Amestrian Chronicles : Next Gen

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Re: Amestrian Chronicles : Next Gen

Message par Mélanie Mustang le Dim 7 Mar 2010 - 13:13

Allez, il est temps de commencer à mettre un terme à tout ça... Voici un petit post pour essayer de faire avancer les choses. Juste un petit détail pour raffraichir les mémoires, Roy ne survivra pas à sa blessure. Lorsque Hadzuki reviendra de la chasse à la Waycoff, il sera déjà mort.

Hadzuki attendait la réponse de Waycoff. Mais celui-ci ne semblait pas réagir. Il avait toujours son léger sourire sur les lèvres. Hadzuki resserra à nouveau le cercle de flammes autour de la jeune femme qui semblait plus inquiète que son père. Il savait qu’il ne tiendrait plus longtemps à ce rythme, mais il devait faire parler Waycoff ou sa fille. Il resserra à nouveau le cercle de feu.
-Si j’étais toi, Léon, je parlerais. Tes manigances m’ont assez fatigué comme ça. Je n’en supporterai pas d’avantage. Où est mon fils ?
-Hadzuki… Tu penses vraiment arriver à me faire croire que tu es ce genre d’homme ? Tuer ma fille pour sauver la vie de ton fils ? Allons. Nous savons tous les deux que tu n’auras pas ce cran. Si c’était le cas, tu aurais déjà tué Claire.
Hadzuki resserra à nouveau le cercle de flammes. Le feu n’était plus qu’à deux mètres de Claire. Il sentait ses jambes commencer à trembler, mais il devait tenir bon.
-Si je resserre encore le cercle, Waycoff, tu sais ce qui va se passer ? La peau de ta fille va commencer à brûler. Mais pas directement. Elle va lentement se détacher de sa peau. Ca ne la tuera pas… tout de suite. Mais la douleur sera insoutenable.
-Encore fait-il que tu le fasse, Hadzuki.
Hadzuki serra les dents en voyant que le sourire de Waycoff ne disparaissait pas. Il aurait voulu épargner Claire. Il se doutait qu’elle avait été prise dans les plans de Waycoff sans vraiment savoir où tout cela allait la mener. Mais la vie de son plus jeune fils était en jeu. Et il avait déjà failli perdre ses enfants pour tenter de sauver d’autres causes. Il refusait de faire la même erreur. Pas cette fois.
-Tu me sous-estime, Léon. J’ai déjà fait ce genre d’erreur par le passé, et tu le sais aussi bien que moi. Je ne laisserai plus personne se mettre en travers de mon chemin quand il s’agit de mes enfants.
Hadzuki s’apprêtait à resserrer à nouveau le cercle de feu quand…
-Au troisième étage ! Dans la pièce de vidéo surveillance de l’entrepôt ! C’est là qu’est ton fils, Mustang ! s’écria Claire.
Hadzuki regarda la jeune femme pendant une seconde dans les yeux. Cela lui suffit pour voir la peur panique qui l’envahissait à l’idée de finir carbonisée en souffrant le martyr.
Il allait arrêter les flammes quand tout bascula. Tout se passa très rapidement. Waycoff sortit une arme de sa veste, un revolver. Il le pointa en direction de Hadzuki, tout en s’enfuyant par une porte qui menait aux étages supérieurs. Hadzuki entendit le coup de feu. Il entendit un hurlement de douleur et le bruit de quelqu’un qui s’effondre au sol.
Il relâcha son emprise sur les flammes qui disparurent et se tourna vers l’endroit où se trouvait son père. Celui-ci était au sol, une large tâche rouge sombre commençait à s’étirer sur le devant de sa chemise. Hadzuki se précipita vers lui et s’agenouilla à ses côtés, le redressant légèrement.
-Papa !
-Had…
-Tiens le coup… Où est ta pierre ? Il faut…
-Non… Elle n’a plus… assez d’énergie… pour ça.
-Mais…
-Ne t’occupe pas de moi… Va chercher Hideki… Maintenant…
-Je ne peux pas te laisser…
-Fais… ce que je te dis… Hadzuki. Rattrape Waycoff…
Hadzuki tourna son regard vers Matt, Virgie et Vaughler. Celui-ci lui fit un simple signe de tête.
-Je vous confie mon père. Sortez-le d'ici.
Hadzuki serra poings et dents et, accompagné Aokiji, Hugues hésitant visiblement à les suivre, il sortit de la salle par la porte que Waycoff avait emprunté un instant plus tôt. Il monta jusqu'à troisième étage et alors qu’il arrivait en haut de l’escalier, il vit Waycoff s’apprêtant à prendre une fois encore la fuite par une autre porte. Mais cette fois, il tenait son fils dans ses bras.
-Attrape-moi si tu le peux, Hadzuki !


Dernière édition par Mélanie Mustang le Jeu 25 Mar 2010 - 8:50, édité 1 fois

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Re: Amestrian Chronicles : Next Gen

Message par Lena le Mer 24 Mar 2010 - 21:35

J’hésitai un instant en voyant Mustang et Henso partir à la poursuite de Waycoff, mais fini par me rapprocher de Roy, toujours allongé sur le sol. Il avait été salement blessé et, de ce que j’avais cru comprendre, avait peu d’espoir de s’en sortir. A voir la blessure, je comprenais pourquoi. J’essayai néanmoins, comme les autres, de le réconforter.

« Ça va aller, les secours sont en route, ils vont arriver... »

Je me tournai vers le soldat qui venait d’appeler les secours. Il hocha la tête.

« …d’une minute à l’autre. »

La mère de Shayko s’était agenouillée et essayait de l’empêcher de fermer les yeux en lui demandant de parler. Je reculai d’un pas, plus émue que je n’aurais du l’être. Je ne connaissais pratiquement pas cet homme, mais je ne pouvais m’empêcher de penser à tout ce que ma grand-mère et ma mère avaient pu me raconter sur lui, et sur mon grand-père. Avec un soupir, je secouai la tête. Quoi qu’il en soit, je ne pouvais rien faire de plus ici. Je tournai les talons puis, d’un pas rapide, me dirigeai vers la porte que Waycoff et les autres avaient empruntée un peu plus tôt.

Après quelques minutes, je commençai à ralentir le pas, regrettant de ne pas les avoir suivis directement. Je venais d’arriver dans ce qui ressemblait plus à des appartements qu’à une vieille usine désaffectée et, d’après le silence qui y régnait, doutais fortement d’y trouver quelqu’un. Au bout de quelques mètres, je tombai sur une porte entrouverte. Cédant à la curiosité, j’entrai dans ce qui semblait être un salon, l’arme au poing. Il avait été meublé avec un certain goût. Le sol était recouvert d’une épaisse moquette, un grand canapé blanc trônait au milieu de la pièce, dirigé vers une immense télévision et côtoyant une longue table basse. L’un des murs était recouvert d’étagères où trônaient plusieurs objets à l’aspect antique. Au fond, une grande baie vitrée donnait sur une terrasse. Si c’était là les appartements du terroriste, on pouvait dire qu’il s’emmerdait pas. Secouant la tête, je m’apprêtai à ressortir de la pièce lorsque je remarquai, dans un coin, un lit d’enfant à barreaux, vide. Je m’en approchai. Le lit était défait. Je rangeai mon arme dans ma poche et posais ma main sous la couverture. L’espace était encore chaud. Quelqu’un était venu chercher l’enfant récemment. Alors que je me redressai, en partie soulagée, j’aperçu une ombre au-dessus de moi. Je me retournai vivement, juste à temps pour apercevoir un homme debout à moins d’un mètre de moi, brandissant une statuette de fer forgé.

Bloquée entre le lit et la vitre, sans possibilité de reculer pour éviter le coup, je lui fonçai dessus la tête première tout en mettant ma main dans ma poche pour en ressortir mon revolver. Surpris par ma manœuvre, il lâcha son arme improvisée. Mais à peine avait-elle touché le sol que je recevais un violent coup de poing qui m’envoya à travers la vitre, me faisant lâcher mon arme. Le temps que je reprenne mes esprits, l’homme avait ramassé la statuette et se rapprochait à nouveau. Regardant rapidement autour de moi, j’aperçu mon revolver, à un peu plus de deux mètres, hors de portée immédiate. Je n’eus pas le temps de réfléchir à la manière dont j’allais la récupérer. La statuette s’abattit sur moi et je l’évitai de justesse, roulant sur le côté. Je jetai un coup d’œil en direction de mon arme, encore trop loin. L’homme levait la statuette à nouveau. A deux doigts de céder à la panique, j’attrapai un morceau de verre, le plus gros à ma portée, et le lançai en direction de la gorge de mon adversaire. Mon projectile improvisé atteignit sa cible, et l’homme se figea quelques secondes. J’en profitai pour me relever et courir jusqu’à mon revolver. Lorsque je me retournai, l’homme s’était remis à avancer dans ma direction, le pas saccadé. Je tirai, nerveusement, jusqu’à ce qu’à ce qu’il s’immobilise tout à fait et s’effondre.

