Star Wars : The Jedi Civil War

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Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Macros le Lun 5 Mai 2008 - 21:06

Eh oui, voici venu la deuxième partie de ma fan-fiction commencée il y a un moment déjà... en espérant qu'elle vous plaise autant que la première! Avec un prologue pour donner le ton. Bonne lecture donc, et à bientôit dans de nouveaux posts! Comme d'habitude, les commentaires snt les bienvenus, compliments comme critiques.


The Jedi Civil War – Prologue


Orbite haute de la planète Jonction, un an après Malachor V


Le lieutenant Gabriel Baur émit un bâillement sonore, qui ne pouvait échapper à l’attention du reste de l’équipage. Cela faisait onze heures que leur corvette sondait l’espace alentour, afin de prévenir toute intrusion d’indésirables, scénario qui paraissait particulièrement improbable par les temps qui couraient. Les guerres mandaloriennes avaient pris fin depuis plus d’un an, et si les premiers mois de « paix » avaient été assez troublés par une recrudescence de la piraterie, qui avaient pu faire main basse sur des surplus de l’armée désormais inutiles, et ayant gonflé leurs effectifs avec quelques guerriers mandaloriens n’ayant désormais d’autre choix que de vendre leurs talents au plus offrant, cela faisait maintenant un moment que la situation autour de Jonction s’était apaisée, quant bien même le reste de la Bordure était encore en prie à de nombreux troubles.

La République éprouvait de nombreuses difficultés à rétablir son autorité sur le secteur, manquant d’effectifs et de moyens pour maintenir la paix civile. Chaque planète devait donc se débrouiller comme elle pouvait, et Jonction faisait partie des mondes les mieux pourvus pour prospérer en ces temps troublés. Ce monde industriel avait été défendu jusqu’au bout par la République durant la guerre, ce qui lui avait évité le pire, et à présent, les besoins de la Galaxie étaient tels que les sociétés locales croulaient sous les commandes et avaient décuplés leur chiffre d’affaire, traitant aussi bien avec la République qu’avec des organisations nettement moins recommandables, et pas toujours du bon côté de la loi. Ce qui faisait que nul n’avait réellement d’intérêt à s’en prendre à Jonction, qui faisait figure d’un havre de paix dans une Galaxie troublée et encore en train de se remettre de ces années de guerre qui l’avait laissée exsangue.

Mais pour quelqu’un comme Baur, cette tranquillité était synonyme d’ennui mortel. Trois mois de patrouilles sans qu’il ne se passe jamais rien de significatif, sa plus grosse d’action ayant consisté à porter assistance à un cargo dont les réacteurs étaient entrés en surchauffe. Pas particulièrement héroïque, et certainement pas le genre d’actes qui le feraient connaître de ses supérieurs et augmenterait ses chances de promotion. La paix était peut être une bonne chose pour les commerçants et les politiciens, mais pour les forces militaires locales, ce calme plat était un rien… déprimant.

Si seulement quelques mercenaires en maraude venaient se perdre dans le secteur, histoire qu’on puisse leur montrer le chemin de la sortie… Encore un mois de ce régime, et on ne sera plus bon qu’à se tourner les pouces derrière nos consoles.

L’officier pianota sur quelques touches, plus pour donner l’impression d’être occupé que pour accomplir quoi que ce soit. Réprimant un profond soupir à l’idée que la relève n’allait pas survenir avant encore une demi-journée, il se remit à consulter sans convictions les chiffres qui défilaient sur l’écran sous ses yeux, s’affalant davantage à chaque instant dans son fauteuil… Avant de se redresser soudainement lorsque la séquence changea. Les nouvelles données qui défilaient sous ses yeux ne pouvaient signifier qu’une chose : la sortie imminente de vaisseaux de l’hyperespace. Et apparemment, ils étaient nombreux.

En un instant, le pont de la corvette de patrouille s’anima, les hommes d’équipage jusqu’alors plongés dans une douce somnolence étant rappelés à leurs devoirs. Ils n’avaient guère eu l’occasion de pratiquer ces derniers mois, mais cela ne les empêcha pas de gagner leurs postes d’alerte en un temps minimal, parés à toute éventualité. Le second de Baur vint prendre sa place à sa droite, une expression anxieuse sur le visage.

-Vous croyez que ce sont des pirates ?
-Peut être, mais… Ils ont l’air un peu nombreux pour ça. Seule la marine de la République devrait être capable d’aligner autant de vaisseaux…
-Nous n’avons reçu aucun message de l’amiral Karath concernant un éventuel déploiement dans notre secteur…
-Je sais, je sais ! Préparez vous à faire une identification visuelle, et à détaler au premier signe hostile, d’accord ?

Gabriel Baur reporta son attention sur la baie d’observation, guettant l’apparition imminente des nouveaux arrivants. Plusieurs flashes lumineux signalèrent leur sortie de l’hyperespace, et l’équipage poussa un soupir de soulagement collectif lorsqu’ils reconnurent les silhouettes familières des navires de guerre de la République. Le lieutenant se jura que Saul Karath entendrait parler de cette histoire, avant de remarquer un détail curieux. Si la majorité des bâtiments appartenaient clairement aux forces de la République, plusieurs bâtiments à leurs côtés ne ressemblaient à aucun modèle qu’il connaissait. Cela suffit à réveiller sa méfiance, même si il peinait à envisager qu’une quelconque organisation puisse mettre la main sur autant de vaisseaux.

-Lieutenant, le vaisseau amiral est en train de transmettre ses identifiants.

L’opérateur marqua une pause avant de poursuivre.

-Il s’agit du Juggernaut.

Baur n’hésita qu’un instant, avant que le soldat ne reprenne le dessus et ne commence à transmettre ses ordres.

-Envoyez lui un vecteur d’approche vers Jonction. Et établissez une liaison avec le Consul. Dites lui que Revan est apparemment de retour dans la République.

***

Le Consul Lioner Kodell était un homme approchant la soixantaine aux cheveux et à la moustache blanche, qui dirigeait Jonction depuis plus de deux décennies. Bien que le Sénat ait toujours été l’autorité suprême, chaque monde avait sa propre manière de s’administrer, étant évident qu’un seul monde ne pouvait être capable de gérer la vie quotidienne de cent mille autres. Et l’œil de Corustant avait trop à observer pour beaucoup s’attarder sur les planètes lointaines de la Bordure. Kodell avait pu gérer ses affaires comme il l’entendait, sans trop d’interférences de la part des Sénateurs, même si la guerre lui avait laissé les coudées moins franches. Et voilà qu’à présent, il s’apprêtait à accueillir celui que la République avait désigné comme son plus grand héros, et dont la Galaxie était sans nouvelle depuis près d’une année. L’occasion était assez unique pour justifier la présence de toute une délégation pour accueillir la navette qui entamait à présent sa descente vers le spatioport. Le Consul était venu entouré d’une myriade de conseillers et courtisans, escortés par une garde d’honneur symbolique, manifestation du caractère officiel de la rencontre.

Le vaisseau devant transporter Revan était à présent en train de se poser sur la plate forme d’atterrissage, le souffle entraîné par son mouvement faisant voleter les robes pourpres et or de Kodell. Lui et sa suite avaient mis leurs plus beaux atours pour cette rencontre, afin de mieux marquer leur respect à l’égard d’un des hommes les plus considéré de la Galaxie. Le Consul épousseta les manches de sa robe, tout en gardant les yeux fixés sur la rampe de débarquement de la navette. Il ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine appréhension mêlée d’excitation devant l’évènement qui se préparait.

De tous les mondes de la République, c’est ici qu’il a décidé de réapparaître… Une raison particulière, ou un simple hasard ?

Il se souvenait avoir entendu quelque part que les Jedi ne croyaient pas au hasard. Et lui-même avait tendance à considérer que les évènements en apparence chaotiques qui se produisaient dans la Galaxie avaient le plus souvent une explication rationnelle. Dans le cas présent, le plus probable était qu’après des mois d’errance dans des régions inconnues, la flotte de la République avait besoin de réparation et de ravitaillement, et le niveau technologique de Jonction répondait parfaitement à ce genre de besoins. Si il négociait habilement, la planète pourrait rajouter une ligne non négligeable à ses bénéfices.

Un sifflement aigu signala à l’assemblée le déverrouillage de la soute. Kodell reconnut au premier coup d’oeil la silhouette de Revan, portant comme d’habitude sa traditionnelle armure mandalorienne et son masque rouge et noir, le tout accompagné d’une ample cape. Le Consul avait toujours été intrigué par cet amour apparent des Jedi pour les vêtements amples, qui lui paraissaient bien peu pratiques pour le combat. L’effet devait davantage être psychologique… D’autant plus que contrairement à la croyance populaire, un Jedi n’avait recours à son arme qu’en des circonstances exceptionnelles… En temps de paix, du moins. Derrière Revan, il identifia son bras droit, Malak, qui avait été son second durant toute la campagne. Ce dernier arborait une mine sévère, jetant quelques coups d’œil autour de lui comme pour chercher à déceler les menaces potentielles. Kodell se permit un sourire intérieur à ce constat. Ils n’étaient plus sur un champ de bataille, mais sur l’un des mondes les plus sûrs de la Bordure, et le principal risque que les Jedi couraient étaient de se réveiller avec un sérieux mal de crâne pour peu qu’ils se laissent aller aux festivités qui avaient été organisées à la hâte. Enfin, derrière les deux généraux de la République, une demi douzaine de Jedi en robes grises servaient d’escorte.

Le Consul avança à la rencontre de la délégation, avant de s’incliner légèrement.

-Messeigneurs, la présence de héros de la République sur ce monde nous honore, moi et mon peuple. En temps que gouverneur de cette planète au nom du Sénat de Corustant, je vous souhaite la bienvenue sur Jonction, et j’espère être en mesure de vous satisfaire en tout point durant votre séjour.

La silhouette masquée ne mit que quelques instants à répondre, semblant choisir ses mots avec soin.

-Je vous remercie de votre accueil, Consul. La réputation d’hospitalité de Jonction n’est pas usurpée.

Un léger sourire flotta sur le visage de Lioner Kodell. Jonction n’avait jamais eu de telle réputation, mais il savait accepter un compliment diplomatique quand il en recevait un.

-Mais que diriez vous de poursuivre notre conversation au dîner de réception organisé en votre honneur ? Vous pourrez nous faire part de vos besoins, et je suis sûr que vous avez des récits dignes d’intérêt en provenance des territoires inconnus…
-Je vous remercie, Consul, mais je n’ai guère de temps pour ce genre de célébration. Mes devoirs sont nombreux, et je ne peux me permettre de passer trop de temps en festivités.

Si il était déçu, Kodell n’en laissa rien paraître, son expression affable continuant à lui coller au visage. Il se contenta de lisser sa moustache par réflexe avant de reprendre la parole.

-Je comprends tout à fait vos préoccupations, général Revan, et je m’en voudrais de vous retarder. Si je peux faire quoi que ce soit pour vous être utile…
-Il se trouve qu’effectivement, vous pouvez.

Lioner Kodell haussa un sourcil, mais continua de sourire, son expression conciliante invitant clairement son interlocuteur à poursuivre.

-Je veux que l’industrie de Jonction soit militarisée séance tenante. J’ai besoin d’une production continue de systèmes lasers et de pièces détachées pour mes vaisseaux, mes ingénieurs transmettront les modèles nécessaires aux vôtres. Je vais laisser une garnison de soldats ici afin d’être assuré que rien ne vienne contrarier le bon fonctionnement des usines. La flotte présente va également rester en orbite autour de cette planète, et son amiral prendra le commandement de vos forces de défense, par soucis d’efficacité. Enfin, il va falloir établir un système de conscription sur ce monde, et établir un centre d’entraînement décent. Je sais que tout ceci va apporter quelques changements à votre façon de faire, mais je suis sûr que vous vous adapterez très vite…

Un murmure de stupeur outragée monta de la délégation rassemblée derrière le consul Kodell. Ce dernier ne se départit néanmoins pas de son calme, même si son sourire se fit moins chaleureux. D’un signe de tête, il réduisit au silence ses collaborateurs, avant de se retourner vers Revan.

-Je suis prêt à faire de nombreuses concessions à l’égard d’un héros de la guerre tel que vous, monseigneur, mais je crains que ce que vous demandiez ne soit guère de votre ressort. Je vous suggérerais de déposer une telle requête au Sénat, je suis sûr que leurs membres seront sensibles à vos… arguments. Ils ne peuvent pas vous refuser grand-chose, comme vous devez vous en douter.

La silhouette de Revan resta silencieuse quelques instants, la visière semblant scruter le vide avant de se fixer sur le visage du consul de Jonction.

-Je crains qu’il n’y ait un léger malentendu, Consul. Je ne vous ai pas soumis une requête…

Une dizaine de sabre-lasers se mirent à bourdonner à l’unisson, leurs lames écarlates éclairant la scène.

-… Je vous ai donné un ordre.

Lioner Kodell était davantage irrité qu’effrayé par la tournure de la situation, et toute trace de sourire avait déserté son visage. Il approcha d’un pas de Revan.

-Vous surestimez votre influence si vous pensez pouvoir menacer une autorité légitime sans que le Sénat ne prenne…

Il n’acheva jamais sa phrase. D’un simple revers de son arme, Revan avait décapité le Consul, dont le corps s’effondra à ses pieds. C’était le signal que les autres attendaient. Les Jedi fondirent sur les dignitaires de Jonction, leurs gardes du corps n’opposant qu’une résistance dérisoire, n’étant pas de taille à lutter contre de tels adversaires. En quelques secondes, seuls Revan et sa suite respiraient encore sur la piste d’atterrissage. Ce dernier se tourna vers Malak.

-Je te laisse te charger de ce monde. Utilise tous les moyens que tu jugeras nécessaires pour éradiquer leur résistance, mais je veux les infrastructures intactes. Est-ce clair ?
-Très clair… maître.

La lame rouge vif de Revan se résorba dans la poignée de son sabre, tandis qu’il se détournait du massacre venant d’avoir lieu pour rembarquer à bord de la navette l’ayant amené jusqu’ici. Haut dans le ciel, les traînées enflammées qui zébraient l’horizon indiquaient l’arriver des premières capsules de débarquement, transportant les premiers éléments de la force d’occupation devant être stationnée sur cette planète. Malak se tourna vers les Jedi en robes grises l’accompagnant, donnant quelques ordres rapides afin de sécuriser le spatioport, avant de se laisser aller un instant à contempler le spectacle. Bientôt, toute la République connaîtrait un sort analogue.

Lorsque les premiers cris de peur et de douleur retentirent, Revan était déjà loin.


