Les Chroniques des Lames Perdues : le dernier descendant

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues : le dernier descendant

Message par Macros le Jeu 16 Fév 2012 - 9:11

Question : est-ce que la petite sœur hait son aînée secrètement ? Ou alors elle est juste très très naïve ? Non, parce qu'on a tous les éléments d'un désastre, là. Enfin bon, tout ça prend plus ou moins la tournure attendue, et quand en plus la prédestination s'en mêle...

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues : le dernier descendant

Message par Mélanie Mustang le Dim 19 Fév 2012 - 9:25

Non, la petite soeur ne hait pas sa soeur aînée. Au contraire, elle l'aime réellement. Et ça l'attriste de la voir se désespérer... Voici donc la suite du désastre tant attendu.


XIX
L’aveu


Une semaine était passée depuis que Adarielle était revenue chez elle. Elle avait commencé à faire visiter le domaine à Geoffroy et celui-ci se réjouissait de la voir si pleine de vie. C’était comme si elle s’était réveillée après une longue période de sommeil. Son teint était plus éclatant que jamais et ses yeux brillaient.
Geoffroy trouvait également les endroits qu’elle lui faisait visiter merveilleux. Il ne pouvait faire autrement que de s’extasier devant certains paysages. Certes, Karia regorgeait d’endroits superbes également, mais il lui semblait que ceux qu’il voyait en Merith étaient embellis par la présence d’Adarielle.
S’il avait eu le pouvoir d’arrêter le temps, il ne s’en serait pas privé. Il aurait voulu rester pour toujours ainsi, près d’elle, en Merith, sans avoir à craindre que ses sentiments ne soient révélés.

*


Depuis une semaine, la jeune femme réfléchissait à la manière dont elle avouerait ses sentiments au Chevalier. Elle imaginait des scénarios mais les rejetait aussitôt. Malgré l’espoir qu’elle avait qu’il cache lui aussi ses sentiments par crainte qu’il se voie rejeté, elle avait toujours peur.
Sa sœur ne manquait pas de l’encourager. Mais cette fois, elle était décidée à avouer ses sentiments à Geoffroy.
Elle l’emmena dans un endroit qu’elle seule connaissait. Elle avait découvert la source par hasard et n’en avait parlé à personne, pas même à sa sœur.
Difficile d’accès, ce lieu était vierge de toute trace humaine et Adarielle y venait de temps en temps lorsqu’elle était enfant pour échapper à son chaperon et passer un peu de temps seule à réfléchir ou à se reposer.
Lorsqu’ils arrivèrent enfin à la source, Geoffroy resta muet d’étonnement. Adarielle le regarda un instant sans rien dire.
-C’est magnifique, murmura le Chevalier. Veniez-vous souvent ici ?
-Oui. Personne d’autre ne connaît cet endroit. Je l’ai découvert par hasard. C’est… mon jardin secret si je puis dire.
Elle emmena Geoffroy près de la source et s’assit dans l’herbe près du ruisseau. Le Chevalier s’assit près d’elle et continua d’observer le paysage autour de lui. Elle prit une grande inspiration et ouvrit la bouche, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Elle essaya de calmer son cœur et sa respiration.
Elle devait se montrer courageuse. Geoffroy était lui-même un homme courageux et si elle voulait le mériter, elle devait, elle aussi, faire preuve de courage.
-Geoffroy, dit-elle doucement. Je…
-Oui, Majesté ? demanda doucement Geoffroy en tournant son regard vers elle.
Elle prit une grande inspiration et le regarda dans les yeux.
-Je vous aime, dit-elle dans un souffle.