Le cœur battant la chamade, je contemplai le corps pendant quelques instants. Cela faisait deux fois en quelques jours que l’on essayait de me tuer. J’eus un rire nerveux en songeant qu’au moins, je commençais à savoir gérer la situation. Puis mon sourire se mua en grimace comme je réalisai que ma main me faisait mal. Je rangeai mon arme et y jetai un coup d’œil. Elle était tâchée de sang. Par réflexe, je m’essuyai sur mon pantalon puis regardai l’étendue des dégâts. La plaie n’était pas très profonde et le sang ne coulait déjà presque plus. Je fermai puis réouvrai le poing. J’allais juste devoir éviter de prendre du gros sel à pleine main pendant un ou deux jours.

Je commençais à revenir sur mes pas lorsque j’entendis un coup de feu. Après une seconde d’hésitation, je me mis à courir vers l’origine du bruit. A mesure que je me rapprochais, j’entendais la voix de Waycoff de plus en plus distinctement. Il s’adressait à Mustang, assurant que la prochaine fois, ce serait lui qui tomberait. M’efforçant de ne pas imaginer le pire, je ralentis le pas et sorti mon arme de ma poche. J’entendis comme un bruit de lutte, suivi rapidement d’un « espèce de sale gosse ! » et d’une série de coups de feu puis j’arrivai sur une passerelle, surplombant une immense salle remplies de lourdes machines à l’aspect peu engageant et de longs tapis roulants. Sur une passerelle en contrebas, Henso, à terre, se tenait l’épaule, manifestement blessé. A côté de lui, Mustang serrait son enfant dans ses bras. Waycoff dos à la rambarde visait un Laïro flottant à quelques centimètres du sol et appuyait sans succès sur la détente de son revolver.

Profitant de l’opportunité, le jeune aïhou se rapprocha à toute vitesse du terroriste, qui sortit une deuxième arme de sa poche et tira. Laïro para le coup, au prix de son équilibre. Je n’attendis pas davantage pour tirer. Ma balle atteignit Waycoff dans le dos. Il lâcha son revolver et s’adossa à la rambarde, glissant peu à peu sur le sol. Il tenta de récupérer son arme, mais une rafale la poussa au bord de la passerelle et la fit basculer par-dessus bord. Avec un ricanement, le terroriste remit la main dans sa poche.

« Préparez-vous à crever. »

Un léger déclic suivi sa déclaration. Je relevai le canon de mon arme. Laïro s’était remis debout, prêt à intervenir également. Après une hésitation, Mustang s’était éloigné de quelques pas, son enfant dans les bras, et Henso tentait tant bien que mal de se remettre sur pied, prenant appui contre la rambarde.

« Laissez tomber, vous n’avez aucune chance. »

Une première explosion ponctua ma sommation et Waycoff se remit à rire jusqu’à être secoué par une violente quinte de toux. Une sorte de boitier surmonté d’un bouton rouge tomba de sa poche. Une deuxième explosion, plus proche, fit trembler les murs et la passerelle sur laquelle je me trouvais. M’agrippant à la rambarde, j’entendis Henso murmurer d’une voix blanche, confirmant ce que je commençais à craindre :

« C’est un détonateur. »

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Re: Amestrian Chronicles : Next Gen

Message par Macros le Ven 16 Avr 2010 - 0:10

Le tonnerre retentit et les premières gouttes commencèrent à tomber au moment même où nous arrivions à destination, comme si les cieux eux même se décidaient à souligner l’importance du moment, qui risquait d’être le point final à la longue histoire du Conclave. La maison de Socrates ne payait guère de mine, si je devais la comparer à la demeure de Dorcas, par exemple. Une bâtisse en briques ocres, un jardin miniature entretenu avec soin, une porte en bois sans aucun signe particulier… Pour quelqu’un qui se voulait présider à la destinée d’Amestris, les goûts du chef du Conclave étaient plutôt modestes. Némésis s’engagea d’un pas décidé vers l’entrée, et Shivah et moi lui emboitâmes le pas, avant que notre petit groupe ne marque une pause devant la porte. Je désignais la petite cloche à la chaine à moitié rouillée qui était suspendue juste à côté.

« On sonne ? »

La remarque me valut un regard noir de Némésis, auquel je répondis par un haussement d’épaules. Malgré mon attitude extérieure, j’avais un très mauvais pressentiment concernant cette confrontation. J’avais beau manifester plus souvent qu’à mon tour mon irrévérence envers « le vieux », la confiance que je pouvais avoir vis-à-vis de mes capacités était quelque peu mise à mal à l’idée d’affronter un alchimiste millénaire, l’homme ayant rassemblé le Conclave et tiré dans l’ombre les ficelles pour faire chuter le régime d’Amestris et le remplacer par un autre plus à son goût, et qui projetait de répéter son action aux pays voisins. Qui savait quels tours il gardait en réserve ? Je ne l’avais vu faire usage de son alchimie, apparemment basée sur l’électricité, qu’en de rares occasions, et en soi, elle n’aurait pas dû être réellement source d’inquiétude, surtout face à trois alchimistes expérimentés dotés chacun d’une pierre philosophale, mais je ne pouvais empêcher ce sentiment d’appréhension de me tirailler. Et à en juger par les mines fermées de mes compagnons, je n’étais pas le seul… A moins que ce ne soit tout simplement de la résolution. Finalement, Némésis opta pour simplement pousser la porte, qui s’entrebâilla sans bruit, pour laisser place à un modeste vestibule ou l’on pouvait encore voir une redingote et un parapluie reposer.

« A priori, il est toujours là. Ou alors il prend le risque d’un rhume carabiné. Qui sait, à son âge, ça pourrait peut être nous en débarrasser… »

Personne ne daigna répondre à la plaisanterie. J’imagine que j’avais été plus inspiré par le passé, effectivement. C’est donc en silence que nous pénétrâmes plus avant dans la maison, ou aucun bruit ne se faisait entendre, hormis celui de nos pas. Je jetais un œil dans le salon, tandis que Shivah se partait vérifier la cuisine. L’image, aussi absurde qu’étrangement terrifiante, me vint d’un Socrates en embuscade derrière une porte, prêt à électrocuter la première âme qui montrerait le bout de son nez. Bien sûr, un tel comportement aurait été affreusement hors de caractère pour lui; il avait toujours essayé d’imprégner ses actions d’un semblant de majesté. A mes côtés, j’entendis Némésis marmonner, plus pour elle-même que pour mon attention.

« Ne me dites pas qu’il s’est sauvé, lui aussi… »

Je fronçais légèrement les sourcils à ce « lui aussi ». Qui d’autre s’était sauvé? Erasme? Grandiose, juste ce dont le pays avait besoin, un scientifique mégalomane en liberté. Enfin, sans doute qu’il représenterait une moindre menace sans l’appui du réseau qu’avait constitué le Conclave. Au pire, il serait toujours teps de lui donner la chasse une fois cette affaire-ci terminée.

« Montons vérifier à l’étage. »

« Inutile, je descends. »

La voix était aisément reconnaissable. Les pas de Socrates résonnèrent dans l’escalier à un rythme lent, et il finit par paraitre, égal à lui-même, dans une posture rigide et hautaine, habillé d’un costume trois pièces rehaussé par un nœud papillon, une expression vaguement ennuyée sur le visage, comme si nous étions venus lui annoncer que le mauvais temps nous contraignait à annuler notre partie de golf. Typique. Némésis sembla se tendre un peu plus, tandis que Shivah venait nous rejoindre, son habituelle expression impénétrable sur le visage.

« Eh bien, quelle élégance… »

Socrates balaya la remarque d’un geste, comme s’il époussetait une poussière.

« Je m’en serais voulu de paraitre négligé. C’est votre enterrement, après tout… »

Un silence de mort lui répondit. La main à laquelle je portais mon anneau se crispa légèrement, me donnant l’impression d’être dans un de ces films qui marchaient si bien en ce moment, retraçant les duels et exploits de vachers durant la conquête coloniale de l’est du pays. Socrates, en revanche, semblait totalement à l’aise à l’idée de l’affrontement qui s’annonçait imminent. Il promena un regard vaguement interrogateur sur l’assemblée face à lui.