***


« … chevalier-général du Sénat, maître de guerre de la Bordure Extérieure, vainqueur de Taris, Dxun et Malachor, fléau de Mandalore, champion de la République, héros du peuple et protecteur de la Galaxie. »

Titre attribué au chevalier Jedi Revan après la bataille de Malachor V.

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Starman le Lun 5 Mai 2008 - 21:11

Beuuh, l'est méchant le Revan. Enfin, très bon post intriguant et tout.
Question par contre: pourquoi le mettre dans une deuxième partie (non pas que ce soit gênant mais bon^^)?

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Lena le Lun 5 Mai 2008 - 21:25

Aha ! Le retour du Jed...de la fic sur Star Wars ! On va pouvoir recommencer à mettre la pression ^^
Bon alors pour commencer...un texte qui tient sur un post ? Allons c'est quoi ça, on s'était habitué à plus long que ça ! Bon, d'accord, c'est l'intro, ça ira pour cette fois...
Plus sérieusement, très bon début, ça présage des choses terrrribles...avec ce Revan qui a basculé du côté obscur (je l'savais !) j'ai hâte de savoir ce qui va se passer...^^

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Mélanie Mustang le Mar 6 Mai 2008 - 10:58

Ah ah! Passage très intéressant... Qu'est-ce qui pousse ainsi Revan dans la voie du mal? C'est étrange...
Enfin, j'ai hâte de voir la suite de cette introduction qui est trop courte à notre goût à tous...^^

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Macros le Jeu 22 Mai 2008 - 18:27

et après une looongue attente, voici le premier chapitre! Pour répondre à ta question, Starman, compte tenu qu'on change de guerre, et surtout de personnage principal, j'ai pensé qu'il était justifié de faire une seconde partie, même si effectivement, j'aurais tout aussi bien pu continuer sur le même topic (ce qui me fait epnser qu'on peut mettre l'autre en archive, à présent, non?) Sur ce, donc, la suite, en espérant que vous appréciez la lecture (mouhahaha, craignez les noms! Les noms lessiveront votre cerveau!)



The Jedi Civil War – Chapitre 1 : Marche à la guerre




Enclave Jedi de Dantooine, trois jours après l’attaque de Jonction


-Si tu continues à traîner, maître Vrook va t’écorcher vif, Jarel !

L’intéressé redressa vivement la tête, un brin vexé d’avoir été pris dans un moment d’absence, camouflant la légère grimace qui lui était naturellement venue au visage en un sourire moqueur adressé aux deux silhouettes portant des robes similaires à la sienne, indiquant leur statut de Padawan de l’ordre Jedi..

-Ah ! Si je tombe, je vous entraîne dans ma chute. Faites confiance à ce bon vieux Vrook pour vous reprocher de ne pas m’avoir fait venir à l’heure.

Celui qui venait d’admonester le dénommé Jarel poussa un grognement sourd, tandis que la jeune femme à sa gauche ne put contenir un léger rire à l’énoncé de ce sort peu enviable. Jarel Telwinn en profita pour remonter à la hauteur de ses camarades, se passant négligemment la main dans ses cheveux châtains. A 18 ans, il comptait parmi les Padawans les plus âgés, lui et ses compagnons pouvant espérer passer les épreuves qui feraient d’eux des chevaliers de l’ordre à part entière. Il jeta un regard mauvais à l’homme à sa gauche, qui se contenta de hausser les épaules.

-Ne me regardes pas comme ça, ce n’est pas moi qui ai fixé cette convocation, Jarel. Mais je suis sûr que maître Vrook sera ravi d’écouter tes doléances.

Ce dernier poussa un soupir excédé, abattu d’avance en cherchant à imaginer quelle corvée le maître Jedi allait bien pouvoir lui imposer.

Il n’y a pas de passion, il n’y a que l’ennui. Il n’y a pas de chaos, il n’y a qu’une répétition sans fin.

Des générations entières de Padawans s’étaient plues à répéter ces lignes parodiant le code des Jedi, et elles étaient toujours autant à l’ordre du jour. Vu de l’extérieur, la vie d’un Jedi était une succession d’aventures palpitantes, mais pour qui appartenait au système, c’était une existence monotone et répétitive, du moins jusqu’à la fin de l’apprentissage. Bien sûr, il arrivait à un Padawan d’accompagner son maître lorsque ce dernier était en mission – à la condition que ce dernier ne la juge ni trop dangereuse, ni trop longue, ni trop délicate, bref, excitante-, mais la plupart du temps, il restait cantonné au temple, à ressasser des leçons qui restaient pour le moins abstraites.

Ses deux camarades semblaient prendre l’affaire avec plus de calme. Teros Despana arborait un air mi amusé, mi agacé devant l’attitude de son condisciple. Si Jarel n’aurait guère hésité à l’apeler son meilleur ami, il avait toujours pris les choses un peu trop au sérieux à son goût, notamment en ce qui concernait les règlements et le sacro-saint code Jedi, alors que lui avait du mal à prendre pour argent comptant les sermons des vénérables maîtres Jedi. A les entendre, le côté obscur attendait à chaque coin de rue pour sauter sur le premier Padawan en vadrouille qu’il pouvait trouver ! Ces différences de caractère entre les deux jeunes hommes donnaient parfois lieu à des accrochages assez tendus, bien qu’ils soient régulièrement suivis d’une réconciliation en bonne et due forme.

L’élément féminin de ce trio, Elyne Sunder, jouait d’ailleurs souvent un rôle prépondérant dans cette étape. D’un caractère naturellement conciliant, la jeune femme aux cheveux bruns parvenait à ramener les deux « gamins », comme elle aimait à les appeler, au calme. Son caractère réfléchi, mais non dénué de légèreté servait bien souvent de point d’équilibre entre la tendance tête brûlée de Jarel et le côté un peu strict de Teros. Les trois se connaissaient depuis près d’une dizaine d’années, et n’avaient que rarement été séparés sur une longue période de temps depuis – ce qui pouvait facilement s’expliquer par le fait qu’ils avaient rarement quitté l’enclave de Dantooine.

-Tu tires une de ces têtes, Jarel… Qu’est ce qui te met de si charmante humeur ?
-Tu le demandes ? Pour une fois qu’on nous laisse quartier libre pour se rendre à Khoonda et rejoindre un cadre moins… disons, formel que celui de l’enclave, ils ne trouvent rien de mieux à faire que de nous rappeler illico sans explications… Au temps pour la coupure rafraîchissante.

Teros Despana se joignit à la conversation, adoptant un ton docte, une expression exagérément sérieuse sur le visage.

-La vie d’un Jedi est faite de sacrifices.
-Hmmmph. Enfin, plus pour certains que pour d’autres…
-Au fait, Teros, tu n’avais pas dit que tu essaierais de parler à Bastila, aujourd’hui ?

Le ton d’Elyne était innocent, mais la lueur d’amusement qu’on pouvait lire au fond de ses yeux indiquait clairement que l’intention l’était moins… De fait, le silence embarassé de l’intéressé sonnait comme un aveu, tandis que l’expression de Jarel passait progressivement de la stupeur à une grimace moqueuse.

-Sans blagues ? Bastila Shan ? La princesse de glace ? Et alors, tu t’es fait jeter ?
-Non ! C’est juste qu’elle n’avait pas le temps de…
-Il s’est fait jeter.
-Semblerait…
-Je me demande pourquoi je traîne encore avec vous deux dans mes pattes après tout ce temps…
-Pour éviter que ta tête explose ?

Teros Despana ouvrit la bouche annonçant une nouvelle réplique bien sentie, avant de s’interrompre en constatant que leur petit groupe était arrivé à destination. Devant eux se trouvait la porte de la salle de conférence de l’Enclave, ou le message de maître Vrook leur avait demandé de le rejoindre. Il alla pianoter le code d’accès tandis que ses deux compagnons profitaient du délai pour faire disparaître toute expression pouvant passer pour de l’impertinence aux yeux du sévère maître Jedi. Les deux panneaux métalliques s’écartèrent, révélant une surprise aux trois Padawans. Maître Vrook était bien là, mais en bonne compagnie : pratiquement toute l’Enclave, des maîtres jusqu’aux Padawans, à l’exception des jeunes apprentis, s’était réuni dans la large pièce à ciel ouvert de l’académie. Le visage de Teros perdit de ses couleurs lorsque des dizaines de paires d’yeux se tournèrent vers les retardataires, tandis qu’Elyne donnait l’impression de vouloir disparaître en s’enfonçant dans le sol. Même Jarel eut la bonne grâce de rougir légèrement, tout en lançant un regard noir à ses deux camarades, ayant tendance à estimer que sa propre irresponsabilité étant bien connue de tous, il leur revenaient de l’avertir de ce genre de détails…

-Bien, à présent que nos derniers retardataires daignent nous rejoindre -les intéressés baissèrent un peu plus la tête à l’énoncé de cette remarque- , il est temps de vous faire part à tous de la raison pour laquelle vous avez été rappelés à l’enclave.

Apparemment, il était revenu à maître Dorak, un homme approchant de la cinquantaine, à la peau sombre et aux cheveux noirs teintés de gris, de se charger des explications. Chargé de tenir en ordre les chroniques de l’Enclave, il était également un conteur de talent, qui savait captiver son auditoire dans le passé par ses seules paroles en évoquant des temps depuis longtemps révolus. Mais aujourd’hui, il semblait bien loin de son élément, et c’est d’une voix incertaine qu’il poursuivit.

-Revan et ses partisans sont de retour dans l’espace de la République. Apparemment, le « héros » des guerres mandaloriennes s’est proclamé seigneur noir des Sith, et a demandé la dissolution immédiate du Sénat et la reddition inconditionnelle de l’Ordre Jedi. Ses forces ont attaqué et conquis le système de Jonction, et un raid a été lancé sur les chantiers spatiaux de Foerost, plusieurs centaines de bâtiments ayant été capturés au cours de cette opération. Le Sénat a proclamé l’état d’urgence et officiellement demandé à l’Ordre son assistance. Le Haut Conseil de Corustant a répondu favorablement à cette requête.

Un silence choqué s’était abattu sur l’auditoire, bientôt remplacé par des exclamations incrédules, parfois outragées, tandis que la plupart des membres de l’assistance essayait encore d’assimiler le flot d’informations qui venait de leur être délivré : le retour de Revan, sa trahison, et le conflit à venir. Jarel Telwinn était resté la bouche ouverte, incrédule.

La guerre ? Contre Revan ? Ce n’est…

Alors que l’atmosphère semblait proche de virer au chaos, la voix impérieuse du maître Lamar Vrook rétablit le silence.

-Nous nous sommes abstenus d’intervenir dans le conflit mandalorien, et les récents évènements ne font que nous conforter dans cette décision. Mais à présent, l’heure n’est plus aux hésitations. C’est notre devoir de mettre fin à la menace des Sith et à combattre l’influence du côté obscur sur la galaxie. Vous tous, quel que soit votre rang, allez être amenés à combattre au sein des armées de la République. Vous recevrez vos assignations en temps utile.

Jarel se surprit à songer qu’aussi déplaisante que soit l’attitude de Vrook à ses yeux, cette rigidité en temps de crise comme à présent avait quelque chose de… rassurant. Encore qu’il n’ait aucune intention de l’admettre devant témoins… Un Padawan bredouilla une question d’une voix si faible qu’il fut bien incapable de l’entendre, ce qui n’était apparemment pas le cas du maître Jedi.

-Nous ne savons pas comment ni pourquoi Revan est tombé du côté Obscur, et pour le moment, ce n’est pas notre soucis principal. Le Conseil débattra de cette question bien assez tôt, mais en attendant, il est impératif de le mettre hors d’état de nuire, lui et ses partisans. Les Sith doivent être vaincus, nous pourrons alors disserter à loisir sur les raisons de leur réapparition.

Lamar Vrook se rassit, laissant libre cours à une cacophonie assourdissante dans la salle, chacun commentant à voix haute ce qu’il venait d’entendre. L’annonce avait fait l’effet d’une bombe, et à présent, tout le monde s’efforçait d’en comprendre les implications. Les maîtres Jedi continuèrent à parler, mais rares étaient ceux qui les écoutaient encore… L’essentiel avait déjà été dit. Jarel parvint à saisir les regards d’Elyne et de Teros. Incrédules. Soucieux. Effrayés, même. Et il savait qu’il devait avoir exactement le même. Une chose était certaine, le temps de l’apprentissage était bel et bien révolu. En quittant la salle de conférence, Jarel ne pouvait s’empêcher de songer qu’il risquait de bientôt regretter ses souhaits de quitter le cocon de l’Enclave de Dantooine…


***

Les Sith sont le plus grand mal depuis... eh bien, les Mandaloriens. Et eux étaient la pire chose depuis Exar Kun. Blah blah blah etcetera etcetera… Tout le monde pense que l’époque à laquelle il vit est la plus épique, la période la plus importante de toute l’histoire. Mais les héros et les tyrans naissent et tombent, et c’est aux historiens de faire le tri. N’allez pas penser que cette guerre - votre guerre ! – est plus importante que toutes les précédentes simplement parce que vous y participez.

Paroles de Jolee Bindo

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Lena le Jeu 22 Mai 2008 - 19:18

Mais la première partie est déjà dans les archives ! (mais non je ne viens pas juste de l'y mettre...)
Hmm sinon...Bastila...mais où ai-je déjà vu ce nom ? Aaah oui. C'est elle qui...non rien. ^^
Enfin...bon post en tout cas, on a haaaate de lire la suite ! ^^

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Mélanie Mustang le Jeu 22 Mai 2008 - 19:26

Ah un Jedi amoureux!!! Attention jeune Jedi, l'amour amène très rapidement vers le côté obscur de la force! (quoi j'ai passé les parties les plus intéressantes de cette phrase magnifique de Yoda? )
Bon, Revan est devenu carrément le Seigneur Noir des Siths... Il s'embête pas... J'ai hâte de voir ce que tout ça va donner...

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Macros le Mar 15 Juil 2008 - 15:49

It's been a while! Voilà enfin le deuxième chapitre de la fic, suv, je l'espère, par de nombreux autres dans un avenir proche! En attendant, bonne lecture, en espérant que ce soit toujours à votre goût!

The Jedi Civil War - chapitre 2 : l’Ombre s’étend





Vaisseau-amiral Juggernaut, orbite Haute de Korriban,


Revan contempla par la baie d’observation les carcasses calcinées des vaisseaux de la République, son masque camouflant comme toujours toute trace d’émotion ayant pu apparaître sur son visage. Au loin, la flotte Sith achevait de regagner ses positions autour de la planète, tandis qu’une poignée de vaisseaux se chargeait de traquer les derniers fuyards n’ayant pas pu repasser dans l’hyper-espace.

Qu’ils sont prévisibles… Ils n’ont toujours pas compris à qui ils ont affaire… Mais cette petite démonstration devrait le leur rappeler.