Geoffroy la regarda un instant sans rien dire. Son cœur se mit à battre la chamade. Il aurait voulu lui dire qu’il l’aimait lui aussi. Qu’il l’aimait depuis qu’il avait posé les yeux sur elle quatre ans plus tôt. Mais il ne pouvait pas. Il ne devait pas.
Il était Chevalier de l’Ordre du Dragon de Karia. Il avait juré fidélité et loyauté au Roi Daïsidor. Adarielle était son épouse. Leur amour ne pourrait jamais être.
Il ferma un instant les yeux et se força à respirer calmement malgré son trouble. Le cœur serré, il prit les mains de la Reine et la regarda dans les yeux. Lorsqu’il parla, ce fut d’une voix calme et douce qui cachait son profond désarroi.
-Majesté, je suis honoré que vous éprouviez de l’amour pour moi. Mais je ne peux y répondre favorablement.
Il crut qu’il allait défaillir lorsqu’il vit le visage de la Reine se décomposer et les larmes lui monter aux yeux.
-Pourquoi ? demanda-t-elle désespérée, sa voix s’étranglant dans sa gorge. Geoffroy, je vous aime depuis le premier jour. Je vous aime depuis que nos regards se sont croisés lorsque votre Roi et vous êtes venus me chercher il y a quatre ans.
-Majesté…
Geoffroy sentit son cœur le brûler à l’idée de ce qu’il allait dire, tentant de ne pas montrer le désespoir qui le gagnait également. La voix tremblante de la Reine lui déchirait les entrailles. Mais il était un Chevalier de l’Ordre du Dragon de Karia. Le Premier Chevalier de surcroit. Il ne pouvait agir autrement.
-Je ne suis pas amoureux de vous, Majesté. Et même si je l’étais, je ne pourrais pas vous aimer. J’ai juré fidélité et loyauté au Roi Daïsidor. Il a confiance en moi depuis de nombreuses années. Même si je vous aimais, je ne pourrais trahir sa confiance.

Adarielle baissa le regard, laissant ses larmes couler. Elle ne retira pourtant pas ses mains de celles du Chevalier. Son cœur lui faisait atrocement mal. Elle aurait voulu mourir sur le champ.
-Je suis désolé, Majesté, si je vous ai blessée par mes paroles.
-N’y a-t-il…
Adarielle hésita. Mais puisqu’elle lui avait avoué ses sentiments, autant qu’elle aille jusqu’au bout.
-N’y a-t-il aucun espoir que vous m’aimiez un jour ?

Geoffroy sentait les mains de la jeune femme trembler dans les siennes. Il se détestait. Il ne voulait qu’une chose, la serrer contre son cœur et l’aimer. Il ne supportait pas de la faire souffrir ainsi. Mais il ne pouvait pas lui avouer son amour. Alors, il se contenta de serrer doucement les mains de la Reine dans les siennes.
-Non, Majesté. Ca ne peut changer.
Elle resta silencieuse un moment, toujours sans le regarder.
-Pouvez-vous me promettre quelque chose, Geoffroy ?
-Dites-moi, et si je peux, je vous le promettrai, Majesté.
-Ne dites rien à mon époux. Ne lui dites pas que je vous aime. S’il le savait, il vous éloignerait de moi. Et je ne peux pas supporter cette idée…
-Je ne lui dirai rien, Majesté. Je vous le jure. Je ne dirai rien à personne de ce que vous m’avez avoué aujourd’hui. Cela ne quittera pas cet endroit.
Il sortit un mouchoir de sa poche et le passa délicatement sur le visage de la Reine pour sécher ses larmes.
-Attendons un moment que vous ayez repris vos esprits, dit-il. Et ensuite, nous retournerons au palais. L’heure avance et il sera bientôt temps de dîner. Et si vous apparaissez toute en larmes, j’ai bien peur que votre père ne décide de me faire pendre pour vous avoir attristée.
Adarielle sourit tristement et acquiesça. Geoffroy aurait voulu mourir sur le champ.



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Re: Les Chroniques des Lames Perdues : le dernier descendant

Message par Mélanie Mustang le Dim 26 Fév 2012 - 7:59

Et on continue!


