John Constantine : Hogblazer

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John Constantine : Hogblazer

Message par Grimoald le Ven 6 Juil 2012 - 10:32

Alors voilà, il y a quelques temps de ça, en me baladant bucoliquement à la nuit printanière et tombante lors d'un week-end dans le Vaucluse (vous saurez tout), et alors que, je tiens à le préciser, je n'avais même pas encore commencé la tournée des caves (ça c'était pour le lendemain), m'est venue une idée qui m'est apparue tellement débile que je me suis très rapidement dit qu'il FALLAIT absolument que je la garde, et que la développe ici à mon retour en ces lieux. Et puis, en continuant à y réfléchir, au bout de quelques temps, j'ai eu une idée encore PIRE. L'idée que je pourrais en faire quelque chose de bien. Pour juger de la réussite ou non de cette deuxième idée, il vous faudra peut-être attendre quelques chapitres. Mais d'ores et déjà, voici un (court) prologue qui devrait assez vite vous faire comprendre de quoi il retourne à la base... Bonne lecture !



PROLOGUE

La chaleur estivale s’était abattue sur Londres, et si certains s’en extasiaient en lézardant sur les pelouses des parcs, de sa fenêtre, John Constantine, lui, constatait surtout une recrudescence d’odeurs nauséabondes en provenance de la ruelle voisine. Néanmoins, l’équation était assez simple. L’état de ses finances ne lui avait guère permis de trouver mieux à louer qu’un appartement miteux, exigu, et de façon générale plutôt mal fichu, dans le genre de quartier dont aucune agence de tourisme, vraiment aucune, jamais, n’aurait recommandé la visite. Fenêtres fermées, le lieu se transformait rapidement en fournaise irrespirable. Entre les odeurs de l’extérieur et la cuisson à l’étouffée, il fallait donc faire un choix ; et Constantine avait choisi d’ouvrir sa fenêtre, tout en se demandant quelle motivation perverse le ramenait régulièrement dans cette maudite capitale.
Avachi sur un canapé qui avait dû connaître le règne de George VI, et une télécommande à la main, il était à présent occupé à zapper d’une chaine à l’autre. La télévision, elle aussi, avait dû perdre son statut de « modèle le plus récent du marché » (si elle l’avait jamais eu) bien des années plus tôt, et à cet instant, l’émission la plus divertissante que Constantine ait réussi à trouver était la retransmission d’un bout de discours d’un homme politique dont le mélange d’humour tordu, de franc cynisme et d’incompétence joyeusement affichée avait le don de faire toujours sourire John. Mais de là à dire que cela pouvait être considéré digne de constituer le meilleur moment de la journée, le niveau était quand même bien bas. Pour la troisième ou quatrième fois depuis le matin, Constantine songea à se rendre à la gare et à s’acheter un billet pour n’importe quelle destination plus au nord – Newcastle peut-être – où la température serait moins accablante. Mais pour l’heure il n’était même pas suffisamment motivé pour s’arracher du canapé et attraper la bière entamée qu’il avait laissé sur la petite table près de la fenêtre – où, songea-t-il, elle ne devait plus être en train de tiédir, mais carrément de bouillir. Alors marcher jusqu’à la gare…
Le bruit d’un battement d’ailes pénétrant dans l’appartement le tira pourtant de sa torpeur. Il se retourna avec colère, s’apprêtant à découvrir un pigeon et à le chasser – mais il resta ahuri devant la vision qui s’offrait à lui. Perché sur le dossier d’une chaise se trouvait une chouette grise de bonne taille. Elle semblait le fixer du regard et lui adressa un petit cri perçant.
« Hein ? »
La chouette hua à nouveau, et sembla faire un petit signe de tête pointant vers l’enveloppe qu’elle tenait dans ses serres, coincée entre les griffes et le dos de la chaise. Puis l’animal reprit son envol en direction de son hôte, largua au-dessus du canapé l’enveloppe qui atterrit sur les genoux de Constantine incrédule, et disparut par la fenêtre. L’enveloppe portait le nom de John Constantine, son adresse à Londres, et au dos, au-dessus d’un cachet de cire, des armoiries imprimées qu’il ne reconnaissait que trop bien.
« Dites-moi que c’est une blague… quelqu’un… » soupira-t-il.
Mais le contenu de la lettre, une fois celle-ci lue, et la proposition qu’elle contenait, ne semblaient pas du tout relever de la blague. Cela relevait, en revanche, du non-sens le plus total. Blague ou pas – et dix mille fois plus encore dans l’option « ou pas » –, il fallait un esprit proprement malade pour avoir conçu une telle idée. Et plus Constantine examinait la chose, plus il acquérait la certitude qu’aussi absurde que cela soit, ce n’était pas un canular. À tout autre moment il eût probablement jeté la lettre au loin. Mais quelque chose arrêta son geste instinctif, le temps du moins que d’autres pensées se présentent à son esprit. Des pensées qui concernaient notamment l’état de son compte en banque, ainsi que la situation climatique londonienne. John Constantine éteignit la télé.
« Et merde. On dirait bien que je vais remonter nettement plus loin que Newcastle. Bien plus au nord », grommela-t-il. Il se tourna vers la fenêtre ouverte et vit la bouteille de bière laissée entamée sur la petite table. Il soupira, rassembla quelques souvenirs dans son esprit, étendit la main et, d’une voix lasse, prononça : « Wingardium leviosa. »
La bouteille gravita doucement à travers l’air jusqu’à arriver à sa portée ; il l’attrapa et la vida d’un trait avec une grimace.

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Grimoald le Ven 6 Juil 2012 - 10:35


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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Starman le Ven 6 Juil 2012 - 10:44

Ok.....C'est moi ou tu es en train de nous balancer un cross over entre Harry Potter et John F.cking Constantine?
......
Best. Idea. Ever.
Alors, il se passe quoi dans le prochain épisode? Il se fout de la gueule de la coupe de cheveux de Harry? Il balance une clope dans la barbe de Dumbledore?