La riposte de la République avait été rapide. Instruits de leurs erreurs durant les guerres Mandaloriennes, ou leurs atermoiements initiaux avaient failli leur coûter la victoire et provoquer la ruine de la Galaxie, les armées du Sénat avaient immédiatement monté une force d’attaque afin d’éradiquer la nouvelle menace avant qu’elle ne prenne de l’ampleur. Une décision on ne pouvait plus censée. Tout comme le choix de la cible, Korriban, ancienne capitale des Sith, qui avait été désertée durant des années avant que Revan ne revienne en faire son académie de formation pour les Jedi Noirs à son service, décision dictée par l’omniprésence de l’influence du côté Obscur sur ce monde. La perte de la planète aurait indubitablement été un coup rude porté au tout neuf empire Sith. Oui, les stratèges de la République avaient opérés de façon on ne peut plus logique…

… Ils n’en était que plus facile d’anticiper leurs manœuvres. La petite force d’intervention s’était retrouvée piégée par l’armada Sith, prise en tenaille entre les défenses de la planète et les renforts venus de l’espace. La bataille n’avait durée que quelques minutes, bien peu de vaisseaux ennemis parvenant à s’échapper des mailles du filet tendu par Revan. La première bataille de la guerre avait incontestablement tourné en faveur des Sith. Leur nouveau seigneur noir n’était cependant pas naïf au point de penser que cette campagne était déjà finie. Il en faudrait bien plus pour soumettre le Sénat et les Jedi. Mais il ne doutait pas de l’issue finale du conflit. La République n’en avait peut être pas encore pris pleinement conscience, mais elle était condamnée.

Ce n’est plus qu’une question de temps, à présent…

***

Planète Ondéron, spatiologie d’Iziz

-Aieuh !

L’exclamation résonna dans le hangar à vaisseaux, faisant sursauter un jeune homme brun, qui réprima un juron. Teros Despana ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel en entendant le cri de Jarel. Depuis qu’ils étaient arrivés sur la planète, ce dernier n’avait pas cessé de se plaindre au moindre prétexte, bon ou mauvais. C’était d’abord le climat qui était trop humide, puis l’environnement trop bruyant, puis leurs consignes trop vagues, puis leurs charges trop lourdes…. Malgré toute sa patience, Teros commençait à en avoir plus qu’assez.

Il n’y a pas d’émotions, il n’y a que la paix. Il n’y a pas d’émotions, il n’y a que la paix. Il n’y a pas d’émotions, il n’y a que la paix…

Expirant à fond, il se força à garder une façade de calme avant de se tourner vers son compagnon.

-Qu’est-ce que qui se passe, encore ?
-C’est ce fichu générateur à plasma qui n’arrête pas de se fourrer dans mes jambes ! Je te jure qu’il va finir par m’exploser à la figure, à ce rythme !
-Alors fais attention.
-Eh, je veux bien, mais c’est plus facile à dire qu’à faire! Ce machin est plus instable qu’un minock aveugle lâché dans une ferme hydrophonique !

Il fallut à Teros toute sa maîtrise de soi pour s’abstenir de répondre vertement. Jarel pouvait se montrer tellement… irritant, parfois. Il avait beau être son ami, il n’était pas toujours facile à vivre. Tournant le dos à son camarade, il se reconcentra sur le monticule de bric à brac qui lui faisait face, juste le temps d’entendre à nouveau la voix de Jarel Telwin dans son dos.

-Oh, Elyne ! Tu peux venir me filer un coup de main ?

La jeune fille surgit de sous un hydro-glisseur, le visage et la combinaison maculée de cambouis, un fer à souder toujours à la main. Essuyant la sueur qui coulait sur son front, elle répondit.

-Encore deux minutes ! J’ai presque fini ici, le temps de resserrer…

Une gerbe d’étincelles s’éleva du moteur de l’engin, et une fumée âcre envahit la pièce, manquant d’asphyxier la jeune Jedi, tandis que les deux hommes s’écartèrent prudemment. Lorsque la jeune femme eut fini de tousser, elle s’essuya les yeux avant d’aller constater l’étendue des dégâts, puis de se retourner vers Jarel.

-Euh… Finalement, il va me falloir un peu plus de temps…

Mais qu’est-ce que je fais là…

Leurs maîtres avaient choisi de ne pas séparer les trois Padawan, afin de « garder les ennuis au même endroit ». Mais ça avait été pour les expédier loin des zones de combat, à des tâches de maintenance et de supervision, comme maintenant, où ils étaient chargés de rafistoler de vieux vaisseaux datant d’avant les Guerres Mandaloriennes, ou tout au moins d’en récupérer les pièces utilisables. Si une part de l’esprit de Teros était soulagée de ne pas avoir à affronter les Sith dans l’immédiat, il avait du mal à avaler le fait de devoir se charger de tâches aussi secondaires quand la Galaxie avait besoin de tous les Jedi qui pourraient se trouver.

Enfin, peut être que la République n’est pas encore SI désespérée…

En entendant un nouveau juron poussé par Jarel, il ne put s’empêcher de penser que lui, en tout cas, ne tarderait pas à l’être.

***

Trois jours passèrent, dans une relative monotonie, si l’on exceptait les incidents techniques, combustions spontanées et décharges répétées que les trois jeunes gens subissaient ou provoquaient à intervalles plus ou moins réguliers, avant que le maître Jedi Bassara, à qui avait été confiée leur garde, ne fasse sa réapparition. Elyne Sunder ne put que remarquer les cicatrices qu’il portait sur sa peau grise, ainsi que l’entaille qui rayait une de large dent de devant, marque de son appartenance à l’espèce des Aqualish. Apparemment, les derniers jours avaient dû lui amener plus que sa part d’action… Néanmoins, c’est d’une voix calme, bien que peu dans la Galaxie auraient pu comprendre ses mots, et encore moins en interpréter l’humeur, qu’il s’adressa aux trois Padawans.

*Je vois que les choses n’ont pas tellement progressées par ici*

Jarel fut le premier à réagir, comme à son habitude.

-Eh, on y est pour rien si les Ondéroniens ne nous ont refilés que de la ca… Ouch !

Il foudroya du regard Teros qui venait de le faire taire d’un coup de coude dans les côtes, qui siffla.

-Tu n’as pas bientôt fini de te ridiculiser ?

Se retournant vers maître Bassara, il reprit d’un ton plus formel.

-Ce que mon ami essaye de dire, c’est que nos conditions de travail étaient loin d’être idéales. Mais nous avons fait de notre mieux, je peux vous l’assurer.

Elyne intervint juste à temps pour plaquer sa main sur la bouche de Jarel, qui n’avait visiblement pas l’intention d’en rester là, et voulait le faire savoir à grand renfort d’un vocabulaire qu’elle savait par expérience fleuri, avant de continuer d’un sourire se voulant apaisant.

-Mais je suis sûre que dans quelques jours, les progrès seront plus visibles… nous commençons à avoir la main.

Elle ôta sa main, Jarel renonçant à l’idée de représailles immédiates, se contentant d’un reniflement de frustration. Récemment, la nervosité des deux hommes avait augmentée d’un cran, et s’était traduite par un accroissement des fréquences de leurs joutes verbales. Elyne supposait que cette tension était liée aux rumeurs des batailles et des affrontements qui commençaient à s’étendre dans la Bordure extérieure, et au fait qu’eux même étaient coincés dans un monde à l’écart de toute action. Résultat, les deux jeunes Padawans se disputaient au moindre prétexte, ces éclats étant sans doute leur seul moyen d’évacuer une frustration croissante. Le maître Aqualish émit un son équivalant à celui d’un soupir humain, mais choisit de ne pas relever la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux.

*Je n’entendais pas critiquer. Quoi qu’il en soit, vous pouvez oublier le travail en cours, le Conseil a décidé de vous réassigner à un autre poste.*

Les trois apprentis échangèrent un regard mêlant curiosité, anxiété et excitation.

*Le Conseil a essayé d’éviter que de simples Padawans soient amenés à affronter les Sith, mais apparemment, nous ne pouvons plus nous payer ce luxe. L’Ombre s’étend…*

Elyne attendit patiemment la suite, tout comme ses deux camarades, avant de se rendre compte que Bassara s’était perdu dans ses propres pensées. Cela lui arrivait, parfois…

-Maître ? Ou devons nous aller ?
*Patience. Cela sera révélé en temps voulu. La guerre s’étend bien assez vite, il ne faudra guère voyager pour aller à sa rencontre… J’espère simplement que vous saurez agir convenablement, le moment venu.*
-Ne vous inquiétez pas, maître, nous sommes prêts à nous battre. Nous avons été bien formés…

Il était difficile d’interpréter l’expression de l’Aqualish, de par sa physiologie particulière, mais Elyne aurait pu jurer apercevoir une lueur de sympathie dans le regard qu’il jeta à Jarel.

*Je ne craignais pas pour vos corps… davantage pour votre esprit.*

***

Vaisseau -amiral Léviathan, orbite haute de Télos

L’amiral Saul Karath savait que les minutes les plus importantes de sa vie s’égrenaient en ce moment même. Il serrait dans sa main le tube-message qu’il venait de recevoir de la part du Sénat, signé par Haut-Chancelier Cressa lui-même. Il trouvait ironique que les sénateurs se rappellent soudainement de son existence alors qu’ils l’avaient presque complètement ignoré depuis la défaite de Mandalore. Quelques médailles, un ou deux discours, et il avait été mis au placard, tel un rebut d’une époque que tous désiraient oublier. Et à présent que d’autres restes de cette période surgissaient de l’espace pour menacer la République, voilà qu’on venait le trouver à nouveau.

-Savez-vous ce que contient ce message ?

Il se tourna vers le visiteur à qui il avait offert l’hospitalité temporaire dans ses quartiers privés.

-Le Sénat veut que je mène les forces de la République contre les Sith. Ils me confient l’organisation de la campagne pour vaincre Revan et sauver la République.
-Dans ce cas, il semblerait que vous ayez un choix à faire.

Malak se leva du fauteuil dans lequel il était assis, fixant droit dans les yeux l’amiral. Karath remarqua les différences subtiles de son visage par rapport à celui d’il y a deux années, une expression de dureté qui s’était renforcée, des yeux qui semblaient à présent semblable à des pics de glace, plusieurs cicatrices récoltées au-delà de la Bordure, dieu seul savait face à quels adversaires…

-Êtes vous avec eux ? Ou bien avec nous ?

Le vieux soldat sentit la menace implicite dans le ton du Jedi - non, du Sith, puisque c’est ainsi qu’il se désignait à présent. Si il annonçait son allégeance à la République, il ne vivrait pas plus de quelques secondes. D’un autre côté, il doutait que le Jedi Noir puisse parvenir à s’échapper ensuite, avec l’équipage de tout un vaisseau à ses trousses. Un prêté pour un rendu… Toutefois, Saul Karath refusait de faire son choix sous la contrainte. Il ne laisserait pas la peur occulter son jugement, et il ferait comme il l’avait toujours fait, en suivant la voie qui lui paraîtrait la plus juste. Inspirant profondément, il releva les yeux vers Malak.

Son choix était fait.

***

-Vous souciez vous si peu des vies de vos hommes, Sith ? Êtes vous si fou ?
-Vous souciez vous tellement de celles des vôtres, Jedi ? Êtes vous si faible ?

Conversation radio entre Maître Llewyn et un Jedi Noir non identifié, durant la bataille de Foreost

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Mélanie Mustang le Mer 16 Juil 2008 - 10:15

Ah voilà un nouveau chapitre intéressant... Bien que manquant d'action... J'attends de voir la suite, mais je te fais confiance^^

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Lena le Jeu 17 Juil 2008 - 22:23

Bah en même temps on n'est pas obligés d'avoir une guerre thermonucléaire globale à chaque post...^^
Là, ça pose un peu les relations entre les personnages, c'est pas mal aussi...
Sinon les points négatifs...bof peut-être une tournure de phrase un peu moyenne mais bon, rien de dramatique. Et puis le reste est bien donc c'est pas grave ^^
Pour finir, un petit coup de pression, sinon c'est pas drôle...la suiiiiiiiiiiiiiteuuuh !!

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Macros le Mer 13 Aoû 2008 - 22:09

Here we go again...


The Jedi Civil War – Chapitre 3 : Devoirs et loyautés



Surface de la planète Télos

-Plus important, mon œil.

Une fois encore, Jarel Telwinn exprimait sa mauvaise humeur à haute voix et de façon fort peu Jedi. Les jeunes Padawans, malgré la « promesse » d’action incessante récemment faite par leur maître, étaient de nouveau cantonnés à un rôle d’observateur, et à une attente qui pesait sur les nerfs de tous. Au moins, estimait Elyne, le climat de Télos était particulièrement clément, et l’endroit propice à la méditation, loin de la frénésie d’Ondéron, encore en train de se remettre de l’occupation mandalorienne. En théorie, ils étaient à présent bien plus proches de la zone des combats. Néanmoins, les chances d’affrontements sur Télos étaient faibles. Revan semblait davantage préoccupé de se tailler un chemin vers Taris plutôt que de venir attaquer un monde sans grand intérêt stratégique et fortement défendu : la planète n’avait peut être aucune valeur militaire, mais son représentant au Sénat était assez riche et influent pour faire oublier ce détail ; à la suite de tractations agrémentées de généreux pots-de-vin, il avait obtenu l’envoi d’une portion de la flotte de Saul Karath pour défendre son monde natal. D’après ce que savait Elyne Sunder du vieil amiral, il était probable qu’un tel ordre l’ait fait grincer des dents.

Le Sénat devrait prendre garde. Ce sont de telles décisions qui apportent de l’eau au moulin de Revan et de ses partisans.

Les Sith avaient beau jeu de dénoncer l’incurie des sénateurs, et la complicité de l’ordre Jedi en la matière. Les peuples de la Bordure Extérieure, dont la confiance envers la République avait été mise à mal par les guerres mandaloriennes, se divisaient une nouvelle fois entre les deux camps en présence, certains allant même jusqu’à jouer sur les deux tableaux à la fois, sentant l’occasion d’engranger les profits. La Galaxie sentait que le conflit en cours promettait d’être long, et tout aussi sanglant que le précédent, si ce n’était davantage.

La jeune femme fut tirée de ses pensées par les éclats d’une nouvelle querelle entre Teros et Jarel, ayant cette fois trait à l’opportunité d’utiliser la Force pour influer sur le bon déroulement d’une partie de Pazaak, ce jeu de cartes dont Jarel était friand et auquel il avait initié ses deux amis. Même l’austère Teros les avait rejoints, sans doute du fait que l’ennui de sa situation actuelle était suffisant pour doucher sa répulsion instinctive à l’égard des jeux de hasard. En revanche, il admettait nettement moins la façon qu’avait son camarade de systématiquement fausser les donnes et le déroulement de la partie à l’aide de ses « dons ».