« Mmmh. J’avais senti que vous pourriez tenter quelque chose de stupide, Némésis, Shivah. Mais je ne m’attendais pas à ce que vous entrainiez Macros dans vos intrigues. Vous vous êtes découvert une conscience, ces derniers temps ? »

« Disons que je me suis mis à porter un regard nouveau sur les choses. »

« Quel dommage. Si vous êtes tous là, j’imagine que vous vous êtes déjà débarrassé des autres? Un contretemps fâcheux, assurément. Je me montrerais plus soigneux lorsque je reformerais le Conclave, la prochaine fois… »

Némésis l’interrompit.

« Il n’y aura pas de prochaine fois. »

« Oui, oui, je suis sûr que vous le pensez. Bon, que diriez vous de passer les traditionnelles répliques d’intimidation et d’entrer dans le cœur du sujet? Je n’ai pas toute la journée devant… »

Ce fut l’instant que je choisis pour déclencher mon alchimie, puisant pleinement dans ma pierre philosophale pour amplifier la puissance de la transmutation. Je sentis la gravité s’amplifier sous mon contrôle, enserrer Socrates, dont le corps fut brièvement parcouru d‘éclairs, comme s‘il tentait au dernier moment de contre-attaquer… et disparaitre d’un seul coup. Mon attaque n’avait pas été évitée, ou même repoussée, juste… annulée. Comme si au dernier moment, ma transmutation avait cessé d’opérer. Pour une fois, mon sourire de façade avait disparu, remplacé par un air incrédule. Il avait utilisé son alchimie, cela, je l’avais vu, mais comment pouvait il arrêter une attaque basée sur la gravité avec des éclairs ? Le silence régna durant un instant, avant que Némésis passe à son tour l’action, touchant le mur le plus proche d’elle, d’où surgit à toute allure une colonne de cristal à la pointe effilée, pointée droit vers le torse du chef du Conclave. Socrates leva une main d’un air las, une salve d’éclairs en jaillissant pour aller à la rencontre de la lance scintillante.

Je savais d’expérience que les cristaux que transmutaient Némésis étaient pratiquement indestructibles. Je doutais de moi-même parvenir à les fissurer, sauf peut être en utilisant ma pierre philosophale à son plein potentiel, et une simple décharge de foudre, quel que soit le talent de l’alchimiste à son origine, n’aurait dû avoir aucun effet sur la formation minérale. celle-ci tomba en poussière, comme si un enfant avait soufflé dessus et éparpillé les cendres. Némésis n’eut pas même le temps d’exprimer sa stupeur que Shivah entrait à son tour dans la danse, transmutant directement le sol sous son adversaire, qui se changea en sable avant de s’élever pour l’engloutir dans un véritable cercueil. Une nouvelle fois, les éclairs bleutés surgirent, le sable sembla se figer, avant de retomber d’un seul coup, comme si le force le manipulant avait subitement disparu, faisant réapparaitre un Socrates en train d’épousseter ses manches pour en chasser les grains de sables ayant trouvé refuge dessus, tandis que les yeux de Shivah s’élargirent sensiblement, ce qui compte tenu de son inexpressivité habituelle, devait certainement suggérer un étonnement pour le moins vif. Quant à moi, j’avais presque envie de rire. Ca ressemblait vraiment à une mauvaise blague.

« Qu’est-ce que c’est que ces conneries ? L’électricité ne peut pas marcher comme ça ! »

Socrates poussa un profond soupir, tel un instituteur confronté à un élève un peu lent.

« Vraiment, à quoi peuvent bien vous servir vos yeux si vous ne pouvez pas voir ce qui est juste devant vous ? Tout ce temps passé ensemble, et aucun de vous n’a été capable de comprendre. Je suis vraiment déçu. »

Mon cerveau essaya de faire le lien entre ce que j’avais vu et ces paroles, avant que Shivah ne fournisse un début de réponse, sur un ton aussi plat que si il avait annoncé le menu du jour.

« Ce n’était pas de l’électricité. »

« Plait-il ? »

Socrates salua la réponse d’un applaudissement navré, avant de lever nonchalamment une main.

« Bravo pour cette perspicacité. Un peu tard, tout de même. »

La main suspendue s’illumina, parcourue par les éclairs, qu’il laissa en suspens sous nos yeux, alors même qu’un coup de tonnerre résonnait à l’extérieur. C’est alors que je réalisais mon erreur. Ce que j’avais toujours pris pour de simples décharges électriques était en fait un concentré d’éclairs que tout alchimiste dégageait lors de ses transmutations. Une source d’énergie créatrice et destructrice pure… et entièrement sous son contrôle. L’expression sur le visage de Némésis m’apprit qu’elle aussi venait de réaliser ce à quoi nous faisions face… et à quel point la situation était sans espoir.

« Vous n’êtes que des enfants. Vous pensiez qu’en plus d’un millénaire, le mieux que j’ai pu faire était une banale maitrise de la foudre, à l’instar d’un vulgaire alchimiste d’état de deuxième catégorie ? Je maitrise chacune des trois étapes des transmutations sur le bout des doigts, ainsi que l’énergie qui y est liée. Je peux annuler n’importe lequel de vos pitoyables efforts pour m’attaquer, ou encore faire ceci. »

Un doigt crépitant se tendit vers Shivah, qui n’esquissa pas le moindre geste, comme déjà résigné à son destin. L’instant suivant, son corps était parcouru d’éclairs, son visage déformé par une grimace de douleur, avant qu’il ne se plisse, des rides apparaissant et se développant en quelques instants, comme si il vieillissait à un rythme accéléré. En l’espace d’un battement de cœur, il semblait avoir gagné 60 ans d’un coup. Un suivant, et sa peau commençait à se dessécher. Au bout de dix secondes, son squelette devenait apparent. Cinq autres, et il ne restait que poussière, ainsi qu’une pierre rouge totalement terne, vidée de son énergie.

« Voyez comme il m’est facile d’accélérer la dégénération de son corps. Dès le début, vous n’aviez pas la moindre chance. »

Une nouvelle gerbe d’éclairs fendit l’air, cette fois en direction de Némésis. Cette dernière tenta de l’éviter en plongeant de côté, mais l’énergie changea de trajectoire, comme irrésistiblement attirée par son corps. Comparée à celle de Shivah, sa mort fut rapide. Un instant, elle se tenait là, observant la vague alchimique l’engloutir, la seconde d’après, il n’y avait à sa place qu’un tas de cendre.

« Evidemment, je peux aussi détruire d’un seul coup toutes les cellules qui le composent. Bien plus propre. »

Il se tourna vers moi, une lueur amusée dans le regard.

« Eh bien, vous êtes bien silencieux. Pas de dernière plaisanterie avant le départ ? »

Peut être pour la première fois depuis très longtemps, j’avais l’impression d’être à court de mots. La seule pensée qui occupait mon esprit, c’était que ma partie de cache-cache avec la mort s’achevait maintenant. Pas d’endroit ou se cacher, pas de cavalerie à la dernière minute. C’était inéluctable, et d’une certaine façon… rassurant. Je vis comme au ralenti la main de Socrates se lever, s’illuminer… Une précédente conversation me revint en mémoire, et je ne pus finalement pas m’empêcher un dernier sourire amusé.

Effectivement, nous n’étions pas fait pour la retraite.

Puis la salve d’éclairs m’attint, et tous mes sens semblèrent s’éteindre l’un après l’autre. Le dernier bruit que j’entendis fut une sorte de gargouillis étouffé, qui semblait si incongru de la part de Socrates que je le mis sur le compte d’une probable dislocation de mes oreilles. Puis, je sombrais dans un océan de lumière, avec un seul mot en tête.

Enfin.

