quand on était une femme, même en partie elfe, n’était pas sans risque. De plus, cette forêt était réputée pour être dangereuse, sans que personne ait pu me dire vraiment pourquoi. Il y avait relativement peu de brigands, et le chemin que je suivais était suffisamment fréquenté pour qu’il soit rare d’y rencontrer des bêtes féroces. Je me dis que la réputation de cette forêt devait avoir un vague rapport avec la magie : sans doute de bêtes superstitions, à moins qu’il ne s’agisse d’une vieille légende de malédiction. Je notai mentalement cette idée : il fallait que j’essaie d’en savoir plus. S’il y avait effectivement une histoire de ce genre attachée à la forêt, cela me permettrait peut-être de composer une nouvelle chanson, qui intéresserait certainement les habitants de la région. Si je pouvais retrouver ma voix un jour…

A propos de la région, je me fis la réflexion que j’étais partie du dernier village croisé le matin, et que j’étais encore loin du suivant. Il n’était pas si tard, mais la journée tirait vers sa fin : il allait falloir que je commence à songer à trouver un endroit adéquat pour y passer la nuit. Manifestement, j’étais partie pour camper ; seule et en pleine forêt, cela ne m’enthousiasmait guère. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver une fois la nuit tombée, et la réputation de la forêt n’était peut-être pas usurpée.

Soudain, j’entendis une cacophonie de cris mêlés d’interjections, et la cavalcade d’un groupe assez important, ce qui me tira de mes pensées. Avant que j’aie pu déterminer d’où cela venait, je fus bousculée et presque jetée à terre : un rassemblement hétéroclite de personnes était arrivé en courant, fuyant à toutes jambes dans la direction opposée à la mienne, et l’un des membres de cette compagnie m’était rentré dedans de plein fouet. Au lieu de regarder où il mettait ses pieds, cet individu racontait une vague histoire de cousin éloigné tout en galopant à côté d’une jeune femme qui ne semblait pas l’écouter. Il était tombé, et il commençait à s’excuser en même temps qu’il se relevait, tout en évoquant, le Ciel sait pourquoi, son arrière-grand-tante, quand je le reconnus. C’était le gnome, l’imposteur, celui par la faute de qui j’étais désormais muette.

Mon sang ne fit qu’un tour. Je réagis sans doute de la façon la plus stupide possible. Dans l’espoir d’obtenir enfin une fiole de ce maudit produit, je me jetai sur lui avant qu’il n’ait eu le temps de se relever complètement, et lui mis ma rapière sous la gorge. Cela s’était fait en une fraction de seconde. Le résultat fut pitoyable : je me retrouvai dans une situation inextricable, mon handicap m’empêchant d’expliquer les raisons de mon geste. Les compagnons du charlatan, d’abord interloqués, commençaient à revenir de leur surprise. Il allait falloir que je trouve une solution, et très rapidement encore. Celui qui semblait mener le groupe essayait de comprendre ce qu’il se passait.
« Mais enfin, qui est cette fille ? On va encore perdre du temps, ce n’est pas vrai ! Mais qu’est-ce que c’est encore que cette histoire !
- Non mais c’est une vraie malédiction ! s’écria un très jeune homme qui se tenait juste derrière lui, s’attirant ainsi un regard noir de la jeune femme qui tenait le bras du chef de cette petite troupe.
- Tiens, le bonhomme s’est tu ! Ca nous fait des vacances ; ce genre de prises d’otages devrait se produire plus souvent, persifla une autre femme, très richement vêtue, qui ressemblait à une enluminure tirée des plus anciens manuscrits de chansons de geste.
- C’est une idée, ça… dit une autre jeune femme, qui portait une cape verte. Et si on le plantait là, et qu’on continuait notre route sans l’avoir dans les pattes ?
- Navet ? »
Cette dernière interjection venait d’une espèce de môme, accroupi dans une flaque de boue. Ce gamin était affreusement sale, et ses cheveux hirsutes devaient être pleins de poux, de puces et autres bêtes peu ragoûtantes. Il n’était vêtu que d’un lambeau de tissu, aussi sale que lui. Je ne pus m’empêcher de me dire que si ces gens traitaient ainsi leurs enfants, cela en faisait une compagnie bien peu recommandable…

Les choses étaient en train de prendre une drôle de tournure. Plusieurs de ses compagnons faisaient vraiment mine de poursuivre leur chemin, en nous laissant là, mon charlatan et moi. De plus, cela semblait l’avoir fait se remettre du choc. Il commença à dévider un flot de paroles qui me cassait les oreilles :
« Hé, vous n’allez quand même pas me laisser là ! Revenez ! C’est une trahison indigne, au moins autant que celle à laquelle l’arrière-grand-oncle par alliance de ma nièce Globulda a été confronté au temps de la grande guerre des dragons… »

Après une discussion houleuse, l’homme qui avait pris la tête du groupe semblait avoir obtenu des autres qu’ils attendent quelques instants. Bon, il allait s’occuper de moi, et je ne voyais toujours pas d’issue… Il allait falloir me montrer inventive. Je reculai, tenant toujours le gnome, et me collai le dos contre un arbre. De la main gauche, je saisis un couteau que je tenais toujours caché sous mes vêtements, sur la poitrine, et le collai sous la gorge de l’escroc, dégageant ainsi ma main droite qui tenait la rapière. Je n’avais aucune envie de me battre, mais je sentais que, puisque j’étais totalement incapable de me faire comprendre, il allait bien falloir en arriver là. Effectivement, deux des hommes, les deux premiers à avoir parlé, se dirigeaient vers moi, l’épée au poing. Ils semblaient être parfaitement à l’aise avec leur arme, même si celle du plus jeune semblait disproportionnée pour un garçon de son âge. Je n’en menais pas large : je n’avais strictement aucune chance contre ces deux-là.

« Mais pourquoi diable avoir fait cela ? »

L’aîné des deux avait pris la parole. Il n’avait pas l’air du genre à foncer dans la bagarre sans réfléchir. J’aurais sans doute pu dénouer assez facilement la situation, si seulement je pouvais émettre le moindre son…

« …
- Mais c’est ridicule, allons… Arkanis est totalement inoffensif ; il nous saoule peut-être, mais ça n’est quand même pas une raison pour le prendre en otage comme ça ! Qu’a-t-il donc bien pu vous faire ?
- Je n’ai jamais vu une chose pareille, et même mon trisaïeul, qui pourtant en a vu de belles, n’a jamais connu de mésaventures aussi…
- Vous, bouclez-la, ou je vous laisse là, vu ?
- … »

Incapable de répondre, je secouai vivement la tête en signe de dénégation : j’étais tout de même la preuve vivante que cet imposteur était bel et bien capable de nuire, et de belle façon encore. Cependant, ils ne me comprenaient pas, évidemment… Je devais avoir l’air maligne, à ouvrir la bouche à tout bout de champ pour tenter de rétorquer quelque chose, sans y parvenir. Je tentai d’instaurer le dialogue en faisant de grands gestes de ma main libre, la main droite, mais comme je tenais toujours fermement ma rapière, je ne parvins qu’à faire de grands moulinets avec celle-ci. Le seul résultat fut que les deux hommes se mirent en garde. J’étais dans de sales draps.

« Eh bien, répondez, quoi ! Non mais regardez-moi ça, une prise d’otage sans la moindre revendication ! Dites-nous au moins ce que vous voulez ! s’écria le plus jeune, qui semblait être en train de perdre patience.
- …
- On dirait qu’elle cherche à se venger de quelque chose… »

J’acquiesçai vigoureusement. Peut-être allais-je finalement trouver une porte de sortie ?

« Ah, la vengeance, quelle noble quête ! Cela me rappelle cette histoire qu’on m’a racontée quand j’étais tout petit, au sujet de la belle-sœur de la grand-mère de Garinter, mon cousin au quatrième degré du côté de ma mère…
- On vous a dit de la boucler, si vous voulez rester vivant !
- La belle-sœur de la grand-mère de Garinter, donc, qui fut trahie et bafouée par son amant, lequel lui promit mariage…
- La ferme, j’ai dit ! Eh, dites donc, Alastar, qu’en pensez-vous ? Il s’adressait maintenant à son compagnon. Manquerait plus que ce joli brin de fille ait été la maîtresse de notre ami, non ? Ca serait drôle, tiens ! Je suis sûre que c’est une Elfe, et l’imaginer avec un gnome, c’est pas mal… A moins qu’Arkanis soit beaucoup moins recommandable et inoffensif vis-à-vis des dames qu’il n’en a l’air…
-… !!!!! »

Allons bon, c’était la meilleure ! Tandis que je secouais vigoureusement la tête pour essayer de faire comprendre à ce sale môme que c’était totalement invraisemblable, le dénommé Arkanis se lança dans une logorrhée assourdissante, pour défendre son honneur et sa réputation, à ce qu’il disait. Cela allait de mal en pis pour moi… Je pouvais oublier le flacon de potion au navet, et je sentais que je n’étais pas prête de pouvoir chanter à nouveau.

Soudain, je poussai un hurlement muet, et lâchai rapière et couteau. Une douleur intense me saisit la jambe. Je baissai les yeux, et vis le gamin que j’avais entendu tout-à-l’heure crier « Navet » me mordre le mollet à pleine dents, en grognant, exactement comme un chien. Je tentai de me dégager, mais c’était impossible. En quelques enjambées, les deux hommes à l’épée m’avaient rejointe, mise à terre, maîtrisée, et, après avoir fait lâcher prise au mioche, m’avaient lié les mains derrière le dos. Je regrettai davantage encore d’avoir cédé à ma première impulsion lorsque j’avais reconnu le charlatan : je voyais moins que jamais comment j’allais me tirer d’affaire.

A vous les studios pour la suite! Amusez-vous bien, je suis sûre qu'une barde muette, ça vous donnera de l'inspiration... Le premier (ou la première) qui trouve un moyen de communiquer avec elle (de préférence loufoque) a gagné, heu... l'expression de ma plus haute considération.
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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Elladan le Mar 12 Mai 2009 - 17:15

Et voilà ! Un bon petit poste de chez moi ^^


Une jeune fille venait de prendre en otage notre gnome et elle fut vite maitrisée grâce à Navet qui l’a surprise. Elle était maintenant inoffensive et ligotée. Tout le monde débattait pour savoir ce qu’il fallait en faire, si on la laissait là pour être dévorée par les loups et autres monstres, si on la tuait directement et d’autres idées farfelues venant du gnome. Je décidai de laisser les adultes comme ils avaient tous l’air mâtures entre eux et j’allai m’assoir en face de la jeune femme. Elle ressemblait à une elfe, en tous cas elle était assez jolie pour être des leurs. Je continuai à la regarder sous toutes les coutures et elles ne faisait que me renvoyer mon regard. Je tentai de parler avec mais rien, quand on lui demande son nom elle bouge les lèvres mais aucun son ne sort de sa bouche. Navet quant à lui ne la lâchait pas des yeux, il défendait Arkanis comme si c’était son père. Ce jeune garçon était spécial mais il avait le sens de l’honneur et le courage, ou peut-être tout simplement l’insouciance.

Je me relevai devant la jeune femme, il fallait que je vérifie quelque chose. Je pris Surion et je l’approchai de la plaie que Navet avait fait à sa jambe, le petit avait une sacrée mâchoire. Je collai l’épée une fraction de seconde à la plaie et je l’enlevai. Ce que je vis ou plutôt ce que je n’entendis pas me surprit. La jeune femme n’avait pas crié alors qu’une cautérisation fait extrêmement mal surtout avec une lame chaude. Je me retournai vers les autres et interpelai Alastar.
-Peut-être qu’Arkanis est comme toi avec ta copine ! Il ne peut s’empêcher de se disputer avec les femmes !
Alastar me lança un regard, si ses yeux étaient des arcs il m’aurait déjà tué avec. Puis j’enchaînai en leur annonçant la nouvelle, notre nouvelle venue est muette.

Tout le monde s’approcha d’elle pour essayer de trouver le moyen de dialoguer.
Je la regardais toujours dans les yeux, pour comprendre quelqu’un il fallait être dans sa tête. Mais moi je n’étais pas le médecin du groupe, je ne suis que le jeune imprévisible !
Elle regardait Arkanis avec un regard, je ne pouvais le décrire puis je me lançai dans une explication :
-Nos deux amis ici présents, la demoiselle et notre ami le gnome ont eu une liaison, le gnome honteux de lui a décidé de s’enfuir pour ne pas que la nouvelle se répande, enfin personnellement je n’aurais pas été honteux, mais les gnomes sont spéciaux. Ensuite cette jeune femme s’est lancée à la poursuite d’Arkanis pour se venger et quand elle l’a vu son sang n’a fait qu’un tour dans sa tête et elle lui a sauté dessus.