Je me demande bien ce que ces deux là deviendraient si je n’étais pas toujours là pour les surveiller…

Elle se rapprocha des deux Padawans avec l’intention de venir servir, une fois encore, d’arbitre à leur querelle, lorsqu’elle s’arrêta net, après à peine trois pas dans leur direction. Un frisson glacé parcourut son échine, tout son corps étant secoué de tremblements irrépressibles, tandis que des images confuses défilaient dans sa tête. A la façon dont Jarel et Teros s’étaient soudainement tus, et à l’expression de leurs visages, il était clair qu’ils ressentaient exactement la même chose qu’elle : un avertissement donné par la Force. Les trois Jedi restèrent silencieux un instant, cherchant à identifier la menace invisible contre laquelle ils venaient d’être mis en garde. Jarel fut finalement le premier à réagir.

-Merde ! Aux ab-

Le monde explosa autour d’eux.

***

Les déflagrations se succédaient les unes aux autres. Le gouverneur de la cité-spatioport de la planète regardait avec une rage impuissante les traits d’énergie qui s’abattaient sans discontinuer sur Télos. Dès les premiers instants du bombardement, il s’était précipité sur sa console de communication, pour avoir une idée claire de la situation – en vain : toutes les fréquences étaient brouillées. De même, il s’était révélé impossible d’activer les boucliers planétaires susceptibles de protéger la population des pires effets du bombardement. Il en était donc réduit à observer, de la fenêtre de la haute tour dans laquelle il avait ses quartiers, sa ville et son monde natal être méticuleusement réduits en cendres. Devant ce spectacle, il ne pouvait s’empêcher de penser aux images de Serroco, ravagée par les armes nucléaires de Mandalore. Désormais, il le savait, Télos serait à ses côtés sur la liste des mondes martyrs de la guerre. Dehors, l’intensité des tirs redoubla.

Des siècles d’efforts, de développements, de compromis… tout cela aura disparu dans une heure.

Une seule question demeurait sans réponse : comment ? Comment les Sith avaient ils pu vaincre la flotte de la République en orbite, pris position et entamé leur œuvre de destruction de façon aussi rapide, sans qu’aucun message ne soit parvenu à la surface ? Comment avaient ils neutralisés si parfaitement les systèmes défensifs au sol ? Karath était un des meilleurs stratèges de la République, jamais il n’aurait dû se laisser surprendre de façon aussi totale.Le gouverneur passa en revue les possibilités avant de les écarter une à une. Il finit par aboutir à la seule conclusion possible, à l’instant exact ou son appartement se faisait vaporiser avec lui par une salve d’artillerie.

Trahison.

***

Trahison.

Saul Karath avait toujours méprisé ce mot, et tout ce qu’il signifiait. Il avait, toute sa vie, placé les notions de devoir, de loyauté et d’honneur au dessus de tout. Longtemps, il avait cru que ces termes devaient toujours converger vers un même but, la défense de la République. Aujourd’hui, il estimait que le premier s’opposait dorénavant aux deux autres. Et il avait fait son choix en son âme et conscience. La République était morte ; elle l’était déjà avant les guerres mandaloriennes, ces dernières n’avaient fait que le dévoiler. Si dans les mondes du Noyau, le régime faisait encore illusion, sur la Bordure, le Sénat aurait tout aussi bien pu ne pas exister, tolérant piraterie, contrebande ou esclavage, ignorant sciemment la corruption ou l’incapacité des gouverneurs locaux, perdant même parfois toute traces de leurs propres planètes, qui étaient laissées à l’abandon. Ce qui avait été un bastion de civilisation au milieu d’un océan de barbarie s’était transformé en cancer, drainant les forces vives des mondes qui lui étaient inféodés afin d’engraisser une élite se complaisant dans la médiocrité.

Est-ce un crime de refuser de soutenir ces gens là ? Est-ce une trahison de se détourner d’une telle obscénité ?

La seule chose ayant permis à la République de se maintenir si longtemps, c’était les Jedi. Ils avaient tout fait, maniant la carotte et le bâton, pour maintenir un semblant d’ordre au sein d’une Galaxie qui s’enfonçait chaque jour un peu plus dans le chaos. Et, Saul Karath pouvait le voir, c’était un combat qu’ils étaient en train de perdre. La victoire contre les Mandaloriens n’était q’une illusion ; la dernière guerre n’avait fait qu’exacerber les rancoeurs et les tensions, divisant un peu plus les centaines de milliers de mondes de la République, tout en affaiblissant durablement les forces capables de les maintenir unis. Tout cela, un homme l’avait compris, et s’était résolu à changer le cours des choses. Revan, plutôt que de poursuivre une lutte intérieure vraisemblablement vouée à l’échec, avait choisi de renverser le régime en place pour rétablir un ordre fort, structuré, capable de ramener une paix durable à la Galaxie.

Et Saul Karath avait toujours servi l’ordre. Pendant longtemps, il avait été incarné par le Sénat et son administration. Aujourd’hui, l’empire Sith était, à son avis, son meilleur, si ce n’était son seul défenseur, et, fidèle à lui-même et à ses convictions, il lui offrait ses services et ses hommes. Son seul regret avait été de ne pas être parvenu à convaincre son jeune protégé, Carth Onasi, pilote d’exception récemment promu au grade de capitaine, du bien fondé de sa cause. Il avait eu une longue conversation avec lui, dans laquelle il s’était efforcé de sonder ses convictions, et il ne lui avait guère fallu de temps pour voir que son pupille était encore trop jeune, trop naïf, trop confiant pour voir les choses telles qu’elles étaient réellement. Jamais il n’aurait consenti à quitter la République.

Quel gâchis… La Galaxie aurait bien besoin de davantage d’hommes de sa trempe.

Et sous ses yeux était en train de se dérouler un autre gâchis : la destruction quasi-intégrale de la surface de la planète Télos. Sur ses ordres, l’ensemble de sa flotte s’était placée en position autour du système qu’elle était censée protéger, et, dans un acte apparemment gratuit, avait entamé un tir de barrage d’artillerie destiné à éradiquer toute forme de vie de ce monde. La Force savait que Saul Karath aurait souhaité une façon plus glorieuse d’entamer sa nouvelle carrière au service des Sith. Mais Malak, peut être même à l’insu de son maître, avait exigé une garantie. Il lui fallait un test, une preuve de loyauté de la part du vieil amiral, et pour cela, un monde entier devrait périr. Après un tel acte, il ne serait plus possible de faire machine arrière ; jamais la République ne pardonnerait au boucher de Télos, à l’homme qui avait provoqué des milliards de morts pour le simple plaisir de dévaster une planète sans défense. La méthode était cruelle, mais Saul en comprenait la nécessité.

A la guerre, les hommes meurent.

Le devoir d’un homme pouvait être bien exigeant, songea l’amiral. Silencieusement, il continua d’observer la surface rougeoyante de Télos, signe du gigantesque brasier qu’elle étai en train de devenir. Une nouvelle victime, parmi des milliers.

***

Au sol, le spectacle était apocalyptique. La ville, comme le reste de la planète, était la proie des flammes, tandis que chaque bâtiment s’effondrait l’un à la suite de l’autre, ne laissant que décombres et alourdissant toujours davantage le bilan des pertes. Jarel était actuellement en train de porter secours à deux enfants terrifiés, d’une dizaine d’années à peine, les guidant vers les abris souterrains de la cité. Il n’y avait aucune garantie que ces galeries tiendraient face à la violence du bombardement, mais peu d’espoir valait mieux que pas d’espoir du tout. Le Jedi était à bout ; ses oreilles bourdonnaient sans cesse, chaque explosion menaçant de lui crever les tympans, il était couvert de brûlures et d’ecchymoses, bien qu’il fasse un usage intensif de la Force pour se prémunir contre la chaleur et avancer tant bien que mal dans le champ de ruines qu’était devenu Télos, et une vilaine blessure à la tête saignait abondamment, gênant sans cesse sa vision déjà mise à mal par la lueur aveuglante du brasier.

-Par ici ! Dépêchez vous !

Teros avait hurlé pour se faire entendre, mais ça n’avait été qu’un murmure pour Jarel, un souffle au milieu du fracas des canons lasers des vaisseaux en orbite. Portant l’un des enfants sur ses épaules, tenant l’autre par la main, il claudiqua vers le son, à bout de forces, tout en s’efforçant de déceler l’éventuel dard d’énergie qui pouvait instantanément mettre fin à ses efforts. Finalement, la forme réconfortante de l’entrée du souterrain, au milieu de laquelle se découpait la silhouette de Teros, daigna faire son apparition. Les derniers mètres à parcourir parurent Jarel les plus longs de son existence ; c’était à peine si il entendait les sanglots de ses deux protégés, exprimant à la fois le soulagement et l’incertitude. Son ami se porta à sa rencontre, ayant une apparence tout aussi effrayante que lui. Son visage était devenu gris du fait de la poussière et des cendres, ses cheveux habituellement impeccables étaient en bataille, et ses vêtements couverts de sang et de crasse.

-Vite, on a plus le temps. Il faut se mettre à l’abri, maintenant !

Jarel voulut protester. Il devait y avoir encore des centaines de survivants, perdus, coincés ou trop blessés pour se déplacer eux même, des personnes à qui ils devaient porter assistance… Mais au fond de lui, il savait qu’il ne pourrait plus rien faire. Ce dernier aller-retour avait épuisé ses dernières forces, et Teros, malgré son droit maintien, était dans un aussi piètre état que lui, après près d’une heure à parcourir le quartier en tout sens pour porter secours aux rescapés. Il s’apprêtait à se laisser guider vers les profondeurs lorsqu’il regagna assez de lucidité pour se rendre compte que quelqu’un manquait à l’appel.

-Ou est Elyne ?
-Pas encore revenue. Elle nous rejoindra à l’intérieur.

Jarel compléta lui-même la phrase. Si elle le peut. Dans un dernier effort, il fit mine de repartir vers les ruines de la ville, avant de sentir Teros le retenir à l’épaule.

-Ne sois pas idiot ! Tu ne peux plus rien faire !
-Laisse moi y aller ! Elle à peut être besoin d’aide…
-C’est une Jedi, comme toi et moi, Jarel ! Elle connaît les risques, et n’a pas besoin de nous pour s’en sortir toute seule…

Jarel resta imperméable à ce type de logique, n’obéissant qu’à un instinct basique.

-Lâche moi ! Lâche moi tout de suite !
-Je ne peux pas faire ç…

Le mot mourut sur ses lèvres comme son regard fixait un point derrière l’épaule de Jarel, qui regarda à son tour dans la même direction. Elyne progressait tant bien que mal au milieu des décombres, son bras gauche ensanglanté pendant inerte sur le coté. Le jeune Padawan se précipita à sa rencontre, suivi par son compagnon ayant momentanément mis au placard ses conseils de prudence. Sans un mot, les trois Jedi se soutinrent mutuellement, regagnant après ce qui leur parut une éternité l’abri précaire du souterrain, en descendant le plus vite possible les marches, fixant le plafond d’un regard inquiet, dont des gravats tombaient à chaque fois qu’il était secoué par une conflagration. Finalement, ils rejoinrent le reste des réfugiés, se laissant tomber au sol, haletants, mais saufs, à défaut d’être indemnes. Ne restait plus qu’à attendre la fin de la tempête.

Finalement, l’ennui a parfois du bon.

Ce fut la dernière pensée de Jarel Telwinn avant qu’il ne sombre dans l’inconscience.

***

On recense environ 20.000 survivants sur le milliard et demi d’habitants que comptait Télos. L’écosystème de la planète a subi des dommages irréparables, et il est probable qu’elle soit totalement inhabitable d’ici deux semaines, au rythme actuel de la dégradation de sa biosphère. Les moyens demandés pour inverser cette tendance excèdent de beaucoup ce que la République peut se permettre actuellement, aussi bien en terme de dépense que de main d’œuvre. Le système de Télos, à mon grand regret, peut d’ores et déjà être catalogué parmi les mondes morts.

extrait du rapport écologique remis au Sénat, une semaine après la trahison de Saul Karath.

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Mélanie Mustang le Jeu 14 Aoû 2008 - 5:41

Ah voilà un post bien intéressant... On commence davantage à voir la fracture entre les peuples... J'ai hâte de voir ce que ça nous réserve pour la suite...

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Macros le Lun 5 Jan 2009 - 18:48

Eeeeh non, cette fic n'est pas morte...


The Jedi Civil War – Chapitre 4 : Notre voie


Système non répertorié, quelque part sur la Bordure Extérieure

Malak inspira longuement, emplissant ses poumons de l’atmosphère si particulière de cet endroit. Ici, le Côté Obscur était fort, bien plus que ce qu’il avait pu ressentir sur les anciens bastions Sith comme Korriban ou Yavin. Quels secrets cette station pouvait elle encore renfermer ? Il était bien décidé à prendre le temps de le découvrir, même si pour l’heure, la guerre lui imposait d’autres priorités. Non pas qu’il ait le moindre doute quant à son issue. Les guerres Mandaloriennes avaient mis à genoux la République, les Sith allaient à présent lui porter le coup de grâce. Finalement, il arriva à destination ; la dernière porte s’ouvrit silencieusement, révélant la silhouette de Revan, lui tournant le dos, comme perdu dans ses pensées. Malak hésita un instant à se manifester, avant de s’approcher du nouveau Seigneur Noir des Sith, et de s’incliner.

-Maître.

Le masque se tourna vers lui pour la première fois, comme si il venait de se rendre compte de sa présence. Depuis Malachor V, Revan n’avait pratiquement pas enlevé la tenue noire mandalorienne qu’il avait adopté comme uniforme, qui plus que jamais, symbolisait le désespoir pour ses ennemis.

-Ah. Je me demandais justement quand tu reviendrais. Je présume que tout est en ordre ?
-J’ai organisé la nouvelle académie de Korriban, selon vos instructions, maître. Elle est désormais en mesure de former de nouveaux adeptes du Côté Obscur pour nous aider à triompher de la République et des Jedi.

Le Seigneur Noir garda le silence, comme si il n’avait pas entendu. Comme à son habitude, il paraissait impénétrable, que ce soit par le biais des expressions ou bien celui de la Force. Malak se flattait d’être l’homme à connaître le mieux celui que la Galaxie appelait désormais Dark Revan, mais parfois, même lui se montrait incapable de percer à jour les pensées de celui qui avait été son ami avant de devenir son mentor. Finalement, ce dernier daigna rompre le silence.

-Tu désapprouves.

Ca n’était pas une question. Malak refusa de détourner le regard, fixant directement la sombre visière tournée vers lui.