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Re: Amestrian Chronicles : Next Gen

Message par Starman le Mar 20 Avr 2010 - 22:45

« C’est un détonateur.
-Sérieux ?! »
Tandis que je me retiens de jurer en Aïhou, j’entend Waycoff rire de plus en plus fort, comme un hystérique. On n’aurait pas cru qu’il avait encore des tours dans son sac, merde.
« Bande… Bande de débiles, articule-t-il avec peine. Vous pensiez vraiment avoir gagné ? Hahaha…. Dans vos rêves, ouais. J’ai déjà eu le vieux Roy….et vous allez tous le rejoindre dans la tombe . Une grosse tombe collective pour vous et tous les guignols qui sont encore dans le coin. Hahahaha !!
-Espèce d’enfoiré ! »
Henso lève la main vers lui, enragé et visiblement prêt à le griller sur place. Ca n’empêche pas Waycoff de se marrer comme une baleine.
« Aokiji, non ! »
Mustang le saisit par l’épaule, déterminé à le retenir.
« Lâche-moi, Hadzuki ! Je vais le crever sur place, ce pourri !
-Non ! Il est inoffensif, il va être jugé et finir en prison, là où est sa place. »
Soudainement, comme si quelqu’un avait appuyé sur « off », le terroriste cesse de rire, et commence à se mettre avec peine sur ses deux jambes en prenant appui sur la rambarde.
« En prison ? Moi ? Plutôt crever ! Et vous venez tous avec moi ! »
Debout surs ses deux guiboles, il tente avec peine de lever le canon de son arme, quand une secousse lui fait perdre l’équilibre. Le coup de feu se perd dans le vide, et il bascule dans le vide en criant. Le temps que je reprenne mon équilibre et que je m’élance au bord de la rambarde, Waycoff a disparu dans les ténèbres de l’entrepôt. Aucun bruit. Pas de cri, pas de bruit de chute ni d’impact, rien. Mais vu la hauteur, il est impossible qu’il ait survécu.
« Sacrée sortie, fis-je.
- Comment savoir, répond Mustang, jetant un œil au-dessus du vide. On a déjà cru qu’il était mort. Ce monstre a toujours eu un don quand il s’agissait de survivre »
Je m’apprête à rétorquer que là, quand même , c’était difficilement crédible, quand une autre secousse nous prend de court. Regardant autour de moi, je constate que les murs commencent à se fissurer , tandis que le bâtiment se met à trembler de plus en plus.
« Bon, commençais-je. Hé si on filait, avant que tous nous tombe sur le coin de la gueule ? »
Tous acquiescent et, le temps d’aller chercher Hugues sur mon surf, nous filons tous en direction de la sortie . Sur notre chemin, nous croisons toutes sortes de soldats, les nôtres et ceux de Waycoff, unis en un seul objectif : sortir d’ici. Beaucoup nous suivent, certains de nos ennemis préfèrent fuir vers un sort incertain plutôt que d’être pris. Les tremblements s’intensifient, de nombreux débris manquent de nous écraser le crâne, et nous commençons à douter de nos chances de survie.
Puis, enfin nous apercevons la sortie. Nous pressons le pas, soutenus par l’idée d’être bientôt sorti de ce piège mortel. Erreur stupide ! Un débris tombe sur mon surf, me faisant perdre l’équilibre. Tombant au sol, j’ai à peine le temps de réaliser ce qui se passe que je vois un gros bout de béton tomber en direction de mon crâne. Soudain, alors que je crois déjà ma dernière heure arrivée, je sens qu’on me tire sur le côté. Le morceau s’écrase juste à côté de mon oreille, brisant mon surf sous l’impact.
« Ca va ? »
Me saisissant le bras, Hugues m’aide à me relever.
« Ouais… merci.
-Pas la peine. Tout le monde l’aurait fait à ma place.
-Peut être. Mais comme c’est toi qui l’as fait , merci. »
Abandonnant les restes de ma planche, nous nous dirigeons vers la sortie avec peine, me sentant encore étourdi. Juste à temps. A peine avons-nous le temps de franchir le seuil, que la battisse s’effondre, réduisant une base militaire complexe à un tas de gravas.
« Désolée pour la planche, reprend Maelys.
-Bah ! Quand j’aurais cinq minutes , j’en ferais une autre."
Je jette un œil autour de moi, pour analyser la situation. Je vois plusieurs terroristes se faire embarquer par la police, mais pas tant que ça. Aucune trace de Williams, ni de ses sbires. Aucune trace de Feist. Seule la fille de Waycoff a été arrêtée. Ils seraient tant que ça à s’être échappé ?
Je décide de moins penser à mes ennemis et plus à ceux qui me sont chers.
"Tu saurais pas où est Yumi, demandais-je à Hugues.
-Je crois qu'ils l'ont emmené à l'hôpital Central.
-Je vais aller voir comment elle et les autres vont.
-Bien sur."

Laïro ! »
Une fois passée la porte de la chambre de sa mère, je vois Yumi se diriger vers moi. A peine ai-je le temps de prononcer la première lettre de son prénom qu’elle se jette sur moi, m’embrassant avec vigueur. Je n’ai pas vraiment résisté. En tout cas sa mère a l'air en sale état, mais bien vivante.
« Tu t’en es sorti, reprend-t-elle.
-De justesse. Mais passons. Tout va bien ?
-Laïro, je…. Grand Père.
-Quoi ?
-Il… Il vient de mourir. »
La nouvelle me frappe de plein fouet. Mort ? J’avais cru comprendre quand j’avais rejoint les autres qu’il avait été blessé par Waycoff, mais je ne pensais pas que…
« Yumi, je…. Je suis désolé. »
Elle ne répond pas et me serre de toutes ses forces. Je crois qu’elle pleure, mais je ne me sens pas le courage d’aller vérifier. Mort. Incroyable. J’entoure mes bras autour des siens. Elle tremble, et je me sens misérable. J’avais forcé Roy Mustang à s’impliquer et, d’une certaine façon, je me sens un peu responsable.
« Hé, petit. »
Je me retourne, et tombe sur un Harry Vaughler visiblement mal à l’aise.
« Inspecteur, fis-je.
-Sacrée histoire, hein ?
-C’est sur que rien de tout ça n’était dans la brochure sur le bateau."
Il ne répond pas, toujours aussi embarrassé.
« Que se passe-t-il ?
-Petit, tu… tu vas devoir me suivre.
-Quoi ?! »
A ces mots, Yumi me lâche soudainement et se retourne vers l’inspecteur, visiblement furieuse.
« Vous l’accusez encore ? C’était ce… ce Waycoff le responsable, et vous le savez. Mon Grand Père est mort pour le prouver !
-Moi, je le sais. Mais pas la justice Amestrienne. Nous avons les preuves. Il sera relâché très vite. Mais il doit nous suivre.
-Mais enfin…. »
Je pose ma main sur son épaule. Elle se retourne et je lui souris .
« Tout va bien, fis-je. Il a raison. J’ai été accusé d’un crime et j’ai fuit. Il est temps que cela cesse. »
Sans un mot, je m’avance et tend les mains vers Vaughler.
« Inspecteur, je me rend. Passez-moi en jugement. »
Il ne dit rien, et sort les menottes anti-alchimie, avant de me les passer.
« Tu salueras tout le monde de ma part, dis-je à Yumi en me retournant. »
Deux policiers m’entourent,, et me conduisent vers un fourgon qui attendait en face de l'hôpital. J’y suis seul. Vaughler grimpe à son tour et s’assied en face de moi. La porte du fourgon se ferme, et il démarre.
« Bon, commence-t-il, avec les aveux de la fille Waycoff, et les preuves matérielles trouvées sur place, ton procès devrait être vite plié.
-Déçu que votre suspect ne soit pas le coupable, inspecteur ?
-Bof. Tant qu’on tiens le bon, hein.
-Je croyais que vous n’en aviez rien à cirer.
-Rien du tout. Mais gardez ça pour vous, d’accord ? »
Je souris, et laisse échapper un ricanement.
« Motus et bouche cousue. »

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Re: Amestrian Chronicles : Next Gen

Message par Mélanie Mustang le Ven 23 Avr 2010 - 9:40

Yumi et Hatori avaient fini par s’endormir dans la salle d’attente, Yumi la tête appuyée sur l’épaule de son frère, triste que Laïro ait été emmené malgré tout. Shayko n’avait le droit de recevoir qu’une personne à la fois dans sa chambre, pour ne pas être trop fatiguée. C’était l’ordre du médecin.
Elle était encore endormie, mais Hadzuki restait près d’elle, attendant son réveil. Il ferma les yeux en soupirant en repensant à ce que le médecin lui avait dit lorsqu’il était arrivé. La douleur dans sa poitrine se fit plus intense.