Directement Arkanis s’énerva et lança des injures en tous sens, il disait qu’un gnome et un elfe serait la chose la plus dégoutante qu’il ait jamais vu et qu’il préfèrerait être mort que de voir ça une fois dans sa vie, malgré qu’un de ses grands-oncles fut tombé amoureux d’une elfe…

Bon mon idée n’était pas bonne mais dans ce cas là pourquoi la jeune femme en voulait-elle au gnome ? Elle n’avait rien d’une voleuse et plus je la regardais plus je trouvais que quelque chose n’allait pas. Puis je vis le luth dans son dos, je m’approchai d’elle et lui dis :
-Je peux me permettre ? tout en mettant une main sur le luth.
Un signe de tête signifiant oui m’y autorisa. Je pris alors l’instrument et le montrai aux autres.
-Un luth et cette jeune femme serait muette, en général on ne fait pas de musique sans chanter, et cette jeune femme a plus le physique d’une jolie chanteuse que d’une musicienne de fond. Puis je repensai à la première fois que j’avais vu Arkanis, à la ville il vendait des potions à tout le monde. Je regardai la jeune femme.
-Si on te détache tu ne fais rien de stupide, je n’ai pas envie de tuer une si jolie personne.
Elle acquiesça, je sortis ma lame au poignet et la détachai, puis je lui remis le luth entre les mains. Puis je dis :
-Joue, et essaye d’être claire que l’on comprenne ce que tu veux dire.
Un sourire illumina son visage, mais Alastar lui avait une main déjà sur son fourreau. Il n’avait pas confiance, pourtant je sentais que j’avais pris la bonne décision. Elle commença à jouer une chanson. Navet lui dansait pendant que le gnome racontait les musiciens de sa famille. Puis Lynia avait trouvé le nom de la chanson, Sondarf , le premier mot était clair. Le début de l’histoire s’est passé à Sondarf. Puis un autre air et le gnome dansait comme un fou en disant que ça venait de son pays. Alastar cria :
-A Sondarf le gnome !

La jeune femme eut un sourire. Nous étions donc sur la bonne voie, puis je la regardai et enchainai :
-Le gnome vendait des potions.
Elle me fit signe de la tête, puis elle posa sa guitare et fit signe qu’elle buvait quelque chose. Le réflexe de la femme statue fut de dire elle a soif, tout le monde chercha de l’eau et lui tendit une flasque pour boire, puis un non de la tête. Nous avions mal compris. Enfin le gnome s’approcha d’elle, puis il se retourna vers nous et dit :
-J’ai compris, elle est victime d’un effet secondaire d’une de mes potions, c’est la recette claire voix de mon ancêtre. Une potion qui rend la voix claire comme de l’eau de roche. A mon avis si elle avait une belle voix avant elle a du la perdre. Pourtant cette potion est composée en grande partit de différents Navets. Je sais comment lui rendre la voix enfin j’ai su un jour…
Le visage de la jeune femme venait de passer de la joie à la colère en quelques secondes.

Personne ne parlait je me décidai donc à ouvrir la discussion en regardant Arkanis.
-Tu peux lui rendre sa voix ?
-Bah c’est que mes produits ne sont ni remboursables ni échangeables…

Je le regardai et dégainai Surion, Alastar dégaina automatiquement et pointa son épée vers moi.
-Ce que je peux faire avec celle-là c’est sans retour aussi, alors tu vas faire un effort et concocter un remède.

Puis je regardai Alastar qui me fit comprendre de baisser ma lame. Je fis un moulinet de la main droite qui le désarma et je lui collai mon poing en pleine face. Je commençai à dire :
-Ca c’est pour tout à l’heure !
Puis je tombai au sol et je m’évanouis.

Quelques minutes plus tard je me réveillai, Alastar était debout et tout le monde me regardait. Ils étaient tous en cercle autour de moi. Maintenant je n’avais aucun doute Alastar était plus qu’important pour les chevaliers, il m’était supérieur en grade et dans la hiérarchie familiale il n’y avait presque pas de supérieur à part… Nan ce ne serait pas possible…
Je me relevai. Puis je regardai Arkanis il était avec Navet et fouillait ses affaires pour essayer de trouver quelque chose tout en expliquant à l’enfant les différentes vertus de ses composants. Tout le monde retourna à ses occupations. La jeune femme était assise au pied d’un arbre, je montai sur une des branches de l’arbre et j’attendis. Maintenant il fallait espérer que le gnome trouve quelque chose. Cela faisait longtemps que je n’avais pas écouté de chansons, la dernière que j’avais écoutée c’était une chanson que ma mère me chantait de temps en temps. Elle contait l’histoire d’un roi et de sa femme, mais la femme avait été mariée pour calmer une guerre et elle était amoureuse d’un homme qui était devenu chevalier et qui par amour avait trahi son serment. J’adorais cette histoire car c’était bien là la seule trahison que je comprenais…
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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par tigrou66 le Jeu 21 Mai 2009 - 9:34

Et voilà encore un problème causé par Arkanis. Il en manque pas une, chaque fois qu'il y a un soucis on peut être sur qu'il est fourré dedans. Et le pire est que maintenant on doit , en plus des ses sornettes, se taper le mécontentement de son public. Il faut dire que franchement elle est pas futée pour avoir essayé une potion de ce gnome. Mais le plus important est de lui faire retrouver la voix pour avoir des explications plus clairs et connaître ses intentions.

- « Alors tu la trouves cette potion ? 
- Ma chère savez vous que vous êtes entrain d'interrompre une leçon vitale pour la connaissance de ce jeune ignorant en matière de navet! Ne soyez pas aussi pressée que ce cher Andy perché sur sa branche. Mais je suis ravi de voir que vous vous intéressez enfin à ce que je fais et je suis d'accord d'ouvrir votre esprit sur la culture du navet...
-non mais je rêve, çà va pas la tête, je n'ai que faire de vos babioles abracadabrantes qui nous causent toujours des problèmes!! Et puis c'est quoi ce bordel inutile. Regardez moi çà, des papiers tous collés les uns aux autres et ce truc gluant là c'est quoi? Encore une machination sortie tout droit de votre cerveau en chantier...
-En effet j'ai eu quelques soucis avec certaines personnes maladroites qui ne savent pas marcher droit mais...Ne toucher pas à çà!!c'est un colle-tout, très utile quand vous voulez vous débarrasser d'une foule de personne trop insistante pour vous faire des éloges. Vous voyez il suffit de l'enlever de son pochoir protecteur et de le balancer au milieu pour qu'il explose et fige tout ce jolie monde ensemble. Arrêtez de mettre vos mains partout dans mes affaires et revenons en à nos navets...... Ah oui."

Le gnome avait vidé tout son sac et rien ne semblait l'inspiré pour aidé la pauvre victime. Aprés un bon moment de réflexion devant une pile de bric à brac, il se tourna et devant tous nos regards fixés sur sa petite personne, il lança gaiement qu'il n'avait aucune solution pour aider la barde. Tout d'un coup la tension qui était déjà palpable explosa. Exall sauta sur le gnome et le prit par la gorge en le secouant dans tous les sens pour détâcher sa tête de son corps comme une bouteille de champagne dont on arrive pas à retirer le bouchon. Pour séparer les deux compagnons, Alastar et Linya essayèrent de s'intercaler et de raisonner Exall qui depuis le coup de l'armure avait une fâcheuse tendance à réagir sans réfléchir mais rien n'y faisait. De son côté, la femme statue était tellement atterrée qu'elle parlait tout seule comme si quelqu'un posté dans le ciel l'écoutait. Norris, restait à l'écart de ce grand n'importe quoi mais voir ses compagnons s'étripaient lui faisait un bon divertissement. Quant à navet, comme à son habitude, toute cette agitation l'excitait et lui donnait envi de sautait partout. Il adorait quand les gens du groupe se parlaient entre eux avec des grands gestes, des figures rouges toutes déformées et qu'ils se prenaient tous dans leur bras. Puis mes encouragements pour soutenir Exall furent tout d'un coup stoppé par un grand bruit et une fumée épaisse d'une couleur rose bonbon envahissante. Après quelques minutes elle se dissipa pour laisser apparaître une magnifique chèvre marron et noire.

Un silence s'installa autour de cet étrange phénomène jusqu'à ce que ma perplexité laisse échapper une question.
- « c'est quoi cette chèvre?
-je sais pas et cette fumée rose? Suivit Linya.
-hum,à mon avis çà vient de la magicienne vu son visage tout rouge."

En effet Norris avait vu juste. Pendant le vacarme que faisait Exall personne ne s'était aperçu que la magicienne s'était approchée de la barde. Elle lui avait parlé de ses dons en magie et avait essayé de réaliser un tour appris à ses premiers cours de magie. Hélas comme à son habitude, le sort ne fonctionna pas et il fut détourné de son objectif laissant de sa trace une magnifique chèvre au milieu de la scène. La magicienne gênée ne savait plus où se mettre et le regard interrogatif de ses compagnons ne l'aidait pas vraiment. Elle essaya de dire quelques choses mais les mots se bousculaient dans sa tête et rien de concluant ne put servir d'explication avant que Linya s'aperçoive du réel problème que ce sort impliqué. En effet le sort qui fut détourné de la folle muette agissa sur un autre membre de la communauté. Norris était toujours au même endroit, Navet s'était tout d'un coup assagit pour s'intéresser de plus prés à la vie d'une chenille, Exall avait lâché le gnome, celui-ci était assis parterre à mes pieds. Il ne manquait qu'une personne dans le groupe et cette personne était tout pour Linya. A la place de l'amour de sa vie se tenait cette chèvre qui n'arrêtait pas de bêler. D'une voix timide et hésitante, la magicienne avança vers le groupe.

- «  Euh, je pense que.... Alastar se tient devant vous...
- quoi, qu'est ce que tu veux dire par là ?
- Et bien , Linya, le sort que j'ai jeté c'est répercuté sur Alastar et maintenant le voilà."

La main tremblante de la magicienne désigna la bête. A ce moment là, Linya s'écroula sur le sol, son regard perdu, fixé sur l'animal. Elle resta quelques minutes comme çà sans rien dire puis elle tourna doucement son regard vers la magicienne, les yeux remplis de larme.

- «  ne me dis pas que tu ne sais pas comment le ramener à son état normal...
- euh... je veux bien essayer un autre sort mais généralement j'obtiens le même effet et je pense que... euh.... se serait mal venu de transformer quelqu'un d'autre....
- Hum oui on va arrêter là les tours de magie loupés. C'est pas vrai t'aurais pu te retenir, on n'avait pas besoin de çà. fit Exall de plus en plus agacé par le ridicule de la situation.
- Je pensais pouvoir aider.
- Je n'avais jamais vu une telle chose dans ma vie, notre aventure semble de plus en plus intéressante et je vais épater tous le monde avec nos périples. Aucun gnome que je connaisse n'a raconté de telles prouesses...
- Le gnome tais toi, c'est pas le moment.
- Et comment on fait maintenant ? C'est malin d'utiliser des pouvoir qu'on ne contrôle pas! C'est quoi ce groupe, tous des incapables.
- Aenerys tu as peut être une solution au lieu de critiquer tout le monde?
- Moi, non je sais pas réparer les bêtises des autres. Et même si je le pouvais, je ne gâcherai pas mon talent pour vous. Et tu es mal placé pour me dire d'arrêter de critiquer, toi qui préfère utiliser la force pour intimider les autres.
- Çà nous avance. Laissais je accompagné d'un grand soupir d'exaspération.
- Est ce qu'il existe un remède?
- je..... je ne sais pas.....l'effet peut se dissiper tout seul mais le temps dépend de la personne sur qui çà tombe.
- Bon et bien il ne reste plus qu'à passer la nuit ici et peut être que demain Alastar sera redevenu normal avant de reprendre la route. Et j'espère que cette nuit va vous faire retrouver vos esprits pour vous rappeler de vos remèdes à vous deux.
- Çà va te faire du bien aussi. Fit Aenerys entre deux toux sèches. »

Aprés cette longue journée, la compagnie installa enfin un camp de fortune pour se reposer. Les tentions entre les membres s'atténuèrent un peu mais les regards que certains se lançaient en disaient long sur leur pensée. La nuit fut calme et paisible avec un ciel dépourvu de nuage. Au petit matin, la situation n'avait toujours pas évolué. La barde n'avait toujours pas récupéré sa voix, le gnome n'arrivait pas à mettre la main sur une fiche de son remède miracle contre les effets secondaires car l'explosion qui avait eu lieu dans la grotte avait collé et tâché la plus part de ses affaires entre-elles. La chèvre était toujours là et elle ne semblait pas vouloir se transformer. Linya lui avait attaché un bout de corde autour du cou pour garder son amour prés d'elle. Alastar n'étant plus capable de diriger le groupe, Exall s'était proclamé tout seul comme le second chef. Cette décision n'était pas au goût de tous mais personne n'avait rétorqué. Il fallait mieux le laisser faire, au moins cette tâche lui occuperait l'esprit et il ne penserait pas à tuer un de ses compagnons ou à faire encore un truc stupide. La barde
avait ainsi rejoint logiquement notre groupe. Elle avait l'air complètement déboussolé devant l'incompétence de certaines personnes. Son envi de botter les fesses du gnome avait laissé place à une grand vide de désespoir. Comment allait elle pouvoir retrouver sa si jolie voix avec un incapable de cette espèce. De son côté, Norris suivait le groupe, depuis son exploit dans la grotte et son récit si émouvant qui m'avait tant touché, il m'inspirait de la sympathie. A présent je comprenais mieux pourquoi il restait toujours un peu à l'écart des autres. A côté de moi, la magicienne était toujours gênée par son exploit loupé de la veille. Elle regardait sans cesse ses pieds et manquait des fois de se prendre des branches d'arbre dans la figure. Toutes mes tentatives pour la consoler s'étaient réduites à des échecs mais la route était encore longue et la journée s'annonçait belle et ensoleillée.
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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Mélanie Mustang le Lun 25 Mai 2009 - 17:45

VENGEANCE!!!!!!!!!!!