-Nous devrions former nos nouvelles recrues ici même. La Force est bien plus présente en ces lieux… et nous pourrions mieux garder un œil sur les élèves… et leurs instructeurs.
-Tu n’as pas confiance en Jorak Uln ?

Dans la voix de Revan transparaissait une note d’amusement. Jorak Uln avait été un des rares anciens Sith à survivre à la chute d’Exar Kun. Après s’être dissimulé sur Korriban durant de longues années, il avait rallié Revan dans sa croisade pour détruire la République, et en récompense, s’était vu confier la formation de tout nouvel adepte, à qui il se chargerait d’enseigner la voie des Sith. L’homme accomplissait sa tâche avec un enthousiasme débordant, presque malsain.

-Il faudrait être idiot pour lui faire confiance.

Revan ne répondit pas immédiatement, semblant perdu dans la contemplation des étoiles à travers la baie vitrée. Brusquement, il se retourna vers son ami devenu son disciple.

-J’ai beaucoup réfléchi, tu sais. A l’idéal de l’ordre Sith.
-Maître ?

Le disciple fronça légèrement les sourcils. Il trouvait cette manie de changer de sujet sans prévenir particulièrement insupportable. Revan avait toujours été coutumier du fait, et Malak soupçonnait qu’il continuait en partie pour se moquer de lui.

-Je pense… que les Sith, en théorie, ne devraient jamais dépasser un simple chiffre. Deux. Un maître, un apprenti. Oui, ce serait l’équilibre parfait…

Qu’est ce qu’il raconte encore ? Deux Sith, Alors que nous venons de créer une académie qui en formera des centaines ?

L’impatience de Malak était perceptible par le biais de la Force, mais il n’en avait cure. C’était cette impatience, cette volonté d’aller à l’essentiel, qui faisait sa force. Il laissait les vertus de l’harmonie et de la sérénité aux Jedi.

-La faiblesse des Sith par rapport aux Jedi, tu la connais, n’est ce pas ? Le fait que nous ne puissions nous empêcher de nous entredéchirer au moment même ou le triomphe est à portée de main… que nous consacrions autant d’énergie à nous affronter tandis que les Jedi marchent au combat unis. C’est la raison des échecs de ceux qui nous ont précédés. Marka Ragnos, Freddon Nadd, Exar Kun… Tous sont tombés, victime de cette division perpétuelle.

L’apprenti du Seigneur Noir haussa les épaules, préférant ne pas exprimer son point de vue sur la question à voix haute. Ils étaient tombés parce qu’ils étaient faibles, indignes de conserver leur pouvoir, incapables de le défendre contre les charognards. Aujourd’hui, l’âge des Sith était arrivé, et rien ne pourrait sauver la République. Ensuite…

-C’est inévitable, je suppose. La lutte pour le pouvoir, c’est la nature même des Sith, notre nature. Si un maître forme plusieurs disciples, ces derniers, fatalement, comploteront un jour contre lui. Et là ou un seul d’entre eux aurait échoué, ensemble, ils pourront renverser quelqu’un d’aussi puissant que le Seigneur Noir des Sith. Une coalition de médiocres, vouée à éclater à l’instant même de son succès. Aucun d’entre eux ne pourra se prétendre l’égal du maître disparu, et à chaque cycle, les Sith s’affaibliront encore un peu plus.

Malak commençait à se lasser de cet exposé. Revan lui parlait sur un ton didactique d’un danger qu’il était lui-même en train de recréer ! Ce dernier poursuivit, semblant presque avoir oublié qu’il n’était pas seul.

-Sachant cela, la tentation est grande de rompre le cycle en ne prenant aucun apprenti. Personne pour vous poignarder dans le dos, personne pour en un instant gâcher tous vos efforts… Pourtant, ce serait, là encore, une erreur. La Force et le Coté Obscur peuvent faire des merveilles, c’est vrai, mais en aucun cas elles ne donnent l’immortalité. Le Seigneur Sith, tout puissant qu’il fait, finirait par vieillir, disparaître, et tout le savoir des Sith, toutes leurs coutumes et traditions… tout cela disparaîtrait avec lui.

Réfrénant son impatience, Malak se força à ne pas interrompre son maître, même si il voyait à présent ou le menait son raisonnement. Mais cette discussion lui semblait pour le moins oiseuse et tenant davantage du domaine du rêve que de la logique.

Nous ne pouvons pas nous permettre de n’être que deux. Pas tant que l’Ordre Jedi subsiste encore.

-Par conséquent, un seul maître, un seul apprenti. Le maître forme son élève ; l’élève surpasse le maître, le tue et prend un nouvel apprenti, perpétuant ainsi un cycle vertueux, ou chaque Seigneur Sith gagnerait en pouvoir à chaque génération, et ou seuls les plus valeureux pourraient accéder à la vraie puissance. C’est la voie des Sith. Notre voie.

Il marqua une pause, avant de, Malak l’aurait juré, sourire sous son casque.

-Tu désapprouves encore.
-Non, maître. Je comprends votre raisonnement, mais j’ai bien peur qu’il soit pour le moment inapplicable. Si nous voulons vaincre la République et les Jedi, il nous faudra rivaliser en nombre avec eux, et former autant d’adeptes de la Force que possible.
-C’est tout à fait vrai. Ce qui nous ramène à Jorak Uln et à l’Académie de Korriban.

Qu’il cesse de parler par énigmes, bon sang ! On croirait un maître Jedi.

-En maintenant éloignés les membres du nouvel Ordre Sith, je me soustrais à leur attention au profit d’une autre cible. Toi et moi resterons pour eux des figures lointaines, presque mythiques, alors qu’une autre cible bien plus tangible se trouvera sous leurs yeux.
-Jorak Uln.
-Ce pauvre Jorak, oui. Directeur de l’Académie de Korriban, en voilà un grand honneur ! Hormis le titre de Seigneur Noir, y a-t-il fonction plus importante ? Les ambitieux comploteront pour s’en emparer, et une fois qu’ils l’auront obtenu, ils comploteront pour le conserver, se gardant des autres ambitieux qu’ils auront coiffés sur le poteau… pour cette fois.

Diviser pour mieux régner, hein ?

Malak ne put s’empêcher de ressentir de l’admiration pour Revan. Le procédé était simple, élégant, et avait toutes les chances d’être efficace. Déléguer la formation des apprentis à une tierce personne, avec pour seule récompense la promesse d’être destitué par ses propres élèves. Et pendant ce temps, lui et son maître conserveraient la main mise sur tous les Sith.

-Ingénieux. Dans ce cas, maître, je vous demande la permission de me retirer. Il est temps de montrer notre nouvelle force à la République et aux Jedi. Cette guerre sera courte.
-Oui, fais donc… Je te rejoindrais tout à l’heure. Il y a beaucoup à faire.

La silhouette du grand guerrier au crâne rasé s’inclina, avant de tourner les talons et de quitter la pièce. Parcourant les coursives de la station, il médita à la « leçon » apprise aujourd’hui.

L’élève surpasse le maître…

Une image s’imposa à son esprit. Lui, debout, sabre à la main, avec à ses pieds le corps inerte du Seigneur Noir des Sith. Secouant la tête, il essaya de la faire disparaître. Avant d’être le disciple de Revan, il était son ami. Ils avaient grandis ensemble, s’étaient battus côte à côte, avaient partagés souffrances et joies comme deux frères. Ensemble, ils avaient traversés les guerres mandaloriennes, et ils affronteraient les périls de demain ensemble. Et pourtant… si Revan s’avérait ne pas être à la hauteur ? Si il se montrait indigne du manteau de Seigneur Sith ? Ne serais-ce pas alors son devoir que de…

Un frisson glacé parcourut son corps tout entier. Pour la première fois depuis une éternité, Malak avait peur, peur de ce qu’il était devenu, de ce qu’il pouvait encore devenir. Il avait confusément l’impression d’être aspiré dans un tourbillon auquel il ne pouvait échapper ; il se raccrochait encore au passé, à ce qu’il avait été, mais pour combien de temps encore ? Chaque jour, il lui semblait que les souvenirs d’hier étaient plus flous, s’estompaient au profit de… au profit de quoi, au juste ? Malak serra les poings, sa mâchoire se crispant.

La paix est un mensonge, il n’y a que la passion. Par la passion, j’ai la puissance ; par la puissance, j’ai le pouvoir ; par le pouvoir, j’ai la victoire ; par la victoire, mes chaînes se brisent. La Force me libèrera.

Un Sith ne pouvait pas hésiter. Un Sith ne pouvait pas connaître le doute. Un Sith ne pouvait pas tolérer la faiblesse. Malak chassa toute pensée sinistre de son esprit, se focalisant sur un seul but, prenant le pas sur tous les autres. L’anéantissement des Jedi. C’était la Voie des Sith. Et à présent la sienne.

***

Système de Dantooine, enclave Jedi

-Si jeunes, ils sont.

Maître Vandar Torak contemplait la liste des Padawan s’apprêtant à rejoindre les armées de la République pour lutter contre le nouvel ordre des Sith. A ses côtés, maître Zhar Lestin soupira.

-Revan ne nous laisse pas le choix. La République va avoir besoin de tous les Jedi disponibles.

Vandar Torak semblait ne pas avoir entendu, son visage se tordant en une grimace.

-Des enfants ! Des enfants, à la guerre nous envoyons. Bien sombres les temps doivent être, pour qu’à ça réduit nous soyons.
-A coté de vous, tout le monde est un enfant.

La tentative de Zhar pour détendre l’atmosphère ne recueillit aucun effet. En temps normal, le maître Jedi miniature était le premier à sourire d’une plaisanterie, mais aujourd’hui, il n’avait guère le cœur à rire. Le Twi’Lek aurait pu jurer que le front de son petit compagnon avait gagné plusieurs rides supplémentaires au cours du mois qui venait de s’écouler.

Devoir se battre est une tragédie. Mais contre des hommes et des femmes qui étaient hier encore nos frères…

Si un tel dilemme torturait tant les esprits des plus grands maîtres Jedi, comment pourraient donc s’en sortir leurs membres plus jeunes ? La République avait apporté une réponse, simple et brutale : les Sith étaient des traîtres, le Mal absolu, qu’il convenait d’éradiquer aussi complètement que possible. Les héros d’hier étaient désormais les hommes à abattre, tandis que le Conseil Jedi, auparavant traîné dans la boue pour son attitude durant les guerres mandaloriennes, faisait désormais figure de dernier recours. Comme une situation pouvait évoluer en bien peu de temps !

-Nous ferons ce qui est nécessaire, maître Vandar. C’est le devoir de tout Jedi de s’opposer au côté obscur. Nous ne devons pas laisser nos doutes et nos scrupules nous écarter de notre voie.
-Notre voie, hmmm ? Que répondre à la violence par plus de violence, notre voie c’était, je ne savais pas. Notre code tant changé aurait, pendant que le dos tourné j’avais ?

Zhar Lestin fut surpris par le ton amer employé. Il connaissait Vandar Torak depuis des décennies, mais pour la première fois, il lui apparaissait… vieux. Fatigué. Après avoir participé au conflit contre Exar Kun, nul doute qu’il avait du espérer ne plus jamais voir un Jedi lever son arme contre un autre Jedi. Et voilà que l’histoire s’apprêtait à se répéter, avec une similarité déprimante.

-Maître… Vous savez bien qu’il n’est pas question de répondre au feu par le feu. Mais nous avons prêté serment de protéger la République des Sith, et ce depuis des temps immémoriaux. Nous ne pouvons pas leur tourner le dos maintenant.
-Vrai, cela est. Mais nous garder de nos émotions nous devons. De jeunes Padawan envoyer, dangereux, cela est. Peur, colère, passion, haine, tristesse. Tout cela, la guerre fait naître.
-La passivité est aussi une émotion puissante, maître Vandar… et non moins dangereuse que celles que vous venez d’énoncer.
-Hmmph. Sage vous êtes devenu, maître Zhar. Mieux avant c’était, quand Vandar Torak seul la sagesse avait.

Le Twi’Lek sourit au compliment détourné, presque accordé à contre cœur. Mais il partageait lui aussi les craintes de son aîné. Ils n’avaient tout simplement pas le choix ; désormais, tout ce que lui pouvait faire, c’était se faire confiance, à lui et aux autres maîtres, et espérer que leurs jeunes élèves n’oublient pas leurs enseignements. Et qu’ils se souviennent, même au cœur des ténèbres, qu’ils restaient toujours des Jedi, et que la Force veillait sur chacun d’eux, dans la vie comme dans la mort. A sa ceinture, il sentit le poids de la poignée de son sabre laser, qui en cette heure, semblait s’être changée en plomb. Bientôt, il le savait, ce serait à son tour de se joindre à la bataille. Zhar Lestin n’avait pas peur. Il était prêt à se battre si l’enjeu n’était rien de moins que la sauvegarde de la galaxie.

C’était la Voie des Jedi.

***

La seule différence entre un Jedi et un Sith, c’est la couleur du sabre. Et franchement, quand il te coupe le bras, tu te fiches pas mal de savoir si il est rouge, bleu, vert, rayé jaune ou à pois roses.

Attribué à un étudiant en philosophie de l’académie de Taris

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Lena le Lun 5 Jan 2009 - 22:47

Eeh ben voilà, quand tu veux =) Comme quoi, ça a du bon la pression...
Hmm...ceci étant dit...un post intéressant, j'aime beaucoup le mot de la fin (^^), un peu court peut-être (encore un post qui tient sur un post ?! On se relâche on dirait...) mais comme c'est toujours aussi sympa (et que ça m'a donné très fortement envie d'installer Kotor sur mon pc et tant pis si ça le fait ramer) on pardonne...et on attend la suite ^^

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Mélanie Mustang le Mer 7 Jan 2009 - 6:37

Pas mal du tout... Revan a une super réthorique n'empêche... J'ai hâte de voir où tout cela va le mener... Même si on sait déjà ce qui va arriver aux Sith à la fin de tout ça...

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Macros le Mer 14 Juil 2010 - 19:25

Mais non, vous ne rêvez pas. Cette fic remue encore! Ok, pour ça, il a fallu un bon coup de pied dans les côtes, mais bon. A l'origine, le passage que je poste ne devait faire un chapitre entier, mais d'une part, il s'est ralongé considérablement, et d'autre part, l'autre moitié à un peu de mal à se finaliser. Donc plutôt que d'attendre encore pour poster, je me suis dit que là, maintenant, ca serait toujours ca de fait, en attendant la suite dans un avenir que j'espère très proche. Comme d'habitude, les commentaires sont les bienvenus.