-Votre femme est tirée d’affaire, Monsieur Mustang.
Hadzuki avait soupiré de soulagement.
-Merci, docteur, dit Hadzuki en lui serrant chaudement la main. Merci…
-Pourrions-nous parler en privé un instant, Monsieur Mustang ? demanda le médecin.
-Heu… Oui. Bien sûr…
Jetant un dernier regard à sa famille, Hadzuki avait quitté la salle d’attente et accompagné le médecin jusqu’à son bureau.
-Il s’est passé quelque chose de grave ? Je pensais que ma femme était tirée d’affaire ?
-Oui, votre femme est tirée d’affaire. Elle se remettra physiquement, il n’y aucun doute là-dessus. Elle ne gardera aucune séquelle. Cependant, je me dois de vous poser une question. Est-ce que vous saviez que votre épouse attendait un enfant ?
-Oui… Bien sûr… Pourquoi ?
-Monsieur Mustang… Suite à ses nombreuses blessures et ses traumatismes physiques, votre épouse a fait une fausse couche.
-Une fausse couche ?
-Je suis désolé de vous l’apprendre.
Hadzuki s’était laissé tomber sur un fauteuil et s’était mis le visage dans les mains.
-Est-ce qu’elle le sait ?
-Votre épouse n’est pas encore réveillée. Elle est en salle de réanimation. Si je vous ai fait venir dans mon bureau, c’est pour vous apprendre cela, et également vous demander ce que vous préférez ? Voulez-vous que je lui annonce moi-même ou voulez-vous le faire ?
Hadzuki avait respiré profondément.
-Je m’en occuperai…
Il s’était relevé lentement.
-Je vous remercie de me l’avoir dit, docteur. Quand pourrai-je aller voir ma femme ?
-Vous pouvez y aller maintenant si vous le voulez. Mais elle ne se réveillera pas avant une heure, mais il vaut mieux que vous n’y alliez que par un, pour qu’elle ne se fatigue pas trop. Votre épouse aura besoin de vous, Monsieur Mustang. Perdre un enfant, même si tôt, peut-être un traumatisme important pour une femme.
Hadzuki avait acquiescé puis était retourné dans la salle d’attente. Tout le monde attendait dans un silence pesant.
-Que voulait le médecin ? avait demandé Virgie.
Hadzuki avait à nouveau pris une grande inspiration.
-Il voulait m’annoncer que Shayko a fait une fausse couche… A cause des tortures physiques qu’elle a subi.
Tout le monde était resté silencieux. Hadzuki avait annoncé qu’il allait voir Shayko et qu’il les préviendrait lorsqu’elle serait réveillée.

Une heure était passée depuis cet instant. Hadzuki entendit un froissement de draps. Il rouvrit les yeux et vit Shayko ouvrir les siens. Hadzuki tenait sa main gauche dans les siennes.
-Shay ? Tu m’entends ?
-Hadzuki… Tu es là…
-Oui… Je suis là… Tout va bien maintenant… Comment te sens-tu ?
-J’ai l’impression d’être passée sous un tank… Hadzuki… est-ce que…
-Hideki va bien. Il est en vie et en bonne santé dans les bras de ta mère, dans la salle d’attente.
Shayko ferma les yeux et sourit de soulagement.
-Merci… Comment vont-ils tous ?
Hadzuki ferma les yeux.
-Hadzuki ?
-Papa est… Waycoff lui a tiré une balle en plein torse… Il… ne s’en est pas sorti.
Hadzuki sentit la main de Shayko sur sa joue… Il n’eut pas le courage de retenir ses larmes. Encore moins en sachant ce qu’il allait devoir annoncer à son épouse. Il ouvrit les yeux et prit les deux mains de sa femme dans les siennes.
-Shay, il y a autre chose que je dois te dire.
-Quoi ? Tu m’as dit que les autres allaient bien…
-Yumi, Hatori, Hideki et Virgie vont bien. Même Laïro va bien. C’est… C’est à propos du bébé…
Hadzuki resserra son étreinte autour des mains de Shayko.
-Hadzuki…
-Tu as fait une fausse couche, Shayko… provoquée par ce que Waycoff t’a fait subir.
Shayko ferma les yeux et les larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Hadzuki l’aida à se redresser légèrement et la serra tendrement dans ses bras. Shayko s’accrocha à sa chemise, pleurant…

Roy Mustang fut enterré au cimetière de Central une semaine après son décès. La ville souhaitait lui offrir les plus grands hommages, mais Hadzuki insista pour que la cérémonie se passe en privé. Furent présents la famille Mustang, Vaughler, Hugues, Aokiji, ainsi que Laïro – qui avait fini par être rapidement innocenté – et la Loa. Ce jour-là, Shayko avait obtenu l’autorisation de sortir quelques heures pour assister à la cérémonie.
Le jeune Matt avait disparu quelques jours après son réveil.
Il fallut deux semaines à Shayko pour se remettre de la plupart de ses blessures physiques. Même si elle souffrit ensuite longtemps de la perte de leur enfant, le soutien infaillible d’Hadzuki et du reste de sa famille lui permit également de se remettre sur pieds mentalement.


Passage écrit par Elladan

Je me réveillai à l’hôpital, mon corps me faisait horriblement souffrir. Les jointures des mes automails me brûlaient et une migraine arriva aussitôt. Après quelques minutes je me rendis compte que personne n’était dans la chambre. J’étais seul, que s’était-il passé après que j’aie tenté le tout pour le tout. Avais-je réussi à sauver les Mustang ? Tant de questions se bousculaient dans ma tête mais pas de réponses. Un médecin entra dans la pièce, il était accompagné de deux hommes en noir. Il m’ausculta et m’expliqua que je dormais depuis presque une semaine maintenant. Après le départ du médecin l’un des deux hommes en noir se mit à parler :
-Bonjour Matt, au vu de tes capacités nous aimerions t’intégrer dans une école militaire.
-Une école militaire ?
-Oui, nous formons l’élite de l’armée afin de traquer les gros poissons.
-Et pourquoi moi ?
-Et bien ton physique est assez costaud avec tes automails, tes capacités alchimiques sont étonnante et avec de l’entrainement tes techniques les plus dangereuse ne te demanderont que peu d’énergie.
-Alors dans ce cas là…

Après quelques jours passés à l’hôpital je sortis avec l’homme qui m’avait proposé une école. Il m’expliqua aussi tout ce qui s’était passé la nuit où j’avais pris de gros risques. Apparemment monsieur Mustang était décédé cette nuit là ce qui me fit une douleur dans la poitrine. Après plusieurs heures de routes nous arrivâmes à l’école militaire. Et après quelques jours je recevais souvent la visite d’un petit garçon dénommé Klaus, ses parents n’étaient jamais présent à cause de leur boulot top secret et du coup il venait dans ma chambre pour parler et éviter la solitude. Ma vie avait enfin un sens et lorsque nous réalisions les missions d’entrainement je portais toujours le masque de ma famille sur mon visage pour ne pas oublier, ne jamais oublier que tout peut basculer du jour au lendemain et pour ne jamais l’oublier lui, celui qui m’avait fait don du plus grand des cadeaux après celui de la vie. Ma puissance alchimique qui m’aidait à monter dans le classement des élèves. D’après mon instructeur je ne tarderais pas à dépasser les meilleurs instructeurs de l’armée…

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Re: Amestrian Chronicles : Next Gen

Message par Lena le Lun 10 Mai 2010 - 22:08

Je pianotais nerveusement sur mon genou, au rythme d’une chanson entendue un peu plus tôt à la radio. Je n’aimais pas cette chanson. Par conséquent, je n’arrivais pas à me la sortir de la tête. Mais elle valait sans doute mieux que la question qui m’avait tenue éveillée une bonne partie de la nuit. Qu’allait-il se passer ?

Le commissaire Kramer m’avait donné rendez-vous dans son bureau. Je consultai ma montre. Un rendez-vous qui aurait du commencer il y avait près d’une demi-heure. J’étais assise sur une des chaises longeant le couloir, qui faisait généralement office de salle d’attente. Je savais que j’avais commis une faute, et l’information avait circulé. J’avais rencontré Laïro Daar, alors même qu’il était recherché par toutes les unités de police de Central, et j’avais gardé cette information pour moi. Pire, je n’avais même pas cherché à l’arrêter.

Vaughler m’avait appelé, la veille au soir. Ça m’avait surprise. Il avait su, pour mon entrevue avec Kramer, et m’avait assuré, avec son tact habituel, qu’il lui parlerait de mes conneries avant et que j’avais pas à m’inquiéter. Je commençais pourtant à devenir vraiment nerveuse. Ça faisait presque trois quarts d’heure qu’ils étaient en train de parler.

Alors que je commençai à envisager d’aller me chercher un troisième café, la porte s’ouvrit et Vaughler m’invita à entrer. Visiblement, il allait assister à l’entretien. Il me semblait que ce n’était pas très bon signe. Je rentrai néanmoins dans la pièce. Le commissaire me fit signe de m’asseoir.

« Vous savez pourquoi vous êtes ici ? »

Je savais que la question était rhétorique. J’y répondis quand même.

« Il me semble oui.
- Très bien. Alors je vous écoute. Donnez-moi votre version des faits. »

Je jetai un rapide coup d’œil en direction de Vaughler, qui se contenta de hocher la tête. Puis je pris une inspiration et commençai mon récit. Je racontais l’histoire depuis le début, dans ses moindres détails. J’évitai juste de mentionner les immortels, parlant d’eux comme d’une simple organisation criminelle. Quand j’eus terminé, le commissaire attendit quelques instants avant de reprendre la parole.