XX
Froideur


Après le dîner, Marina rejoignit sa sœur dans ses appartements. Aussitôt qu’elle eut fermé la porte, Adarielle fondit en larmes dans ses bras. Marina accompagna sa sœur jusqu’à son lit et la garda contre elle pendant près d’une heure avant que les larmes ne commencent à se tarir. Sans dire un mot, elle caressa les cheveux si doux de son aînée.
Il n’y avait pas besoin de mots pour comprendre d’où venait sa détresse. Le Chevalier avait probablement refusé son amour. Marina se détesta d’avoir ainsi encouragé sa sœur à espérer.
-C’est ma faute si tu es malheureuse, Adarielle, murmura-t-elle en laissant ses larmes couler à son tour.
Adarielle se redressa et effaça les larmes des joues de sa sœur en déposant un tendre baiser sur son front.
-Non, tu n’y es pour rien.
-Je t’ai encouragé à espérer alors que…
-Allons, ne dis plus rien, petite sœur. J’espérais déjà depuis quatre ans. Un jour serait venu où j’aurais trouvé la force de demander à Geoffroy s’il éprouvait les mêmes sentiments que moi, même si tu ne m’avais pas encouragée. Mon doute n’en aurait duré que plus longtemps.
-Je suis vraiment désolée que ton amour ne soit pas récompensé.
Adarielle serra sa sœur dans ses bras.
-Que vas-tu faire, désormais, Adarielle ? Le Chevalier va-t-il répéter tes paroles à ton époux ?
Marina se redressa, s’écartant des bras de sa sœur, de l’inquiétude dans le regard.
-Non, il m’a juré qu’il n’en ferait rien. Que l’aveu que je lui ai fait resterait secret. Marina, malgré cela, comment pourrai-je cesser de l’aimer ?
-Et s’il s’éloignait de toi ?
-Mon cœur ne le supporterait pas, Marina. Rien que l’idée qu’il puisse être loin de moi me déchire le cœur.
-Je suis triste pour toi, ma sœur. Si nos parents ne t’avaient pas donné à ce Roi, tu aurais pu aimer le Chevalier. Pour te libérer de ce fardeau, j’aurais aimé être l’aînée et toi la cadette. Ainsi vous auriez été libres de vous aimer.
-Ne te tourmente pas, petite sœur. Nous ne pouvons rien changer à tout cela.
Adarielle serra à nouveau sa sœur dans ses bras et sentit ses larmes couler.

Le lendemain, Adarielle avait pris une nouvelle résolution. Puisque Geoffroy ne l’aimait pas, elle devait s’efforcer d’oublier son amour pour lui. Et pour cela, elle devait s’efforcer de le détester. Mais comment détester un homme qui faisait battre son cœur à chaque parole ? A chaque fois qu’elle entendait son pas approcher, elle sentait des frissons la parcourir.
Elle devait s’efforcer de l’oublier. De ne plus lui prêter attention. Peut-être arriverait-elle ainsi à oublier son amour pour lui.