Je gardai les yeux fermés après ma nuit de sommeil. J’avais rêvé, c’était certain. J’allais ouvrir les yeux et découvrir que tout cela n’avait été qu’un rêve stupide. Un mauvais rêve. J’allais ouvrir les yeux et me rendre compte que tout était normal, que je n’avais pas été transformé en chèvre par une magicienne de pacotille.
Je respirai profondément et ouvris les yeux. Linyia était allongée à côté de moi, les yeux fermés. Elle était belle… Si paisible lorsqu’elle dormait… J’essayai de lui parler, mais le seul son qui sortit de ma gorge fut un bêlement stupide. Linyia ouvrit les yeux et je me sentis alors envahi par une profonde détresse.
-Alastar…
Je me relevai sur mes quatre pattes, vis mes vêtements pliés dans un coin avec mes armes et le reste de mes affaires. J’allai m’asseoir un peu plus loin pour essayer de me calmer. Une chèvre… J’étais devenu une stupide chèvre par la faute de cette gamine incompétente. J’aurais mieux fait de laisser les villageois lui régler son compte. Décidément, les magiciens n’apportaient jamais rien de bon.
-Alastar, ne t’inquiète pas, dit Linyia en venant s’asseoir à côté de moi. D’après la magicienne, la transformation n’est que temporaire…
-Temporaire ? Tu parles !
C’était du moins ce que j’aurais voulu dire. Mais à nouveau, tout ce qui sortit de ma bouche fut ce stupide bêlement. Je décidai de ne plus dire le moindre mot jusqu’à ce que je retrouve ma forme normale et tournai le dos à Linyia.
D’abord la malédiction de Barwald et ensuite ça… Qu’est-ce que les dieux et les magiciens avaient contre moi, bon sang ! Tout cela commençait à bien faire !
-Qu’est-ce qu’il a ? demanda la voix de Exall en s’approchant. Il fait la tête ?
J’entendis Linyia soupirer. Avec un certain plaisir, je vis Exall approcher sa main de ma tête pour la caresser. Avant même qu’il ait eu le temps de faire le moindre geste, je mordis sa main. Il hurla de douleur et je lâchai sa main au bout de quelques secondes. Il recula en se tenant la main et en pestant contre moi. Je baissai la tête et lui fonçai dans le ventre. Il s’écroula au sol en criant à nouveau et je mis mes deux pattes avant sur son torse en le regardant comme je le pouvais dans les yeux.
Puis, je retournai m’asseoir dans mon coin, près de l’arbre, loin des autres.
Cela m’avait fait du bien. Exall commençait sincèrement à m’énerver. Il ne réfléchissait à aucun de ses gestes ou de ses paroles. Lorsque j’aurais retrouvé ma forme normale, je lui dirais ma façon de penser sur son comportement indigne d’un Chevalier, ce qu’il prétendait devenir.
-On dirait que notre ami Alsty n’est guère d’humeur à profiter de sa nouvelle apparence, dit la voix d’Arkanis dans mon dos. C’est pourtant une occasion unique d’étudier le comportement des chèvres lunaires…
-Des chèvres lunaires ? répéta Norris.
-LUNAIRE ! s’écria Navet.
Je ne pus m’empêcher de sourire légèrement (comme une chèvre pouvait sourire) en entendant Navet crier de joie le nouveau mot qu’il avait appris. Je commençais à bien l’aimer ce gamin…
-Mais oui ! continua Arkanis. Pensez-vous vraiment qu’il s’agisse d’une chèvre normale ?
Je soupirai intérieurement en m’allongeant. Le gnome recommençait sa litanie exaspérante. J’étais fatigué de tout cela. Et j’étais décidé à ne pas bouger tant que je n’aurais pas retrouver mon apparence humaine. Tant pis si cela ne plaisait pas aux autres. Mais il était hors de question que je me balade à travers le royaume de Karia sous la forme d’une chèvre.
Linyia vint s’asseoir à côté de moi.
-Ne t’en fais pas, Alastar. Ca ne durera pas longtemps, j’en suis sûre…
Linyia… Si seulement elle n’essayait pas de me réconforter… C’était encore pire comme ça.

La journée passa incroyablement lentement. J’avais l’impression que le temps n’avançait pas. Le soleil commençait cependant à se coucher quand je sentis des picotements envahir tout mon corps.
-Regardez ! s’exclama la magicienne. Il est en train de retrouver sa forme humaine !
Retrouver ma forme humaine ? Avec tous leurs regards braqués sur moi alors que mes affaires n’étaient même pas sur moi ? Je me relevai rapidement et tirai mes affaires derrière un arbre. Je me cachai juste à temps pour ne pas me retrouver nu devant tout le monde.
Pudique ? Non, mais pas non plus exhibitionniste. Je me rhabillai avec plaisir, glissai ma chevalière à mon doigt puis accrochai mon fourreau au côté. Je fis glisser ma lame dans le fourreau pour vérifier qu’elle coulissait bien et enfin repris les dernières affaires qui me manquaient.
Je quittait finalement ma cachette. Les réactions furent assez variées, allant de la plus totale indifférence de Aenerys à la plus grande joie de Linyia, en passant par les remarques saugrenues de Arkanis.
Je m’approchai d’un pas décidé et le regard sévère vers la magicienne. Je tendis la main vers elle.
-Donne-moi ta baguette.
-Ma baguette ? Mais, je…
-Je n’ai pas envie de me retrouver avec une ménagerie à la place de mes compagnons de route.
Après avoir hésité, la mine défaite, elle me donna sa baguette et je la rangeai dans mon sac.
-Et interdiction de prononcer la moindre formule ou de faire le moindre tour de magie. Moins on utilisera la magie, mieux on se portera.
Je me tournai ensuite vers Arkanis.
-Vous avez trouvé une solution pour faire retrouver sa voix à notre nouvelle compagne de route ?
-Non, malheureusement, je n’ai pas les ingrédients nécessaires pour ça. Mais je suis sûr que si j’avais pu prendre quelques poils de chèvre lunaire, ajoutés à une potion de navets, je…
Je n’écoutai pas davantage ses élucubrations et me tournai vers Exall.
-J’ai à te parler. Seul.
Exall sembla quelque peu surpris mais me suivit à l’écart des autres.
-Tu as l’intention de t’excuser de m’avoir mordu ? demanda-t-il une fois que nous fûmes assez éloignés.
-Tu l’as bien mérité. Tu fais honte à l’Ordre des Chevaliers de Karia.
-Quoi ? Mais…
-Ecoute-moi et ne m’interromps pas. Tu dis que tu veux réunir les Chevaliers de Karia. Mais aucun de ceux qui restent ne te suivra. Tu es trop immature. Tu agis et parles sans réfléchir, sur des coups de tête. Tu ne penses pas aux conséquences de tes actes et des paroles. Tu as seize ans. Si l’Ordre de Karia existait toujours, tu aurais reçu l’Honneur des Chevaliers depuis un an et tu serais devenu un membre à part entière de l’Ordre de Karia. Tu as seize ans, mais tu n’as de Chevalier que le symbole de ta famille. Tu veux devenir un vrai Chevalier ? Alors cesse d’agir comme un enfant. Tu n’es pas apte à diriger quiconque. Et encore moins à réunir les derniers descendants des Chevaliers. Tu me blâmes de ne pas vouloir te suivre dans ta quête de faire revivre l’Ordre de nos pères, mais demandes-toi si ce n’est pas également parce que tu ne donnes pas envie aux autres de te suivre.
Je restai silencieux un instant. Exall avait baissé les yeux et serré les poings, restant silencieux.
-Si tu n’es pas d’accord avec moi, je ne te retiens pas de partir mener tes affaires comme tu l’entends. Je n’ai pas besoin à mes côtés de quelqu’un d’aussi instable que toi. Tu es dangereux, à la fois pour toi-même et pour les autres. Je te laisse la nuit pour réfléchir à ce que je viens de te dire et prendre une décision. Ou tu décides de poursuivre ta route seul et dans ce cas, je ne te retiendrai pas. Ou tu décides de me suivre et alors tu devras suivre mes instructions. Tu me donneras ta réponse demain matin, à l’aube.
Je le laissai seul dans son coin et retournai vers les autres. Linyia me regarda avec un œil curieux, mais je ne répondis pas à sa question muette. J’y avais peut-être été fort avec Exall, mais il était temps pour lui de grandir. Ceux qui le poursuivaient n’étaient pas des enfants de cœur, et ils n’étaient probablement pas le dernier obstacle qu’il rencontrerait, surtout en continuant de proclamer ses liens avec les Chevaliers de Karia.
-Bien, dis-je. Préparons le dîner et après avoir mangé, nous nous coucherons. Nous partons demain matin à l’aube pour le duché de Torgas.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Elladan le Mar 26 Mai 2009 - 16:16

Alastar venait de me parler en temps qu’adulte. Je savais très bien qu’il avait raison, mais comme tous les adultes, il ne voyait pas ça d’un point de vue logique. Devenir adulte je le veux mais je ne peux le devenir seul, quant à mon comportement j’avoue que j’y suis allé fort ces derniers temps et qu’il serait temps de calmer les choses. Je m’assis à côté de mes compagnons en restant silencieux et commençai à manger. J’entendis Arkanis dire que le petit avait sûrement été disputé mais je n’y prêtai pas attention. Après le repas la nuit commença à tomber et tout le monde alla se coucher. Je décidai donc d’aller me changer les idées. Je m’éloignai des autres et je tombai sur un petit lac. Je m’y agenouillai et commençai à me rincer le visage puis j’eus un mouvement de recul et je tombai sur les fesses. J’avais vu quelqu’un aux cheveux rouges dans l’eau. Je me rapprochai doucement de l’eau et me rendis compte que c’était mon reflet. Mes cheveux avaient changé de couleur et cela signifiait une seule chose : il fallait que dè maintenant je fasse les bons choix car j’allais devenir dangereux si je continuais dans cette voie. Les cheveux rouges sont signe de hardiesse et de force dans ma famille mais ces qualités mal utilisées peuvent être dangereuse. Je commençai alors une longue réflexion. Alastar m’avait parlé franchement pour que je me rende compte que je ne suivais pas le bon chemin mais il s’était trompé sur le fait que je voulais diriger l’ordre. Je cherche notre chef, je ne veux en rien diriger car je sais que je ne suis pas fait pour cela. J’avais pris ma décision, je parlerais alors à Alastar le matin venu afin de mettre les choses au point et il faudrait que je lui fasse comprendre pour mes cheveux. Ceci était une explication de ma nervosité ces derniers temps, je pense que l’armure magique a déclenché ce phénomène qui n’arrive que plus tard dans le temps. Normalement mes cheveux n’auraient pas dû changer de couleur avant mes trente ans.

Je décidai de laisser poiroter un peu Alastar et les autres pour voir les réactions.
Le soleil commença à se lever et j’avais pris un peu d’avance sur la route menant à Torgas.
Je me posai le dos contre un arbre dans la forêt près du chemin quand j’entendis un grand raffut.
Une discussion agitée et je reconnus les voix. Les compagnons de routes arrivaient. J’entendis des bribes de discussion :
-Qu’avez-vous dit à ce pauvre enfant pour qu’il décide de fuguer !
-Je suis d’accord avec la sorcière. Chez les gnomes nous mesurons nos propos surtout envers les jeunes enfants.
-A mon avis ce jeune est trop agressif, il est peut-être mieux qu’il soit loin de nous…
-Taisez vous, Norris ! Exall est encore jeune mais il n’a pas le choix, il a une vie dans laquelle l’enfance est le passage direct vers l’autre monde. Il doit apprendre à se contrôler.
Les paroles de Linya me firent plaisir. Elle avait vu juste, je sais que je n’ai pas raison mais que c’est un passage où tout le monde passe. Puis ils se turent tous et j’entendis autre chose :
-Halte là, donnez-nous vos bourses et nous vous laisserons la vie sauve.
J’entendis le soupire d’Alastar, mis ma capuche sur ma tête puis sortis de derrière ma cachette. Je me retrouvai juste derrière les bandits, ils étaient cinq. Je toussai légèrement et ils se retournèrent.
-Qui t’es toi ?
-Quelqu’un. Je ne vous le demanderai pas deux fois : partez et on vous laisse tranquille.
L’un des bandits éclata de rire, puis je regarda Alastar et dit :
-Tu vois, ce n’est pas que je manque de bonne volonté mais quand je ne suis pas violent on ne m’écoute pas.
Je vis sur son visage un léger rictus, il avait compris le message comme quoi j’avais compris la leçon. Puis l’un des bandits prit la parole :
-La seule violence dont tu es capable c’est de dire des grossièretés, jeune homme. Retourne donc à la ferme aider ton père et laisse les grandes personnes parler entre elles.
Mon poing se serra mais je n’eus pas le temps de réagir que Alastar avait déjà mis en joue un des bandits, puis je pris mon épée dans mes mains. Les hommes se regardèrent et s’enfuirent vers la forêt. Le groupe reprit la chemin vers Torgas. Je marchai devant avec Alastar et Linya et nous discutâmes.
-Alors comme ça, tu as compris ce que je t’ai dit hier soir ?
-Oui. Mais je n’y arriverai pas tout seul, j’aurai besoin d’aide…
-Mais de quoi vous parlez tout les deux ? Qu’est-ce que tu lui as dit hier soir ?
-Rien de spécial, mais il le fallait.
-On va dire qu’il m’a remis les idées en place.
Puis je repris la parole après un court moment de silence.
-Vous je peux vous faire confiance. J’ai un soucis et je pense que c’est l’armure magique qui à déclenché une réaction précoce chez moi.
Je vis leurs regards se poser sur moi puis je continuai.
-Mes cheveux, ils on changés de couleur, c’est pour ça que j’ai mis la capuche.
-Quoi tu as des cheveux de vieille personne ? Même Alastar n’en n’a pas encore.
-Non, je crois plutôt qu’il fait référence à l’évènement qui arrive aux membres de sa famille.
-Oui, c’est ça. Mes cheveux, ils ont… comment dire…
-Rougi c’est ça ?
-Oui tout à fait, mais ne le dites pas aux autres, s’il vous plait ce n’est pas quelque chose de banal et dans certaines cultures cette couleur de cheveux symbolise le malheur.
-D’accord nous ne dirons rien, n’est-ce pas Alastar…
-Oui, oui bien entendu je comprends très bien. Et maintenant que tu es prêt à suivre mes instructions tout ira mieux.
-Oui chef ! Mais juste une dernière chose, je ne cherche pas à commander l’Ordre des Chevaliers de Karia, mais justement je cherche notre chef, sans lui rien ne sera possible.
Alastar me regarda mais il ne dit aucun mot. Linya avait compris le sujet de la discussion de la veille et avait compris pour mes cheveux. Dès maintenant il fallait que j’arrive à me contrôler et à n’utiliser la force qu’en cas de dernier recours.
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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Macros le Dim 28 Juin 2009 - 9:03