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Grimoald le Ven 6 Juil 2012 - 11:00

Starman a écrit:Ok.....C'est moi ou tu es en train de nous balancer un cross over entre Harry Potter et John F.cking Constantine?
Ouaip. Laughing

Je sentais que ça allait te plaire !

Vu qu'elle se situe après les évènements des derniers livres, pas de Dumbledore dans cette fic', mais plutôt... McGonagall. Et il y a peu de chance qu'on y croise beaucoup Harry. Neville, en revanche, peut-être plus. Je suis en train de travailler le premier chapitre, je pense qu'il sera en ligne, sinon ce soir, en tout cas probablement d'ici ce week-end.

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Heg le Ven 6 Juil 2012 - 13:47

Tu es un grand malade.

J'aime ça.

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Mélanie Mustang le Ven 6 Juil 2012 - 14:12

Alors... Perso, le seul John Constantine que je connais, c'est celui joué par Keanu Reeves dans le film du même nom... Et en l'occurence, c'est un chasseur de démon pour la Sainte Eglise Catholique...

Donc, étant fan de Harry Potter, j'attends beaucoup énormément de cette nouvelle fic^^ En tout cas, ça commence plutôt bien! J'ai hâte d'en lire davantage^^

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Grimoald le Ven 6 Juil 2012 - 15:05

Mélanie Mustang a écrit:Alors... Perso, le seul John Constantine que je connais, c'est celui joué par Keanu Reeves dans le film du même nom... Et en l'occurence, c'est un chasseur de démon pour la Sainte Eglise Catholique...
Alors, je n'ai pas vu le film mais de ce que j'en sais, je dirais a priori que ça sent la version "hollywoodienne", "léchée" et plus ou moins proprette du personnage. Le "vrai" Constantine (celui des comics Hellblazer) est certes un chasseur de démon et un "détective de l'occulte", mais pas du genre à bosser pour Notre Mère l'Église... (même s'il y a quelques contacts, mais il a de toute façon des contacts partout, et dans tous les camps). Basketball

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Mélanie Mustang le Sam 7 Juil 2012 - 12:34

Donc, je ne me trompais pas... Cette fic promet de sacrés moments !!

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Scieszka le Dim 8 Juil 2012 - 8:45

Mondyeu mondyeu, il l'a fait. Trois mois qu'il m'en parle... Et on a envie de découvrir la suite, en plus.

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Macros le Dim 8 Juil 2012 - 20:32

Je... que... mais... quoi... comment... pas...gah !

...

Je la refais.

Le moins que je puisse dire, c'est que c'était... inattendu. Mais il y a vraiment un sacré potentiel dans cette introduction. Je crois que tu viens d'inaugurer les crossovers sur ce forum, et celui ci semble particulièrement savoureux. Je me demande si le monde des sorciers a bien conscience de ce qu'il est en train de faire, là... Quoi qu'il en soit, le premier chapitre s'annonce savoureux à souhait.

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Lena le Lun 9 Juil 2012 - 16:04

Bon, tu as déjà eu mon avis sur le début mais je confirme, ça promet !

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Pingounours le Lun 9 Juil 2012 - 16:26

Lol ! Ouaip +1 pour la suite, j'attend la rencontre avec petit topper Very Happy

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Mélanie Mustang le Mar 10 Juil 2012 - 17:02

Bah étant donné que ça se passe après le tome 7, avec de la chance, on le verra pas du tout^^ (quoi je ne suis pas normale? J'y peux rien si mon perso préféré est mort égorgé par un serpent...)

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Grimoald le Lun 23 Juil 2012 - 11:35

Bon, vous m'avez mis la pression, et le trac, avec toutes vos remarques, moi qui ne pensais pas intéresser grand monde ! ^^' Malgré le retard sur le planning quelque peu inconsidérément annoncé, voici donc, quoi qu'il en soit, le premier chapitre ! Bonne lecture... et ne me fusillez pas trop vite !