The Jedi Civil War - Chapitre 5 : Mise à l'épreuve


Surface de la planète Sullust

Au milieu des ruines, le fracas des explosions et le son des blasters étaient les bruits dominants. Après trois jours de combats ininterrompus, ce qui avait été une cité prospère n’était plus qu’un amas de décombres au sein duquel des milliers d’hommes s’entretuaient, dans ce qui ressemblait parfois à un jeu de cache-cache mortel. Pour l’heure, Jarel Telwinn en suivait scrupuleusement les règles, progressant la tête basse au milieu des débris, sabre éteint, au milieu de son escouade se déplaçant avec toute la discrétion dont était capable des hommes dont l’uniforme avait pour couleur majoritaire l’orange et le rouge. Les éclats argentés qui apparurent soudainement sur la ligne d’horizon lui rappela cependant qu’à ce petit jeu, les Sith et leurs armures clinquantes n’étaient guère mieux lotis. La lame jaune du padawan s’activa un instant avant que les rayons couleur rubis se mettent à pleuvoir. Il esquiva un premier tir, en dévia un deuxième, puis un troisième, avant de plonger à couvert, ne tenant pas plus que ça à prolonger la séance de parades. Sa brève expérience des champs de batailles lui avait appris que si un sabre laser était une arme des plus utiles, aux yeux de l’ennemi, il faisait exactement le même effet qu’un panneau « tirez moi dessus ».

Tout autour de lui, les soldats de la République se dispersèrent, gagnant les abris les plus proches avant de répliquer. Un homme un peu trop lent s’effondra, un trou fumant dans la poitrine, à quelques centimètres seulement du jeune Jedi. Pendant quelques instants, les deux camps se contentèrent d’un échange de tirs relativement stérile, avant qu’un jeune sergent ne bondisse de sa cachette, pointant du doigt les lignes ennemies.

« En avant ! »

Il ne fit pas trois pas avant d’être foudroyé sur place, mais le mouvement était lancé. Les hommes de l’escouade quittèrent leurs positions pour se ruer sur les lignes ennemies, et Jarel se surprit à nouveau à maudire la règle non écrite qui voulait qu’il se retrouve systématiquement en première ligne dans ces circonstances. Baissant la tête et adoptant une garde défensive, il se releva et s’élança à son tour. De façon assez ironique, il put alors constater que l’idée -de son point de vue stupide- qui avait germée dans le crâne de leur désormais défunt sergent avait également eu un partisan dans le camp adverse. Un officier Sith, reconnaissable à son armure métallique rouge, avait lui aussi entrainé ses hommes à la charge, pour connaitre le même sort que son vis-à-vis.

Décidemment, la Force a un sens de l’humour assez tordu, parfois…

Le Jedi mit toute son énergie à courir vers l’avant, faisant fondre la distance entre lui et les tireurs Sith, se frayant un chemin au milieu des décharges d’énergie. Les derniers pas furent accomplis presque en trébuchant, et c’est emporté par son élan qu’il atteignit le premier ennemi, sabre pointé à bout de bras. La lame pénétra l’armure argentée comme si elle n’avait pas été présente, empalant son malheureux porteur. Jarel faillit s’affaler au sol en stoppant sa course, lutta pour conserver son équilibre, avant de pivoter pour frapper un soldat s’apprêtant à le fusiller à bout portant dans le dos. Tout autour de lui, une mêlée confuse était en train de s’instaurer, chacun délaissant les encombrants fusils blasters au profit d’armes de poing plus légères et de lames de combat. Le padawan pirouetta sur lui-même pour faire face à un nouvel adversaire, son esprit assailli de milliers de signaux désordonnés correspondant à autant de menaces potentielles. Jarel faisait son possible pour s’inspirer de ce sentiment d’urgence permanant qui s’emparait de lui lors de chaque bataille, de cette certitude que s’il ralentissait, s’il s’arrêtait, ce serait la fin.

Il ralentit, pourtant, son attention distraite par le rugissement furieux des moteurs d’un vaisseau de la République en flammes, juste avant qu’il n’aille s’écraser un peu plus loin dans la ville. Levant la tête, on pouvait apercevoir la myriade de points noirs qui se détachaient dans le ciel, les escadres de chasseurs que les deux camps avaient relâchés dans l’atmosphère et qui luttaient avec autant d’acharnement que les hommes au sol. Et encore plus haut, les flash d’énergie qui illuminaient les cieux permettaient de deviner la présence des imposants bâtiments des flottes de guerre, chacune essayant de prendre contrôle de l’espace planétaire. Un avertissement par le biais de la Force, aussi audible que si l’on avait hurlé à son oreille, ramena Jarel à son environnement immédiat. Il s’écarta juste à temps pour échapper au projectile invisible, qui vint réduire en poussière un rocher juste derrière lui. Apparemment, un tireur embusqué avait fait de lui sa cible, ce qui promettait quelques instants désagréables… Le padawan tourna la tête, essayant de repérer l’origine de la menace, qui se manifesta par un second tir. Il tenta instinctivement de le parer avec son arme, mais les rayons invisibles des fusils de précision étaient très différents des décharges de blasters classiques; le contact entre la lame et le tir provoqua une petite explosion, projetant Jarel à terre, la poignée de son arme partant voler à plusieurs mètres de lui, rebondissant sur le bitume avant d‘aller s‘immobiliser sur un tas de gravats. Roulant au sol, le Jedi secoua la tête pour s’éclaircir l’esprit.

Bon, la bonne nouvelle, c’est que je sais ou il est. La mauvaise…

La mauvaise était que l’homme en question se trouvait apparemment à l’étage d’une tour métallique à moitié éventrée par une explosion, située à l’autre bout de la place, autant dire à des années lumières du padawan. Le temps lui semblait à présent comme ralenti ; ses gestes pour se relever lui paraissaient lents, terriblement lents, et il pouvait presque sentir le viseur sur lequel sa silhouette devait être en train de se découper en ce moment même. Mais avant que le tireur ne puisse retenter sa chance, une vague de Force traversa le champ de bataille pour aller heurter les fondations déjà à moitié détruites du bâtiment, qui sembla vaciller sous l’impact, provoquant l’effondrement d’un pan entier de sa façade, le bruit suffisant à couvrir le son des combats pendant quelques instants. Le sniper en avait peut être réchappé, mais il devait à présent avoir des priorités autres que celle de réduite à l’état de particules subatomiques la boîte crânienne d’un certain Jedi. Jarel chercha du regard l’auteur de coup de pouce providentiel, et ne fut qu’à moitié surpris de repérer à sa gauche, à quelques centaines de mètres, au milieu d’une autre escouade de soldats, la silhouette de Téros Despana, sa lame bleue azure le rendant aisément reconnaissable. Il avait troqué la bure brune et blanche de padawan pour une armure de combat noire et rouge, nettement plus fonctionnelle sur un champ de bataille. Il ne se tourna qu’un instant vers Jarel, le temps de lui adresser un léger hochement de tête, avant de se reconcentrer sur ses propres batailles; le padawan aurait juré apercevoir un éclat désapprobateur dans son regard…

Tu vas voir, le jour de mon enterrement, il trouvera le moyen de dire que c’est ma faute.

Elyne restait quant à elle hors de vue, mais il suffisait à Jarel de se concentrer pour ressentir sa présence dans la Force. Jusqu’à présent, les trois jeunes s’en étaient bien sortis, n’ayant que quelques brûlures et écorchures à déplorer au terme de leur quatrième jour de combat. Une performance d’autant plus rassurante quant on savait que les deux tiers des pertes de l’Ordre Jedi depuis le début de la guerre étaient à déplorer parmi les padawans sans expérience antérieure des combats. Les trois amis n’avaient que trop conscience de ce fait, et essayaient autant que possible de veiller les uns sur les autres, chose qui s’était vite avérée plus facile à dire qu’à faire une fois plongé dans le tumulte de la bataille. Leurs efforts étaient encore davantage compliqués par le rôle de commandement auxquels même le plus modeste membre de l’Ordre se retrouvait bombardé. L’état major des armées de la République remettait de plus en plus de postes de commandement aux maîtres Jedi, et ceux d’un rang plus modeste se retrouvaient généralement à la tête d’une escouade. Objectif : renforcer le moral en présentant les Jedi comme les sauveurs de la République - et, Jarel le soupçonnait, les boucs émissaires si les choses venaient à mal tourner - et d’un point de vue plus pratique, disperser au maximum les porteurs de sabre laser dans l’armée, évitant de donner des cibles trop évidentes au camp d’en face.

Et pour cette raison, tout le monde trouve normal de rendre responsable un gamin de moins de vingt ans d’une dizaine de vies humaines. Logique la plus pure.

Techniquement, Jarel n’était que le second du lieutenant dirigeant cette escouade. Ce dernier ayant eu l’excellente idée de se faire sauter sur une mine à plasma un quart d’heure auparavant, il revenait au Jedi de s’efforcer d’amener autant de soldats que possible à bon port. Pour l’heure, cela impliquait de trouver un couvert. D’un geste de la main, il fit signe aux hommes derrière lui de le suivre, avant de se diriger vers un bloc résidentiel étant miraculeusement encore debout après quatre jours d’affrontements. Leur progression ne déclencha que quelques tirs sporadiques, l’un d’entre eux allant tout de même atteindre le soldat directement à la droite de Jarel en pleine poitrine. Les forces de la République ne ralentirent pas, répliquant au jugé dans l’espoir d’au moins contraindre les tireurs ennemis à garder la tête basse pendant leur course. Arrivés à une dizaine de mètres des bâtiments, il put constater qu’ils n’étaient tenus que par une poignée de fantassins Sith, qui jugèrent préférable de se replier plutôt que de tenir leur position à un contre trois. C’est donc sans danger immédiat que Jarel pénétra dans ce qui avait dû être un hall de réception pour agence de tourisme, à en juger par les plaques holographiques murales, du moins celles qui fonctionnaient encore. L’une d’entre elles attira son attention; pouvait encore être déchiffré, en larges caractères, « Sullust, joyau de la Bordure Extérieure ». L’image d’une cité dont les tours argentées aux courbes élégantes s’élançaient vers un ciel bleu azur n’était cruellement plus d’actualité.

« On attend vos ordres, maître Jedi. »

L’aîné des restes de l’escouade était venu à la hauteur du padawan, son visage maculé contrastant avec le ton presque ennuyé qu’il employait.

Au moins l’un de nous deux garde la tête froide…

Essuyant d’un revers de manche la sueur coulant sur son visage, Jarel désigna une direction, essayant encore de ramener sa respiration à un rythme régulier.

« La raffinerie est juste là, essayons de… »

Il fut interrompu par un grondement sourd, suivi du fracas de la roche qui s’effondre. A une vingtaine de mètres, un pan entier du mur se brisa pour laisser le passage à un véhicule blindé, dont la tourelle se mit immédiatement en action, crachant les rayons à une cadence surhumaine dans un vrombissement aigu. Trois soldats de la République s’effondrèrent avant que le reste ne puisse gagner un abris précaire afin d’échapper au monstre de métal, et le Jedi n’était pas en reste, la main crispée sur la poignée de son sabre laser, pour le moment inactif. Il avait entendu à plusieurs reprises les exploits d’illustres Jedi, y compris parmi ses contemporains, dans lesquels ils s’étaient distingués pour montrer la supériorité de la Force sur la simple puissance mécanisée. Malak, lorsqu’il était encore perçu comme un héros parmi les jeunes de l’Ordre, était réputé pour avoir affronté en duel et vaincu un marcheur de combat mandalorien de six mètres de haut; maître Kavar aurait stoppé un groupe blindé pirate quelques années avant les guerres Mandaloriennes, armé de son seul sabre; et des chevaliers plus âgés parlaient encore avec une crainte révérencieuse de maître Vandar durant la rébellion d’Exar Kun, durant laquelle il serait allé jusqu’à faire entrer en collision deux croiseurs stellaires. En cherchant bien, il était même possible de trouver un ou deux faits d’armes à maître Vrook, le Jedi ayant été élu à l’unanimité par les novices du temple comme « le maître le plus rasoir que la Force ne nous ait jamais envoyé ». Mais lui savait bien que la seule façon dont Jarel Telwinn, illustre anonyme de l’Ordre, risquait de s’illustrer si il chargeait le char d’assaut Sith, ce serait par le nombre de trous qu’on dénombrerait dans sa carcasse. Il caressa un instant l’idée de lui faire s’effondrer le plafond dessus, avant de se rendre compte que le véhicule, conçu pour le combat urbain, s’en sortirait probablement intact, et que dans le pire des cas, il risquait d’ensevelir son propre groupe. Restait la dernière solution envers tout problème apparemment insoluble : l’ignorer en espérant qu’il se règle de lui-même, ou à défaut, aille enquiquiner quelqu’un d’autre. Activant son sabre, il fit face au mur le plus proche, avant d’y découper promptement une ouverture.

« Par ici ! On continue vers l’objectif. »

Un à un, les membres de la compagnie s’élancèrent vers la sortie improvisée, gardant la tête basse pour échapper aux rafales occasionnelles du char, encore à la recherche d’une cible de choix. Qu’il finit par trouver lorsque sa tourelle se verrouilla sur l’arrière garde de la troupe, bien sûr assurée par le Jedi. Celui-ci, resté en arrière pour s’assurer que personne ne soit laissé en arrière, retint un juron lorsqu’il vit la mitrailleuse pivoter vers lui, et se lança dans un sprint effréné vers la sortie, les derniers mètres étant accompagnés d’une trainée de tirs lasers s’efforçant de l’intercepter. La dernière salve, mieux ajustée, le força à se retourner pour parer en catastrophe, le choc manquant de lui arracher l’arme des mains et le projetant au sol, le reste des tirs lui passant au dessus de la tête. Avant que le canon ne se rabaisse pour achever le travail, Jarel roula au sol, sortant de son angle de vue, se releva en quatrième vitesse avant de rejoindre les hommes restés à l’attendre, qui reprirent eux aussi leur course, désormais dans un dédale de ruelles étroites. Pas tout à fait assez étroites au goût des fuyards, toutefois, lorsqu’ils virent surgir le véhicule, faisant fi des obstacles, se lançant brinquebalant à leur poursuite. Apparemment, son pilote aimait le travail bien fait. Désormais uniquement accompagné de deux soldats, les autres s’étant égayés dans le labyrinthe, le jeune homme enchainait tournant sur tournant, dans l’espoir de semer leur poursuivant implacable, dont la progression ne cessait d’être ralentie par le décor. Après une demi-minute de cavalcade, qui lui parut comme une demi-heure, l’engin n’était plus sur leurs talons, visiblement lassé de la poursuite et décidé à trouver des cibles plus faciles d’accès. S’adossant à un mur, Jarel poussa un profond soupir, décidant consciemment de remettre à l’instant suivant la recherche du reste de son escouade, perdue la Force seule sait où au milieu du champ de bataille. Son voisin lui adressa un sourire encourageant.