Une fois n'étant pas coutume, j'étais perdu dans mes pensées, et en silence, ce qui ne semblait pas déranger outre mesure les membres de notre coterie. La vérité était que j'étais un peu embarrassé par ce qui venait de se produire. Qu'une de mes potions produisent des effets secondaires et indésirables, rien de nouveau sous le soleil, c'était même un devoir de la famille Jansen que de rechercher les produits les plus imprévisibles. Avoir été pris en otage, la routine. J'avais été autrement plus en danger lors des émeutes de Kirga'Nel, apparemment déclenchées (mais nul n'avait pu le prouver) par un de mes nouveaux nettoyeurs de bottes deluxe; je m'en étais tiré, la ville un peu moins. Qu'on me prête une liaison avec cette jeune femme était surprenant, mais après tout, le charme gnome a fait des ravages par le passé auprès des jouvencelles. En revanche! Ne pas être capable de me rappeler d'une de mes anciennes recettes était proprement inadmissible. Vraiment! D'abord, on oubliait la formule d'une potion, puis la date de la mort d'Acarius l'Obtus, puis dans quel sens enfiler ses chausses, et on finissait comme mon pauvre cousin Bigby, qui a la fin de sa -courte- vie ne pouvait même plus s'alimenter sans assistance. Un triste destin, que je ne souhaiterais pas au pire scélérat massacreur de navets.

Et puis, il en allait de ma fierté professionnelle et familiale. Les produits Jansen ont depuis longtemps acquis la réputation méritée d'avoir réponse à tout, et moi, j'allais laisser une tâche sur cette noble tradition d'excellence et d'infaillibilité? Cette seule pensée fendrait le coeur à ma pauvre mère, je deviendrais à n'en pas douter le mouton noir de la famille. Même ce crétin de Daeraug serait en droit de se moquer de moi, si je laissais les évènements suivre ce cours funeste. Il fallait réagir. Farfouillant dans mes sacoches, je me dirigeais vers la jeune muette, qui ne put s'empêcher de me lancer un regard inquiet. Finalement, après un examen approfondi, je poussais une exclamation de triomphe tout en produisant une fiole emplie d'un liquide aux teintes violettes, ce son soudain provoquant chez la musicienne un brusque mouvement de recul.

- Ahah! Je crois que j'ai exactement ce qu'il vous faut, ma jeune amie. Cette potion est indiquée contre le mal de gorge, la conjonctivite et les éruptions cutanées. Je suppose que ça peut aussi fonctionner contre l'extinction de voix. Sans doute. Buvez.

S'ensuivit un long silence, bientôt remplacé par des gestes frénétiques dont le sens précis m'échappait, mais semblait devoir dénoter un léger manque d'enthousiasme.

- Allons allons, je pense que nous en sommes à un point où la situation ne peut guère empirer. Bien sûr, le pire n'est jamais certain, et c'est fou comme on peut creuser après avoir touché le fond, mais l'optimisme n'a jamais fait de tort à personne; personne d'important, au moins.

Notre échange commençait à attirer l'attention des membres de notre compagnie, mi-curieux, mi-amusés par la situation présente. Quelques murmures commençèrent même à fuser, dont le thème semblant être une vaste spéculation sur la couleur de la peau de la barde après ingurgitation de l'elixir. Quant à l'intéressée, elle sembla finalement se résigner, poussa un soupir silencieux, avant de saisir d'un geste brusque la fiole, de la déboucher, d'en humer précautionneusement l'odeur, puis de tout boire d'une traite.

Pendant un moment, rien ne se passa. Puis la jeune fille fut saisie d'un haut le coeur, porta la main à sa bouche, et finalement se détourna pour rendre à la nature son déjeuner du midi.

- Tout va bien, m'empressais-je d'ajouter, c'est une réaction tout à fait normale au produit. Il s'agit de purger l'organisme de ses impuretés par la méthode directe. Très efficace dans la plupart des cas, et nous ne devrions pas tarder à perçevoir des progrès...

Seul le silence me répondit.

- … bien sûr, il se peut aussi que les effets mettent quelques jours à se faire sentir.

Pour toute réponse, la barde au teint encore vaguement verdâtre me foudroya du regard, avant de lancer au loin le flacon d'un geste rageur.

- Eh ! Ces choses coûtent une fortune !

Alsty choisit ce moment pour réapparaitre, suivi par Andy, qui restait en retrait dans la pénombre des sous bois.

- Bon, je pense qu'il est temps de monter un camp et de préparer le repas du soir.
- Bonne idée, quelqu'un vient de perdre son dernier repas...

Le commentaire sarcastique de Caely suscita quelques sourires, et un regard étonné des nouveaux arrivants. Puis le moment de flottement fut remplacé par une série d'instructions ayant pour objectif d'allumer un feu, d'aller chercher de l'eau, de disposer les pièces de gibier et d'étaler les couvertures. Navet et moi étions dispensés de corvée, le concensus général étant que nous ne pouvions guère contribuer de façon utile à la manoeuvre. En un rien de temps, un petit brasier s'élevait au centre de la clairière, et la viande commençait à cuire. Ce fut le moment que je choisis pour m'éloigner du groupe.

- Où allez vous, Arkanis ?
- Chercher ma fiole, maintenant que nous avons un peu de lumière. Je serais vraiment navré de devoir l'abandonner ici, après toutes ces années de bons et loyaux services...
- Ne vous éloignez pas trop, nous ignorons ce qui peut nous entourer...

Je n'écoutais déjà plus. Franchement, quels dangers pouvaient nous attendre dans ces bois, hormis loups, ours, gobelins, orques, trolls, amibes, ptérodactyles, dryades, dragons nains et castors géants ? Vraiment, aucune raison de s'inquiéter. C'est donc le coeur léger que je me mis le nez dans l'herbe, à la recherche de mon précieux récipient. Après plusieurs minutes de vaines recherches, je finissais par trouver à tatons la forme arrondie de la fiole de verre. Tout à ma joie, je ne vis pas venir la silhouette furtive qui s'était glissée derrière moi... Mon seul indice de sa présence fut lorsqu'un gourdin pénétra mon champ de vision, juste avant son contact avec mon occiput. Puis ce fut les ténèbres...

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Elladan le Lun 29 Juin 2009 - 16:48

Révélation , vous allez enfin avoir la partie manquante du puzzle de la personnalité d'Exall ^^



J’avais mal à la tête et en essayant de me lever je me rendis compte que j’étais ligoté. Les liens étaient très bien réalisés et je ne pouvais me libérer . Il faisait noir dans la pièce mais je sentais que je n’étais pas seul. J’eus l’impression que mes yeux se voilèrent. Puis au bout de quelques secondes je me rendis compte que ce n’était pas une impression. Mon voyage était donc sur le point de commencer, je devais donc compter sur mes compagnons pour me sortir de là car je ne serais pas disponible pendant un temps qui pourrait bien durer longtemps. Je n’arrivais plus à lutter et je finis par tomber dans un espèce de sommeil profond . Je reconnus l’endroit où je me retrouvais, la maison de mon enfance. Mais pourquoi un rêve comme celui-ci ?

Puis les choses s’éclaircirent, je vis un homme de grande taille aux cheveux rouge et sans aucune hésitation je savais que c’était mon père il serait quelqu’un dans ses bras. Non je ne voulais pas regarder c’était ma mère, une haute elfe du nord, ses longs cheveux blonds arrivaient en bas de sons dos et ses oreilles pointues me faisait toujours rire quand j’étais petit. Ce qui me fit comprendre le but de mon voyage au royaume des songes et des souvenirs c’est l’autre image que je vis dans cette maison. Une jeune fille, avec la même chevelure et les même oreilles que celles de ma mère. Lido je me souviens ma grande sœur elle a quatre années de plus que moi. Quand j’ai eu huit ans elle était à l’école militaire de Stongard, une école elfique qui forme leur officiers. Pourquoi je vois tout ces souvenirs, toutes ces choses si douloureuses et pourquoi maintenant alors que je suis dans une mauvaise postures. Espérons qu’Alastar me retrouve et vite…

Tout ce rêve retraçait ma vie, était ce donc ça le voyage spirituel dont me parlait mon père. Dans notre famille nous ne devenons pas adulte par l’âge mais par les actes et en passant par ce voyage. La scène qui arriva me prenait déjà le cœur, je reconnus ce jour c’était la dernière fois que j’avais vu mes parents. Je ne voulais pas le revivre, il n’en n’était pas question mais je ne pouvais rien faire pour éviter ça. Puis je me vis courir me cacher et j’entendis la porte tomber et en me retournant je les vis, les chevaliers noirs. J’assistai à la mort de mes parents une seconde fois, je sentais que mon corps pleurait. Je ne pouvais pas continuer enfin je vis le petit garçon que j’étais à l’époque sortir de sa cachette et ramasser l’épée et j’entendis les mots que j’avais prononcer quelque années plutôt « Lido , j’ai peur… »

Ces mots, je ne m’en souvenais plus et ma grande sœur pourquoi je ne m’en souvenais pas. Et si c’était là le but de ce voyage. Ma grande sœur je n’en revenais pas, je l’avais oubliée quand ce jour est arrivé ensuite je suis partis et j’ai voulu oublier mon passé c’est donc ça l’agressivité que j’avais en moi toutes ces années, ce n’était pas la vengeance ou pas que ça, c’était le manque de quelque chose, de quelque chose d’important.

Je vis ensuite toutes ces routes sur lesquels j’ai voyagé pendant ces dernières années tous mes actes et mes erreurs. Puis le moment de ma rencontre avec Alastar et Linya ainsi que la créature qui les accompagne. Jorell, ce jour avait marqué le début de mon aventure et je sentais déjà que cette aventure allait durer toute ma vie.

Puis ce fut les ténèbres pendant quelques secondes qui me parurent une éternité et deux silhouette apparurent, mes parents. Pourquoi ce rêve devait me faire si mal depuis le début les larmes coulaient le long de mes joues je ne pouvais pas me retenir c’était trop dur. Mon père m’adressa la parole :

« Et bien voilà mon fils, tu arrives à la fin de ce voyage enfin tu ne te réveilleras pas tout de suite mais sache que nous sommes fier de toi et que nous t’accompagnons partout . Nous ne te laisserons jamais seul… »


Puis plus rien l’obscurité était tout autour de moi il fallait maintenant que j’attende et au bout d’un certain temps je me réveillai. Les mots sortirent de ma bouche tout seul et d’un cri j’hurlai « Lido ! ». Et j’eus une réponse qui me ramena à la réalité.

-Andy c’est vous jeune homme ! Ha et bien cela ressemble à la situation que mon grand oncle à vécu en forêt de…
-Arkanis !
-Pourquoi avoir appelé Lido et qui est-elle ? Je vous entendais dans l’obscurité j’avais l’impression que vous faisiez un cauchemar ?
-Ce n’est pas le moment ! La priorité est de sortir d’ici enfin il faut espérer que les autres nous trouvent…
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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Scieszka le Mer 1 Juil 2009 - 21:09

Bon, les représailles à l'égard du gnome ne sont pas pour tout de suite. Enjoy!

Je me réveillai avec un mal de crâne atroce. Depuis que j’avais recroisé la route du gnome, les mésaventures n’avaient fait que se multiplier. Evidemment, ma tentative de prendre cet… Arkanis en otage avait été vouée à l’échec. Les conséquences n’avaient pas tardé à se faire sentir : la morsure du gosse avait manqué s’infecter. Je pouvais peut-être remercier ce très jeune homme, Exall, qui l’avait cautérisée, mais il l’avait fait de façon si barbare que désormais, je boitais légèrement. J’espérais sincèrement que cette claudication disparaîtrait rapidement… Il faudrait tout de même apprendre à ce garçon l’usage des désinfectants.