« Vous confirmez donc avoir rencontré le dénommé Laïro Daar au cours de votre enquête, et avoir pris la décision de ne pas l’appréhender.
- Je...suppose que oui.
- Et vous étiez parfaitement consciente de ce que vous faisiez et de ce que vous risquiez. »

Je déglutis avec difficulté. Vaughler n’avait toujours pas dit un mot, et les choses commençaient à prendre une tournure qui n’augurait rien de bon.

« En effet.
- Alors vous savez que ce que vous avez fait n’est pas un petit écart de conduite mademoiselle Hughes. C’est un délit. »

Je fronçai les sourcils, rejetai un coup d’œil en direction de Vaughler, puis me tournai à nouveau vers le commissaire.

« Il venait de me sauver la vie. Vous auriez fait quoi à ma place ?
- Là n’est pas la question. Vous auriez au moins du avertir votre supérieur. Je suis désolé mais je ne peux pas laisser passer ça. Je vais devoir vous demander votre plaque et votre arme de service. Vous êtes suspendue pour une durée de trois mois.
- Quoi ?! »

Avant de réellement me rendre compte de ce que j’étais en train de faire, j’avais tapé des mains sur la table et m’étais levée. C’est à peine si j’entendis Vaughler me demander de me calmer.

« Il était innocent !
- Ce n’est pas le problème.
- C’est Waycoff qui était derrière tout ça. Elle avait le mobile, l’opportunité...et puis elle a avoué merde !
- Hughes, tu te calmes ! »

Je me tournai vers Vaughler, sans trop savoir si j’étais vraiment énervée ou simplement écœurée. J’avais cru comprendre qu’il devait m’aider dans cette affaire. Et là, à part écouter la conversation et me dire de me calmer, je n’avais pas l’impression qu’il avait fait quoique ce soit.

« Merci pour votre aide, sincèrement. »

Sans attendre de réponse, je sortis mon arme, ma plaque et les jetai sur la table. Puis je quittai la pièce.

***
« T’es sûre de c’que tu veux faire ?
- Absolument. Ce n’est pas une décision prise sur un coup de tête, si c’est ce que vous voulez dire. »

J’avais eu le temps de réfléchir à la situation. Deux semaines s’était écoulée depuis ma démission. Et après deux jours de découragement total, j’avais commencé à réfléchir à ce que j’allais bien pouvoir faire. L’idée s’était rapidement imposée. Malgré les risques, j’avais aimé mener cette enquête. Alors je pouvais attendre trois mois et réintégrer la police de Central. C’était encore possible. J’avais suffisamment d’argent de côté pour tenir trois mois sans travailler. Le problème, c’était que je ne regrettais absolument pas ce que j’avais fait. Je savais que, si la situation se représentait, je me fierais encore une fois à mon jugement, quitte à me tromper. Et je savais que, la seconde fois, ça ne passerait pas.

« T’as trouvé où t’installer ?
- Ouais, un ancien cabinet d’avocat dans le centre. Je dois signer les papiers en début de semaine prochaine.
- Et le titre ? Ils donnent pas la licence de détective à tous les cons qui se présentent.
- J’étais flic, ça n’a été qu’une formalité. »

Mon ancien collègue hocha la tête sans rien ajouter. Il m’avait téléphoné après l’entretien pour m’engueuler. Arguant que, putain, trois mois c’était pas la mer à boire, que c’était le mieux qu’il avait pu m’obtenir, et que j’aurais du être virée définitivement. Je lui avais presque raccroché au nez. Pourtant, deux semaines plus tard, quand je l’avais rappelé pour lui proposer de boire un café, le temps de lui expliquer mon projet, il avait accepté.

« Alors je peux compter sur vous ? »

Il avait l’air encore sceptique. Pourtant, je ne doutais pas que c’était aussi intéressant pour lui que ça l’était pour moi. Il avait toujours eu des méthodes un peu...controversées. Mais il restait limité par son statut de flic. Je ne l’étais plus désormais. En contrepartie, il avait toujours accès à des informations qui m’étaient désormais refusées, et qui pourraient sans doute m’être utiles, à un moment ou à un autre.

« Ok, j’pense qu’on devrait pouvoir s’arranger.
- Je pense. Une sorte...d'échange équivalent. »

Une bonne chose de faite en tout cas. J’allais devoir prendre d’autres contacts, peut-être avec cette journaliste, Soraya Mokube. Le reste viendrait sans doute au fur et à mesure...

« J’ai dit ok, mais évite de m’sortir ce genre de conneries à l’avenir. »

Toujours égal à lui-même. J’esquissai un sourire et portai ma tasse à ma bouche pour boire une dernière gorgée de café. Au moins, je ne l’aurais plus continuellement sur le dos. Je savais que j’allais avoir du boulot, ne serait-ce que pour me faire un nom. Pourtant, ça ne m’effrayait pas plus que ça. Pour l’instant, les choses se présentaient plutôt bien. Et après tout, il n’y avait pas de raisons pour que ça ne dure pas...

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Re: Amestrian Chronicles : Next Gen

Message par Starman le Mer 19 Mai 2010 - 22:50

Le procès a été vite expédié. Il faut dire qu’avoir traqué à tort un représentant d’un pays étranger n’est pas une position très agréable, et la justice Amestrienne a cherchée de façon très claire à régler ça le plus discrètement possible. Bah, ça m’arrange aussi de toute façon. Leurs cellules sont pas très confortables. C’est donc en homme libre que j’ai assisté à l’enterrement de Roy Mustang . Je lui devait bien ça après tout. Je repensais à la Pierre Philosophale qui était en sa possession. Apparemment, tout en le maintenant en vie, elle avait rendu son système immunitaire plus faible, plus dépendant de son pouvoir de guérison, tant et si bien qu’au final, il était condamné. Une leçon que je devrais sans doute méditer : quand on compromet sa morale, même pour les meilleures raisons, cela finit toujours par nous revenir dessus.
Après la cérémonie, une discussion avec Vaughler et Hugues m’apprend que trois cadavres ont été trouvé dans les ruines d’une maison, après que les voisins aient appelés les pompiers. Les cadavres ont été trop calcinés pour être identifiable au premier abord, mais l’analyse dentaire a révélé que l’un d’entre était Mark Shelley, que nous connaissons mieux sous le nom de Macros. Malgré son état, il était plutôt en forme pour quelqu’un qui est né il y’a environ cent ans. J’imagine que les autres cadavres appartiennent à ses joyeux collègues. Apparemment, le plan de Waycoff a marché au mieux de ses espérances.
Les négociations qui nous ont amenés à Amestris ont pris fin peu après ma libération. Elles n’auront pas été aussi fructueuses que nous l’espérions, mais avec une publicité telle que le protecteur Aïhou pourchassé par la police, cela n’est pas très étonnant. Tant pis, il y’aura des prochaines fois. Dans ce genre d’affaires, les gens ont la mémoire courte.
Et c’est ainsi que, deux mois après mon arrivée à Central City, je suis sur le point de reprendre le train vers les côtes, avant qu’un bateau nous ramène au bercail.
« Une fois rentré, fis à ma mère tout en l’aidant à monter à bord du train, je me couche et je dors une semaine.
-Tu as eu un séjour mouvementé, répond-t-elle.
-Je crois que ce n’est pas exagéré que de dire cela, oui.
-Par contre, tu ne pars pas tout de suite.
-Pardon ?
-Tu as de la visite. »
Me retournant, je vois Yumi qui me regarde sur le quai.
« Pas la peine de demander au train de t’attendre, j’imagine. »
Sans répondre, je descend du train et m’arrête devant elle.
« Salut, dis-je d’un air un peu gêné.
-Salut. »
Bon sang, j’ai tellement été occupé à courir après des Immortels et des fous furieux que j’en avait oublié à quel point cette situation était gênante. Seul le bruit de la machine à vapeur interrompt le silence troublé.
« Alors, tu t’en vas, reprend-t-elle.
-Ouais. J’ai du travail à faire chez moi, et j’ai déjà passé trop de temps ici.
-Je comprend. »
Allez, trouve un truc à dire. C’est quand même pas si compliqué. Derrière moi, j’entend la locomotive s’activer, partant pour ma destination.
« Le train s’en va.
-Je suis un mec sur un surf volant. Je rattraperai le train plus tard.
-C’est vrai. »
Autre silence. Il y’a bien quelque chose que j’ai envie de dire, mais je n’arrive pas à le prononcer.
« Et… heu…. J’imagine que toi , tu peux pas…. venir avec moi.
-Pardon ?
-Ben ouais. Il y’a de la place pour deux sur mon surf. Tu grimpe, on rattrape le train et hop !On est parti.
-Non. Désolée. Ma mère va avoir besoin de moi après la fausse couche, et j’ai mes études à continuer.
-Je vois. Mettons que je n’ai rien dit alors. Donc… c’est un adieu ?
-Peut être pas. Nous n’avons pas eu….beaucoup de temps ensemble. J’ai besoin de réfléchir un peu. Quand j’aurais fini, je viendrais chez toi et je te dirais si on est toujours ensemble ou pas face à face. C’est… c’est d’accord ?»
En guise de réponse, je la serre contre moi et je l’embrasse. Je me sens bizarre. Je la serre contre moi tout en continuant. Puis, quand finalement nous nous arrêtons, je la regarde dans les yeux, un léger sourire aux lèvres.
« Bien sur que c’est d’accord . »
Je la serre à nouveau dans mes bras avant, enfin, de me résoudre à m’envoler pour rejoindre mon train. J’ai les larmes aux yeux, et en même temps, un sourire idiot sur le visage.
C’est Sohem qui va se foutre de ma gueule en apprenant ça.