CHAPITRE 1 : RETOUR AU BERCAIL

En descendant de l’Express, John Constantine referma son trench-coat devant son cou. Le trajet avait été suffisamment long pour lui faire oublier les pires détails liés à la température londonienne et il n’était pas loin, à présent, du point où il aurait pu commencer à maudire la météo écossaise ; mais la vision qui l’attendait une fois sur le quai lui coupa le souffle, et chassa toute autre pensée pour un moment. Il saisit sa valise et, d’un pas un peu moins assuré qu’il ne l’aurait voulu, se dirigea vers la rive du lac, et les jetées, majoritairement vides à cette époque de l’année, mais auxquelles étaient tout de même attachées un petit lot de barques, se balançant doucement au gré des clapotis. On lui fit prendre place sur l’une d’elles : il avait été convenu qu’il couperait directement par cette voie, plutôt que de faire le grand détour par le chemin des remparts vers la grande porte de l’Est. Assis dans la barque qui glissait en silence sur les eaux, Constantine ne pouvait toujours pas détacher son regard de la silhouette des bâtiments s’élevant au-dessus des falaises. Ou plutôt, ne s’élevant plus. Plus comme ils s’étaient élevés jadis, naguère même. Plusieurs tours effondrées, des toitures écroulées, des murs crevassés, lézardés ou tout au moins portant, jusqu’à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol, des traces de déflagration, bien visibles malgré la distance où il se trouvait encore – un bon tiers de ce qu’il restait de la célèbre École de Magie et de Sorcellerie était à présent recouvert d’échafaudages.
Puis, il avisa sur le débarcadère une silhouette portant robe et (il soupira à cette vue) chapeau pointu. Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient, il percevait mieux les détails du visage, âgé... et impatient, derrière une paire de lunettes carrées. Une fois que la barque eût accosté, il grimpa d’un bond sur le ponton et se dirigea sans tarder à la rencontre de ce comité d’accueil.
« Monsieur Constantine ? » demanda-t-elle en avançant sa main, qu’il serra. Au ton employé, ce n’était d’ailleurs presque pas une question. « Minerva McGonagall. Nouvelle directrice de l’établissement. » enchaîna-t-elle, et cette fois-ci John aurait juré que son ton signifiait : est-il vraiment besoin que je me présente ? Bon, puisqu’elle voulait le jouer comme ça...
« Je vous remercie d’être venu, poursuivit-elle. Bienvenue à Poudlard.
– Merci... répondit-il, avant d’enchaîner, après un dernier regard circulaire sur les alentours : Je dois dire que le bâtiment me semblait plus grand, plus imposant quand j’étais gosse... Mais bien sûr, à l’époque, toutes les tours étaient debout. »
Le visage de Minerva fut parcouru d’un bref petit tic pincé, et John s’apprêtait à se considérer avec générosité comme remportant le premier point de la partie, mais sans se démonter, elle enchaîna :
« Vous comprenez sans doute maintenant pourquoi je vous ai prié de faire vous-même le déplacement. La supervision du chantier est une tâche de tous les instants, nous ne ménageons rien pour que l’école puisse à nouveau ouvrir ses portes dans les meilleures conditions à la rentrée. Nous nous devons d’assurer la continuité de l’institution, pour les jeunes générations du monde magique. Malgré... les récents évènements. »
En entamant la conversation, John et Minerva avaient quitté le débarcadère et entrepris de remonter vers les bâtiments ; après plusieurs minutes de marche durant laquelle ils se bornèrent à échanger sporadiquement quelques banalités soigneusement choisies, ils finirent par déboucher au milieu de la grande cour. La majeure partie en avait été dégagée, mais sur les côtés se trouvaient encore des amoncellements de gravats de différentes tailles, et la cour était encombrée d’une cohue de travailleurs magiques occupés au chantier de reconstruction. Des sombrals décharnés tiraient des charrettes remplies de blocs de pierre ; brandissant leurs baguettes dans les airs, des sorciers faisaient léviter ces blocs jusque dans les hauteurs des échafaudages, où se déroulait le travail de maçonnerie classique, en attendant que soient opérées les procédures d’enchantements divers sur les murs reconstitués. Ce qui semblait apparemment être un contremaître gobelin s’approcha de Minerva McGonagall avec quelques parchemins à lui montrer, dont un qui requérait sa signature. Pendant cette brève interruption, John fit les cent pas dans la cour ; il huma l’air et fit une légère grimace : il pouvait encore y sentir les relents qui s’attachent longtemps aux lieux incendiés. Puis, les formalités apparemment réglées, la directrice de Poudlard et son invité reprirent leur marche, s’enfonçant à l’intérieur du bâtiment principal.
« J’aimerais pouvoir dire que vous avez compté parmi les plus brillants élèves que j’aie eu, M. Constantine, mais nous savons tous deux qu’il n’en fut rien, n’est-ce pas ? »
John chercha une réplique cinglante à opposer à cette attaque, puis décida de passer outre et d’en profiter pour en venir directement au cœur du sujet.
« Justement, j’aimerais comprendre. J’étais un – comment on dit déjà ? un élève médiocre et indiscipliné, non ? C’est plus ou moins comme ça qu’on me décrivait, en tout cas, si je me souviens bien.
– Vous avez fait des progrès depuis, concéda Minerva, avant d’ajouter : En tout cas sur le premier point.
– J’ai voulu laisser tout ça derrière moi en franchissant le portail. J’ai monté un groupe de rock. Alors disons que la magie m’a plus ou moins... rattrapé, okay. Mais je n’ai plus jamais touché à une baguette. Les chapeaux pointus, les balais, tout ce folklore, là, j’ai toujours pensé que c’était n’importe quoi. C’est à peine si de temps en temps je regarde les coupes du monde de quidditch à la télé. J’ai laissé cet endroit derrière moi, je n’en ai jamais parlé à personne. Même à ceux qui pensent me connaître le mieux. Alors, dites-moi : pourquoi moi ? Je sais bien que ces dernières années une belle brochette de déséquilibrés et de psychopathes se sont succédés au poste de prof de Défense contre les Forces du Mal, mais sur le papier au moins, ça reste quelque chose d’éminemment prestigieux, non ? »
Minerva McGonagall interrompit sa marche et considéra Constantine d’un œil perçant.
« Pour quelqu’un qui a voulu laisser... tout cela, derrière lui, vous semblez remarquablement au courant de la composition du corps enseignant de Poudlard, M. Constantine. »
Constantine retint un juron et se mit à tourner un peu en rond, l’air embarrassé.
« Oui, eh bien, je suppose que vous vous souvenez de qui était mon meilleur ami parmi mes camarades de classe à l’époque. Ça m’en a coûté sept galions, une assez forte somme pour mes moyens d’alors, mais en tant qu’un des premiers investisseurs aidant à monter le projet, ce vieux Xeno m’a assuré un abonnement à vie. Et s’il y a une chose qu’on ne peut pas reprocher à Xenophilius Lovegood, c’est d’être du genre à manquer à sa parole. Bientôt trente-cinq ans que je reçois le Chicaneur tous les mois. Tu parles d’une bonne affaire.
– Oh, fit simplement Minerva.
– Mais vous n’avez pas répondu à ma question, reprit Constantine, revenant à la charge. Bon sang, il doit y avoir une bonne quinzaine d’Aurors très compétents au Ministère qui tueraient père et mère pour avoir cette place. Minimum. Alors pourquoi proposer de me la confier à moi ?
– Je crois qu’il vaudrait mieux que nous passions dans mon bureau pour la suite de cet entretien, M. Constantine. »
John acquiesça d’un signe de tête, et la suite de la marche s’effectua en silence. En attendant de savoir ce que la partie apparemment plus privée de l’entretien lui réservait, il préférait encore cela. C’était peu dire que cette traversée des couloirs ne lui rappelait pas que des bons souvenirs. Bon sang, il n’aimait déjà guère cette école quand il y avait suivi sa scolarité. Même le contraste entre la découverte cet univers "enchanté" et les conditions sordides de sa jeunesse à Liverpool n’avait pu venir à bout de ses réserves instinctives. Et nulle douce nostalgie ne venait nimber ses souvenirs à présent qu’il reconsidérait les lieux. Bien au contraire, le passage des années ne faisait que rendre encore plus improbable à ses yeux la survie orgueilleuse de ce système éducatif d’un autre âge ; et les aventures qu’il avait pu vivre ces dernières décennies lui avaient très vite révélé les insuffisances de la vision du monde dont héritaient la plupart des élèves du lieu, au-delà de laquelle fort peu s’inquiétaient d’aller chercher une fois leur diplôme obtenu. Chez les "moldus", songea Constantine, personne ne s’attend à ce qu’un élève sortant directement du lycée soit en mesure de séquencer de l’ADN, d’écrire Ulysse, ou d’assumer des responsabilités politiques. Tel qu’il voyait les choses, c’était pourtant à peu près ainsi que la majeure partie du "monde magique" fonctionnait : leur B.U.S.E. ou, pour quelques-uns, leur A.S.P.I.C. en poche, des générations et des générations s’étaient succédées et s’étaient établies en une société repliée sur quelques connaissances de base, aussi ignorantes de l’existence même de certaines puissances surnaturelles à l’œuvre qu’elles l’étaient du mode de vie de leurs voisins simples humains, persuadées que l’art de la magie se bornait à agiter une baguette avec un mouvement de poignet bien souple en énonçant deux mots de mauvais latin.