« Mais ne vous inquiétez donc pas, Andy ! Nous ne connaissons pas encore nos hôtes, mais je suis persuadé qu’ils dissiperont sans tarder ce léger malentendu. Voyez-vous, le beau-frère de mon bisaïeul, l’illustre négociateur de…
- Non, mais sérieux, vous appelez ça un malentendu, vous ? On est ligotés comme de la rosette d’Athakla, manquerait plus qu’ils nous aient suspendus au plafond comme des jambons ! »

Je n’écoutai pas le reste de la dispute. Je constatai que j’étais également pieds et poings liés. Décidément, la fréquentation de mon cher ami le charlatan ne me réussissait pas. Après m’avoir fait ingurgiter une autre de ses affreuses potions au navet, qui n’avait eu pour effet que de me faire rendre mon repas, il avait disparu. Peu de temps après, ce fut au tour d’Exall de se volatiliser. Nous avions alors mis en place des tours de garde. A la fin du mien, au petit matin, je m’étais un peu éloignée pour aller faire un brin de toilette à la rivière voisine, mais à peine avais-je fait trois pas que je m’étais pris un coup derrière les oreilles. Et je venais de me réveiller là, saucissonnée et en compagnie du gnome et du jeune chevalier…

« Ca y est, vous avez émergé ? Vous n’auriez pas une idée pour nous sortir d’affaire, par hasard ? Exall s’était tourné vers moi.
- …, répondis-je, ce qui signifiait que je n’en savais fichtre rien.
- Vous remarquerez cependant le caractère fort artistique de l’endroit où nous nous trouvons. Nos hôtes sont à n’en point douter des gens fort cultivés, et je suis persuadé que pas même ce triple imbécile de Bruneo, vous savez, mon arrière-petit-cousin, serait en danger entre de telles mains… Il faut dire que Bruneo, un jour, a dit à sa tante que…
- Ah oui, c’est vrai que vous ne pouvez pas articuler un son… Laissez tomber, reprit Exall, sans prêter attention au gnome qui continuait à monologuer en racontant ses histoires de famille dans son coin. Ah, si je pouvais atteindre Surion ! »

Effectivement, la gigantesque épée était suspendue dans un coin de la pièce, bien au-delà de notre portée. Je constatai avec joie que ma lyre, intacte, était posée en-dessous. Cela ne faisait guère avancer la situation, mais je me sentis rassurée : après tout, vu les événements récents, je ne voyais guère ce qu’il pouvait m’arriver de pire…

Soudain, une porte s’ouvrit. Notre hautaine prêtresse fut projetée dans la salle où nous nous trouvions comme un vulgaire sac de patates, assommée et aussi ficelée que nous. Nous n’avions pas pu voir nos ravisseurs : ils étaient restés dans l’ombre, et seule une main fine et élégante avait trahi leur présence. Quelques minutes plus tard, les gonds grincèrent à nouveau. Cette fois-ci, c’était le dénommé Norris qui nous rejoignait. Cependant, s’il était aussi bien ligoté que nous, il n’était pas étourdi, et se débattait comme un beau diable. Nos geôliers étaient forcés de le maintenir fermement, et cette fois-ci, ils s’avancèrent jusqu’au milieu de la pièce. A notre grande surprise, nous vîmes qu’il s’agissait d’elfes.

« Bon, sang, bande de malappris, vous allez finir par me lâcher, oui ou non ? » cria Norris de toute la force de ses poumons, tout en se tortillant autant qu’il le pouvait.

L’un des elfes qui le maintenait, excédé, lui asséna un coup de massue bien senti sur le crâne. Il se passa alors une chose curieuse : au lieu de sombrer dans l’inconscient, comme l’aurait fait n’importe quelle personne normalement constituée, le jeune homme cria encore plus fort, d’une voix fort différente, plus rauque qu’à l’ordinaire :

« Par Krôm et Whälh, je vais vous… »

Il n’eut pas le temps d’achever. Un deuxième coup de gourdin s’était abattu sur sa tête, et il s’affaissa. Nos gardiens le placèrent à côté de nous, avec Aenerys, qui n’avait pas encore repris conscience. Je ne pus m’empêcher de me sentir très inquiète de la tournure des événements : une bonne partie du groupe était maintenant ficelée comme autant de rôtis. Il ne manquait plus qu’Alastar, son amie et la créature qui ne les quittait pas d’une semelle, la jeune magicienne qui s’était vu confisquer sa baguette magique, une autre jeune femme et le sale môme qui m’avait mordue. Cela ne présageait rien de bon.

Cependant, les elfes n’étaient pas partis, cette fois-ci. Ils discutaient de façon animée en nous pointant du doigt tour à tour. A ma grande surprise, je les comprenais parfaitement : ils utilisaient un dialecte qui, même si je ne l’avais jamais entendu auparavant, était très proche de l’elfique commun, avec cependant de nombreux archaïsmes, qui me rappelaient toutes ces chansons que j’avais apprises par cœur après les avoir découvertes dans de rares manuscrits anciens.

Ils discutaient de ce qu’ils allaient faire de nous. Ils ne doutaient pas de capturer rapidement le reste de notre compagnie, et parlaient de nous « préparer » pour la « cérémonie ». Je n’aimais guère cela : même si la plupart des sociétés elfes constituaient de grands royaumes pacifiques dont la civilisation servait de modèle au reste du monde, je savais qu’il existait un certain nombre de petites tribus aux mœurs beaucoup plus barbares. La rumeur voulait que certains de ces elfes n’hésitassent pas à donner dans le cannibalisme. S’il ne s’agissait probablement que de contes racontés aux petits enfants pour les faire tenir tranquilles, le fait qu’il existait dans ces groupes peu connus d’étranges cultes qui impliquaient de sanglants sacrifices était bien établi.

« Qui a osé m’entraver de la sorte ? »

Aenerys s’était réveillée à son tour. J’aurais aimé lui expliquer la situation, mais c’était totalement impossible. Exall, qui n’avait pas saisi toute la gravité de la situation, puisqu’il ne comprenait apparemment pas l’elfique, lui fit remarquer qu’elle n’était pas la seule à ne pas être libre de ses mouvements, et lui fit un bref point. Apercevant les elfes, elle écarquilla les yeux. Manifestement, elle les connaissait, et ils ne lui rappelaient pas de bons souvenirs. Elle plissa les yeux, et se mit à les écouter attentivement. Elle avait l’air de parfaitement bien connaître leur dialecte.

Soudain, nos geôliers cessèrent leur conversation, et sortirent. Ils revinrent quelques instants plus tard, avec des renforts. Ils nous saisirent, puis, nous liant chacun à une grande perche, un peu comme du gibier, ils commencèrent à nous emmener. Je me demandai avec inquiétude si les histoires de cannibalisme elfique qu’on m’avait racontées quand j’étais enfants étaient vraiment sans fondement. J’aurais aimé faire part à mes compagnons de mon inquiétude, mais c’était impossible.

« Oh, mais ces petites coutumes pittoresques sont tout à fait originales ! Cela me rappelle cette aventure que m’avait racontée mon oncle Périon quand j’étais enfant : figurez-vous qu’il s’est rendu au pays des Sirènes Sans Plumes, et que…
- Mais bon sang, vous ne pouvez pas la boucler cinq secondes, non ?! »

Cette dernière interjection venait de Norris, qui avait fini par se réveiller. Il n’avait pas l’air en forme, et arborait un magnifique œil au beurre noir. Je dois dire que ses capacités de combat et son endurance, vu sa constitution, ne manquaient pas de m’étonner. Ce jeune homme était décidément étrange…

Les elfes nous transportèrent hors de ce qui s’avéra être une sorte de cellier (ce qui n’était pas fait pour apaiser mes craintes), et nous nous trouvâmes au milieu d’un village de huttes, ou plutôt de tentes, constituées de vastes pièces de tissu aux teintes subtiles, tendues sur des piquets métalliques finement ciselés. D’après la position du soleil, il ne devait pas être loin de midi. L’endroit où nous étions semblait être le centre du village : là se dressaient plusieurs bâtiments de pierre. L’un d’eux, plus monumental que les autres, devait être un temple. Sur son esplanade s’élevait une sorte d’autel, autour duquel étaient plantés toutes sortes de buissons. Une étrange construction attira également mon attention : les elfes avaient dressé tout autour de cet ensemble des piquets terminés par des fourches. Je ne tardai pas à en comprendre l’utilité : ils devaient soutenir les perches auxquelles nous étions solidement attachés. Plusieurs emplacements étaient vides : apparemment, chacun des membres de notre compagnie était attendu.

Exall dut réprimer un fou rire. Il fallait reconnaître que, si nos vies n’avaient pas été en danger, la situation aurait pu être fort cocasse : nous avions l’air fin, suspendus en l’air comme des gigots autour de ce qui pouvait assez bien ressembler à une table de pique-nique à laquelle il manquerait les bancs. Arkanis continuait à soliloquer, et Aenerys semblait plongée dans des abîmes de réflexion. Quant à Norris, il grimaçait de douleur : il devait avoir atrocement mal à la tête après les coups qu’il avait reçus.

Après un moment qui me sembla interminable, la porte du temple s’ouvrit. Une procession en sortit, en ordre solennel, en psalmodiant quelque chose que je ne comprenais pas, et qui ressemblait à quelque chose comme « Ôôôhm Kischnoûûû…. Âaaaah… Ôôôhm Kishnoûûûû… Îîîîîh… Ôôôhm Kishnoûûûû… ». Elle fit le tour de l’esplanade où nous étions suspendus, en s’aplatissant devant chaque buisson. Enfin, ils se réunirent autour de nous, et l’un d’eux, qui devait être un prêtre, s’avança, suivi d’un assistant qui portait un petit récipient doré. Le prêtre prit un goupillon, le plongea dans le récipient, et commença à nous asperger d’une huile au parfum très lourd. Aenerys, visiblement excédée, éclata, et interpella l’elfe dans sa langue, lui demandant comment il osait la traiter ainsi, elle, la grande prêtresse d’Anator, qu’il ne pouvait pas ne pas connaître. La réponse fut fort suprenante : le prêtre semblait connaître ce fameux dieu dont elle nous parlait sans cesse.

« Anator est mort depuis longtemps. Sa dernière grande prêtresse a disparu. Vous n’êtes pas qui vous prétendez être, et vous ne savez pas de quoi vous parlez. Quant à nous…
- Comment osez-vous… ?
- Taisez-vous, vous n’êtes pas en position de force. Nous sommes les adorateurs de Kishnou, que vous connaissez bien, apparemment. Votre faute est d’autant plus grave. Kishnou est la déesse des buissons. Hier soir, vous avez osé immoler par le feu plusieurs de ses enfants : deux buissons de ronces, trois aubépines, un houx, et trois noisetiers nains. Vous serez châtiés pour ce sacrilège impardonnable : le juge vient de prononcer votre sentence. »
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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par tigrou66 le Jeu 2 Juil 2009 - 10:59

Un petit retour en arrière...

-pffff, j'en ai marre de chercher un gnome pas fichu de retrouver une fiole en moins d'une demi-journée!!!

-attends, il est peut être sous ce buisson....ah non....

-laisses tomber Shiera, on va encore perdre une journée de marche à cause de cet imbécile.

Depuis que le gnome était parti chercher sa fiole et qu'il n'était pas revenu, la troupe s'était divisée pour retrouver le petit homme sans réel résultat. La soirée avait déjà mal commencé avec les nouvelles expériences d'Arkanis sur son nouveau cobaye car en effet ill ne manquait plus que çà pour amplifier ses commentaires inintéressants. La nuit avait déjà bien avancé et nos recherches devenaient de plus en plus difficiles et inutiles. De retour au campement chacun repris sa place à l'exception d'Arkanis. Pour passer la nuit en toute sécurité Alastar instaura un tour de garde en espérant voir revenir le gnome dans la nuit pour reprendre notre route. Mais le lendemain matin, le constat fut le même que la veille, Arkanis manquait toujours à l'appel et deux autres membres s'étaient momentanément écartés du groupe. D'après Sheira, Exall était parti au petit coin et la barde s'était éloignée pour se débarbouiller le visage prés d'une rivière. Après un petit déjeuner rapide les questions commencèrent à émerger ainsi que des pronostic plus ou moins foireux pour expliquer le retard de nos amis.

-Caelina, à ton avis, qu'est ce qui se passe?
-Et bien je ne sais pas trop, Shiera. Je trouve que 30 min pour aller au petit coin c'est beaucoup trop long... hum, pour notre nouvelle arrivante, elle est peut être très coquette et elle a finalement choisit de prendre un bain complet.
-euh... j'aurai une hypothèse pour Exall mais... euh..... je n'ose le dire à voix haute....(chuchote) çà peut être gênant...
-Ah bon ben vas y dis le moi de toute manière tous les autres écoutent Aenyris.
-Et bien voilà je pense qu'Exall souffre de problèmes intestinaux. Déjà hier je le trouvais bizarre et très en retrait par rapport au groupe et il avait une mine déphasée.
-Ah oui c'est possible, je n'ai pas fait attention à cause de la disparition du gnome.