« On dirait qu’on s’en sort bien. »

Comme pour lui répondre, une silhouette grise et noire tomba littéralement au milieu d’eux, prenant les trois hommes totalement au dépourvu. L’auteur du commentaire précédent fut le premier à réagir, levant son arme en direction du nouvel arrivant… avant de hurler de douleur et de peur en observant son propre bras voler quelques mètres plus loin, sectionné par une lame écarlate.

Oh merde.

***

Quand quelqu'un te fonce dessus avec un sabre-laser allumé, une seule chose à de l'importance : savoir lequel de vous deux court le plus vite.

Graffiti trouvé sur la façade du Temple Jedi de Corustant


Dernière édition par Macros le Lun 2 Jan 2012 - 23:24, édité 1 fois

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Mélanie Mustang le Jeu 15 Juil 2010 - 8:17

[i]Ah ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu un nouveau chapitre des guerres Jedi^^ Ca fait plaisir. En plus c'est toujours aussi bien écrit, et j'aime toujours autant les citations de fin de chapitre^^

J'ai hâte de voir comment notre jeune Padawan^^[/i
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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Grimoald le Ven 30 Sep 2011 - 10:31

Longtemps que la pression ici ne t'as pas été mise, non? Continuer il faudrait un jour ou l'autre cette excellente fic'...

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Macros le Lun 2 Jan 2012 - 21:24

Yes. Yes. Yes !

The Jedi Civil War - chapitre 6 - L'ombre d'une chance


Corustant, appartements du chancelier suprême

La pièce, compte tenu de l’importance de son hôte, était relativement modeste. Le chancelier Cressa n’avait jamais été réputé pour ses goûts extravagants, et passait volontiers pour une figure sobre, voire terne. Un simple bureau en plastacier, quelques chaises du même matériau et un holo-projecteur constituaient l’intégralité du mobilier, le tout dans un espace pouvant en contenir trois fois plus. Pour l’heure, néanmoins, l’espace était rempli par les hôtes du dirigeant suprême de la République. Une demi-douzaine de personnes s’étaient rassemblées pour débattre de la conduite de la guerre en cours contre l’empire Sith nouvellement formé. Pour l’heure, la parole était à l’amiral Dodonna, récemment nommée commandante suprême des forces de la République, accomplissement remarquable pour quelqu’un venant à peine d’entrer dans la quarantaine, et qui lui aurait sans doute procuré davantage de satisfaction si les circonstances n’avaient pas été si sombres. Les profondes cernes sous ses yeux verts témoignaient des charges liées à sa nouvelle fonction, et le ton qu’elle adoptait pour conclure son exposé n’incitait guère aux réjouissances.

« Nos forces ont battu en retraite à Kastaffore et à Delaria. Nous tenons autour de Sullust, mais globalement, la situation n’est guère brillante. Les Sith ont pris l’initiative sur tous les fronts, et nous subissons une forte pression. Après notre défaite au dessus de Korriban, nous n’avons plus les ressources pour monter une contre-attaque efficace. Pas sans un effort considérable de production et de recrutement… »

La remarque fit réagir Karan Deskill, le conseiller à la sécurité intérieure. Avec sa moustache grise, ses traits acérés et son regard glacial, il donnait l’impression d’un oiseau de proie, qui pour l’heure semblait avoir tourné son attention vers la jeune amirale.

« Nous avons déjà des difficultés à rassembler assez d’hommes pour maintenir nos effectifs à niveau. Après les guerres contre les Mandaloriens, les populations sont lasses du conflit. J’ai déjà des émeutes sur les bras dans certains mondes du Noyau, fort heureusement pour l’heure isolées. Mais la majorité des citoyens ne voient pas pourquoi ils devraient aller se faire tuer dans un conflit périphérique contre un Jedi rebelle. Et ce n’est guère mieux sur les mondes de la Bordure. Plusieurs gouvernements planétaires ont publiquement remis en cause notre capacité à les défendre dans le conflit actuel, et quelques uns menacent de rallier les Sith. Ils semblerait que votre décision d’abandonner une dizaine de systèmes sans combat ait fait des mécontents, amiral. »

Le visage de l’intéressée s’empourpra, avant qu‘elle ne réponde sur la défensive.

« Nous étions incapables de les conserver ! Les guerres Mandaloriennes nous ont appris que vouloir défendre trop d’objectifs à la fois était courir à l’échec.
- Vous voulez dire que Revan nous l’a appris. A l’heure actuelle, je ne suis pas sûr que suivre ses enseignements à la lettre soit la meilleure des idées. »

Cressa jugea préférable d’intervenir avant que le ton ne monte encore entre les deux intervenants, dont les nerfs semblaient à fleur de peau. Il était clair que les dernières journées avaient lourdement pesées sur leurs épaules.

« Ce qui est fait est fait, je me chargerais de limiter les dégâts sur le plan diplomatique. Amiral Dodonna, je veux une réponse franche. A long terme, quelles sont nos chances de victoire dans cette guerre ? »

Cette dernière fixa son regard dans celui du chancelier.

« Je ne vais pas vous mentir, elles sont minces. D’abord, à forces égales, les Sith ont remportés tous les grands engagements spatiaux ayant pu avoir lieu jusqu’à présent. Revan et Saul Karath ont été nos meilleurs stratèges durant les guerres mandaloriennes, et je crains que nous n’ayons pas d’équivalent à leur opposer à l’heure actuelle. Cet état de fait nous a contraint à nous cantonner à la défensive et d’essayer d’entrainer les Sith dans une guerre d’usure. Nous avons plus d’hommes et plus de centres de production qu’eux, cela aurait du nous assurer la supériorité à long terme. C’est là qu’est apparu le second problème. »

En deux enjambées l’amiral se tenait à présent à côté de l’holo-projecteur, et commença à pianoter sur plusieurs touches tout en poursuivant son exposé.

« Laissez moi vous expliquer. Notre premier calcul était simple. Les forces que Revan a prise avec lui à la fin de la dernière guerre ne représente qu’un cinquième des forces totales de la République. Depuis son retour, les Sith recrutent à plein régime, et leur propagande rencontre un succès certain, mais même ainsi, ils ne possèdent qu’une demi douzaine de mondes ayant une véritable capacité industrielle, contre près d’une centaine pour la République. Nous avons donc pensé qu’ils seraient incapables d’équiper dans des délais satisfaisants leurs nouvelles recrues ou d’agrandir de façon significative leur flotte. En pratique… les choses ne se sont pas exactement passées comme… ah. »

L’appareil sur lequel Dodonna s’escrimait s’illumina d’une lumière bleutée, transmettant l’image floue d’un vaisseau de guerre à la forme vaguement triangulaire. Le chancelier haussa un sourcil, avant d’exprimer à voix haute son étonnement.

« Depuis l’agression de Mandalore, je met un point d’honneur à parcourir les fichiers que m’envoie le département technique. Je ne crois pas reconnaitre ce modèle de navire.
- C’est malheureusement normal. Aucun de nos experts n’est familier de ce modèle. Les Sith semblent l’avoir littéralement sorti de nulle part, et en grandes quantités. En terme de performances, ces croiseurs sont très proches de ce qui se fait de mieux chez nous. De même, leurs troupes au sol sont équipées dans des délais qui devraient leur être impossibles. C’est simple, leur taux de remplacement de matériel semble avoir dépassé le notre, ce qui n’a absolument aucun sens. Même si Revan avait établi des centres de production au-delà de la Bordure, dans l’espace inconnu, ils ne devraient pas pouvoir lui fournir le vingtième de ce qu’il semble recevoir actuellement. »

Le conseiller Deskill, apparemment incapable de détacher son regard de l’image diffusée, commenta d’une voix absente.

« Eh bien, envoyez des éclaireurs. Quoi que Revan cache, il ne devrait pas être trop difficile de le découvrir. »

L’amirale se contenta de le toiser d’un air condescendant.

« Les envoyer où, au juste ? Même si tous les vaisseaux de la flotte s’y mettaient, une exploration de l’espace au-delà de la Bordure prendrait des décennies au bas mot. Et nous ne serions même pas certain de ce que nous cherchons. Non, nous espérons avoir plus de chance avec des méthodes d’espionnage conventionnelles, même si jusqu’à présent, les secrets Sith demeurent inviolés. Toujours est-il que pour l’heure, sans élément nouveau, nous sommes incapables de vaincre les Sith. »

Le pessimisme du constat sembla littéralement assommer l’auditoire. Seule une silhouette encapuchonnée dans une robe brune, jusqu’à présent restée silencieuse, parut réagir à l’annonce.

« Dans ce cas, l’ordre va vous fournir un nouvel élément. »

***

Même moment, surface de Sullust

Jarel leva son sabre juste à temps pour intercepter la lame écarlate fusant droit vers sa poitrine. Une gerbe d’étincelle salua le premier contact des faisceaux d’énergie, avant qu’ils ne se désengagent dans un bourdonnement furieux. Sans lui laisser de temps mort, le Jedi Noir repartit à l’attaque, balayant l’espace devant lui d’un large arc de cercle, écartant la garde du padawan, avant de modifier la trajectoire de son coup d’une torsion de poignet. Le jeune homme esquiva d’un bond en arrière, avant de répliquer par une roulade et une fente en direction des jambes. L’attaque passa loin du but, mais força le Sith à marquer une pause dans son offensive, ce qui donna le temps à Jarel de se redresser et de détailler sommairement son opposant. Ce dernier était entièrement vêtu d’un kimono gris, similaire aux tenues Jedi, et son visage était dissimulé par une cagoule noire, un voile de même couleur recouvrant le bas de son visage. Mais ce qui frappa le jeune homme, ce fut les deux yeux jaunes, lui faisant penser à ceux d’un animal, qui ne semblaient capable que de transmettre une seule émotion : la haine.

Cette seule réalisation suffit à faire reculer le padawan d’un pas. Ses seules expériences de duels au sabre consistaient en des sessions d’entrainement au Temple avec ses camarades ou instructeurs. Pour la première fois, il se retrouvait engagé dans un combat contre quelqu’un dont tout le langage corporel criait la volonté de le tuer, et qui risquait fort d’avoir les capacités pour le faire. Le Sith sembla d’ailleurs remarquer l’hésitation de sa proie, car son regard s’illumina d’une joie sauvage.

« Ton agonie va être longue, Jedi. »

Le dernier mot semblait presque craché. Néanmoins, la tirade eut l’effet non désiré de dissiper l’anxiété de Jarel. Les vantardises et déclarations de supériorité au milieu d’un combat étaient, elles, monnaies courantes à l’entrainement, et celle qui venait de lui être servie n’avait même pas le mérite d’être originale. Même Solan pouvait se montrer plus inspiré !

Pas question de me faire tuer par ce type.

Fort de cette nouvelle résolution, le jeune Jedi esquissa un sourire, avant de lever sa lame dans une parodie de salut. Le relâchement faillit lui être fatal, le Sith attaquant instantanément. Il para le premier coup maladroitement, avant de se retrouver contraint à se défendre contre une grêle de coups assénés des deux mains. Le Sith faisait un usage intensif de la cinquième forme de combat au sabre, Shien, combinant des attaques extrêmement physiques pour briser la garde du Jedi, entaillant profondément les murs de pierre les encadrant. En revanche, Jarel commençait à réaliser que combattre dans cette ruelle étroite l’handicapait sérieusement, le manque d’espace l’empêchant de recourir aux acrobaties complexes chères à son style de prédilection, l’Ataru. Sa seule solution était donc de reculer en enchainant les parades, dans l’espoir de finir par trouver un terrain plus dégagé, en espérant pouvoir contenir les assauts du Jedi noir assez longtemps, et la lame écarlate qui passa à quelques millimètres de son nez ne le poussa pas à l’optimisme. Tentant de gagner du temps, le padawan s’ouvrit à la Force pour soulever un container métallique et le projeter dans le dos d’un Sith qu’il espérait surpris. Au lieu de ça, ce dernier effectua un saut périlleux par-dessus le projectile improvisé, le laissant poursuivre sa course droit devant vers…

Oh, génial.

Ce fut la seule réflexion que Jarel Telwin put se faire avant que le container ne le heurte de plein fouet.

***

Aux yeux du grand public, maître Kavar était à tout point de vue le Jedi idéal. En lui semblait se rassembler toutes les qualités demandées : sagesse, force, compassion, et, cela ne gâchait rien, physique avantageux. A seulement trente-deux ans, il avait déjà un siège au Conseil de l’Ordre, et était réputé comme l’une de ses plus fines lames, si ce n’était la plus fine, ce qui lui valait le titre de maître d‘armes du Temple. Sa réputation d’homme d’action plutôt que de réflexion jouait également en sa faveur parmi une population qui avait encore du mal à pardonner aux Jedi leur inaction durant la dernière guerre. Enfin, son statut de spécialiste du domaine militaire en faisait le représentant idéal de l’Ordre auprès des officiels de la République. Cela ne signifiait pas pour autant qu’il jouissait auprès d’eux d’un crédit illimité : quand par exemple il annonçait que l’Ordre détenait peut être un moyen de changer le cours de la guerre, il valait mieux pouvoir apporter des précisions, et rapidement. Et comme il s’agissait précisément de l’annonce qu’il venait de faire devant le chancelier et ses proches conseillers, Kavar se prépara mentalement aux échanges à venir.

« Vous nous dites que les Jedi ont un moyen de faire basculer l’équilibre des forces ? »

La remarque venait de l’amiral Dodona, partagée entre espoir et méfiance de voir ce dernier déçu. La suivante fut plus cinglante, assénée par Deskill. Le conseiller à la sécurité intérieure cachait mal son hostilité envers l’Ordre Jedi en général, et son représentant en particulier.

« L’ordre cacherait donc une arme secrète depuis tout ce temps ? Vous avez intérêt à avoir une sacrée bonne raison pour que vous n’en parliez que maintenant. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais les morts de ces derniers mois se chiffrent en centaines de millions. Oh, mais j’oubliais, les Jedi dans leurs tours d’ivoire n’ont pas à se pencher sur ce genre de détails disgracieux, n’est-ce pas ? »

La mâchoire de Kavar se crispa sous la critique, et le chancelier Cressa jugea préférable d’intervenir avec plus de diplomatie avant que le ton de la discussion ne dégénère.

« L’aide et les sacrifices des Jedi durant ce conflit est appréciée à sa juste valeur, comme je suis sûr que l’amirale ne manquera pas de vous le dire. Néanmoins, je suis curieux de savoir quelle serait votre solution à notre impasse. »

La remarque sembla momentanément réduire au silence Deskill, et le maître d’armes remercia silencieusement le chancelier pour son intervention, avant de fixer l’assemblée du regard.

« Nous pensons qu’un de nos membres a le potentiel de rééquilibrer les forces en présence. Peut être même de donner à la République un net avantage. Les termes de méditation de combat vous disent ils quelque chose ? »

Ses interlocuteurs se contentèrent d’échanger des regards interrogatifs, laissant le maître Jedi poursuivre son exposé.