Geoffroy n’avait pas dormi de la nuit. Il n’avait cessé de repenser à cet après-midi où la Reine lui avait avoué son amour. Il aurait pu apprécier cet instant si elle n’avait pas été l’épouse de son Roi. Il se détestait en repensant aux larmes d’Adarielle. Ces larmes qui avaient coulé sur ses joues devant lui. Ces larmes, il l’avait vu, elle les avait retenues pendant le dîner. Et peut-être les avait-elle laissées couler à nouveau une fois seule dans sa chambre.
Il avait dû se faire violence pour ne pas rejoindre la jeune souveraine dans sa chambre et consoler son chagrin dans une étreinte passionnée.
Il fut heureux de retrouver la jeune femme, souriante et riant avec sa sœur au petit-déjeuner. Il s’inclina devant les deux femmes et s’assit non loin pour prendre son premier repas.
Lorsqu’il eut terminé, il attendit que les deux femmes se lèvent pour les suivre. En le voyant venir vers elle, la Reine se tourna vers lui et il reçut un choc violent lorsqu’il vit le regard froid et dédaigneux de Adarielle se poser sur lui.
-Je vais passer la journée avec ma sœur. Vous n’avez pas besoin de nous suivre, Messire Atalasion.
Geoffroy fut pétrifié par la voix glaciale de la Reine. Il resta quelques secondes à la regarder sans vraiment comprendre, puis, comme il en avait l’habitude, machinalement, il s’inclina.
-Bien, Majesté. Je serai donc dans la bibliothèque si vous avez besoin de moi.
La Reine et sa sœur, qui semblait surprise elle aussi par le comportement de Adarielle, se détournèrent de Geoffroy. Il les regarda s’éloigner, le cœur serré. Lorsqu’elles eurent disparu dans les couloirs du château, il se dirigea lentement vers la bibliothèque.
Il s’assit à une table et se prit la tête dans les mains. Il ferma les yeux et retint ses larmes. Il avait pensé pouvoir être toujours proche d’elle malgré son refus. Mais il lui avait bel et bien brisé le cœur.

Geoffroy resta toute la journée dans la bibliothèque. Vers une heure, un des serviteurs vint lui demander s’il avait faim. Mais Geoffroy ne voulait rien manger. Il n’avait pas faim. Et il ne voulait pas se trouver à nouveau devant une Adarielle si froide. Comment pourrait-il supporter de voir jour après jour ce changement. Alors qu’elle était comme revenue à la vie en retrouvant sa famille et son pays, il la rendait plus triste encore.
Mais que pouvait-il faire d’autre ? Il ne pouvait pas répondre à ses sentiments sans trahir son Roi. Il n’aurait qu’à agir comme un serviteur. Attendre que la Reine le fasse mander si elle avait besoin de lui. Il confierait sa sécurité à un autre Chevalier dès qu’il rentrerait. Dans son pays, elle n’avait pas besoin d’être protégée par lui. Les soldats de son père s’en chargeaient. Mais une fois de retour en Karia, il confierait sa sécurité à quelqu’un d’autre.
Lorsque l’heure du dîner approcha, il alla se changer et descendit dans la salle. Le Roi se réjouit de le voir et s’inquiéta de son manque d’appétit au déjeuner.
-Ce n’est rien, mon Seigneur, je vous rassure. Une petite fatigue, mais rien de grave. Cela m’arrive quelques fois, mentit-il.
-Allez-vous mieux ?
-Je vais beaucoup mieux, je vous remercie de vous en inquiéter.
Geoffroy essaya de ne pas croiser le regard de sa Reine alors qu’il le sentait peser sur lui. Le dîner se passa tranquillement et Geoffroy réussit à ne pas croiser le regard de Adarielle. Lorsque la Princesse et sa sœur demandèrent à quitter la table, Geoffroy s’inclina et ne releva la tête que lorsqu’elles furent parties.

Une fois dans la chambre, Adarielle laissa tomber son masque et l’inquiétude se peignit sur son visage.
-Ne t’inquiète pas, Adarielle. Tu as entendu le Chevalier, ce n’était qu’une faiblesse passagère. Ca lui est déjà arrivé.
-Il ment, j’en suis sûre. Depuis que je le connais il n’a jamais eu ce genre de faiblesse. C’est ma faute. Je n’aurais jamais dû me montrer aussi froide avec lui.
-Regarde-moi, Adarielle, dit Marina en prenant le visage de sa sœur entre ses mains. Si ta froideur l’a autant touché, c’est qu’il n’est pas aussi insensible à ton amour qu’il a voulu te le faire croire.
-Mais pourquoi m’aurait-il repoussée s’il m’aime ? se lamenta Adarielle.
-Peut-être a-t-il peur que cela ne vienne aux oreilles de ton époux. Adarielle, tu sais bien que si vous êtes découverts, vous risquerez tous deux vos vies. Peut-être est-ce là ce qu’il craint. Laisse-le se lamenter et tu verras, il cherchera à gagner tes faveurs. S’il t’aime, il n’agira pas autrement.