Après un long moment de bavardage entre les deux amies, la troupe décida de réfléchir à ce qui pouvait bien retarder nos compagnons. Sur l'avis général, Arkanis avait s'en doute trouvé sa fiole puis croisé un pauvre voyageur égaré qui ne demandait que de dormir paisiblement au pied d'un vieux saule. Fière d'avoir retrouver son objet précieux il conta à son nouveau interlocuteur tous les nombreux exploits de sa famille et il en perdit le fil du temps. Exall quand à lui, était tombé malade en attrapant une gastro. Il s'était alors isolé un peu plus loin par commodité. Pour la barde, tous le monde fut d'accord sur le fait qu'elle devait s'en doute encore se baigner sans savoir que la compagnie avait du chemin à faire et que le temps pressait vu le faible stock de provisions qui nous restait.
A la suite de cet échange lucratif entre les membres, Alastar décida qu'il était tant d'aller chercher nos compagnons afin de lever le camp. La matinée passa assez rapidement et personne n'eut de nouvelles des trois égarés. Aux alentours d'une heure de l'après midi, je revins sur le camp avec Shiera et la surprise fut dés plus déconcertante. Notre compagnie avait fini par se réduire considérablement. En effet il ne restait plus que moi, la magicienne, le gamin, le truc en poil, Alastar et Linya.

-vous non plus vous n'avez rien trouvé?
-non rien et le plus étrange c'est qu'on ne retrouve aucune trace de pas.
-ils ont peut être tous disparus d'un coup avalé par le tourbillon de la mort infernal qui plonge les plus innocents dans un monde parallèle....
-...???
-Shiera, faut que tu arrêtes de lire les livres qu'Arkanis te refile. Je t'ai déjà dit que çà influence beaucoup ton jugement.
-euh, oui....
-Bon, je ne sais pas ce qu'il se passe ici mais c'est vraiment bizarre et nous ne pouvons pas partir sans eux donc on continuera les recherches après le repas et pour être sur de ne pas perdre encore quelqu'un on cherchera tous ensemble.

Sur ce point Alastar avait raison, toutes ses disparitions étaient bien étranges et inhabituelles. Comme convenue, les recherches reprirent après le repas et plus les heures défilées plus l'angoisse montée. Les uns derrière les autres chacun cherchaient de sa manière. Alastar se contentait de crier les noms comme un loup dans une nuit de pleine lune. La boule de poil grimpée partout pour augmenter son champ de vision, Linya suivait son compagnon en fouillant les environs, le gamin sniffait le sol, comme à son habitude, en amont du groupe et derrière tout ce monde, Shiera soulevait le moindre buisson et la plus petite pierre pour trouver des indices. Je fermais la marche, un peu perdue par tous les détours et les sous-bois épais, je faisais mon possible afin de me rappeler du chemin pour notre retour au camp. Soudain la vue de notre jolie petit bout de communauté soudée dans cette épreuve des plus complexes se troubla pour laisser place aux ténèbres.

Où je suis? Il fait si noire et où sont passés les autres?...beuh je me sens pas très bien, j'ai mal à la tête...c'est pas possible, je dois être sur un bateau, je sens que j'ai le mal de mer....

Cette mauvaise sensation me fit sortir de ma torpeur et je pu constater que les balancements incessant à l'origine de mes nausées imaginaires n'étaient autre que le rythme régulier de la marche de mon agresseur. Ficelée comme un bon rôti, l'individu au charisme imposant, vu la largeur de ses épaules et sa taille, me portait comme un vieux sac à patate sur son épaule gauche. Il semblait suivre un groupe mais ma position ne me permettait pas de me retourner pour connaître les nombres exacts de mes ravisseurs. L'un d'eux, visiblement plus petit se tenait devant moi pour fermer la marche. Il me regardait d'une manière assez étrange avec des yeux bleus ciel aussi clair que l'eau d'une source. Je ne mis pas longtemps à comprendre la raison de son intérêt à me fixer de cette manière. Ma cape de voyage avait disparu ou l'avais je oublié prés du camp, je n'en étais pas certaine. Sans elle et dans cette position inconfortable, mes charmes féminins dessinaient de magnifiques courbes irrésistibles pour n'importe quel homme et le pervers avait juste la bonne taille pour me reluquer. Ma réaction ne se fit pas attendre, rouge comme une tomate je me dandinai en criant toutes les injures et l'indignité dont j'étais victime. L'homme au visage fin avait l'air de ne rien comprendre à mon excitation et il se contenta de répéter une phrase avec une insistance particulière pour le mot Kischnou ou un truc du genre. Puis le géant qui me portait me laissa tomber sur le sol devant un prête qui me badigeonna la figure d'une substance huileuse à l'odeur ignoble. Je compris tout le sens de la situation quand une voix familière sortit d'un petit être tout feuillu posé à côté de moi.

-Arkanis!!! c'est bien toi?!! mais qu'est ce que tu fais avec...

je n' eu pas le temps de finir ma phrase qu'un flot de feuilles aromatiques m'envahit pour se coller à moi et je finis par ressembler à un buisson tout comme mes compagnons d'infortune.
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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Lena le Dim 12 Juil 2009 - 18:55

Ils osaient ! La prêtresse serra les poings. Une grimace vint remplacer son expression outrée, comme elle réalisait que ce simple mouvement ne contribuait qu’à rendre sa position un peu plus inconfortable. Elle tenta de se démener, dans l’espoir de desserrer un peu ces maudits liens, mais en vain. Elle ne réussit qu’à faire rire deux ou trois de ces fous du buisson, et à être comparée par l’un d’eux à une chrysalide épileptique. Cette fois, c’en était trop. Le rouge lui monta aux joues et elle prit la parole, d’une voix qu’elle imaginait impérieuse.

« Vous allez payer ! Kishnou n’est rien face à la puissance d’Anator. »

Comme pour appuyer ses dires, elle se mit à incanter. L’absence de gestuelle rendrait le sortilège sans doute moins spectaculaire. Mais un éclair, même de moindre importance, restait un éclair. Ils allaient griller sur place, à l’instar de leurs maudits buissons. La jeune femme termina son incantation, et leva les yeux vers le ciel, un sourire mauvais sur le visage. D’ici quelques secondes, plusieurs nuages noirs viendraient survoler la scène, et des éclairs déchireraient le ciel, frappant ces ridicules adorateurs de Kishnou. Plusieurs secondes passèrent, se transformèrent en minutes, mais le ciel restait désespérément bleu.

« Lâchez-moi ! Alastar au secours ! »

Aenerys baissa les yeux, mi-inquiète, mi-agacée, pour voir arriver Liniya, puis Alastar, saucissonnés et gesticulants. Les elfes les entouraient, psalmodiant des Ôôôhm Kishnoûûûû toujours plus exaspérants. Les deux derniers arrivants furent à leur tour copieusement arrosée d’huile parfumée, puis, en dépit de leurs protestations, suspendus à une fourche. Le fait de voir le moralisateur, qui savait tout toujours mieux que tout le monde, aussi démuni que les autres aurait pu la faire sourire, si elle n’avait pas été suivie de près de l’arrivée de la magicienne et de l’enfant sauvage. Le maigre espoir qui restait à la jeune femme s’évanouit alors.

La voix du prêtre s’éleva une nouvelle fois, dans cette langue qu’elle connaissait bien, pour l’avoir longuement étudiée. Au vu des regards perplexes de ses compagnons, Aenerys réalisa soudain qu’eux ne devaient pas la comprendre. L’idée que la langue soit trop ancienne pour qu’ils puissent l’avoir déjà entendue lui effleura rapidement l’esprit, mais fut chassée presque aussitôt. Ils devaient bien plus probablement ne pas être suffisamment cultivés. La pensée sonnait faux néanmoins. Elle sentait confusément que quelque chose d’anormal s’était produit, et le fait qu’Anator n’ait pas répondu à son appel y était pour beaucoup.

Les paroles du prêtre n’avaient guère d’intérêt. Il s’agissait d’une prière à Kishnou, des plus simplistes. Quand il en vint à expliquer dans le détail ce qu’ils comptaient faire pour apaiser la déesse, elle se remit à écouter avec attention. Enfin elle apprit ce qui les attendait, et elle sentit les couleurs quitter son visage.

« Vous...vous ne pouvez pas faire ça. »

Un des elfes lui lança un regard menaçant, lui intimant le silence, tandis que le rituel commençait. Plusieurs bols de terre cuite furent disposés à même le sol et remplis d’un liquide verdâtre. Puis le prêtre commença à réciter une nouvelle prière, pendant que les bols, d’où commençaient à s’échapper des volutes de fumée grisâtre et malodorante, étaient ramassés par les autres elfes. Chacun, un bol à la main, se rapprocha d’un des prisonniers. La prêtresse reprit, une note de panique dans la voix.

« Non, arrêtez. C’est un sort pire que la mort. C’est une condamnation aux tourments éternels. Vous n’avez pas le droit de faire ça. Vous...vous ne pouvez pas. »

Les elfes restèrent sourds à ses appels. Le bol qui lui était visiblement destiné se rapprochait, inexorablement.

« Vous ne pouvez pas ! Par Anator...non ! N’approchez pas ! »

Elle s’était remise à gesticuler de plus belle. Le mouvement de panique gagna peu à peu ses compagnons qui, pour certains, se mirent à leur tour à protester. Le gnome tenta d’amadouer l’elfe qui se rapprochait de lui, lui promettant onguents et potions gratuits pour lui et toute sa famille jusqu’à la dixième génération, Alastar essayait de parlementer, sans succès, la rôdeuse s’était mise à crier. Et au milieu de tout ce brouhaha, l’enfant sauvage commença à répéter « Navet ! Navet ! Navet ! »

Les elfes se figèrent, même le prêtre s’arrêta de parler et tous se tournèrent vers l’enfant. Le plus proche se rapprocha, en silence, et le détacha. Puis, sans se concerter, ils s’inclinèrent devant lui, psalmodiant à sa suite « Navet, navet, navet... »

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Heg le Mer 15 Juil 2009 - 22:03

Le dernier jeu qu’avaient inventé les grandes personnes s’était révélé à peu près aussi lassant que l’étaient leurs activités habituelles. Tout ficelé à un gros bâton comme une mouche à une toile d’araignée, Navet regrettait presque les nombreuses tentatives de Tunpe’rien Pourattend’ pour lui faire prendre un bain. Certes, il exécrait toujours l’élément liquide, mais au moins pouvait-il rendre la monnaie de sa pièce à cette grande teigne de fille aux cheveux oranges, en battant des bras et des jambes, jusqu’à ce qu’elle soit toute trempée et renifle bruyamment, et finisse par renoncer en lançant sa phrase fétiche : « Sale mioche ! Tu ne perds rien pour attendre ». C’était à chaque fois plus rigolo et devenait, avec le temps, une compensation quasi-suffisante à la torture du bain.

Navet gigota encore un peu et constata que la grosse corde qui entravait ses mouvements avait été nouée avec une science experte. Le garçon se demanda si Arkanis, qui avait tant de fois démontré sa supériorité sur la plupart des gens, saurait faire des nœuds aussi réussis. Cette pensée le ramena à la réalité, et il se mit à chercher du regard son ami à l’odeur si merveilleuse. Il dut se tordre comme un asticot pour enfin l’apercevoir, car celui-ci était ficelé pratiquement derrière lui. Le gnome ne semblait pas apprécier le jeu d’avantage que Navet. Son visage reflétait une tristesse qui lui était familière pour l’avoir lui-même souvent éprouvée, mais la pensée de les savoir si proches ne le réconfortait pas beaucoup. Quand il se sut observé, Arkanis accorda à Navet un sourire indulgent, et il dit :

« Et bien, cher ami, réjouissons nous, car la chance ne nous quitte pas d’une semelle, tout comme mon auguste aïeule Vera n’a jamais connu la vie qu’avec sa sœur siamoise Zelda, dont elle partageait les poumons, la rate, le fois, l’estomac et tout le système digestif jusqu’au séant. Cela dit, d’après Bartholoméus le Vineux, qui avait épousé Vera au terme d’une nuit de beuverie avec les deux sœurs et un chimpanzé nommé Samaël, aucune des deux n’avait vraiment de cœur. Passons. »

Navet buvait ces paroles comme du petit lait. Il arrivait maintenant à saisir le sens d’au moins un mot sur trois ou quatre, et ne désespérait pas d’arriver bientôt au score astronomique de la moitié.