Minerva McGonagall referma derrière eux la porte du bureau de la direction, et alla s’asseoir derrière une énorme table de chêne sculpté, en grande partie recouverte de documents, conviant d’un geste Constantine à faire de même en face d’elle. Il prit place dans un fauteuil, sans un mot, attendant ostensiblement que son interlocutrice reprenne le fil interrompu de la conversation. Après quelques lourds instants, Minerva se racla la gorge et déclara :
« Je dois bien avouer que je n’aurais pas spontanément pensé à vous pour ce poste, mais on a... attiré mon attention sur votre profil. »
Constantine leva un sourcil.
« On m’a rapporté que vous aviez fait preuve de beaucoup de bravoure dans la défense des sorciers de votre quartier ces derniers mois, durant la guerre. Et que vous auriez vous-même défait plusieurs Mangemorts qui étaient venus rafler des voisins de sang non "pur", selon leurs conceptions.
– Franchement, répondit Constantine, ricanant presque, franchement il n’y a pas grand chose d’extraordinaire là-dedans. Je veux dire, et sans me vanter, je dois être l’illustration parfaite de tous ce que ces tarés détestaient. Je serais même pas étonné de découvrir un jour que certains avaient un poster de moi et s’excitaient dessus. Non, c’est vrai, à ce point-là : un vrai fantasme ambulant. Et moi, de mon côté ? Me retrouver face à une bande de petits fachos encagoulés qui croient tout connaître du monde, et devoir le régenter, parce qu’ils maîtrisent deux trois tours de passe-passe ? Pitié... Je vois pas bien quelle autre réaction j’aurais pu avoir que leur coller un pain dans la gueule. Ça n’a rien à voir avec de la bravoure, c’est un réflexe musculaire.
– Oh, vous ne cherchiez donc pas du tout à protéger qui que ce soit, si je vous comprends bien... Vous vous trouviez simplement sur leur passage, au milieu de la rue... assez régulièrement apparemment... pendant plusieurs mois... avec toujours la même conséquence logique... Parce que c’était eux, parce que c’était vous, en somme...
– Je ne me souvenais pas que vous ayez un tel don pour l’ironie dans les années 60, quand vous nous enseigniez la métamorphose, Mme MacGonagall, releva John en souriant légèrement.
– Il faut croire que les gens évoluent, M. Constantine. Bien que je ne saurais prétendre que vos manières actuelles m’emplissent de félicité, vous-même n’êtes plus tout à fait semblable, en bien des points, au jeune élève dont je me souviens.
– Vous savez ce qui n’a pas évolué ? répliqua John, tout sourire évanoui. Cette école. C’est à ça que je pensais tout à l’heure en marchant dans les couloirs. Et ce que je suis en train de me dire maintenant, c’est qu’en un sens, peut-être bien que Voldemort est un pur produit de Poudlard. Et ses groupies avec lui. »
Minerva MacGonagall sursauta et se raidit dans son siège.
« Pourriez-vous m’expliquer ceci, je vous prie ?
– Ce système d’enseignement forme des élèves qui croient faire tourner une centrale nucléaire parce qu’il peuvent faire sortir quelques étincelles de leur baguette magique !
– Qu’est-ce qu’une... centrale nucléaire, M. Constantine ?
– Hmm, eh bien, justement, c’est une bonne illustration de mon propos. Croyez-moi en tout cas, j’ai payé de ma personne... et de quelques autres... pour savoir que la vision du monde des jeunes sorciers qui sortent d’ici est des plus limitées. Et la maîtrise qu’ils pensent en avoir, largement illusoire. Nom de Dieu, cette école, le soi-disant Ministère de la Magie, et quelques autres, vous perpétuez une image de la magie fondée sur quelques éléments pittoresques à peine plus significatifs qu’une vieille recette de gâteau ou une danse traditionnelle ! De là à ramasser ça pour en faire les bases d’une civilisation dont il faudrait défendre la pureté, il n’y avait pas beaucoup de pas à faire.
– Je suppose donc qu’il serait grand temps que nous songions à faire évoluer notre vision des choses ? En engageant du personnel aux conceptions... moins traditionnelles, peut-être ?... »
John se figea, incrédule. Minerva MacGonagall essayait-elle de le manipuler, lui ? Si c’était de cela qui s’agissait, la tentative était particulièrement outrancière. Mais en même temps, tellement outrancière, justement, que John sentit s’effondrer toute la tension qui s’était accumulée à grande vitesse dans les dernières minutes de l’entretien – et qu’il éclata de rire, un rire franc et massif. La directrice de Poudlard, de son côté, esquissa un demi-sourire.
« Étant donné vos sentiments envers cette école, fit-elle, je ne crois vraiment pas que vous auriez seulement accepté de venir discuter d’un possible engagement, si vous n’y étiez forcé par une bien forte nécessité. Et non pas seulement un intérêt financier.
– Ne sous-estimez pas la joie que j’aurais à pouvoir vous appeler Minerva, entre collègues.
– N’y comptez pas trop, M. Constantine.
– Et je ne crois vraiment pas que vous auriez fait appel à moi uniquement parce que j’ai fait le coup de poing contre quelques Mangemorts à Liverpool. »
John considéra la nouvelle dirigeante de l’École de Magie et de Sorcellerie, elle-même occupée à le fixer du regard à travers le verre de ses lunettes. Objectivement, le haut dossier du fauteuil dans lequel elle était assise aurait pu le faire sembler beaucoup trop grand pour elle ; mais ce n’était absolument pas l’impression qui s’en dégageait. Par bien des aspects, Constantine pouvait se rendre compte qu’elle différait considérablement désormais de l’enseignante qu’il avait connu trois décennies plus tôt. Il renversa sa tête en arrière et prit une grande inspiration avant de se redresser.
« Carte blanche ? »
Minerva retira ses lunettes de son nez pour en essuyer les verres.
« N’exagérons rien, répondit-elle d’un ton calme, sans regarder son interlocuteur, apparemment essentiellement occupée à sa tache de nettoyage. Disons que je suis prête à faire preuve d’une tolérance... exceptionnellement accrue, et à vous protéger éventuellement, jusqu’à un certain point, vis-à-vis du conseil d’administration, si vous acceptez le poste. Le poste, et... différentes implications qui lui sont liées dans mon esprit.
– Et pourquoi ai-je l’impression que ces "implications" sont censées me convaincre d’accepter, mais que vous ne me direz rien de plus sur elles tant que je n’aurais pas donné mon accord de principe ?
– M. Constantine, fit Minerva en chaussant à nouveau ses lunettes, je n’ai qu’une idée assez vague des motivations profondes qui vous ont convaincu de venir ici. Devrais-je en savoir plus ?... Vous ai-je posé des questions à ce sujet ?... Avez-vous vraiment besoin de connaître mes motivations profondes à cet instant ?
– D'accord, lâcha John. Marché conclu.
– Fort bien, répondit simplement son interlocutrice, sur le ton détaché de qui vient de boucler une tâche administrative, et elle repoussa sur un côté du bureau un dossier qu’elle referma. Je vais donc vous conduire auprès de M. Pandion Bruce, notre nouveau concierge... Nous avons dû nous séparer de son prédécesseur... Il vous mènera à vos appartements, dans lesquels vous pourrez vous installer si vous le souhaitez. Auquel cas je vous présenterai demain aux autres membres de l’équipe pédagogique déjà présents sur place. J’espère que vous vous entendrez au mieux avec chacun d’eux, pour le plus grand bien de cet établissement et de ses élèves. Néanmoins, je vous serais reconnaissant de ne pas ébruiter inconsidérément les termes de notre accord. Disons que je ne tiens pas exactement à ce que ce soit le dernier sujet à la mode en salle des professeurs, M. Constantine.
– Parce que vous espérez me voir souvent en salle des profs ? » demanda-t-il en éclatant de rire.
Le regard de Minerva McGonagall aurait pu clouer au mur un dragon à crête norvégien aussi efficacement qu’une épingle l’eût fait d’un papillon.
« Oh, misère... » soupira John.