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Re: Les Chroniques des Lames Perdues : le dernier descendant

Message par Macros le Jeu 1 Mar 2012 - 22:42

Hm.

Je dois dire que les réactions des deux personnages me semblent par moment un peu verser dans l'excès. "Si je ne peux pas l'aimer, je dois le détester" semble être d'une logique plus que bancale. Et les réactions à une seule phrase glaciale semblent un peu hors de proportion. Autant on aurait pu comprendre l'émoi de Geoffroy si ç'avait été une attitude répétée et étalée dans le temps, autant une réaction distante, à un moment ou la reine n'a pas eu le temps de faire le point sur ce qu'elle ressent, est non seulement normal, mais presque même souhaité : à sa place, j'aurais presque été plus inquiet si il n'y avait eu aucun changement.

Bref, je sais que les grandes passions empêchent de penser clairement, et ce genre de choses, et que les deux n'ont aucune raison de faire des bonds au plafond, mais tout de même, on nous a jusqu'à présent présenté les deux comme relativement matures et responsables, capable de prendre sur eux un minimum (après tout, ça fait un moment qu'ils se tournent autour sans rien dire), et là, paf, les deux sombrent en dépression nerveuse. C'aurait peut être gagné à être un peu plus amené sur la durée, montrer comment le quotidien entre les deux se dégrade petit à petit, ect... Là, ça fait vraiment brusque.

Ah, ensuite, peut-être que je n'ai juste pas l'âme romantique... Quoi qu'il en soit, à part ça, rien à redire sur la forme. On sent que la tragédie approche de son dénouement...



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Re: Les Chroniques des Lames Perdues : le dernier descendant

Message par Mélanie Mustang le Dim 4 Mar 2012 - 9:21

Alors, c'est vrai que cela peut sembler étrange. Ils sont tous les deux très matures. Mais au refus de l'amour du Chevalier, Adarielle se comporte comme une adolescente déçue. Ce sont les sentiments qui parlent et pas la raison. Elle laisse ses sentiments la dominer et le Chevalier rentre dans son jeu, car ses sentiments l'emportent également.
Le Coeur a ses raisons que la Raison ignore, comme on dit. Il n'y a rien de logique ni de calculé dans les sentiments humains. Ils vont, ils viennent... C'est comme ça que je vois les choses. Je comprends que ça puisse surprendre...

En tout cas, voici la suite. Et pour le moment, ce sera le dernier chapitre avant un certain temps, car dans les prochains chapitres on apprend des choses qui seront dévoilées dans la saison 3 bis des Lames que je vais écrire avec Elladan, en parallèle de celle qu'on écrira tous ensemble. Donc, si vous avez hâte de connaître la suite, il va falloir se dépêcher de finir la saison 2^^

Comment ça je mets la pression? Pas du tout !!!!! ^^


XXI
Des sentiments


Une nouvelle semaine était passée. Adarielle et Geoffroy ne s’étaient plus parlé que lorsque cela s’avérait absolument nécessaire. Petit à petit, elle avait vu le Chevalier devenir aussi froid qu’elle, bien que toujours respectueux. Il n’évitait plus ses regards, mais elle ne voyait plus rien dans ses yeux.
Il s’était totalement renfermé. Eloigné d’elle à tout jamais.
A chaque fois qu’elle se trouvait près de lui, Adarielle sentait ses entrailles se tordre et se déchirer. Elle pleurait chaque nuit l’indifférence dont elle était désormais l’objet. Et chaque matin, elle reprenait le masque qu’elle s’était fabriqué, ne laissant rien paraître de son désespoir.
Mais elle sentait qu’elle ne pourrait pas tenir ainsi longtemps. Elle aimait Geoffroy et elle ne pourrait pas continuer à se montrer si froide et à supporter la froideur du Chevalier.