« Ce que j’essaye de te dire, mon petit Navet, c’est que nous avons là une chance bien extraordinaire d’observer de si près la seule, je dis bien la seule espèce d’elfes, qui, toutes les études à ce sujet s’accordant à le reconnaitre, présente, au contraire de tous ses cousins, bien moins de sagesse ou même de bon sens que non seulement les humains ou les nains, mais encore les trolls, les orcs, les joueurs de football et mêmes les corbeaux les plus intelligents. Je ne te parle pas des gnomes, évidement.
- Football ?
- Mais oui, comme je te le dis ! Pétrusque, mon cousin issu de germain du coté de la tante Dømínik, est d’ailleurs l’un des piliers de cette découverte, qu’il paya de sa vie. Ah ! Combien la science a-t-elle entraîné de gnomes de valeur dans ses noirs filets ? Mais je m’égare. Ces gens que tu vois là-bas et qui extraient à l’aide de grandes louches en bois un jus visqueux et pour le moins odorant de leur énorme chaudron sont des elfes des buissons, ou elfus buissonnus. Le latin ne cessera jamais de me surprendre par sa richesse. »
Navet se tordit dans l’autre sens pour mieux les voir, tandis qu’il continuait d’accorder une oreille dévouée à Arkanis, qui reprit de plus belle :

« N’aie crainte. Contrairement aux Eostriens que nous avons croisés un peu plus tôt lors de notre épopée, avec qui ils partagent pourtant un certain nombre de coutumes, comme tu peux le constater, les elfes des buissons sont strictement végétariens.
- Elfes !
- Cependant, ils pratiquent une religion très orthodoxe et contraignante dans le culte de la grande déesse Kishnoû, qui, d’après leur mythologie ancestrale, est leur protectrice à tous, ainsi que la très sainte mère de tous les buissons du monde. Tu me suis ?
- Buissons.
- C’est un plaisir de discuter avec toi, Navet, si tu savais. Or il se trouve qu’ils sont particulièrement tatillons, et nous avons du, par mégarde, profaner leur territoire sacré, même si je me demande bien comment. Ils s’apprêtent donc à nous soumettre un de leurs châtiments les plus terribles, ancestraux et barbares, un comme ceux qui jadis emportèrent Pétrusque. Tiens, d’ailleurs, quand on parle du loup… »

Les zelfs, amenant avec eux les bols qui contenaient leur si étrange mixture, se rapprochaient effectivement de tout cotés. Les grandes personnes commençaient à émettre des gémissements apeurés, quand ce n’étaient pas des hurlements d’horreur profonde qui vrillèrent les tympans de Navet avec cruauté, et firent de même avec la petite balle chaude et molle qu’il avait dans la poitrine, et qui s’était révélée ces temps derniers particulièrement vulnérable au contact humain. Le garçon sentit tout son vocabulaire s’échapper en même temps que le peu de sang froid qu’il avait jamais eu, et, complètement assiégé par la panique ambiante, il n’eut d’autre recours que de hurler à pleins poumons.

« Navet ! Navet ! Naveeeet ! »

L’effet fut immédiat. Tous les zelfs stoppèrent leur progression, qui paraissait pourtant implacable, et l’un d’entre eux détacha enfin l’enfant. Puis ils se roulèrent tous en boule à ses pieds, si près qu’il aurait pu chatouiller ceux du premier rang avec ses ongles d’orteils, et, contre toute attente, ils dirent :

« Navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet, navet… » et ce, plus de fois que le pauvre petit ne pouvait le dénombrer. Force fut de reconnaître que la deuxième partie du jeu lui plaisait bien d’avantage. Il se mit à trottiner en rond autour de ses étranges adorateurs, les forçant à se traîner assez lamentablement pour qu’ils puissent continuer de se prosterner dans sa direction. A leur exemple, il se mit également à chantonner « navet, navet, navet », ce qui eut pour effet de décupler leur ferveur. Le garçon entendit lui parvenir quelques murmures d’approbation depuis le groupe des ligotés. Au bout d’un moment, l’un des zelfs, dont le visage était ridé comme un pruneau, se releva faiblement et pointa un index tremblant dans la direction de Navet. Il balbutia :

« Kishoûûûû… »

Les autres zelfs, qui s’étaient tus pour écouter leur noble patriarche, reprirent avec le même élan : « Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû, Kishnoû… » et ainsi de suite, pendant assez longtemps. Navet, qui ignorait comment réagir à cette situation inédite, tenta une approche subtile :

« Buisson ? »

Pour sûr, il n’escomptait pas un tel résultat. Les zelfs étaient devenus hystériques et s’étaient de nouveau rués sur les bols fumants et fétides qu’ils avaient abandonné l’instant d’avant. Du coté des humains et du gnome, les hurlements reprirent avec plus d’intensité, hurlements auxquels s’ajoutaient de nombreux commentaires injurieux à son encontre. La situation était intenable. Navet, se roula par terre et tenta de creuser un trou pour se cacher, avant d’être tenté de déguerpir entre deux buissons de fougères puisqu’il en avait l’occasion et que ses adorateurs étaient tous très occupés, mais quelque chose le retint. Il jeta un œil en arrière et croisa le regard d’Arkanis, et, d’une façon plus surprenante, du Norris tout maigre, qui l’enjoignaient respectivement à se sauver le plus loin possible et à rester ici pour continuer de débiter ses bon sang de putain d’âneries, peut être le salle petit morveux pourrait-il une nouvelle fois calmer les allumés du buisson, on ne savait jamais.

Alors qu’il était au comble de l’incertitude, Navet fut arraché à son dilemme par un rugissement épouvantable, qui fit s’envoler des cimes des arbres les oiseaux qui devaient être trop durs d’oreille pour ne pas l’avoir encore fait. Un gigantesque, mais alors vraiment gigantesque dragon venu du plus profond de la forêt, fit son apparition au village des zelfs en renversant plusieurs chênes centenaires sur son passage, et se vengea d’avoir été réveillé en incendiant méthodiquement les cabanes qui le composaient, ce qui devait plus tard inspirer à Navet que tout village construit par des êtres primitifs et fanatiques attentant à la vie des voyageurs égarés se devrait d’inévitablement finir en cendres.

« Oh, un lombard à crête de coq ! Merveilleux, je croyais l’espèce éteinte.
- Oh, fermez-là, mon vieux. »

Profitant de la débandade des zelfs, ce fut Alastar ou le garçon à la grosse épée qui durent finir par réussir à s’emparer d’une des nombreuses lames qu’ils dissimulaient immanquablement sur eux, et ainsi se détacher, et libérer les aussi les autres par la même occasion. Navet se précipita vers Arkanis avec bonheur, mais celui-ci, accompagné du reste du groupe, courrait à grandes enjambée dans la direction opposée, éteignant machinalement les étincelles qui étaient tombées sur son chapeau.
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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Elladan le Jeu 16 Juil 2009 - 18:37

Maintenant il est temps que nos voyageurs puissent se reposer un petit peut ^^ voilà de la lecture !

Nous avions eu chaud, cette fois-ci nous avions bien failli y passer. Notre Barde muette méritait bien des explications de notre voyage, après tout la pauvre n’était pas au courant du but de cette expédition de bras cassés. Je me mis à côté d’elle quand nous commençâmes à prendre la route pour le Duché de Torgas et je commençai à lui parler même si je savais que je n’aurais que des signes en
réponses.

-Hee, je voulais m’excuser pour la cotérisation sauvage... Sur le coup ça m’avait paru une bonne idée mais j’aurais dû réfléchir plus.
Son regard était entre l’énervement en repensant à ce moment et un sentiment que je ne pourrais expliquer, peut-être le pardon je ne sais pas. Mais je repris la parole :
-Je vais quand même te prévenir, nous sommes à la recherche tu Talisman d’Erkandor, un talisman aux pouvoirs magiques d’une grande puissance. Et même si notre groupe est plutôt bien constitué nous allons vers des dangers et je pense que tu dois choisir si tu veux nous suivre ou non. Je vais t’en expliquer un, un danger qui nous guettera tout le long de ce voyage. Je suis un descendant des chevalier de Karia, et lorsque nous étions en ville j’y ai croisé un ombre. Son visage s’assombrit, elle en avait donc déjà entendu parler...
-Les chevaliers noirs du roi nous ont déjà attaqué mais eux ce n’est pas très grave, il ne sont que des hommes. Donc notre voyage est un périple que tu dois faire de ton plein gré. Si tu ne nous suis pas nous ne t’en voudrons pas...
Puis je repartis en avant du groupe pour rejoindre Alastar, je préférait être près de lui, on se sait jamais ce qui peut arriver.

Après quelques heures de marche nous arrivâmes au Duché de Torgas, la ville était entourée d’eau et le seul moyen d’y accéder était de passer par l’un des quatre ponts qui se situait aux quatre points cardinaux de la ville. A peine arrivés au pont le plus proche de nous que la foule était tout autour de nous. Les rues étaient bondées et le moindre mètre gagné était un véritable calvaire. Puis un homme m’interpella, un garde de la ville. Quand je me retournai vers lui il commença à parler :

-Seigneur Exall, nous vous attendions. Le Duc souhaite vous voir au plus vite ! Seigneur. Pourquoi m’appelait-il ainsi ? En jetant un coup d’oeil derrière moi je me rendis compte que mes camarades étaient tout aussi surpris que moi mais les surprises ne s’arrêtèrent pas là.L’homme avait fait amener des cheveaux pour notre groupe pour que nous puissions nous déplacer plus aisément. Il y avait suffisament de cheveaux pour que nous puissions tous monter dessus. Alastar monta avec Linya et Jorel tout en disant que si le Duc souhaitait notre présence il ne vallait
mieux pas refuser et que ce n’était pas le moment de déclencher des hostilités. Aenerys monta avec Tyana, Arkanis lui, eut du mal mais avec l’aide du garde de la ville il monta un cheval avec Navet. Tyana et Caeli montèrent ensemble sur un autre cheval. Quant à Norris il se trouva sur le même cheval que Shiera. Puis l’homme me montra un cheval blanc et m’expliqua que le Duc avait demandé que ce cheval me soit amené. Dès que je fus monté sur le cheval je reconnus cette monture du fait que la crinière était argenté. Un cheval elfique et cela n’avait pas échappé à Tyana qui n’avait pas fait de remarques mais son visage avait suffi. Le garde de la ville passa devant nous pour nous emmener jusqu’au chateau du Duc. Durant le trajet les gens ne cessaient de fixer le convoi bien spécial de notre troupe. Pourquoi le Duc voulait-il nous voir, et comment se fait-il qu’il savait que nous arrivions vers sa ville et par cette direction. Tout cela était étrange et il vallait mieux rester méfiant. Après une heure de cheval nous arrivâmes face au chateau. Une structure imposante. La grande porte fut ouverte et à peine avions-nous passé le portail que j’eus comme la sensation d’une présence mais je n’arrivais pas à cerner celle-ci. Nous descendîmes de nos montures et Alastar
s’ammena à mon niveau et me parla rapidement.
-N’oublie pas que c’est un Duc que nous allons avoir en face de nous, alors fait usage de politesse.

Effectivement je n’y pensais plus mais il faudra que je mette un genoux à terre une fois face à lui. Deux hommes nous menèrent dans le chateau à travers moulte couloirs et pièces. Puis nous arrivâmes devant une porte massive. Deux gardes se trouvaient de part et d’autre de celle-ci. Puis ils ouvrirent cette porte qui donnait sur une grande pièce et nous fûmes invités à rentrer dans la salle. En avançant un peu plus nous arrivâmes face à un trône mais celui-ci était vide. Je sentais encore cette présence, et je me sentais mal à l’aise. Puis au bout de quelques minutes le Duc arriva par une porte sur la gauche du trône et de ce fait nous posâmes genou à terre. A peine fut-il assis dans son
trône qu’il commença à parler :

-Vous pouvez vous relever, puisqu’à vrai dire ce n’est pas moi ou pas que moi plus exactement qui suis le responsable de votre venue ici.
Deux hommes arrivèrent sur les côtés du trône suivis de deux elfes. J’étais à peine relevé que je dégainai mon épée en criant à l’embuscade. Alastar avait déjà dégainé et les autres étaient prêts à se battre quand je ressentis encore cette présence. Je me retournai, j’étais tétanisé, pas par la peur mais par ce que je vis. Une jeune elfe était face à moi plus spécialement une demie elfe et lorsqu’elle commença à parler je lachai mon épée au sol...

-C’est comme cela que tu me salue après tout ce temps ?
A ces mots je ne pouvais plus bouger, tout mon corps ne me répondait plus, ma gorge ce sera et je tombai sur mes genoux. Le seul mot que j’arrivai à sortir de cette gorge fut “Lido”. A peine avais-je dis ce mot qu’Arkanis ne put s’empècher de dire quelque chose :
-Alors c’est elle Lido, la dernière fois dans le repaire des elfes tu avais hurlé son nom.
Lido s’était rapprochée de moi et je ne pus m’empêcher de la serrer dans mes bras tout en merelevant. Elle jeta un coup d’oeil à mes cheveux tout en me disant que j’avais réussi. Je venais de retrouver une personne que j’avais oublié depuis plusieurs années, je n’arrivais plus à la lâcher mais je finis par m’y résoudre. Tout en séchant mes joues je me retournai vers mes camarades et leurs dis :
-Je vous présente Lido, ma grande soeur !
Tout le monde resta bouche bée pendant quelques secondes puis ce fut le début des discussions.
-Tu ne nous avais jamais dis que tu avais une soeur... Enchanté de vous connaitre... Tout ce genre de choses puis ce fut le début des raisonnements logiques de la part de Caelina, Arkanis et Aenerys :
-Donc si tu es son frère, vu que c’est une elfe cela veut dire que tu es un demi-elfe ?
Effectivement j’étais un demi-elfe mais je n’avais pas envie d’évoquer le sujet, du moins pas pour le moment. Le Duc me sortit de cette situation en reprenant la parole :
-Maintenant que les retrouvaillez sont terminées je vous convie au bal de ce soir. Vous êtes des invités d’honneur et des chambres ont été préparées pour vous. Je soulevai le fait que nous n’avions pas de vêtements de fête mais le Duc nous assura que ce n’était pas un problème. Je regarda alors Alastar et les autres. Ils avaient l’air d’aprécier l’invitation mais c’était l’avis d’Alastar qui m’intéressait sur la question puis il finit par répondre :
-Nous acceptons avec plaisir, monsieur le Duc.
-Très bien vous allez donc être amené à vos chambre.