Cela fait des heures que je fouille les débris de notre ancienne base. J’avais réussi à me cacher dans une grotte qui nous servait de point de repli. Bien que nombre d’entre nous aient été capturés par les flics, ceux qui comptent ont réussis à s’échapper. Pas de quoi mener une guerre certes. Mais qui voulait reprendre un tel objectif à présent ? Soudain, un râle m’indique la position de l’homme que je cherchais. Après avoir creuser en direction des cris et des « bordel de saloperie de merde » , je découvre notre « cher leader ». Pas étonnant que personne ne l’ait trouvé. Il a dû se taire pendant des jours et, sans aide sonores, impossible de le trouver. Et il était vivant. Tous les os brisés, incapables de marcher , certes, mais vivant. Je suis épaté.
« Ca va, demandais-je ?
-Ca a l’air d’aller tu crois , réplique-t-il, à bout de souffle mais furieux . Bordel de couilles de putasserie. Dégage-moi de là. »
Je m’approche doucement, tandis qu’il continue de parler, comme pris de folie (enfin, plus que d’habitude).
« Ils croyaient pouvoir se débarrasser de moi. Mais Léon Waycoff est pire qu’un putain de cafard. Je vais tout reprendre depuis le début, recruter d’autres troupes, et au moment où ils s’en douteront le moins, les Mustang vont payer à petit feu. Hahahahaha… »
Son rire s’interrompt dans une quinte de toux. Je n’en crois pas mes oreilles. Il veut remettre ça ? Il n’a pas vu où ça nous a menés ? A quel point c’est inutile ? Il en est à ce point ?
Je sors mon arme et la braque vers son crâne.
« Mais qu’est-ce que…..
-Ca suffit les conneries, dis-je. »
Et je lui tire une balle entre les deux yeux. Puis une deuxième pour être sur (c’est que c’est un dur à cuire). Et une fois que je me suis bien assuré que c’était bien sa cervelle répandue sur la dalle derrière lui, je m’éloigne. Je dirais aux hommes qu’il était mort quand je l’ai trouvé. Et, de fait, étant son second, le commandement me revient. Une armée certes diminuée, mais redoutable, composée d’anciens soldats, d’alchimistes, d’erreurs de la nature.
Quand à quoi en faire….. j’ai bien ma petite idée.

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Re: Amestrian Chronicles : Next Gen

Message par Macros le Mer 14 Juil 2010 - 21:28

Epilogue

Il m’est, bien sûr, déjà arrivé de me tromper; un cynique pourrait même dire que tout mon parcours n’a été qu’une succession d’erreurs. De même, comme tout un chacun, j’ai pu éprouver de la surprise en constatant que la réalité ne correspondait pas toujours à mes attentes, même si le temps passant, j‘étais de plus en plus doué pour le cacher. Mais jamais je n’avais été pris d’une aussi forte certitude quant à mon destin qu’au moment où l’alchimie de Socrates m’enveloppa de toutes parts. Et lorsqu’en dépit de tout bon sens, le néant dans lequel je flottais sembla en passe de s’organiser, pour donner naissance à un environnement on ne peut plus consistant, quoi que parfaitement inconnu, il me fallut du temps pour admettre une vérité pourtant fort simple, aussi invraisemblable soit elle : je n’étais pas mort.

La surprise, on en jugera aisément, fut à la hauteur de la révélation.

Puis vint un certain désappointement. Malgré la défaite pour le moins brutale que je venais de subir, je n’avais rien à redire quand à ma fin. C’était à un « héros » de terminer le travail que nous avions commencé, et de décider une bonne fois pour toute du sort d’Amestris. Mon existence s’était déjà par trop prolongée, rien n’empêchait plus le rideau de tomber sur une pièce finalement assez désagréable à jouer, même si une certaine vanité me faisait penser que l’interprétation avait été plutôt réussie. Je n’avais nulle envie d’accorder un « encore » au public. La boucle avait été bouclée, les comptes soldés, les affaires mises en ordre, et le final somme toute réussi. Sauf apparemment, le point le plus important, à savoir cesser d’exister.

Néanmoins, s’apitoyer sempiternellement sur son sort n’ayant jamais rien apporté à personne, je me résignais à quitter pour quelques instants mon monde intérieur pour découvrir le décor extérieur. Il serait toujours temps d’achever plus tard ce que Socrates avait commencé, les chances étaient bonnes que sans pierre philosophale, la question ne se règle d’elle-même très rapidement. J’essayais donc de me concentrer sur ma vision, qui restait étrangement floue, et semblait colorer mon environnement d’une étrange couleur bleutée… à moins qu’il ne s’agisse tout simplement de l’éclairage ambiant. De ma position, il semblait difficile d’en juger, mes yeux étant fixés vers un plafond absolument nu et ne m’apportant guère de réponses. Ma tentative de tourner la tête ne provoqua aucune réaction, ce qui m’intrigua un peu. L’attaque de Socrates m’avait elle entièrement paralysé ? Pendant une minute, j’envisageais la possibilité qu’il m’ait tout bêtement laissé à moi-même sur le sol de son appartement, me sachant incapable du moindre mouvement, et qu’il me laisse agoniser sur son plancher sans lever le petit doigt pour accélérer les choses. Pas exactement la fin que je m’étais imaginée. Avant qu’une voix, certes familière, mais étrangement déformée, ne résonne.

« Vous devriez être conscient, maintenant. »

Toujours incapable de bouger la tête, je ne pouvais apercevoir le visage de celui qui venait de prendre la parole, mais je n’en avais pas vraiment besoin. Malgré les résonnances étranges que je percevais, c’était indubitablement le timbre d’Erasme.

A ce stade, il était plutôt sûr de dire que l’inquiétude devint la sensation dominante.

« Tout va bien ? Pas de sensations étranges ? Oh, j’imagine que si, bien sûr, mais je veux dire… »

« Ou sommes nous ? »

Bien, je pouvais encore parler, apparemment. Même si ma propre voix sonnait aussi étrangement que celle de mon ancien complice. Un point qui pour le moment ne venait qu’assez bas dans ma liste de réponses à obtenir. A cet instant, ce que j’aurais souhaité par-dessus tout, c’est pouvoir avoir Erasme dans mon champ de vision, mais mon cou continuait de désobéir à mes injonctions, de même que mes bras et jambes, comme je le découvrais en en faisant l’expérience.

« Ah, bien sûr, un point après l’autre. Nous sommes dans mon nouveau laboratoire, bien sûr. Cela va faire au moins un an que je le préparais pour cette occasion. Pas d’inquiétude, absolument personne ne viendra nous déranger ici. J’ai déployé beaucoup d’efforts pour m’assurer que cet endroit demeure secret; que dire, j’aime travailler au calme. »

J’étais à peu près certain de ne pas partager sa satisfaction. Si ce lieu était aussi secret qu’il le prétendait, nul doute que je risquais de m’y retrouver coincé un moment… A moins qu’il ne m’élimine, tout simplement, mais dans ce cas, à quoi bon prendre la peine de m’amener ici pour commencer. Non, je craignais que ses intentions à mon égard soient plutôt de se servir de moi comme cobaye quelconque, et si c’était le cas, il allait falloir que je trouve très vite un moyen de me tirer de ce mauvais pas. Mourir était une chose, mais finir disséquer à petit feu ne m’enthousiasmait pas plus que ça. Tout à coup, je réalisai que j’avais failli passer à côté d’un détail important.