« Il s’agit d’une technique Jedi extrêmement rare. Dans l’histoire de l’Ordre, nous n’avons recensé que trois individus l’ayant maîtrisée. En pratique, elle permet à son utilisateur d‘exercer une influence, positive ou néfaste, sur tous les êtres vivants situés dans une large zone. Par exemple, durant un combat, il serait possible de saper le moral des uns tout en soutenant celui des autres. Elle améliore également les temps de réaction, et facilite la coordination sur un champ de bataille. Elle présente donc un intérêt certain en cas de conflit, comme vous pouvez l’imaginer. »

Les personnes présentes conservaient une expression prudente, voire légèrement sceptique. La plupart avaient été échaudés par leurs précédents échecs, et ne croyaient guère en une solution miracle pour gagner la guerre en cours. Surtout, malgré leur bonne volonté actuelle, les Jedi avaient perdus beaucoup de crédit durant les guerres mandaloriennes, et le fait que Revan ait été l’un des leurs n’arrangeait rien à l’affaire. Le chancelier suprême fut le premier à rompre le silence, l’air hésitant.

« Dois-je comprendre que les Jedi auraient dans leurs rangs quelqu’un pouvant utiliser cette… technique ? 
- Effectivement. Sa formation vient d’être achevée. Nous ne pouvons qu’espérer que ce sera suffisant pour inverser le cours des évènements. »

Kavar se garda bien d’ajouter que cette décision avait fait l’objet de débats houleux au sein de même de l’Ordre. Maître Vrook, en particulier, le propre maître de l’intéressée, s’était fermement opposé à l’envoi de son apprentie au cœur du conflit. Cette guerre ne serait pas gagnée par des adolescents à qui on confierait dans la précipitation un fardeau écrasant, avait-il répété. Mais l’urgence de la situation avait triomphé.

« Vous pouvez considérer dès à présent que la padawan Bastilla Shan se tient à votre disposition. »

***

Jarel avait connu des moments plus glorieux. Pour l’heure, le nez dans la poussière des rues de Sullust, le padawan tentait tant bien que mal de reprendre ses esprits, et accessoirement sa respiration. Encore à moitié sonné, il sentit plus qu’il ne vit le Jedi noir bondir dans les airs, et c’est tout juste si il parvint à trouver l’énergie de rouler sur le côté. La lame écarlate de son adversaire vint s’enfoncer profondément dans le sol, à l’endroit même ou Jarel s’était tenu un instant plus tôt. Son répit fut néanmoins de courte durée ; découpant le bitume aussi facilement que du beurre, le faisceau d’énergie décrivit un arc de cercle mortel, que le Jedi n’évita qu’au dernier moment à l’aide d’un saut de carpe, se remettant sur ses pieds en dépit de la protestation douloureuse de tous les muscles de son corps. Déjà, le Sith était sur lui, portant un ample coup de taille menaçant de le trancher en deux. Une nouvelle fois, Jarel esquiva d’un bond en arrière, avant de tenter une riposte, visant le bras armé de son opposant. La lame bleu azure fut interceptée en vol par celle de couleur rubis, avant d’être brutalement repoussée, la violence de la parade faisant tituber le padawan.

Le duel s’était à présent déplacé dans l’arrière-cour d’un immeuble en ruines, ce qui laissait en théorie Jarel plus libre de ses mouvements. Mais la fatigue commençait à prélever son tribut, et la collision avec le container l’avait sensiblement affaibli. Et le Sith continuait à enchainer les assauts, ne lui laissant aucun répit. Enchainant esquives, feintes et parades, il sentait ses gestes ralentir insensiblement, alors que son assaillant semblait toujours animé par la même rage et la même énergie. A ce rythme, réalisa-t-il avec un soupçon d’effroi, l’issue du combat ne faisait guère de doute. Et il avait beau réfléchir, il ne trouvait aucune issue à sa situation. Il devait essayer pourtant.

Essayer ne veut rien dire. Fais, ou ne fais pas.

Le souvenir des conseils de ses instructeurs n’arracha à Jarel qu’un grincement de dents. C’était sans doute l’avis le plus inutile qu’il ait jamais reçu ! Quel était l’imbécile qui avait écrit de telles absurdités, pour commencer ? Une légère coupure au bras le ramena à l’instant présent. Ce coup-ci était passé vraiment près… Le padawan recula précipitamment, et fit le pas de trop lorsque sa botte heurta l’un des gravats qui jonchaient le sol de l’arène improvisée. Le temps qu’il reprenne un semblant d’équilibre, le Sith avait déjà tendu la paume dans sa direction, d’un air presque dédaigneux, et il se sentit propulsé à travers les airs pour aller percuter la paroi la plus proche. Sous le choc, il eut l’impression que tout l’air de ses poumons venait d’être brutalement expulsé, avant qu’il ne retombe lourdement au sol. Clignant désespérément des yeux, il s’efforça par réflexe de resserrer sa prise sur son sabre-laser… pour constater avec horreur que l’arme lui avait échappé des mains au cours de son vol plané. Bien que sa mâchoire soit dissimulée par le voile qu’il portait, Jarel pouvait sentir le sourire mauvais qui devait s’être affiché sur le visage du Jedi noir. Ce dernier, après un moulinet moquer de son sabre, commença à s’approcher à pas lents de sa proie, qui venait de repérer l’éclat métallique de la poignée de son arme, à une dizaine de mètres de lui. Il tendit désespérément la main dans sa direction, mais la Force tardait à répondre à l’appel de son esprit désorienté. Il n’allait pas y arriver à temps…

« Jarel ! »

Jamais le padawan n’avait été si heureux d’entendre cette voix. Teros venait d’apparaitre à l’extrémité d’une ruelle, suivi de près par Elyne. Le Sith aussi les avait remarqués, se figeant dans un bref instant d’hésitation, avant de se ruer en avant pour achever son ennemi au sol. Mais celui-ci s’était déjà mis hors de portée, et avant que son assaillant ne puisse poursuivre, la lame indigo de Solan s’était interposée, bientôt rejointe par celle d’Elyne. S’efforçant de chasser la douleur, Jarel parvint enfin à rappeler à lui son arme, avant de replonger dans la bataille pour soutenir ses camarades.

A trois contre un, le combat fut bref. Le Jedi noir, déjà émoussé par l’affrontement précédent, s’efforçait désespérément de repousser les assauts provenant désormais de toutes parts, mais la tâche s’avéra vite impossible. Il bloqua un coup de Teros sur son flanc gauche, pour se retrouver totalement exposé de l’autre côté. Elyne ne manqua pas l’ouverture, l’entaillant profondément à la jambe, le contraignant à mettre un genoux à terre. Lorsque Jarel le transperça de part en part d’une fente, le Sith émit simplement un hoquet choqué, avant que son corps ne s’affaisse. Pendant de longs instants, seul les halètements irréguliers de Jarel et ceux, plus cadencés, mais néanmoins bien présents de ses deux amis résonnèrent dans la place, masqués de temps à autre par le fracas d’une déflagration, signe de la poursuite des combats au sein de la cité. Finalement, le padawan parvint difficilement à trouver ses mots, le souffle toujours court.

« Mer…ci. J’étais mal.
- Pas de quoi. »

Pour une fois, Teros laissa passer une occasion en or de l’enfoncer. Lui-même semblait avoir souffert au cours des combats ; son visage portait les traces de plusieurs écorchures, et sa combinaison arborait une série de brûlures et de déchirures, sans nul doute récoltés au cours des intenses fusillades des heures précédentes. Elyne n’était guère en meilleur état, arborant une mine échevelée, mais néanmoins résolue.

« Tu es blessé ? »

Jarel répondit par la négative. Certes, techniquement, il l’était, comme en attestait ses nombreuses écorchures et ecchymoses, et à en juger par la douleur qui envahissait son thorax, il avait probablement une côte fêlée. Rien qui ne puisse attendre, somme toute. Teros eut un hochement de tête appréciateur.

« Bien. Alors on y retourne. »

Se redressant péniblement, Jarel jeta un dernier regard à leur ennemi tombé, ne pouvant entièrement réprimer un vague sentiment de culpabilité. Le tuer avait-il été vraiment nécessaire ? A eux trois, sans doute aurait-il été possible de le faire prisonnier, de le ramener au Conseil, peut être même de le faire revenir du côté lumineux. Mais dans le feu de l’action, il ne l’avait jamais envisagé ; à la première ouverture, il avait frappé. Tué. Tout comme il avait tué une dizaine de soldats Sith au cours de cette même journée. Certes, il s’agissait de légitime défense, mais les Jedi n’étaient ils pas supposés être… différents ? Meilleurs ? Le padawan était trop jeune pour avoir pu prendre part aux guerres mandaloriennes, mais il s’était toujours étonné de la passivité du Conseil Jedi à ce sujet. Aujourd’hui, peut-être comprenait-il un peu mieux leurs réticences.

Mais il était trop tard pour les regrets. Les sbires de Revan, eux, ne semblaient guère s’embarrasser d’hésitations, et le seigneur noir des Sith semblait bien décidé à voir la République disparaitre. A en juger par la mâchoire serrée de Teros, son expression plus sombre encore que d’habitude, et le regard dur d’Elyne, d’ordinaire la gentillesse incarnée, ses compagnons savaient quels étaient les enjeux. Il ne restait plus à Jarel qu’à faire de même. Il ne put entièrement réprimer un profond soupir.

Nul n’échappe à son destin.

En silence, les trois padawans repartirent pour la ligne du front.

***

Peu importe la gravité de la situation ! Ce sont des enfants. Nos enfants. Et vous vous proposez de les envoyer en pâture à Revan et à ses laquais ? Des padawans à la formation incomplète, pour qui le combat se résume à un match amical disputé au sabre d’exercice, ne sachant rien de la guerre, et encore moins du côté obscur. Je ne sais pas qui je plaindrais le plus, ceux qui mourront au premier engagement, ou ceux qui survivront assez longtemps pour ne plus se reconnaître eux-mêmes.

Paroles prononcées devant le conseil Jedi par le maître Lamar Vrook, à propos de l’affectation de certains padawans en zone de combats. Mesure adoptée à quatre voix contre deux.


Dernière édition par Macros le Mer 4 Jan 2012 - 14:39, édité 1 fois

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Starman le Mer 4 Jan 2012 - 13:31

Le problème avec les posts qui arrivent 6 mois après le précédent, c'est que pas moyen de me rappeler ce qui s'est passé avant. Bon, ben va falloir tout relire alors.^^
Le post est bien malgré tout. Je suis loin d'être un expert de la période "hors film" de Star Wars, mais l'ensemble reste clair et bien formé.
Courage pour la suite, mon gars.

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Mélanie Mustang le Mer 4 Jan 2012 - 17:07

Eh oui... Pas évident de se souvenir de ce qu'il y avait dans les posts précédents... J'ai la flemme de les relire... Mais le post est très compréhensible et intéressant.

J'ai hâte de lire la suite !

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Heg le Mer 11 Jan 2012 - 18:01

J'ai tout lu ! Si si ! Ouais ouais !

Comme, de un, j'ai toujours un peu de mal à dire beaucoup de trucs sur des extraits très courts, et, de deux, je n'avais jamais lu le début de cette fic - honte sur moi - j'ai imprimé les posts, je me suis posée tranquillement et j'ai tout lu. Bref.
Voici ma review sur l'ensemble.

C'est bien. C'est bien écrit, clair, les tournures de phrases maladroites sont rares et ne demanderaient qu'un minuscule effort de relecture. Les personnages sont facilement reconnaissables, et les situations sont bien compréhensibles pour quelqu'un qui, comme moi, n'est pas très familière de l'univers lucacien. Le seul bémol que je mettrais de ce coté là, c'est au niveau des noms propres : ils se ressemblent un peu tous, au niveau de la longueur, des sonorités, etc. C'est peut être une particularité de l'univers de base, mais du coup, ça m'est un peu difficile de les retenir. Cela dit, ça n'est pas vraiment une gène durant la lecture. Ah, oui, et certaines descriptions un peu redondantes, mais compte tenu de la publication épisodique, ça se comprend.

Au niveau de la narration, je trouve que les suspences sont bien menés. En général, tu coupes au bon moment. J'ai particulièrement apprécié à ce titre la trahison de Saul Karath, et le combat avec Jarel n'était pas mal non plus. J'ai hâte de savoir ce qui va advenir de nos trois padawan !

Les questions qui restent en suspens, pour le moment, c'est : pourquoi les méchants sont devenus méchants ? Qu'est-ce qui peut les pousser à devenir des Siths, bon sang, ça a l'air vraiment pourri. La encore, c'est sans doute une question que je ne poserais peut être pas si j'étais meilleure connaisseuse de Star Wars : il me semble que trois films sont centrés sur la question en ce qui concerne Anakin Skywalker. Mais les autres, vindiou, les autres, pourquoi ?
Peut être la fic apportera-t-elle des réponses en son temps.

En tout cas, voilà une fic que je suis doréravant avec intérêt.

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Mélanie Mustang le Jeu 12 Jan 2012 - 19:56

Petite réponse à ta dernière question, si je puis me permettre, qui nous vient de Maître Yoda lui-même:

La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine... mène à la souffrance

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Heg le Jeu 12 Jan 2012 - 19:58

Personnellement la peur me mène vers le frigo.
Et je n'ai encore rien fait de pire que de pourrir les commentaires de Macros avec des questions périphériques.

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Re: Star Wars : The Jedi Civil War

Message par Macros le Jeu 12 Jan 2012 - 21:26

Eh, mais je suis ravi qu'on vienne pourrir mes commentaires ! (et non, ce n'est pas déjà le nouveau chapitre, je le crains. Noël est déjà passé)

Merci pour les commentaires en tout cas. Et sur les noms, je dois bien l'admettre : même pour moi, c'est parfois un peu le fatras, donc j'imagine que les lecteurs, ça doit pas être tellement mieux.

En ce qui concerne les Sith... je dirais qu'effectivement, l'intérêt est très limité. Pour prétendument plus de pouvoir (hautement débatable), tu te condamne toi même à un cycle perpétuel de trahison qui finit généralement de façon brutale. Ensuite, la plupart du temps, c'est pas un processus volontaire, plutôt une lente descente... Comme l'a dit quelqu'un (qui aura sans doute les honneurs d'une citation dans cette fic) "chuter est un processus très calme, il est bien plus terrible de l'admettre". En ce qui concerne le brave Anakin, je dois bien dire que son cheminement psychologique a quand même grandement laissé à désirer (c'est pas Starman qui dira le contraire, je crois ^^). Et pour nos méchants de ce récit... Les réponses viendront en leur temps ! Si tout va bien.
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