Nous fûmes amenés dans des chambres, une chambre chacun, excepté Jorel, qui resterait avec Linyia. Quand je fus dans la mienne je me rendis compte du confort des chateaux. Les chambres étaient agréables. Puis je m’allongeai sur le lit et m’endormis. Je fus réveillé par un toc toc à ma porte puis quand j’eus dis “entrez” j’aperçus Lido dans l’embrasure de la porte. Elle la referma derrière elle et me montra un costume blanc. Elle m’expliqua que tous les autres avaient aussi eu des vêtements pour la soirée ainsi que les horaires où il fallait s’y rendre. Puis elle me tendit le
costume en me demandant de l’enfiler. Je me changeai puis lui montrai le résultat, elle me dit qu’il m’allait à merveille. Je m’assis à côté d’elle sur le lit. J’avais tellement de choses à lui demander mais je ne savais pas par où commencer. Mais ce fut elle qui commença.

-Après la mort de nos parents j’ai essayé de te retrouver mais tu étais toujours parti quand j’arrivais à un endroit. Il y a peu j’ai apris que tu était passé par chez nous et du coup j’ai essayé de savoir où tu allais. Et j’ai décidé de t’attendre ici. Qu’as-tu fait pendant toutes ces années, partout où je passais on me parlait du chevalier dragon. Il est dangereux par les temps qui courent de prendre ce titre. Il faut que tu sois plus prudent, mais je suis rassuré je vois que tu n’es pas seul.

-Effectivement, j’ai un groupe de compagnons pour le moment. Et toi ça fait si longtemps qu’est-ce que tu es devenue ?
-Je suis responsable de la communication entre nos deux royaumes. Je suis venue en temps qu’émissaire pour retrouver une poche de résistance à Karia. Des hommes et des femmes qui se réunissent pour se battre contre le roi qui n’est pas légitime.
-Si jamais ces gens se rebellent maintenant ils seront... Les chevaliers noirs n’en feront qu’une bouchée.
-C’est pour cela que je suis là pour les raisonner. Mais partout dans Karia se répend l’histoire d’un jeune homme qui a terrassé ces chevaliers qui se disent imbatables. Ce fait a réveillé la flamme de la liberté chez certaines personne et ce phénomène va s’emplifier nous ne pourrons pas retenir les gens très longtemps. La machine est en marche petit frère et que nous le voulions ou non nous sommes obligés de la suivre.
-Très bien, puisqu’il en est ainsi je me dois de hâter mes recherches. Nous devons passer à la bibliothèque, j’espère que nous trouverons quelque choses d’utile là-bas. Au fait, et toi tu ne te changes pas pour ce soir ?
-Si bien sûr, ma chambre est au fond du couloir, rejoins-moi dans une petite heure ensuite nous nous joindrons à la fête.
Sur ces mots elle sortit de ma chambre et se dirigea vers la sienne. Je décidai de laisser Surion dans la chambre pour la soirée, cette épée était bien trop encombrante et je pris juste une dague que je cachai dans mes bottes. Vingt minutes après Alastar entra dans la chambre. Il s’était changé lui aussi et il eut un rictus en me voyant dans cette tenue. Je ne pus lui répliquer qu’une chose un rictus identique au sien car à vrai dire le voir en tenue de bal était plutôt drôle. Nous discutâmes un peu de tout ce qui venait de se passer. Je lui expliquai alors que ma mère était une Haute elfe du nord et que mes parents s’étaient rencontrés lors d’une missions en commun. Je lui expliquai aussi que ma
soeur avait quatre années de plus que moi et quel faisait partie de l’armée elfe. Nous étions d’accord sur le fait qu’étant donné que nous avions été bien aceuillis, avoir accès à la bibliothèque serait une affaire plus simple que prévue. Puis je me permis de lui poser une question importante pour moi :

-Dis Alastar, tu sais danser ?
-Hum à vrai dire, non je ne suis pas un danseur.
-Bas pour tout te dire moi non plus je ne sais pas danser et je me demande comment je vais faire.
-Arrange toi pour ne pas avoir à danser et au pire évite de paniquer.
Je souris à son conseil mais il ne m’était pas d’une grande utilité. Un autre Toc toc arriva à ma porte. Quand elle s’ouvrit je reconnus Lynia dans une robe magnifique, elle s’excusa de nous déranger et fit comprendre à Alastar qu’il fallait y aller. Ils partirent alors et quelques minutes après
je rejoignis Lido à sa chambre. Elle sortit de la pièce en portant un robe blanche et argentée. Une robe de cérémonie elfe, elle lui allait parfaitement. Les autres devaient déjà être en bas dans la salle de bal. Je la pris alors par le bras et nous nous dirigeâmes vers les escaliers. Une fois arrivés en haut nous vîmes tout le monde en contrebas, les regards se tournèrent vers nous et de là où j’étais j’entendais quelque chuchotement du style “ Regardez ces cheveux... Ce doit être lui le chevalier dragon... Et elle, qui est-elle ? ... Une elfe c’est assez rare dans nos chateaux...” pendant ce temps nous avions descendu les escaliers et j’aperçus les autres. Ils étaient en train de faire la fête ça faisait
plaisir à voir. Je me dirigeai vers le buffet et je fus rejoints par Alastar qui prenait un verre de vin, je le suivis dans cette démarche j’avais la gorge sèche. D’où nous étions nous apercûmes Lido et Lynia qui discutait. Il est vrai que j’avais prévenu Lynia et Alastar pour mes cheveux et elle devait avoir plus de facilités à parler avec ma soeur que moi même. Puis Alastar me tapa dans l’épaule en disant :

-Ne t’inquiète pas, le temps qu’on nous demande pas de danser tout ira bien.
Je ne pus m’empècher de sourir puisqu’il avait raison. Mais les deux femmes se dirigèrent vers nous et je sentis que le repos était de courte durée. Lido me tendit la main en m’invitant à venir danser avec elle, je ne pouvais refuser. Quant à Alastar il ricana et me dit que le devoir m’appelait. Quand
nous nous dirigeâmes vers la zone de danse je croisai Lynia qui se dirigeait vers le buffet. Alastar allait y avoir le droit aussi.
Quelques instants plus tard, je vis Linyia sortir à grands pas de la salle, presque aussitôt suivie par Alastar.
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Re: Les Chroniques des Lames Perdues 2

Message par Mélanie Mustang le Ven 17 Juil 2009 - 15:36

A mon tour!

Après avoir failli être, semble-t-il, dévorés par des elfes fanatiques des buissons, nous avions échappé de justesse à un dragon, sorti de je ne savais où. Il était arrivé à temps, mais je n’avais pas imaginé que des dragons existaient encore.

Je me regardai dans le miroir de la chambre qui m’avait été attribuée… J’avais du mal à me reconnaître. Depuis combien de temps n’avais-je pas vu mon propre reflet ? Dix ans ? Quinze ans ? Depuis longtemps je ne se souciais plus de ce à quoi je pouvais ressembler… De l’image que pouvais renvoyer.
Et je fus surpris de voir à quel point je pouvais ressembler à mon père désormais. Surtout dans ces vêtements qu’on m’avait prêtés… La tenue n’était pas assez sobre à mon goût malgré les couleurs assez simples. Je me sentais assez mal à l’aise.
J’allai rejoindre Exall dans sa chambre et nous discutâmes un moment, rigolant. Le garçon s’était calmé depuis que je lui avais parlé. J’étais content que mes paroles aient fait leur chemin dans son esprit. C’était quelqu’un de bien, j’en étais certain. Il lui fallait seulement être guidé.
Linyia vint nous chercher. Je restai un instant muet en la voyant dans sa robe de bal. Finalement, ne pouvant pas indéfiniment retarder mon entrée dans la salle du bal, je quittai la chambre d’Exall avec Linyia et nous descendîmes ensemble.
-Tu es superbe, dis-je finalement en retrouvant ma voix.
Je la vis rosir légèrement.
-Je te remercie.
Lorsque nous arrivâmes dans la salle, je fus tout de suite happé par la musique et l’ambiance festive. J’allai prendre un verre de vin pendant que la sœur de Exall parlait avec Linyia. Exall me rejoignit et nous continuâmes de discuter. Les invités dansaient et avec amusement, Exall vit sa sœur et Linyia s’approcher. Le jeune homme fut traîné sur la piste de danse par sa sœur et je ne pus m’empêcher de sourire légèrement devant cet amusant spectacle.
Linyia se tenait près de moi et je la sentis hésiter un instant.
-Tu… tu veux danser ? proposa-t-elle.
-Il ne vaut mieux pas, Linyia.
Je me rendis alors compte que ma voix était devenue plus rauque et que mon cœur s’était mis à battre plus fort. Je fermai un instant les yeux et respirai profondément.
-A cause de…
-Oui. Je préfère ne prendre aucun risque. Et puis…
-Oui ?
-Je ne sais pas danser, avouai-je légèrement gêné.
Linyia éclata de rires à ma grande surprise.
-Tu es sérieux ? Pourtant tu dansais bien quand nous sommes allés dans le village du dragon…
-Ce n’était pas le même genre de danse, Linyia. Ca n’a rien à voir avec les danses de la cour, crois-moi.
-Dommage…
-Excusez-moi, mademoiselle.
Un jeune homme d’une vingtaine d’années s’était approché et il regardait Linyia avec un regard plein d’espoir. Malgré moi, je fronçai les sourcils.
-M’accorderiez-vous cette danse ?
-Oh… D… Désolée, je… je ne sais pas danser.
-Bien… Pardonnez-moi de vous avoir importunée, dans ce cas.
Le jeune homme repartit et je remarquai le rouge qui était de nouveau monté aux joues de Linyia. Je me rendis compte que j’avais serré les poings et me détendis. Après tout, si je ne pouvais pas donner à Linyia ce qu’elle attendait, d’autres le pouvaient…
-Pourquoi n’as-tu pas accepté de danser avec lui ? demandai-je.
-Je… Je ne veux pas danser…
-Mais tout à l’heure, tu…
-Je ne veux pas danser avec quelqu’un d’autre que toi.
Je restai silencieux un instant après avoir poussé un soupir.
-Linyia… Tu ne devrais pas t’accrocher autant à moi, je…
-Arrête, Alastar ! Je t’interdis de continuer ce que tu t’apprêtes à dire !
Linyia quitta précipitamment la salle et j’hésitai un instant. Finalement, je la suivis sous le regard quelque peu étonné de nos camarades et la retrouvai dans les jardins, assise sur le rebord d’une fontaine. La nuit était tombée et il commençait à faire frais. Je retirai ma cape et la déposai sur les épaules de la jeune femme.
-Laisse-moi, dit-elle en se détournant.
Je la forçai à se tourner vers moi et séchai doucement ses larmes en fronçant les sourcils.
-Pardon. Je ne voulais pas te faire pleurer.
-Je ne pleure pas… J’ai juste une poussière dans l’œil.
-Linyia… soupirai-je.
-Ne me demande pas de m’éloigner de toi, Alastar.
Je fus surpris par la détresse que j’entendis dans la voix de la jeune femme.
-Ce serait peut-être mieux pour toi, pourtant. Tu n’aurais aucun mal à trouver un homme capable de te donner ce que tu veux.
-Je ne veux pas de n’importe quel homme… C’est toi que j’aime.
-Je t’aime aussi et ça me fait mal de te voir t’accrocher à moi alors qu’il n’y a aucun espoir pour que je puisse… pour que nous ayons une véritable relation.
Nous restâmes silencieux un moment, le silence seulement troublé par les clapotis de l’eau.
-J’ai besoin de toi, Alastar, dit-elle doucement.
Je pris sa main dans les miennes et la serrai doucement. Moi aussi j’avais besoin d’elle… Mais je ne voulais pas que ce soit au détriments de sa joie de vivre. Linyia approcha alors doucement son visage du mien.
-Linyia… C’est…
-Essayons… Juste une fois…
Je sentis son cœur battre incroyablement fort alors que les lèvres de Linyia étaient à quelques millimètres à peine des miennes. Je devrais la repousser… C’était trop dangereux… Si je perdais le contrôle… Mais ses lèvres étaient là, si proches… Je voulais les goûter… J’en rêvais depuis des mois… Peut-être arriverais-je à me contrôler suffisamment… J’approchai mes lèvres à mon tour… Elles se frôlèrent et pour la première fois, je sentis la douceur des lèvres de Linyia.
Aussitôt, je sentis la fureur monter en moi et m’écartai de plusieurs pas, fermant les yeux et respirant profondément pour me calmer. J’allai m’appuyer contre un arbre et serrai les poings.
-Alastar…
-Ne t’approche pas plus, Linyia… haletai-je. Va-t-en… Laisse-moi… me reprendre…
-Je suis désolée…
Je l’entendis s’en aller. Je ne cherchai pas à la retenir ou à la suivre. Je me forçai à rester contre le tronc d’arbre, les yeux fermés, pour me calmer. J’aurais dû la repousser sans hésiter… J’avais été complètement fou… J’avais tout risqué, juste parce que voulais connaître la saveur de ses lèvres… Je n’étais qu’un pauvre fou… Je n’avais donc rien appris, me dis-je en repensant à la seule femme qui avait eu à souffrir de ma malédiction.
Après de longues minutes, je sentis enfin le calme revenir en moi. La sensation d’écrasement avait disparu. Je retournai m’asseoir près de la fontaine quelques minutes et me passai un peu d’eau sur le visage. Je ne devais plus prendre ce genre de risques…

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