Dernière édition par Grimoald le Lun 23 Juil 2012 - 19:07, édité 1 fois

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Macros le Lun 23 Juil 2012 - 13:49

Doh, le clash des personnalités... Quoi qu'il en soit, j'aime le point de vue... rafraichissant de ce bon vieux John, pointant du doigt quelques anomalies réelles d'un système éducatif pouvant parfois être contestable. Maintenant, quant aux raisons de sa venue... Je suppose qu'il va falloir attendre. Mais je ne sais pas si les élèves vont se remettre de cette année scolaire.

Juste un détail, peut être : essaie de faire des paragraphes, le pavé monobloc, ça peut être indigeste. Mais en dehors de ça, j'aime beaucoup la tournure que ça prend !

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Heg le Lun 23 Juil 2012 - 14:27

Oui, j'appuie fortement les conseils de mise en page dispensés par mon collegue : en plus, le site à tendance à faire sauter celle qu'on peut faire en amont sur Word (alinéas, italiques, etc), il est donc conseillé d'y repasser dans la fenêtre d'édition de texte. Et, plus l'écran du lecteur est étroit, plus les pavés de textes sont indigestes.

Mais trève de ces froides considérations formelles... du fond, que diable !
Je suis assez d'accord avec Constatine, qui semble considerer que dans une très large majorité, les sorciers agissent comme des fins de races avec une mentalité de clocher (à quelques exceptions - une confrontation avec Arthur Weasley est elle prévue ?). J'ai hâte de voir les changements que va instituer notre nouveau professeur de DADA. Tout cela présage du meilleur.