*

Ce matin-là, Geoffroy fut étonné de ne pas voir Adarielle à la table. Il s’inclina devant la Princesse Marina.
-La Reine Adarielle n’est pas réveillée ? demanda-t-il.
-Elle a quitté la table il y a quelques minutes, répondit la Princesse. Elle est allée se promener à cheval.
-A-t-elle été escortée ? demanda Geoffroy en s’asseyant.
-Non, je ne pense pas. Mais elle ne craint rien. Les routes et les bois sont sûrs alentours. Et elle connaît chaque recoin mieux que des brigands ne le pourraient.
Geoffroy inclina la tête et commença à manger sans trop d’appétit. Il n’aimait pas l’idée que Adarielle soit partie sans escorte. Le Royaume était peut-être sûr, mais il y avait toujours des risques.

Après le déjeuner, Adarielle n’était toujours pas reparue. Alors que ses parents et sa sœur semblaient ne pas s’émouvoir de cette absence, Geoffroy sentit l’inquiétude monter en lui. Aucun d’eux ne savait dans quelle tristesse il avait plongé la jeune femme en repoussant son amour. S’ils savaient, ils seraient plus inquiets… Probablement…
Geoffroy avait peur qu’elle ne fasse une bêtise… Aux alentours de trois heures, alors qu’elle n’était toujours pas revenue, il fit préparer un cheval et décida de partir à sa recherche. Il savait exactement par où commencer. Si elle ne voulait pas être retrouvée, elle se cacherait dans un endroit qu’elle seule connaissait.
Il espérait avoir vu juste et qu’elle ne dissimule pas un autre endroit de ce genre qu’il ne pourrait imaginer. Il arriva près de la source. Il attacha son cheval à un arbre, près d’un autre qui paissait tranquillement, lui-même attaché.
Geoffroy s’enfonça dans les buissons touffus, le cœur battant, espérant ne pas arriver trop tard. Lorsqu’il arriva devant le ruisseau, il s’immobilisa. Adarielle était allongée au sol, immobile.
Son sang ne fit qu’un tour. Il s’agenouilla près de la Reine et tenta de la réveiller.
-Majesté ! Majesté, je vous en prie, ouvrez les yeux.
Il sentit son cœur se mettre à battre de manière plus normale lorsque les yeux de la Reine s’ouvrirent et le regardèrent avec étonnement. Il ne put retenir un soupir de soulagement.
-Geoffroy ? Que faites-vous ici ?
-Majesté, j’ai eu peur… Je ne vous ai pas vue de la matinée et quand je ne vous ai pas vue au déjeuner… j’ai cru que…
Il ne put terminer sa phrase. A l’idée qu’il aurait pu retrouver la jeune femme sans vie, son cœur se serrait. Il prit les mains fraîches de la jeune femme et y déposa un tendre baiser.
-Ne me refaites plus jamais une telle peur, Majesté. Pitié, murmura-t-il.
Adarielle se redressa et posa sa main sur sa joue. Finalement, elle se serra contre lui et enroula ses bras autour de son cou. Geoffroy l’entoura de ses bras et la serra tendrement, fermant les yeux, soupirant de soulagement.
-Je ne supporterais pas qu’il vous arrive quelque chose, murmura-t-il.
-Geoffroy, je suis désolée. Je suis désolée de m’être montrée aussi froide. Pardonnez-moi.
Il sentait les larmes de la jeune femme couler dans son cou.
-Vous êtes toute pardonnée, ma Reine. A condition que vous me promettiez de ne plus disparaître de cette façon.
-C’est promis.
Geoffroy écarta légèrement la Reine de lui et essuya les larmes qui coulaient sur ses joues. Il déposa un tendre baiser sur son front et ils se regardèrent un long moment. Il s’en voulut de l’avoir fait souffrir. De lui avoir menti sur ses sentiments.
Il caressa doucement sa joue. Il avait failli la perdre, il le sentait. Et pourquoi ? Simplement parce qu’il voulait respecter les vœux qu’il avait prononcés. Il était hors de question qu’il recommence. Il ne supporterait pas de la perdre. Tant pis s’il devait bafouer son serment de Chevalier. Adarielle était plus importante que tout pour lui.
-Je vous aime, Adarielle. Je vous aime depuis que j’ai posé les yeux sur vous. J’ai prié intérieurement pour que vous ne soyez pas l’aînée, celle que mon Roi était venu chercher. Quand votre père vous a présenté, j’ai pensé que tout était perdu pour moi.
-Vous avez dit que vous ne m’aimiez pas…
-Je vous ai menti. Adarielle, je vous aime alors que vous êtes l’épouse de mon Roi. Ce Roi à qui j’ai juré fidélité jusqu’à la fin de ma vie. Depuis que je vous ai rencontrée, je lutte contre ces sentiments qui grandissent en moi. Ces sentiments qui ne devraient pas être. Que je n’ai pas le droit de ressentir pour vous. Croyez-moi, cela n’a pas été facile pour moi de vous mentir sur mes sentiments.
-Alors vous m’aimez, dit-elle en fermant les yeux. Vous m’aimez vraiment ?
-Oui. Oui, je vous aime. Plus que ma propre vie. Adarielle, quand je vous ai vue, allongée sur l’herbe à l’instant, j’ai cru que j’arrivais trop tard. J’ai cru que je vous avais poussée à des extrémités que…
Adarielle posa deux doigts sur ses lèvres et le regarda les larmes aux yeux.
-J’y avais pensé, avoua-t-elle. Mais je n’en ai pas eu la force.
Geoffroy caressa sa joue et approcha son visage de celui de la jeune femme. Pour la première fois, leurs lèvres s’unirent. Geoffroy serra la jeune femme dans ses bras et rendit son baiser plus intime, la sentant frissonner contre lui.
Adarielle répondit au baiser du Chevalier, les larmes coulant sur ses joues. Des larmes de joie. Quand leurs lèvres se détachèrent, ils se regardèrent en souriant légèrement.
-Retrouve-moi dans ma chambre cette nuit, après le dîner, quand tout le monde sera couché.
-Tu es sûre ?
-Je n’ai jamais été aussi sûre de ma vie.