« Un an ? Nous n’avons commencé à agir qu’il y a quelques semaines. »

Je n’avais tout de même pas passé tant de temps dans l’inconscience… Non ? Ou alors, il s’était simplement montré méfiant et s’était aménagé une base de repli si les choses venaient à mal tourner ? Mais la façon dont il avait parlé semblait suggérer qu’il était déjà au courant de ce qui allait se passer. Ce qui n’avait aucun sens, à moins…

« … c’est toi le responsable de tout ça ? »

Un silence. Puis la voix résonna de nouveau, sans aucune trace d’ironie.

« Responsable est un bien grand mot. Mais j’ai effectivement planifié la chute du Conclave. Les choses se sont déroulées relativement simplement, je dois le reconnaitre. »

Là encore, il n’y avait nulle accent de satisfaction, juste une simple constatation.

« Pourquoi… comment ? »

La question fut accueillie par un soupir.

« J’imagine que je peux bien prendre un moment pour répondre… Aucun de nous deux ne va nulle part, après tout. Pour le « pourquoi », disons que je n’avais plus besoin du Conclave. Il a été utile, c’est vrai, il n’y avait guère d’organisations pouvant me fournir les ressources suffisantes à mes expériences tout en ne bridant pas mes travaux pour de stupides raisons morales ou éthiques. Certains projets que m’a confié Socrates étaient également réellement stimulants. Mais mes besoins matériels ont commencé à se réduire, nos nouvelles obligations suite à notre prise de pouvoir devenaient une distraction de plus en plus pesante, et trop de gens commençaient à me connaitre à mon goût. Donc quand un… disons, ami, m’a fait part de sa volonté de vous voir disparaitre, en échange de données plutôt intéressantes, je me suis dit que c’était une bonne occasion. »

Je ne pus m’empêcher un moment d’abattement. C’était tellement simple que ça en devenait risible. Pas de rancœur particulière envers le groupe, pas de cause ou de principe à défendre, juste un simple calcul ayant estimé qu’il était légèrement plus pratique de détruire le Conclave que de continuer à travailler avec lui. Exactement ce à quoi s’attendre avec Erasme. Et il avait néanmoins réussi à tous les prendre par surprise.

« Ce qui nous amène au « comment ». Je dois admettre que j’ai été surpris de voir à quel point cela s’est révélé simple. Je n’ai pour ainsi dire rien eu à faire. Ce… groupe a toujours été au bord de l’implosion, il m’a suffi de donner un léger coup de pouce dans la bonne direction pour que tout se désagrège. Voyons, à partir de quand estimeriez vous que les choses ont commencé à dégénérer ? »

Je poussais un grognement. Il semblait que les dernières semaines ramènent sempiternellement au même évènement, quelle que soit la façon dont on tourne les choses.

« Le meurtre de Hawkeye par Dorcas. »

« Exact, absolument exact. Cet assassinat a braqué les Mustang contre nous, a poussé Socrates a serrer la vis et à se montrer de plus en plus impitoyable, et a semé le doute quand à nos méthodes parmi nos propres rangs. Mais ça n’était pas vraiment l’idée de Dorcas. Mais il a suffi que je suggère que puisque le destin était en train de nous débarrasser de quelques indésirables qui en savaient trop, il n’y aurait sans doute pas grand mal à lui donner un coup de pouce. Oh, je n’ai pas eu besoin d’insister, je n’ai même pas eu à émettre l’idée sérieusement. Juste une remarque en l’air, à portée d’oreille de la personne ayant manifesté le plus d’inquiétudes quant à la divulgation de nos identités. Et après quelques jours… »

La phrase resta en suspens, avant que le scientifique ne reprenne son exposé, visiblement satisfait d’avoir une audience capable d’apprécier son œuvre.

« Mais ça ne s’est pas arrêté là, bien sûr. Socrates, quant à lui, était trop heureux d’entendre quelqu’un d’autre suggérer que nous avions été trop laxistes dans la gestion des derniers évènements, cela ne faisait que le conforter dans ses idées. Et quant à Némésis, je me doutais que manifester quelques doutes sur le bien fondé de notre mission toucherait une corde sensible chez elle, même si je n’ai jamais donné l’impression d’y attacher la moindre importance. Et voyez le résultat : quelques insinuations, idées jetées en l’air, commentaires à moitié sarcastiques, et vous vous êtes littéralement entretués. Sans jamais vous poser de questions. »

Il marqua une courte hésitation avant de reprendre.

« Non, ce n’est pas tout à fait vrai. Dorcas a été tout proche de découvrir la vérité. J’avoue qu’il m’a surpris, je voyais plus le danger venir de quelqu’un comme Taliesinn, ou même vous, Macros. Mais il s’est en partie rendu compte de la façon dont je l’avais manipulé, et il n’était… pas très content. Il lui manquait juste des preuves. Il a été le seul à être à deux doigts de lire dans mon jeu, et aurait sans doute fini par y parvenir… mais vous avez fait preuve de diligence, en vous débarrassant de lui en premier. Je vous remercie sincèrement pour ça, il aurait pu me rendre la vie extrêmement difficile. »

Je dus réprimer un rire incrédule. Dorcas, que j’avais toujours dédaigné comme un incorrigible paranoïaque, avait finalement été le plus clairvoyant d’entre nous. Nul doute que de là ou il se trouvait, il devait secouer la tête en répétant à qui voulait l’entendre « je vous l’avais bien dit ».

« Ensuite, les choses se sont déroulées le plus naturellement du monde. Taliesinn mort, puis Lillith et Métatron. Un travail propre, efficace. »

La remarque me réconforta un peu. Au moins, il ignorait que Lillith était toujours en vie. Au moins quelqu’un allait réchapper à ce carnage. Si cette gamine savait ce qui était bon pour elle, il ne lui restait plus qu’à s’enterrer quelque part, et à ne plus jamais revenir sur ce fiasco.

« Restait Socrates. Je craignais bien que même à trois, vous ne soyez pas capable d’en venir à bout, j’ai donc dû intervenir personnellement. Fort heureusement, vous vous êtes avéré une distraction suffisante. Et pendant que vous accapariez son attention pleine et entière, il m’a été simple de me glisser derrière lui et de lui trancher la gorge. Amusant, non ? Peut être le plus puissant alchimiste jamais connu, tué par une des armes les plus rudimentaires qu’on puisse concevoir. J’imagine qu’il y aurait une morale à tirer de cette histoire, mais je laisse la question aux philosophes. Me voilà donc libre de récupérer son anneau, sa pierre, ses travaux, et en bonus, votre corps certes sérieusement endommagé, mais encore vivant. Je n’aurais pu rêvé meilleure conclusion. »

Et voilà. Rideau. Je devais admettre que l’affaire avait été menée de main de maître. Il ne restait plus que lui, moi et Lillith, et j’espérais bien que cette dernière aurait assez de bon sens pour ne jamais chercher à le retrouver, quand bien même elle parviendrait à découvrir qu’il avait été derrière tout ça - et comment aurait elle pu ? Mais si il pensait pouvoir faire de moi ce qu’il voulait, il se fourrait le doigt dans l’œil.

« Bien, et maintenant ? On commence les expériences ? Je risque de ne pas être très coopératif, je crois. »

Un long silence ponctua ma remarque. Il n’était pas du genre à se laisser impressionner par un défi aussi puéril, ce qui me mit mal à l’aise. Qu’est-ce qu’il savait d’autre encore que j’ignorais ? Une nouvelle fois, je maudis ma paralysie qui m’empêchait d’observer son visage. Finalement, la question vint d’une voix très douce, presque prévenante.

« Vous… n’avez donc pas encore remarqué ? »

Remarqué quoi ? Qu’est ce que ce cinglé avait encore fait ! L’angoisse commençait à m’envahir, mais étrangement, je ne ressentit ni nœud dans l’estomac, ni boule dans la gorge.

« Je vais donc vous laisser constater par vous-même que nous n’allons rien commencer… »

La table sur laquelle j’étais allongé se redressa, changeant mon orientation, et me plaçant directement devant un miroir suspendu à un mur. La première chose que je remarquais fut le reflet de Erasme, semblable à lui-même, vêtu d’une blouse blanche, ses lunettes reflétant la lumière ambiante, une expression impassible sur le visage. Et à côté de lui, fixé à une table d’opération, une autre visage me fixait, au centre d‘un cercle de transmutation.

Un masque de métal. N’étant rattaché à aucun corps.

« … je dirais que nous ne sommes plus très loin d’avoir fini. »

Quelque chose craqua dans mon esprit, me laissant incapable de la moindre phrase articulée. Et seul mon hurlement résonna dans la pièce.

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Macros
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