Quant à McGonagall, elle semble égale à elle même, et on retrouve bien dans le poste un des rares personnages de la saga rowlingienne que j'aime au premier degré. Mais elle semble un peu fatiguée. Elle devrait prendre des vacances au soleil. En compagnie de John ?

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Grimoald le Lun 23 Juil 2012 - 15:12

Sur la forme : j'avais effectivement rétabli les italiques, mais pas transformé les alinéas en sauts de ligne. Parce que vu l'importance des dialogues, j'ai un peu de me retrouver avec un texte à moitié constitué de lignes blanches ou presque ! À vous de voir, je n'ai pas de religion en la matière, je m'inclinerai devant l'avis de la majorité.

Sur le fond : non, pas de confrontation avec les Weasley de prévu (a priori). Minerva fatiguée ? Ça doit être ses responsabilités de directrice et le chantier à superviser... Je pense que John va lui en faire voir des vertes et des pas mûres, ça va peut-être la tonifier Laughing mais je brise tout de suite l'absence de suspense en la matière : je les vois mal convoler en vacances à deux.

Surtout : la vision du monde des sorciers proposée est explicitement celle de John... et je ne dirais pas jusqu'à quel point je la partage ! Eheh ! Mais il ne faut pas perdre de vue non plus qu'elle découle en bonne partie de la logique du "cross over". Parce qu'inviter Constantine chez Harry Potter, c'est l'affaire d'une entorse assez localisée à la continuité du personnage pour l'un, mais d'un sacré changement de perspective pour l'univers de l'autre, dans la mesure où Constantine "deale" régulièrement avec des créatures (ne serait-ce que les démons, déjà...) d'un tout autre niveau que les méchants sorciers. Alors forcément, la comparaison bouscule un peu...

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Heg le Lun 23 Juil 2012 - 15:28

Grimoald a écrit:Sur la forme : j'avais effectivement rétabli les italiques, mais pas transformé les alinéas en sauts de ligne. Parce que vu l'importance des dialogues, j'ai un peu de me retrouver avec un texte à moitié constitué de lignes blanches ou presque ! À vous de voir, je n'ai pas de religion en la matière, je m'inclinerai devant l'avis de la majorité.

En général, ce que je fais, c'est que je ne laisse pas systématiquement de ligne blanche entre chaque réplique, parce qu'au final ça ne hierarchise pas mieux et que ça fait des posts hyper longs. Je saute par contre presque toujours une ligne entre les paragraphes de plus de 8 ou 10 lignes (evidemment, c'est subjectif, ça dépend de la largeur d'écran) ; et aussi pour séparer les zones de dialogues des passages plus descriptifs ou narratifs. En vrai, il n'y a pas tellement de règles, disons que je place un saut de ligne toutes les 5 à 15 lignes, en essayant de faire en sorte de choisir un emplacement pas trop bizarre.

Héhé, moi, je suis comme John, je suis potterseptique à fond.

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Grimoald le Lun 23 Juil 2012 - 15:37

Heg a écrit:En général, ce que je fais, c'est que je ne laisse pas systématiquement de ligne blanche entre chaque réplique, parce qu'au final ça ne hierarchise pas mieux et que ça fait des posts hyper longs. Je saute par contre presque toujours une ligne entre les paragraphes de plus de 8 ou 10 lignes (evidemment, c'est subjectif, ça dépend de la largeur d'écran) ; et aussi pour séparer les zones de dialogues des passages plus descriptifs ou narratifs. En vrai, il n'y a pas tellement de règles, disons que je place un saut de ligne toutes les 5 à 15 lignes, en essayant de faire en sorte de choisir un emplacement pas trop bizarre.
Je dois avoir un côté cartésien plus poussé que je ne le croyais, mais j'avoue que je fais un blocage sur un procédé aussi aléatoire ! Laughing

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Heg le Lun 23 Juil 2012 - 15:43

Moi aussi, j'aime quand c'est cartésien.

Cela dit, en ce qui concerne les règles de mise en page, j'avoue que je desespère un peu de trouver un système fonctionnel rigide sur un support de taille aléatoire en fonction de l'utilisateur.
Si au moins on avait une largeur de colonne fixe, tout serait plus simple. Mais comme c'est un forum gratuit, je ne pense pas qu'on puisse customiser à ce point.


Sur ce, je suggère que nous arretions de flooder ton sujet.

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Mélanie Mustang le Lun 23 Juil 2012 - 16:51

Lol Je plussois sur le fait que ce chapitre est extra^^ Les "retrouvailles" entre McGo et Constantine sont excellentes. J'aime beaucoup le personnage de McGonagall à la base et je trouve que le poste de directrice lui va comme un gant.

J'ai hâte de voir où Constantine va nous mener !

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Grimoald le Sam 9 Nov 2013 - 17:15

CHAPITRE 2 : DANS LEQUEL LE CHOIXPEAU NE DIT PAS L'ESSENTIEL

« C’est à ce moment-là que je me suis sentie obligée de lui dire : Monsieur, ce n’est pas parce que j’aime m’habiller en noir et veiller la nuit, que je cède aux avances de tous les inconnus au teint blême que je croise dans des bars pendant mes vacances à l’étranger.
– Oh… vous avez eu raison, très chère, vraiment raison… balbutia Sybille Trelawney en fixant le professeur Sinistra à travers ses grosses lunettes rondes, les mains fixées autour d’un mug de thé brûlant.
– Enfin, quoi qu’il en soit, reprit le professeur d’astronomie : vampires lourdauds mis à part, la côte dalmate est vraiment un endroit magnifique.
– Pour ma part, j’avoue que l’idée de prendre des "vacances" et de parvenir à trouver quelque forme de repos que ce soit après l’an dernier a été au-dessus de mes forces, remarqua sur un ton incisif Rolanda Bibine, venant à son tour se servir à la petite table à côté de laquelle se tenaient ses deux collègues, sur laquelle trônaient deux bouilloires à thé et à café que les elfes de maison prenaient soin d’entretenir à température idéale en permanence.
– Et quoi qu’il en soit de ceci, Rolanda, je crois pouvoir affirmer que nous nous réjouissons tous et toutes de revenir travailler avec la perspective d’une année plus… calme.
– Eh bien, en réalité… commença le professeur Trelawney.
– Avez-vous vu cet article ? demanda de son côté Cuthbert Binns à la cantonade, depuis le milieu de la salle. Cela semble assez inquiétant, vous ne trouvez pas ? »