Geoffroy et Adarielle rentrèrent au palais ensemble. La jeune femme n’avait jamais été aussi heureuse. Geoffroy l’aimait. Il l’aimait vraiment.
Lorsqu’elle eut laissé son cheval à l’écurie, elle jeta un dernier regard à son aimé en souriant. Il lui rendit son sourire.
Elle rejoignit sa sœur dans ses appartements et se jeta dans ses bras.
-Adarielle, si tu savais comme je me suis inquiétée.
-Tout va bien, petite sœur. Tout va bien.
-Quand je ne t’ai pas vue après le déjeuner, j’ai bien cru que tu… J’ai appris que le Chevalier était parti à ta recherche, et j’ai prié pour qu’il te retrouve avant que tu ne commettes l’irréparable. Je suis si heureuse que les dieux aient entendu mes prières.
Adarielle essuya les larmes sur les joues de sa sœur.
-Les dieux t’ont entendu. Je n’ai pas eu le courage de me donner la mort… Et Geoffroy m’a retrouvée… Marina, il m’aime. Il me l’a dit. Il m’aime… depuis aussi longtemps que je l’aime.
-C’est merveilleux ! s’exclama Marina. Adarielle, je suis si heureuse pour toi…
-Moi aussi, je suis heureuse… Geoffroy me retrouvera dans ma chambre ce soir, après le dîner. Je vais me donner à lui cette nuit.

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