Il balança sa main au-dessus d’un numéro de la Gazette du Sorcier, posé sur une table, ouvert sur une page intérieure portant en gros titre la question : AZKABAN – QUI NOUS GARDERA DES ANCIENS GARDIENS ? En lettres grasses, la manchette expliquait brièvement : La décision du Ministère de la Magie de ne plus avoir recours aux Détraqueurs a été largement saluée, mais certains s’inquiètent à présent du sort de ces anciens « employés » qui semblent disparaître dans la nature. Une photographie montrait une vue assez large d’un paysage de montagne, et l’on devinait au loin la silhouette d’un Détraqueur en vol tournant derrière un pic rocheux qui le cachait ensuite.

Tout en achevant d’ajuster son nœud papillon au dessus de son plastron, Filius Flitwick émit un son qui tenait du raclement de gorge, du reniflement méprisant et du ricanement.
« La situation doit être sacrément inquiétante en effet, si même la Gazette du Sorcier s’autorise à être alarmiste !
– Oh, vous êtes injuste, Filius, protesta Mme Chourave, les temps sombres de la Gazette sont passés désormais, et ce journal est à nouveau aussi fiable qu’il l’était... qu’il l’était... il y a... avant... hum... »
Elle n’acheva pas, apparemment incapable de dater convenablement l’époque recherchée, ce qui, cependant, ne fut pas particulièrement remarqué dans le brouhaha général. Contrairement à la réplique de John Constantine, qui fut accueillie par un froid :
« En ce qui me concerne, j’ai arrêté de lire ce canard quand ils ont arrêté de publier la pin-up sorcière de la page 3. »

« Hum, hum ! » fit, assez bruyamment, Minerva McGonagall, rentrant dans la salle et brisant le soudain silence presque aussitôt qu’il était apparu. « Chers collègues, il est l’heure. Filius, les "première année" achèvent de traverser le lac, il est grand temps que vous vous dirigiez vers le hall d’entrée pour les accueillir. Vous savez déjà que mes pensées vous accompagnent. Puisse cette tâche vous procurer autant de joie qu’à moi avant vous, tout au long des années. Quant à nous autres, nous sommes tous attendus dans la Grande Salle. Et nous sommes tous d’accord sur l’attitude à adopter. »

Super
, pensa Constantine alors que McGonagall quittait les lieux la première, un peu plus d’hypocrisie et de surveillance, juste ce qu’il manquait à un endroit comme ça...
Comme plusieurs de ses nouveaux collègues au même moment, il alla reposer sa tasse vide sur la petite table, à côté des bouilloires.
« En parlant de pin-up, entendit-il quelqu’un chuchoter, vous avez vu que le fils de Jade Zabini sera encore présent cette année ?
– Blaise Zabini ? Ce n’est pas vrai, c’est une plaisanterie ?
– Qu’est-ce qui a bien pu passer dans la tête de Minerva pour accepter de le laisser redoubler ici ?
– Apparemment qu’on n’en a pas voulu ailleurs !
– Tout de même ! Merci du cadeau !
– Et puis, après ce qu’il a fait l’an dernier…
– Allons, trancha Rolanda Bibine d’un ton qui n’admettait guère de réplique, je ne pense pas qu’on puisse imaginer Minerva faire preuve de quelque complaisance que ce soit quand il s’agit des évènements de l’an dernier, vous le savez tous aussi bien que moi. »

Les derniers membres de la petite troupe passèrent la porte, laissant la salle vide derrière eux.

*

« Je ne suis sûr’ment pas le plus beau
De tous les chapeaux qu’vous verrez
Mais j’manque pas d’valeur, il s’en faut :
Vous l’saurez quand vous m’connaîtrez.
Si cette école qui vous accueille
A quelques murs un peu roussis
N’allez pas en porter le deuil,
N’allez pas vous faire de soucis.
Vous auriez tort de mépriser
Ce qui peut-être vous étonne,
Les apparences peuv’nt vous tromper
Et les préjugés n’aid’nt personne… »
« Oh, si extraordinairement subtil… Pitié, que quelqu’un m’assomme pour de bon. » murmura John, assis à l’extrémité gauche de la table des professeurs. Il tenta de projeter son attention aussi loin que possible de la péroraison chantée qu’un chapeau pointu – un foutu chapeau pointu ! – dispensait à des gamins de onze ans à l’air plus ou moins ahuri.

Tenter de compter le nombre de bougies flottant en l’air ne l’empêcha toutefois pas de remarquer la façon particulièrement alambiquée avec laquelle le Choixpeau vanta les qualités de la maison Serpentard aux nouveaux arrivants. Dans les minutes qui suivirent, les acclamations en provenance de la table Serpentard saluant l’orientation des nouveaux élèves se révélèrent nettement moins ostensiblement enthousiastes que celles qui saluaient les arrivées aux tables des autres maisons. Le moins que l’on pouvait dire, c’était que l’heure n’était pas aux démonstrations débridées de triomphalisme. L’attitude même des élèves orientés vers Serpentard – qu’ils se montrent comme gênés ou tentent d’afficher un sourire crâne – dénotait que cette désignation se chargeait d’un poids tout particulier. Ce n’était plus seulement d’assumer l’héritage du vieux Salazar qu’il s’agissait…

Enfin, le professeur McGonagall se leva de son siège et prit la parole. La teneur du discours avait été annoncée et discutée auparavant auprès du personnel enseignant. Chaque mot en avait été soigneusement, scrupuleusement pesé. L’essentiel du fond, toutefois, pouvait selon Constantine se résumer en une phrase, à destination toute particulière d’un certain nombre d’élèves – la plupart regroupés à la même table – dont le comportement un peu trop enthousiaste lors du passage de Poudlard sous le contrôle des forces des Ténèbres, s’il n’avait pas provoqué leur exclusion, n’était pas pour autant oublié : on vous ouvre les bras, mais on vous garde à l’œil.

Le regard de John glissa vers les tables de Serdaigle et de Gryffondor et plus particulièrement vers leurs extrémités où se tenaient les préfètes de chaque maison. L’une était frêle, remarquable de loin par ses cheveux d’un blond extrêmement pâle encadrant un visage qu’on aurait pu qualifier de mutin – qui avait dû l’être, pas le passé ; mais c’était comme si un voile avait été jeté dessus, léger, mais perceptible ; de même qu’une nuance sérieuse venait troubler la fantaisie rêveuse du regard qui avait dû auparavant y régner seule. L’autre affichait un regard franchement déterminé ; sous sa chevelure auburn, sa carrure, si elle n’était pas massive, était du moins athlétique, trahissant une force physique développée patiemment à force de pratique sportive, mais peut-être pas seulement. Luna Lovegood et Ginny Weasley : deux « héroïnes de guerre », comme Flitwick l’avait formulé lors d’une conversation quelques jours auparavant. Leur rôle en tant que préfètes ne se limitait pas à assurer la discipline dans les couloirs. Elles étaient l’image que Serdaigle et Gryffondor projetaient d’elles-mêmes. On vous tend les bras mais on vous garde à l’œil, c’était de la blague, pensa Constantine : l’image de la maison Serpentard allait mettre une éternité avant de se relever peut-être un jour de son implication privilégiée dans les évènements de ces dernières années.

« Et maintenant, pour terminer, quelques annonces quant à l’équipe de vos professeurs et à la tenue des cours, annonça Minerva McGonagall. Nous vous prions d’accueillir chaleureusement M. Philip Philostus, qui succèdera à notre regrettée amie Charity Burbage pour assurer le cours d’Étude des Moldus… »
Pendant les applaudissements polis qui suivirent, Constantine nota mentalement que dans l’ordre de « succession » le nom du précédent remplaçant de la regrettée Charity Burbage avait été soigneusement omis.

« Quant aux cours de Défense contre les Forces du Mal » (le professeur McGonagall sembla appuyer tout particulièrement sur ces derniers mots), « ils seront assurés par M. John Constantine, ici présent également. »

À l’énoncé de son nom, les applaudissements de rigueur laissèrent deviner une soudaine explosion de murmures s’élevant à la table Serdaigle, et Constantine s’autorisa un demi-sourire.

« Enfin, notre professeur de botanique, Mme Ponona Chourave, sera accompagnée cette année d’un jeune assistant que certains d’entre vous connaissent bien, et à qui nous prédisons un brillant avenir – j’ai nommé M. Neville Longdubas. »

Les applaudissements qui fusèrent cette fois parmi les élèves, agrémentés de sifflements enthousiastes et de cris, dépassèrent cette fois largement les attentes protocolaire.

« Et puisque nous évoquons ce sujet, je dois vous informer que l’état des serres ne nous permet pas d’y loger la tenue d’une classe. Les cours de botanique auront donc lieu, pour l’instant, dans les jardins derrière l’aile Ouest. Les travaux de consolidation de la tour d’astronomie seront achevés d’ici quelques semaines ; en attendant, les premiers cours théoriques se tiendront au quatrième étage, dans le bureau attenant à la bibliothèque ; d’ici peu l’observation pratique pourra reprendre ses droits. Enfin, concernant le cours de Défense contre les Forces du Mal, – » (Minerva McGonagall fit aussi discrète que possible l’inspiration d’air dont elle eut besoin pour aller au bout de la lecture de sa fiche sans rien laisser transparaître) « … suite à la destruction avancée des locaux de la salle de cours du premier étage et du bureau du professeur au deuxième, les cours se tiendront, jusqu’à plus ample information, dans une salle attenante de l’auberge de la Tête du Sanglier, à Pré-au-Lard, où les élèves de tous niveaux concernés auront l’autorisation exceptionnelle de se rendre dans le strict cadre de cet enseignement et dûment accompagnés. »

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Mélanie Mustang le Sam 9 Nov 2013 - 22:02

Des cours de DCFM à côté de la Tête du Sanglier ? La blague ! Si ça c'est pas un incitation à sécher pour les élèves (et pour Constantine), je ne sais pas ce que c'est ^^

En tout cas, voici un nouveau chapitre de mise en place assez sympathique. On va voir où tout cela va nous mener ^^

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Starman le Sam 9 Nov 2013 - 22:34

Alors, du coup, premier cours en état d'ébriété pour Constantine? Ça va faire sérieux,ça, encore.
Bon post, bon post.

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Re: John Constantine : Hogblazer

Message par Macros le Dim 10 Nov 2013 - 7:42

Il y a du changement dans l'establishment, c'est moi qui vous le dit ! En tout cas, la conversation entre professeurs du début était particulièrement savoureuse. John n'est pas encore totalement intégré dans le corps professoral, on dirait. Razz 

Sinon, oui, j'imagine que vu les évènements récents, se retrouver dans la maison Serpentard n'est pas forcément facile à assumer.

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